Entries Tagged as 'Premier roman'

De beignets de tomates vertes…

Tout comme pour Blondel, j’avais noté Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg suite à de nombreux billets élogieux et enthousiastes sur la blogosphère. Comme j’étais désespérée par le fait que le livre était épuisé, Bladelor m’avait proposé de me prêter son exemplaire. Sautant de joie, j’accepte avec plaisir. Puis vient le temps de notre échange du Swap au long cours version Automne, et que ne découvris-je pas dans le colis : mon exemplaire de Beignets de tomates vertes. Car oui le livre a été réimprimé sans que je le sache et elle m’en a fait la surprise. Génial ! Mais il n’y avait pas que le livre dans ce colis, il y avait également le DVD. C’est vraiment la classe ça !

J’ai d’abord commencé par regarder le film qui m’a émue et que j’ai adoré.
Beignets de tomates vertes
est l’histoire de deux femmes qui ouvrent un café-restaurant dans leur petit village, le Whistle Stop Café, racontée par une vieille dame, Ninny.
Evelyn Couch, femme au foyer déprimée, rencontre Ninny alors qu’elle rend visite à la tante de son mari dans un home et qu’elle ne supporte pas. Evelyn va lui raconter ses déboires mais surtout elle va écouter avidement Ninny lui raconter sa jeunesse jusqu’à retrouver goût à la vie. Un lien très fort va peu à peu unir les deux femmes.
Ninny nous plonge dans une époque révolue où l’inégalité et le racisme étaient fort présents et où tout était possible. Elle nous livre une histoire d’amitié, d’humanité, de justice, d’amour, de solidarité. Elle nous présente des femmes de caractère qui auront tenu bon face à toutes les pressions.
Ce film est charmant, frais, drôle, émouvant, vivant et attachant. J’ai passé un excellent moment en compagnie de Ninny, Evelyn, Ruth et Idgie. J’ai savouré les beignets et j’ai versé quelques petites larmes à la fin. Film-douceur.


Et puis vint le temps de la lecture du roman de Fannie Flagg.

Ayant vu le film, je n’ai pas pu lire ce roman d’une manière totalement nouvelle et objective. Les images du film trottaient encore dans ma tête me faisant imaginer les personnages tels qu’ils sont joués par les acteurs et comparer les scènes du livre aux scènes du film. Même si le film et le livre se ressemblent, il y a quelques différences qui m’ont fait préférer le film au livre. J’ai trouvé l’adaptation plus sensible, plus juste, plus charmante et plus légère que le livre que j’ai trouvé long. Par contre, j’ai aimé dans le livre « La gazette de Weems », j’ai aimé le mystère, j’ai aimé la profondeur, j’ai aimé la richesse des personnages et des points de vue, j’ai aimé la douceur et surtout j’ai aimé les recettes. Beignets de tomates vertes se savoure lentement. On plonge dans l’univers de Whistle Stop, on connaît tout le monde, on mange avec eux, on a peur parfois, on admire le courage des deux femmes, on les soutient, on vit avec elles le temps d’une lecture qu’on prolonge au maximum. C’est une lecture agréable qui met du baume au cœur et qui fait croire en l’humanité.


Merci Bladelor de m’avoir donné l’occasion de découvrir ce livre et ce film incontournables et aussi de m’avoir permis de faire une deuxième lecture dans le cadre du challenge organisé par Stéphanie et Fashion “Lunettes noires sur pages blanches” (2).


Tous les avis repris par BoB ici.

Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg, J’ai lu, 2009

Beignets de tomates vertes de Jon Avnet avec Mary-Louise Parker, Kathy Bates, Jessica Tandy, Mary Stuart Masterson, 1991

D’un roi en Afghanistan…

J’avais noté Le roi d’Afghanistan ne nous a pas mariés de Ingrid Thobois lors d’une de mes promenades sur la blogosphère il y a deux ou trois ans. Je ne sais donc plus qui m’a donné envie de le lire. J’avais trouvé le sujet intéressant : Une jeune femme part enseigner à Kaboul et elle tombe amoureuse d’un homme plus âgé qui y habite depuis plusieurs mois et est marié. Ils vivent des moment intenses, ils visitent ce pays plein de vie mais abîmé par la guerre. Mais leur relation née dans des circonstances extraordinaires est vouée à l’échec.

C’est un roman vite lu pendant mes vacances en Jordanie. Lu sans passion, sans intérêt, sans rien. Je n’ai pas vraiment accroché au style de l’auteur ni à l’histoire. Il faut dire que j’avais lu La vaine attente (qui se passe aussi en Afghanistan et qui raconte l’histoire de ce pays à travers le destin de quelques personnages) de Nadeem Aslam quelques semaines auparavant qui m’avait laissé une forte impression.

Malgré un prix du premier roman obtenu en 2007 Ingrid Thobois ne m’a pas convaincue.

Les avis de Praline et de Arsène. Le site de l’auteur ici.

Le roi d’Afghanistan ne nous a pas mariés, Ingrid Thobois, Le Livre de Poche

D’un taxi la nuit…

Un taxi la nuit de Pierre-Léon Lalonde se déroulant dans les rues de Montréal, je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter ce livre et d’ensuite le dévorer car, oui, je suis fan de Montréal.
Pierre-Léon Lalonde est chauffeur de taxi de nuit à Montréal. Il tient un blog “Un Taxi la nuit” dans lequel il raconte ses aventures nocturnes rocambolesques, attachantes, énervantes,… Ce blog a eu tellement de succès qu’on lui a proposé de publier certains de ses billets. Voici l’origine de ce livre, Un taxi la nuit, émouvant, drôle, intéressant et passionnant.
Pierre-Léon Lalonde écrit comme s’il nous racontait ses anecdotes. Son écriture est vivante, vibrante et forte. Et puis, il nous fait découvrir un métier dont on ne parle que très peu dans la littérature, chauffeur de taxi. Un métier à risque, dur, parfois violent mais passionnant et tellement humain. Un chauffeur de taxi voit passer sur sa banquette arrière des personnes de toutes origines, de tous horizons, de toutes personnalités. Il rencontre un junky, un motard, des gars saouls qui enterrent la vie de garçon d’un ami, des couples d’un soir qui deviennent des couples d’une vie, des maîtresses, des vieilles dames, des jeunes qui s’enfuient sans payer… Il est à l’écoute de ceux qui en ont besoin, il distrait ceux qui sont tristes, il est discret, il est préventif… Il en voit de toutes les couleurs dans son taxi. Et puis, il y a Montréal de nuit, ses lumières, ses hivers, ses sorties de bar, ses feux… Le récit est accompagné de quelques photos en noir et blanc qui donnent une image de cette ville nocturne.
Pierre-Léon Lalonde livre un portrait sincère, authentique, touchant avec une pointe d’humour de son quotidien, de ce métier qu’il aime. C’est vraiment passionnant. En fermant le livre, on se dit que la prochaine fois qu’on prendra un taxi on fera causette avec le chauffeur. A découvrir.

Les avis de Karine, de Phil et de Venise.

Un taxi la nuit, Pierre-Léon Lalonde, Septentrion, coll. Hamac-Carnets, 2007

De nuages…

C’est grâce à une quatrième de couverture plus que tentante et intrigante que je me suis laissée aller à lire Le livre de nuages de Chloé Aridjis.

11 août 1986 – Berlin
Juste devant moi, dans cette rame de métro bondée, était assise une très vieille femme, presque centenaire je dirais, coiffée d’un foulard qui encadrait un large front, protubérant comme une planète en colère. Elle avait des yeux noirs enfoncés dans leur orbite et un visage carré aux lourdes mâchoires qui était remarquablement masculin. Tout semblait horriblement familier et j’avais l’impression d’avoir déjà vu ce visage, mais en noir et blanc. Plus je la regardais, plus j’étais certaine que c’était… oui, que c’était Hitler, Hitler en vieille femme dans ce métro berlinois… Aucun membre de ma famille ne me crut. C’était absurde, Hitler s’était suicidé dans son bunker en 1945, tout le monde savait ça…

Tatiana a quatorze ans quand elle a cette terrifiante vision. Dix ans plus tard, elle revient à Berlin pour étudier, puis pour y vivre de petits travaux, pour rêver un peu, pour être seule. Elle flotte dans la vie, se promène sur un nuage, ne s’implique jamais nulle part. Son obsession, c’est cette ville et son horrible passé, la guerre d’abord, puis le Mur, la coupure. Elle va croiser d’autres fantômes, se mêler à eux dans les rues, le métro encore, les mystérieux souterrains côté Est, nous entraînant à sa suite dans des récits d’une grande poésie, même s’ils sont parfois très noirs. Jusqu’au jour où la violence va frapper…


Mal m’en a pris car ce résumé si prometteur ne m’a pas semblé correspondre au contenu du livre. En effet, cette vision dans le métro berlinois d’une vieille femme aux traits d’Hitler n’est qu’un amuse-bouche pour nous expliquer le choix de la narratrice à apprendre l’allemand et ensuite à étudier à Berlin (ce qui lui permet également de fuir sa famille nombreuse envahissante). Nous la retrouvons des années après cette vision dans une ville libérée mais encore marquée par son passé. Cette jeune femme est perdue, elle n’a plus de travail, elle n’a aucune attache et elle n’en veut pas, elle n’a aucune envie. Sa vie est vide comme elle et elle déambule dans cette ville qu’elle aime. Elle trouve un travail auprès d’un ancien historien qui va lui permettre de rencontrer un météorologue amoureux des nuages. Un homme qui a vécu la chute du Mur en 89 et qui vivait de l’autre côté, du côté Est. Ce nouveau travail va lui faire découvrir un nouveau Berlin et approcher des personnages étranges.

Le livre des nuages est un roman qui nous parle de solitudes dans une grande ville. Des solitudes qui errent, se croisent, se touchent mais ne se libèrent jamais. Un roman qui nous parle d’errances, de recherches et de vide. Un roman qui ne correspond pas tout à fait à ce qui est présenté en quatrième.

Je n’ai pas aimé ce premier roman de Chloé Aridjis. Je suis restée insensible au drame personnel de cette jeune femme, à son vide, à son questionnement. J’ai trouvé ce roman monotone, long et lent. Un ressenti qui correspond bien à la thématique.

J’aurais aimé apprendre un peu plus sur le météorologue, j’aurais aimé un partage. Et surtout, j’aurais aimé qu’elle poursuive son enquête sur cette apparition mystérieuse qu’elle a eue des années auparavant. Etait-ce possible ? Etait-ce réel ? On pourrait imaginer qu’elle avait vu juste. Quel changement pour l’Histoire. Mais non, elle en reste là. Il est vrai qu’il s’agit d’un sujet délicat et assez dérangeant mais la fiction nous permet d’imaginer des scénarios multiples et improbables. J’ai été déçue par ce roman car j’ai attendu jusqu’au dénouement un lever du voile mais en vain.

Une présentation du livre par l’éditrice ici et par l’émission “Un livre un jour” sur France3.

Les avis de Leiloona, de Stephie et de Antoine.

Le livre des nuages, Chloé Aridjis, Mercure de France, 2009

Challenge du 3% littéraire (17/21)

D’un été chagrin…

L’été chagrin de Henri Husetowski c’est l’été d’un jeune garçon de dix ans, David Duval, juif baptisé à l’église catholique, qui voit son monde s’effondrer en une nuit alors que les voitures noires et les camions débarquent pour emmener tous les gens de son quartier. David perd sa mère, ses amis, ses repères, ses croyances aussi. Tout ce qu’il croyait juste est faux. Tout ce que les adultes lui ont dit comme étant de vérités est un mensonge. David échappe à la rafle du Vél d’Hiv et commence pour lui une nouvelle vie. Il sera pris en charge par l’abbé qui le fera quitter la ville avec un autre garçon qui lui ressemble, lui fils de résistant. David a peur, il s’invente des histoires, a des accès de folie parfois où ses rêves sont pour lui réalité. David est seul, il a besoin d’une mère, il a besoin de se reconstruire. L’été 1942, sera tragique pour David et pour tous les enfants qui comme lui seront arraché à leur histoire.
Henri Husetowski nous livre un premier roman poignant et troublant. Il n’est pas le premier à utiliser la thématique de la rafle du Vél d’Hiv en juillet 1942 et des enfants cachés pour écrire un roman mais il l’aborde d’une manière nouvelle : que peut produire cet événement traumatisant chez un enfant qui pensait être à l’abri et qui ne comprend pas ce qui arrive, les séquelles du mensonge, de la perte, de l’inhumanité. Le tout écrit dans une langue correspondant parfaitement à celle d’un enfant de dix ans. Le narrateur c’est David. Le lecteur vit avec lui les événements et les émotions. Le lecteur devient presque David.
Mais ce roman, ou plutôt le narrateur m’a énervée. David est un jeune garçon un peu imbu de sa personne et qui aime raconter des mensonges pour se mettre en valeur (notamment d’un point de vue sexuel). Ce côté de sa personnalité est sûrement dû à sa mère qui lui rappelle toujours qu’il est beau, qu’il est intelligent et qu’il doit devenir ingénieur. Mais je n’aime pas trop ce genre de comportement. Ensuite, David vit ces événements traumatisants qui lui font quelque peu perdre la tête et le sens de la réalité. Sa folie l’entraîne souvent à se mettre lui-même en danger mais aussi ceux qui sont là pour l’aider. Il devient méchant, agressif, violent. Il ne fait confiance à plus personne. Il devient insupportable. Tout en comprenant cette douleur, cette violence qui lui a été faite et qu’il refoule, ce jeune garçon déboussolé m’a irritée.
L’été chagrin est un roman qui pose la question du traumatisme de l’identité et de la réalité d’un monde de brute. C’est un roman qui évoque une période souvent racontée mais qui le fait d’une manière singulière et bouleversante. A découvrir.

Je remercie Guillaume de Babelio qui m’a permis de lire ce livre lors de l’opération Masse Critique et pour sa patience. Je remercie également les éditions Buchet-Chastel pour cette découverte.

Les avis de GeorgeSandetmoi, Nanne, Esmeraldae, Dédale du Biblioblog (assez proche du mien), Sandrine.

L’été chagrin, Henri Husetowski, Buchet-Chastel, 2009

Challenge du 3% littéraire (16/21)

D’une terre…

Terre des Affranchis de Liliana Lazar raconte l’histoire de Victor, un jeune garçon assez solitaire et maltraité par son père. Une histoire qui se passe dans un village de la Roumanie de Ceausescu, Slobozia, un village de campagne entouré d’une forêt et d’un lac, la Fosse aux Lions où, dit-on, vivent les esprits malins des ottomans qui s’y seraient noyés au XVIe sicèle. Pour les gens du village, il faut se tenir éloigné du lac car il est maudit et quiconque s’en approche risque de mourir. Par contre, il exerce une étrange fascination sur ce jeune homme et agit pour le sauver. Alors qu’il était poursuivi par son père ivre qui voulait le battre encore une fois, il s’enfuit et espère pouvoir semer son père. Malheureusement, son père le suit et le rattrape presque. Il se défend mais son père est plus fort que lui. A ce moment, le lac s’anime et le sauve. Le voilà désormais libérer lui et sa famille du joug d’un père violent. Une autre vie commence pour lui. Il remplace son père et devient bûcheron. Jeune garçon timide d’une force physique impressionnante, il n’ose pas approcher les jeunes filles. Jusqu’au jour où il rencontre une jeune fille dans les bois et commet l’irréparable. Il commence dès lors une vie de réclusion protégé par sa mère et sa sœur. Il a laissé des traces de son acte qu’il n’a pas pu réfréné. La police le recherche. Deux personnes sauront sa présence, le sorcier et le curé qui lui donnera un travail de rédemption. Dans une Roumanie communiste où l’église et ses écrits sont menacés, le père lui demande de recopier des livres de Saints afin de pouvoir en distribuer aux fidèles. C’est un acte de résistance et de rédemption. Il vivra de cette façon de nombreuses années quand arrive un matin un étranger…

Terre des Affranchis est un roman mystérieux, envoûtant et magique comme le lac et la forêt qu’il décrit. C’est un roman qui entraine doucement le lecteur dans son intrigue et qui ne le lâche plus qu’à la fin. Liliana Lazar nous parle de la rédemption possible d’un meurtrier par la réclusion, par l’engagement et par la présence de personnes saintes pour le protéger. Elle nous parle aussi des campagnes mystérieuses de Roumanie, du régime communiste totalitaire et intolérant, de la fin du communisme et de l’hypocrisie des anciens dirigeants, de la foi catholique libérée et seule porte de salut.

Terre des Affranchis est le premier roman de Liliana Lazar, un roman engagé et profond.

Les avis d’autres lecteurs rassemblés chez BOB et ceux de Cécile, Emilie, Leiloona et Lilly. Un entretien avec l’auteur sur le site des éditions Gaïa.

Terre des Affranchis, Liliana Lazar, Gaïa, 2009

Challenge du 2% littéraire (14/14)

Des Arrangeurs…

Comme à mon habitude, je vous présente encore un premier roman de cette rentrée littéraire 2009, Les Arrangeurs de Laurence Tellier-Loniewski.

Dans son roman assez réussi, Laurence Tellier-Loniewski nous embarque dans la vie et les habitudes d’une résidence de co-propriétaires post soixante-huitards racontées par une enfant qui doit avoir entre 9 et 12 ans. Le récit que fait cette petite fille de la résidence et la description de ses habitants sont farfelus, délicieusement naïfs et drôles, intenses. Ce roman n’est pas résumable à une action parce que finalement ce qui importe dans le récit c’est la vie de tous ses habitants, leurs petits travers, leurs secrets, leur solidarité dévoilés par différents événements qui bouleversent leur quotidien.

Les Arrangeurs de Laurence Tellier-Loniewski est un premier roman touchant qui fait sourire et vivre avec les personnages. J’ai apprécié la simplicité du ton, la justesse, la naïveté, la fraicheur aussi de la narratrice. Les Arrangeurs est un roman qui ne parle pas de grands sujets historiques ou politiques, il nous parle de la vie telle qu’on la connaît imbriquée dans l’Histoire. J’ai passé un excellent moment de lecture car il est tellement bon de voir nos travers, d’en rire et finalement d’apprendre la Vie. Un roman frais qui fait du bien, qui repose, qui est juste.

Voici une présentation du livre avec un entretien avec l’auteure et la lecture d’un extrait du texte.

Les Arrangeurs, Laurence Tellier-Loniewski, Gallimard, 2009

Challenge du 2% littéraire (13/14)

D’un requiem…

C’est dans le cadre de la Chaîne des livres organisée par Ys que j’ai eu la chance de lire Brown’s requiem de James Ellroy proposé par Cécile. En effet, je voulais lire un roman de cet auteur depuis très longtemps.

James Ellroy nous emporte dans une enquête menée par un détective privé, ancien flic alcoolique, spécialisé en récupération de voitures non payées, Fritz Brown. Et puis, débarque à son bureau un caddy, un peu dérangé, qui lui demande d’enquêter sur sa sœur, Jane, et son protecteur. Le caddy lui propose une belle somme d’argent et il se lance dans l’enquête qui semble fort simple. Mais, ses investigations progressant, les choses ne seront pas si faciles et il sera entrainé dans une aventure aussi folle que dangereuse dans les bas-fonds californiens et le monde des caddies.

J’ai bien aimé ce roman noir malgré quelques lenteurs. James Ellroy nous embarque dans les méandres de la pensée d’un homme mélomane solitaire et malheureux. Il nous montre jusqu’où la misère et le mal de vivre peuvent pousser un être fragile.

Brown’s requiem est le premier roman de James Ellroy. Une première découverte intéressante mais je ne sais pas si j’en lirai d’autres.

Les avis des autres enchaînés : le Bookomaton, Ys, Argantel, Yohan, Emmyne, Blue Grey et de Virginie. Le site de l’auteur.

Brown’s requiem, James Ellroy, Rivages poche, 1988

Livre lu dans le cadre des la Chaîne des livres 2009.

D’un karma…

Joël Schuermans est un jeune écrivain belge, ancien para, qui vient de publier son premier roman, KarmAfrica, chez un petit éditeur belge, Memory Press.
KarmAfrica c’est l’histoire d’un homme dont l’enfant est sur le point de mourir à cause d’une maladie grave, c’est l’histoire d’un homme qui paye ses fautes passées, c’est l’histoire d’un homme qui a été le témoin d’actions et de comportements inacceptables dans un pays où il devait maintenir la paix, c’est l’histoire aussi d’un amour. Le récit alterne en permanence entre présent et passé. Un présent douloureux et incertain et un passé lourd, très lourd. Le narrateur tente d’expliquer la maladie de son fils comme étant un juste retour des choses par rapport à ce qui s’est passé lors de sa mission en Somalie en 1993. Les soldats belges qui étaient envoyés par l’ONU dans ce pays avaient pour mission de maintenir la paix. Mais l’ambiance est tendue et ces hommes ne sont pas formés à gérer ce genre de situation. La tension augmente et la violence est gratuite. Joël Schuermans nous décrit des situations incroyables et dramatiques qui choquent malgré tout. Il témoigne des dérives d’une mission de paix et des conséquences psychologiques irréversibles. Il témoigne aussi de l’amour intense d’un père et d’une mère pour leur enfant. Il nous montre la force de l’amour, la douleur d’être vivant alors que notre enfant est mourant, l’angoisse de la perte.
Bien que le lecteur sente qu’il s’agit d’un premier roman dans le style (descriptions parfois plates, tournures scolaires), il y trouve une véritable force, une étincelle qui captive et fait vibrer, une sincérité énorme qui fait vivre les émotions. Le style n’est certes pas parfait mais c’est un roman touchant, vivant, vécu et vrai. Un roman qui m’a émue. Un roman qui m’a fait penser que finalement il était rare de compatir pour les personnages.

Ce roman a été sélectionné pour le Prix Première, prix organisé par la Première qui récompense un premier roman francophone. L’article de Thierry Bellefroid.

KarmAfrica, Joël Schuermans, Memory Press

Challenge du 2% littéraire 2009 (9/14).

D’un autoportrait…

L’autoportrait bleu de Noémi Lefebvre est un long monologue d’une femme de retour de Berlin qui repense à ce qu’elle a vécu le temps de son séjour, à sa rencontre ratée avec le pianiste dont elle imagine la vie et les attentes, à son éducation, à l’Histoire, … le temps d’un trajet en avion entre Berlin et Paris. L’autoportrait bleu est un texte dense et riche. Un texte particulier qui nécessite une lecture continue comme celle que l’on ferait lors d’un voyage. Un texte qui exige l’attention entière du lecteur car le fil des pensées de la narratrice, désenchantée, n’est pas fluide. Elle revient sur ce qu’elle a dit, sur ce qu’elle aurait dû dire. Elle imagine la vie du pianiste, son talent et ses démons liés à l’Histoire de l’Allemagne et à son passé fasciste qu’il ne peut accepter. Le pianiste est un compositeur contemporain qui recherche une nouvelle musique et qui est fasciné par Schönberg et son Autoportrait bleu.

Noémi Lefebvre livre un premier roman fascinant et enrichissant. Je suis ravie d’avoir fait cette lecture si différente de ce que j’ai l’habitude de lire.

Un entretien avec l’auteure ici.

L’autoportrait bleu, Noémi Lefebvre, Verticales, 2009

Challenge du 1% littéraire (5/7)