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D’un oracle…


L’oracle della Luna  de Frédéric Lenoir raconte la vie de Giovanni, un jeune paysan calabrais, qui par amour vivra des aventures extraordinaires et mourra d’une horrible manière. L’histoire se déroule en Italie au XVIe siècle, époque de la Renaissance, de l’Humanisme mais aussi de la Réforme et de la crise religieuse. L’auteur nous plonge dans cette époque effervescente intellectuellement car il nous entraîne à la découverte de la philosophie, de l’astrologie et des idées religieuses des grands savants de l’époque. C’est un livre historique intellectuellement stimulant. On y apprend beaucoup de choses, on se souvient aussi de tout ce qu’on a appris et puis on réfléchit à certaines questions posées*. Mais c’est également un roman d’aventures trépidant. En partant de Calabre, on visite les forêts italiennes où Giovanni rencontre le grand maître Lucius qui le construit, Venise la Magnifique où Giovanni est parti chercher son amour mais aussi son drame, la Crète, le Mont Athos et autres lieux saints de la Grèce orthodoxe à laquelle Giovanni s’est converti, on retourne en Italie et puis on repart pour Jérusalem en passant par Alger où Giovanni est esclave, où il verra encore une fois la mort de près mais aussi où il rencontrera l’amour profond et intense, on le suit à Jérusalem et on le quitte à Chypre. Sa courte vie est remplie d’épreuves, de belles rencontres mais également de situations très difficiles. Giovanni en sort à chaque fois grandit. Son destin est tragique et merveilleux. Et puis, il y a aussi une enquête autour d’une lettre adressée au pape. Dans le prologue, l’auteur nous présente un homme amnésique qui échappe par deux fois à la mort à l’intérieur même d’un monastère. Qui est cet homme ? Pourquoi veut-on le tuer ? Qui veut le tuer ? On n’aura la réponse qu’à la fin du livre. C’est bien mené et totalement inattendu (sauf au moment fatidique où la lettre est remise).

Malgré tous les a prioris que j’avais concernant ce roman (une brique, des aventures au XVIe siècle, la dénomination de thriller), je l’ai beaucoup aimé car il est divertissant, captivant et intéressant. C’est un roman initiatique autant pour le héros que pour le lecteur.

* Un passage intéressant lors d’une rencontre avec un soufi :


« Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce n’est pas de la mort que nous avons le plus peur… mais de la vie ! (…)

Oui, nous nous y accrochons, mais nous ne la vivons pas. Ou plutôt nous nous cramponnons à l’existance. Or exister est un fait. Mais vivre, c’est un art. (…)

Cette chose est très simple : sans nous demander notre avis, Dieu nous a créés : il nous a donné l’Être. Donc nous existons. C’est un fait et nous n’y pouvons rien. Maintenant il nous faut vivre. Et là, nous sommes concernés : car nous sommes appelés à devenir les auteurs de notre vie. Telle une œuvre d’art, nous devons tout d’abord la vouloir ; puis l’imaginer, la penser ; enfin la réaliser, la modeler, la sculpter, et cela à travers tous les événements, heureux ou malheureux, qui surviennent sans que nous y puissions rien. On apprend à vivre, comme on apprend à philosopher ou à faire la cuisine. Et le meilleur éducateur de la vie, c’est la vie elle-même et l’expérience qu’on peut en retirer.

(…) Mais pourquoi avons-nous peur de la vie ?

Nous avons peur de nous ouvrir pleinement à la vie, d’accueillir son flot impétueux. Nous préférons contrôler nos existences en menant une vie étroite, balisée, avec le moins de surprises possibles. Cela est tout aussi vrai dans les humbles demeures que dans les palais ! L’être humain a peur de la vie et il est surtout en quête de la sécurité de l’existence. Il cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu’à vivre. Or survivre, c’est exister sans vivre… et c’est déjà mourir. (…)

Passer de la survie à la vie, c’est une des choses les plus difficiles qui soient ! De même est-il si difficile et effrayant d’accepter d’être les créateurs de notre vie ! Nous préférons vivre comme des brebis, sans trop réfléchir, sans trop prendre de risques, sans trop oser aller vers nos rêves les plus profonds, qui sont pourtant nos meilleures raisons de vivre. Certes tu existes, mon jeune ami, mais la question que tu dois te poser c’est : est-ce que je suis vivant ? » (pp. 511-512)

 

Les avis de Laurence du Biblioblog et de Miss Alfie. Le site de l’auteur.

 

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.

L’oracle della Luna, Frédéric Lenoir, Le Livre de Poche, 2008.

De détectives…

Spellman & Associés nous plonge dans la vie trépidante et loufoque d’une famille de détectives privés racontée la fille aînée de la famille Isabel, complètement tarée et gamine. C’est un livre très divertissant, assez drôle, qui nous fait passer un bon moment de lecture. J’ai aimé cette famille qui sort de l’ordinaire, ces personnages complètement tordus mais tellement attachants. J’ai préféré la cadette, Rae, qui a compris les mécanismes du chantage, ou plutôt de la négociation, pour tout obtenir dans la vie. Je trouve son comportement scandaleux mais aussi intelligent pour une jeune fille. Elle ne ressemble pas aux jeunes filles de son âge et ne vit que pour la filature au risque de sa vie. C’est une détective née. Mais elle exagère dans son comportement, elle n’envisage pas les conséquences. Isabel est totalement instable, vit chez ses parents et ne peut pas garder un homme plus de quelques mois. Elle n’a pas grandi et j’aime un peu ce côté. Par contre, David, l’aîné de la famille, semble tout à fait normal et a d’ailleurs coupé les liens avec la famille en devenant avocat. Il y a également l’oncle Ray, buveur et joueur de poker, totalement débauchés depuis la guérison de son cancer et le départ de sa femme.

Enfin, un livre qui fait passer du bon temps et qu’on lit vite avec plaisir.

Les avis peu enthousiastes de Laure et de Nanon, ceux plus gentils de Clarabel et Chimère.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Spellman & Associés, Lisa Lutz, Le Livre de Poche, 2008

D’une quête…

Qoëlet, héros du roman éponyme Qoëlet, est le dernier fils miraculé né en pleine épidémie de petite vérole d’un soldat manchot et d’une ancienne aubergiste ayant perdu tous leurs enfants à la guerre. Mort-né, il est cependant « ressuscité » pendant la nuit. Un mystère entoure donc sa naissance. Ses parents, en conflit depuis sa naissance, rêvent chacun de le voir soit militaire soit ecclésiastique. Mais, Qoëlet ne suivra ni l’une ni l’autre voie. Il sera voyageur-commerçant. Qoëlet est animé par le besoin d’aventures et de découvertes. Il commencera ses études dans un collège jésuite à Vannes où ses talents d’orateur sont incontestés. Mais appelé par son idéal et la mer, Qoëlet prendra le large et deviendra commerçant. C’est le début de sa vie passionnante parsemée de rencontres, d’amitiés fortes mais mises à mal et de situations délicates. Ce qui l’anime avant tout c’est son rêve de bonheur : l’amour. Il rêve de la femme idéale qu’il rencontrera un jour dans une église janséniste. Pendant un an, il lui écrira des poèmes et puis de la prose. Ensuite, ils se rencontreront et vivront leur amour projetant de fuir ensemble. Mais la maladie, la mort les empêchera de vivre leur bonheur. La Belle mourra de la petite vérole sans qu’il n’ait pu tenter quoi que ce soit pour la sauver. Dès cet instant, Qoëlet parcourt le monde tel une âme en peine mais sera également animé par la volonté de sauver l’humanité de la petite vérole par une technique orientale ancestrale réfutée en France mais tellement efficace : l’inoculation d’une forme de petite vérole inoffensive, issue de la maladie de la vache. Son combat préfigure la vaccination. Il sera impliqué dans le combat des quelques savants et hommes éclairés, de ceux qui croient en l’avancée de la science et aux techniques orientales. Qoëlet se battra, finalement tout seul, pour sa Belle, pour le monde. Il est rejetté par les savants et l’Eglise.

Ce livre passionnant montre combien les français étaient hostiles aux changements et aux avancées et préfèraient se conforter dans ce qu’ils connaissaient plutôt que d’avancer. Ce livre montre l’étroitesse et la versatilité de l’esprit de beaucoup. J’ai adoré ce livre que je n’ai pu lâcher. Qoëlet vit tellement d’aventures enrichissantes et extraordinaires. Son combat est fort et acharné. On le suit, et on le remercie de son combat. J’ai également appris beaucoup de choses. C’est un roman très intéressant et vivant qui n’est pas seulement un historique mais aussi initiatique, philosophique,d’aventures et d’amour. Je crois que j’aime les romans historiques.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Le site de l’auteur. L’avis de Laure.
Qoëlet, François de Gourcez, Le Livre de Poche, 2008

D’un requiem…

  Dans son roman Le Requiem de Terezin, inspiré d’une histoire vraie, Josef Bor nous raconte comment des prisonniers juifs artistes enfermés dans le camp de Terezin se sont investis dans la musique pour donner vie au Requiem de Verdi, ce chant pour la liberté et l’espoir, pendant dix-huit mois (de 1941 à 1943). Cet orchestre s’est constitué grâce à la volonté d’un pianiste et chef d’orchestre tchèque, Raphaël Schächter, malgré toutes les difficultés liées à la diminution constante des musiciens ou chanteurs envoyés à Auschwitz. Ce livre est vraiment terrible et pourtant empli de volonté, d’espoir et d’humanité. L’art devient, dans ce camp, un moyen de dépasser sa condition, de retrouver l’émotion et la justice. L’art est ce qu’il y a de plus intense et de plus humain. Mais comment l’art a-t-il pu survivre dans un tel contexte ? Cet engagement est merveilleux. Ce livre, écrit par un rescapé d’Auschwitz mais dont toute la famille a disparu, n’exprime pas le désespoir mais est un message montrant qu’on ne peut pas détruire l’humain par la barbarie. Ce livre est plein d’espoir et de lutte, ce qui rend la fin encore plus brutale et dramatique. Comment peut-on arriver à une telle barbarie ? Je ne comprends pas, toujours pas. C’est un livre dur mais un chant pour la liberté et la justice.

J’aimerais écouter le Requiem de Verdi pour pouvoir encore mieux m’imprégner de leurs émotions et sentir toute la puissance de cette œuvre.

Un livre à découvrir, à lire et à écouter.

Le site des Editions du Sonneur avec beaucoup d’avis intéressants.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche
Le Requiem de Terezin, Josef Bor, Le Livre de Poche, 2008

D’une fille…

  Flore Vasseur peint le mal-être des jeunes diplômes de la génération 2000, et en particulier celui des diplômes des écoles de commerce formatés pour un mode de vie déterminé sortis à la fin des années 1990. Mais ce mal-être me semble toucher tous les diplômés et peut-être encore plus actuellement (mais je me trompe peut-être, je parle juste de mon expérience personnelle). Que faire lorsqu’on a terminé ces études ? Dans quelle voie se lancer ? Et puis, comment trouver un travail actuellement ? Un travail qui nous plaise. Et comment rester libre ? Comment vivre ? Souvent, on se bat pour avoir une place et gagner de l’argent dans un environnement factice. Certains se fondent dans cette vie, l’acceptent et le vivent très bien. Puis d’autres ne se sentent pas à leur place, ne supportent pas ce carcan, ont besoin de vivre, d’expérimenter d’autres univers. L’héroïne de Une fille dans la ville, dont on ne connaît pas le prénom, démissionne et part à la recherche de soi et de sa vie. Elle part à New York où tout est possible, où on peut faire fortune très vite comme tout perdre en quelques secondes. Elle monte sa société d’intelligence économique avec rien. Elle connaît des succès et des angoisses financières. Puis un jour, c’est le krach, la chute de la bulle Internet, le désenchantement de la fortune immédiate. Elle assiste également aux attentats du 11 septembre. Ses bureaux étaient encore la veille dans ces tours. C’est l’incompréhension, l’engagement. Est-elle encore à sa place à New York ? Elle s’interroge et décide dès lors de rentrer à Paris. Elle cherche du travail, rencontre Susan à Londres qui lui offre un travail et l’opportunité de voyager dans le monde. Elle ouvre les yeux sur les modes de consommation aux quatre coins du monde. A la recherche de l’amour, toujours attirée par son premier amour, Nicolas, et entretenant avec lui une relation de « chassé-croisé », elle le suit quelques temps en Afghanistan, à Kaboul. Elle y rencontre de nombreux jeunes, également à la recherche d’une vie différente et non formatée. Mais elle découvre un univers difficile et scandaleux. Elle ne s’y sent pas non plus à sa place. Finalement, où peut-elle se trouver ?

 

J’ai aimé ce livre qui nous parle de notre quête d’identité, de nos choix de vie, de notre soif de liberté, de nos idéaux démolis et de nos désillusions. On y rencontre plus de personnages mal dans leur peau que de personnages conformes à ce qu’exige la société et heureux( ?). Ce livre me parle beaucoup. Et puis, petit plus, il y a une discographie à la fin de l’ouvrage.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Une fille dans la ville, Flore Vasseur, Le Livre de Poche, 2008

Les avis de Florinette, Bernard et du Buzz littéraire.

Le site de l’éditeur “Editions des Equateurs” avec une interview de Flore Vasseur.

De destins…

  J’ai beaucoup aimé Brooklyn follies de Paul Auster (le premier roman d’ailleurs que je lis de cet auteur si célèbre). Paul Auster nous plonge dans la vie nouvelle de Nathan Glass à Brooklyn suite à son cancer et à son divorce. Nathan commence une toute nouvelle existence dans laquelle il retrouve les enfants de sa sœur défunte, il entreprend de conquérir sa fille, il rencontre des personnes hors du commun et connaît une histoire d’amour. Nathan est bien dans sa nouvelle vie, il est heureux et il entreprend d’écrire un livre sur la folie humaine. Il pense avoir une retraite paisible, mais il se trompe. Nathan, accompagnant ou accompagné de ses amis, vivra de nombreuses aventures.

C’est un livre très bien construit. Tout est préparé et cohérent. J’ai aimé suivre les aventures et péripéties de Nathan et Tom. Les personnages sont généreux et vrais. On a envie de les suivre, de les rencontrer et de passer un repas en leur compagnie. Nathan agit peut-être un peu trop comme un saint-bernard pour ses neveux. On a l’impression qu’il essaye de se racheter, de se construire une vie meilleure. Mais, peu importe, Nathan nous est sympathique car il force le destin avec l’ambition de rendre son entourage heureux. Paul Auster nous embarque donc dans ce quartier-village quelques mois avant les événement dramatiques qui surviendront en 2001, nous permet de vivre la vie de ses habitants et arrête son récit juste avant l’Horreur. Il nous laisse donc libre d’interpréter, d’imaginer les réactions de tous ces personnages attachants. Que vont-ils devenir ?

Une très bonne lecture.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Brooklyn follies, Paul Auster, Le Livre de Poche, 2008

D’une envie…


  J’ai envie de toi est un livre qui ne peut que plaire à une jeune fille romantique comme moi. L’amour sauvage, tendu et puissant entre Step et Gin m’a fait rêver, m’a donné envie d’embellir mon amour, de le rendre plus vivant aussi. Step et Gin sont tellement faits l’un pour l’autre et Gin est tellement mieux que Babi. Pourquoi dis-je ça ? Nous ne connaissons pas Babi. Nous ne la voyons que dans quelques scènes qui prépare son mariage et est insupportable et égoïste. Je n’ai pas aimé ce personnage. Par contre Gin me semble entière, spontanée (mais on peut en douter), joyeuse et folle. Elle est vraiment exceptionnelle. A côté de l’histoire de Gin et Step, il y a celle de Step et son frère, de Step et sa mère, de Babi et sa famille. Je n’ai pas trop aimé les histoires parallèlles, surtout celle des parents de Babi. Mais ces histoires nous permettent de voir que l’amour est quelque chose de vivant qu’il faut entretenir. J’ai vraiment adoré ce livre. Lorsque je l’ai commencé, je n’ai pas pu le lâcher. J’avais besoin de vivre cet amour et de voir la façon dont il allait évoluer. J’ai été captivée. Mais je pense que c’est vraiment un livre pour filles. Je n’imagine pas un homme le lire. Mais peut-être que je me trompe. A lire si vous rêvez de belles histoires romantiques.

 Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
J’ai envie de toi, Federico Moccia, Le Livre de Poche, 2008

D’un ciel…

Sous un ciel de marbre de John Shors nous raconte l’histoire d’une femme, Jahanara, d’un amour, d’une passion, de tourments. Il nous raconte également l’histoire du Taj Mahal, de cette merveille érigée en l’honneur d’une passion et animée par l’amour fou. C’est un livre où toutes les émotions et les valeurs se côtoient, de l’amour à la haine, de l’ouverture d’esprit à l’obscurantisme. Il nous plonge à Agra dans l’Inde du 17e siècle avec ses palais, sa culture, sa richesse, ses guerres, sa tolérance et puis la plongée dans l’intolérance et la peur. Nous suivons les aventures de Jahanara et nous les vivons avec elles. C’est fort et intense même si parfois j’y ai trouvé un peu trop de mièvrerie et de perfection. Ce côté-là m’a un peu agacé mais à chaque fois l’histoire s’est imposée et je ne pouvais pas rester agacée.


Au départ, je ne pensais pas aimer ce livre car j’ai beaucoup d’appréhension en ce qui concerne ce genre de romans. Mais à-propos quel genre de roman est-ce ? Pour moi, il s’agissait d’une saga familiale centrée autour d’un personnage, proche du roman à l’eau de rose avec tous les éléments du best-seller. Mais,  j’ai trouvé que c’était un livre très riche, un livre qui nous emporte avec lui et ne nous lâche plus. Un livre qui ne peint pas que des éléments beaux et innocents, un livre qui nous montre la vie et tous les sentiments qui peuvent animer les hommes. J’ai aimé cette lecture. Elle m’a fait vibrer, retenir mon souffle et pleurer.

 

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Sous un ciel de marbre, John Shors, Le Livre de Poche

De l’Histoire…


Elle s’appelait Sarah est un livre magnifique, fort et intense qui retrace un pan de l’Histoire horrible et passé sous silence. Même voisine de la France, je n’avais jamais entendu parler de cet événement terrible, désastreux, inhumain qui s’est déroulé le 16 juillet 1942, la rafle du Vél d’Hiv.

La construction du roman est très bien pensée car elle nous permet de suivre deux histoires distantes de 60 ans mais finalement imbriquées, ou plutôt l’une s’imbriquant petit à petit dans l’autre. La petite histoire va rejoindre la grande Histoire. Le lecteur est alors plongé dans la réalité du moment de chaque protagoniste : l’une au moment de la rafle du Vél d’Hiv et de ses suites à travers les yeux d’une enfant et l’autre au moment de la commémoration des soixantes ans de cet événement à travers les yeux d’une journaliste américaine mariée à un français vivant à Paris et dont la vie est chamboulée par de nombreux événements. C’est vraiment très troublant au départ parce qu’on ne comprend pas où l’auteure nous emmène et au fur et à mesure que l’enquête avance on comprend, on s’implique. On vit les découvertes de Julia aussi intensément qu’elle. On ne peut pas oublier, on veut savoir ce qui est arrivé à Sarah et lui dire qu’elle existe toujours pour nous. Ce roman est fabuleux, on ne peut pas le lâcher. On a besoin de savoir.

Ce roman nous parle de l’oubli des français par rapport à cet acte, ou bien de l’ignorance des agissements de la police française ? Nous parle également de la culpabilité et de notre devoir de mémoire. Il dépeint une infime partie des atrocités commises pendant la Guerre qu’on ne doit pas oublier afin que ce genre de choses ne se reproduisent plus. Jusqu’où va l’inhumanité, l’atrocité et la férocité ? Comment peut-on en arriver là ? Malgré les silences, les complicités, il y a cependant ceux qui ont résisté, qui ont apporté d’une manière ou d’une autre un peu d’humanité dans ce charnier et ceux-là non plus il ne faut pas les oublier.

J’avais lu de nombreuses critiques au sujet de ce livre sans jamais me décider à le lire. C’est en étant obligée de le lire que j’ai découvert cette perle. Comme quoi les lectures obligatoires peuvent nous faire découvrir des livres magnifiques et nous rendre heureux.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Elle s’appelait Sarah, Tatiana de Rosnay, Le Livre de Poche

D’une maison…

  Il y a longtemps que je l’ai terminé ce livre… Mais je n’en garde pas un souvenir extraordinaire. C’est l’histoire d’un homme qui nous raconte son enfance dans cette maison, qui essaye de démasquer les secrets et surtout qui rend hommage à ces murs qui l’ont abrité et donc aux personnes qui les ont habités. J’aurais pu aimer ce genre de livres mais il manque quelque chose comme de l’émotion, je n’ai ressenti que de la distance, une narration froide des faits. Je me suis ennuyée et je n’avais jamais envie d’ouvrir le livre. Heureusement, les chapitres sont courts et donc je l’ai lu chapitre par chapitre.

Un livre peut-être à découvrir mais pas pour moi.

 

Lu dans le cadre du prix des lecteurs du Livre de Poche.
La Chambre de la Stella, Jean-Baptiste Harang, Le Livre de Poche, 2008