La littérature classique russe a longtemps représenté pour moi un monstre sacré difficile d’accès. J’étais, et je le suis encore, attirée par ces grands noms, Tolstoï, Dostoïevski, Boulgakov, Pouchkine, Tchekov, Tourgueniev… J’ai lu avec plaisir Eugène Oneguine de Pouchkine et La Cerisaie de Tchekov. J’ai vu au théâtre les représentations de La Mouette de Tchekov et Le Maître et Marguerite de Boulgakov. J’ai été fascinée par ces deux textes puissants et captivants. Mais je n’avais pas encore lu un grand roman russe, je ne m’étais pas encore plongée dans une chronique russe… Maintenant, c’est chose faite avec l’excellent Anna Karénine de Tolstoï. Un livre qu’on lit avec avidité et pourtant si lentement. Un livre qu’on repose à regret quand il est l’heure d’aller dormir ou de sortir le chien. Un livre qui m’a presque envoûtée.
Anna Karénine, nous la connaissons tous ! Cette femme, cette épouse, cette mère, qui tombe éperdument amoureuse d’un jeune homme, Vronski, et qui est prête à perdre son honneur, son fils et même jusqu’à sa vie pour lui. Anna Karénine est le roman d’une passion amoureuse dévastatrice. C’est aussi le roman d’une autre histoire d’amour, celle de Levine pour Kitty, une histoire douce, tendre, rationnelle, paisible, sereine. Anna Karénine est le roman des passions et des différentes facettes de l’amour. Mais Tolstoï ne limite pas son roman à cette passion amoureuse. Il transmet ses idées sur l’agriculture, la politique, le fonctionnement social et institutionnel, l’éducation. Il analyse finement la société russe de haute naissance et son fonctionnement. Il émet ses opinions directement à travers son personnage Levine. On pourrait donc dire qu’Anna Karénine est une étude de mœurs et un roman engagé. Tolstoï ne se cache pas. Il nous offre avec une véritable force sa pensée.
En ce qui concerne l’écriture, c’est une surprise. Je ne me suis à aucun moment ennuyée en le lisant, je n’ai jamais eu envie de sauter des pages malgré la longueur et la densité des descriptions. Il arrive à nous tenir en haleine, à nous intéresser même à des choses pour lesquelles nous n’avons aucun intérêt (l’élection de je ne sais plus qui, p. ex.). Son écriture est rapide, descriptive, intense, juste, trépidante.
Enfin, j’ai adoré Anna Karénine. J’ai aimé me plonger dans cet univers de la noblesse russe du XIXe siècle. J’ai aimé suivre les aventures de tous ces personnages. Je me suis attachée à certains, j’en ai détesté d’autres (Anna justement, je ne l’ai jamais appréciée, alors que son mari m’inspire de la pitié et du respect). Anna Karénine est un chef-d’œuvre au déroulement inattendu. Une magnifique découverte qui me donne envie de me plonger dans d’autres romans russes. Indéniablement, à lire.
Anna Karénine, Tolstoï, Folio classique, 2008
L’avis de Bladelor ici.
Les choses que l’on ne dit pas de Daniel Arnaut est texte particulier, un roman poème ou un poème roman, on ne saurait le dire.
Petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche est un essai engagé qui propose une alternative à notre société de croissance qui nous conduit à la catastrophe. Je n’ai pas l’habitude de parler d’ouvrages engagés sur ce blog et pourtant aujourd’hui j’ai envie de partager ces idées qui trottent dans ma tête et qui m’ont amenée à lire cet ouvrage de cet économiste français.
Terre des hommes d’Antoine de Saint-Exupéry fait partie de ces livres à lire et à méditer. Je l’ai lu au Maroc sur les traces de l’auteur et de l’Aéropostale en m’arrêtant au célèbre Cap Juby, alias Tarfaya, une ville qui respire l’attente, un endroit hors du temps fabuleux qui attend.






