Entries Tagged as 'Récits de voyage'

De Jack London…

Jack London. Le vagabond magnifique est une très belle introduction à la vie de Jack London. Yves Simon nous raconte les éléments les plus marquants de sa vie et surtout il nous parle de ses années de formation qui feront de lui l’écrivain reconnu et admiré. Le lecteur apprend les années de vagabondage, de labeur, de lecture et d’aventures qui vont lui donner de la matière pour ses futurs récits mais aussi lui forger une pensée socialiste.

Cette courte biographie, illustrée de photographies en noir et blanc de l’auteur et de ce qui l’a profondément marqué, nous montre un grand homme qui s’est battu, qui n’a jamais baissé les bras et qui a réussi par la force de sa volonté et de son travail.

Si vous aimez Jack London, je vous invite à découvrir cette belle introduction à l’homme qu’il était. Cette biographie se lit avec beaucoup de plaisir car l’objet est très joli et agréable à manipuler. Toutefois, si vous cherchez des informations complètes et fouillées sur l’auteur, il faudra vous tourner vers un ouvrage plus conséquent.

Je suis ravie de cette lecture qui montre que rien n’est jamais perdu si on y croit.

Jack London. Le vagabond magnifique, Yves Simon, Mengès, coll. Destins, 2009

D’une croisière…

La croisière du « Snark » de Jack London est un beau livre que m’a offert Bladelor dans le cadre du « Swap au long cours » et qui m’a permis d’enfin lire ce grand auteur d’aventures. Quand j’étais plus jeune, j’avais essayé plusieurs fois, sans succès, de lire Croc blanc mais je n’avais jamais réussi à passer les premières pages en raison de mon angoisse lorsque les loups encerclent le camp durant la nuit.

Dans La croisière du « Snark », Jack London nous entraîne dans son projet fou de faire le tour du monde en voilier, décision prise sous un coup de tête. Jack London, sa femme et un ami se lancent dans la construction du voilier qui devra les emmener sur les mers du monde. Mais voilà, construire un bateau quand on n’est pas marin n’est pas chose aisée et il y aura une tonne de problèmes. Et puis le voyage du Snark n’ira pas plus loin que l’Australie. Malgré ça, il en aura vécu des choses, connu des mers, vu des paysages… Jack London nous raconte dans les différents chapitres la construction du voilier, la vie à bord, les rencontres sur les différentes îles (notamment avec les lépreux), la navigation, les maladies… C’est un livre foisonnant et riche qui donne envie de partir à l’aventure mais qui aussi fait peur. London vit quelque chose d’extraordinaire et d’intense mais en même temps il met sa vie ainsi que celle des autres en danger.

La préface de Jacques Gamblin est superbe et permet de bien centrer le personnage et ses ambitions. Elle donne envie de faire comme ce héros qui osa partir à l’aventure en ne connaissant rien et qui mit tout en œuvre pour réaliser ses projets. Jack London est un véritable aventurier, un homme admirable et courageux.
Ce livre est passionnant même si parfois j’ai éprouvé quelques longueurs lorsqu’il parlait de navigation (parce que je n’y connais rien). Il crée l’envie de partir, de vivre une aventure et il nous fait croire que c’est possible à condition de se donner les moyens et de réellement le vouloir. L’auteur avait la chance de pouvoir gagner de l’argent avec sa plume.

Un livre à lire si on a soif d’aventures, de mer, de voyage, d’intensité et d’authenticité.  Merci Bladelor.

La croisière du “Snark”, Jack London, Phébus libretto, 1996

Du monde…

Nicolas Bouvier est un grand voyageur auteur d’un livre culte pour tout aventurier : L’usage du monde. Dans cet ouvrage, Nicolas Bouvier nous entraîne en compagnie de son ami Thierry Vernet, peintre, sur la route qui le mène de Genève au Khyber Pass en Afghanistan. Ce voyage est une véritable aventure, une expérience de vie qui les poussent à aller au-delà de leurs limites. Car Nicolas Bouvier et Thierry Vernet sont partis sur la route avec leur petite voiture, les poches presque vides et sont donc dans l’obligation, presque heureuse, de devoir travailler pour poursuivre leur chemin et survivre. Ce besoin, ainsi que leurs problèmes mécaniques, les obligent à s’arrêter plusieurs semaines à un endroit y côtoyant les habitants et vivant au rythme du lieu. Et puis, ils traversent des routes extrêmement difficiles, dans les montagnes turques ou dans le désert iranien pour ne citer que ces espaces magiques. Pour les deux voyageurs, cette expérience est forte, intense et éreintante. Ce voyage les transforme à jamais.

Ce récit est passionnant. C’est une véritable philosophie du voyage, de l’aventure. Nicolas Bouvier nous livre une véritable réflexion sur l’essence même du voyage, sur l’usage du monde. Et pourtant, ce récit se lit lentement car c’est assez pesant. On a l’impression de sentir le poids du voyage dans l’écriture. C’est un livre pour tous ceux qui rêvent un jour de vivre la vraie aventure loin de toutes nos sécurités matérielles. Voici l’incontournable du voyageur.

“On voyage pour que les choses surviennent et changent ; sans quoi on resterait chez soi.” (p. 177)

“Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance centrale de l’âme qu’il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre,et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.” (p. 418)

L’usage du monde, Nicolas Bouvier, dessins de Thierry Vernet, Petite Bibliothèque Payot voyageurs

De soifs…

Caroline Riegel est une jeune femme ingénieure en constructions hydrauliques qui s’est lancée dans une fabuleuse aventure : suivre la route de l’eau en Asie à la rencontre des peuples et de la nature. Suite à ce voyage, elle a couché sur la papier ses impressions, ses rencontres, ses joies, ses difficultés et ses découvertes. Caroline Riegel partage son aventure avec le lecteur qui la vit presque aussi intensément qu’elle.
Dans ce premier volume de son voyage du Baïkal au Bengale, elle nous emmène en Sibérie, sur les bords du Baïkal gelé, à Irkoutsk et autres villes et villages situés autour de ce grand lac pur, une de nos plus grandes réserves d’eau potable. C’est le début du voyage. On le sent aussi dans son écriture. C’est le début d’une grande aventure en solitaire (qui ne le sera pas tant que ça finalement). Ensuite, elle entre en Mongolie, reste quelques temps en ville avant de partir pour la traversée du Gobi à cheval et puis avec un chameau et une amie. Là encore, c’est la découverte et des rencontres fantastiques. Après la Mongolie, elle part pour la Chine dans la chaîne des Kunlun, étape difficile, éprouvante. Et enfin, on la quitte au début de l’hiver himalayen, dans le Zanskar. C’est une aventure fabuleuse et courageuse que vit l’auteure.
Caroline Riegel est incroyable car elle est curieuse, fonceuse, exploratrice, aventurière et tellement désireuse de participer à la vie des gens qu’elle rencontre. Elle est humaine et chaleureuse. Son récit est truffé de rencontres, de souvenirs, d’instants. Elle est ouverte, disponible et sensible à ce qui l’entoure. Cet ouvrage est donc particulier parce qu’il évoque l’humanité.
Mais cet ouvrage est également particulier car le lecteur apprend énormément de choses sur l’eau, la consommation, l’état, la pollution, les mesures. Caroline Riegel intercalle des descriptions et des explications très simples mais frappantes sur la présence et l’utilisation de l’eau dans ces régions. L’eau devient un enjeu primordial désormais et comment vivre dans des régions où l’eau est si précieuse et se raréfie alors que l’industrialisation et le développement urbain s’intensifient. Ce livre est donc un précieux témoignage. Que restera-t-il dans 5 ou 10 ans ?
Enfin, l’écriture de Caroline Riegel est très agréable à lire et très vivante. On ne s’ennuie pas. On rit, on souffre, on s’émerveille et on se fâche en même temps qu’elle. Les descriptions ne sont pas répétitives, les rencontres sont vécues et les explications accessibles. Un récit de voyage humain et vibrant sur une des plus belles routes, celle de l’eau.
J’ai hâte de lire la suite de son aventure

Soifs d’Orient. Du Baïkal au Bengale I, Caroline Riegel, Phébus

Le site du voyage ici.

Du désert mauritanien…

Odette du Puigaudeau, née en 1894 en Bretagne, est un personnage important dans la découverte du Sahara occidental. Dans Pieds nus à travers la Mauritanie, elle relate son premier voyage à la découverte de la Mauritanie en compagnie de Marion Sénones en 1933-1934. Il ne s’agit pas d’un simple voyage. Odette et Marion sont deux femmes seules désirant traverser le désert mauritanien dans les années 30. Leur aventure est incroyable et merveilleuse. À partir de ce voyage, Odette du Puigaudeau consacrera sa vie entière au Sahara.

Pieds nus à travers la Mauritanie est donc le récit de la découverte d’un pays, de ses habitants et de leur culture. Le lecteur découvre les côtes mauritiennes, les Maures, le désert à travers les yeux éblouis des voyageuses. Au premier abord, ces terres semblent hostiles, dangereuses et inhospitalières. Mais ce sont aussi des terres attirantes habitées par de nombreuses tribus, souvent guerrières, des terres vivantes et vibrantes. En compagnie de son amie et de ses guides, elle a parcouru le sud mauritanien à la rencontre de ses habitants. Elle nous parle d’un désert peuplé, décrivant tout ce qu’elle voit et tout ce à quoi elle assiste : les fêtes, le gavage des jeunes filles, les spectacles, … Ce livre est une véritable description ethnographique des peuples du désert. Un livre très riche pour les passionnés du désert. Mais il faut s’accrocher parfois parce que c’est finalement assez répétitif.

Malheureusement, j’ai souvent été ennuyée par le nombre de coquilles dans le texte. C’est inexcusable pour une maison telle que Phébus. Dommage…

Pieds nus à travers la Mauritanie, Odette du Puigaudeau, Phébus, libretto, 2006