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D’une nuit de noces…

Sur la plage de Chesil de Ian McEwan est un magnifique roman empreint de douceur et de douleur. Dans ce roman, l’auteur nous montre comment les non-dits, la peur, la colère et l’ignorance peuvent transformer ce qui semblait parfait en un échec, modifier la trajectoire d’une vie. Deux jeunes gens, Edward et Florence, passent leur nuit de noces dans une vieille auberge, au bord de la plage de Chesil. Mais, ce ne sera ni pour l’un ni pour l’autre cette nuit d’ivresse et de bonheur. Dès le début du roman, on sent un malaise entre les époux. Edward a peur de ne pas assurer et Florence craint le rapprochement de leurs corps mais ne sait pas comment l’exprimer. L’atmosphère tendue, incertaine et suspendue est superbement bien décrite. L’alternance des points de vue est très enrichissante et nous permet de comprendre ce qui se passe dans les esprits de chacun, mais aussi de comprendre le désastre qui se trame. Le lecteur assiste à ce « fiasco » et se sent tellement impuissant pour leur venir en aide.  Mais pourquoi en sont-ils arrivés là ? Ces deux jeunes gens étaient faits pour s’aimer.

C’est un roman intense, tellement juste et si court, dans lequel la mer rythme les émotions. Je me suis sentie proche de cet homme, j’ai eu envie de le consoler, de lui redonner une chance. Par contre, je n’ai pas éprouvé de sympathie pour Florence, même si je comprends totalement son dégoût et sa peur. J’ai pu ressentir ce qu’elle éprouvait mais je ne l’ai pas suivie dans sa colère. Je découvre l’auteur par ce livre et je suis sous le charme de tant de justesse et d’intensité. Ian McEwan nous emmène là où ça fait mal et nous montre comment certains événements, certains actes involontaires, peuvent influer sur notre vie. Une histoire d’amour gâchée parmi tant d’autres. Un roman à découvrir.

Sur la plage de Chesil, Ian McEwan, Gallimard, 2008

Livre lu pour le Challenge du 1% littéraire.

De la cinquième saison…

  Voici la cinquième et avant-dernière saison de ce terrible feuilleton, Doggy Bag, de Philippe Djian. La dernière saison sortira en avril 2008… Il me faudra donc patienter pour connaître le fin mot de l’histoire…

 

Que de choses invraisemblables dans cette cinquième saison. Le sort s’acharne sur les Sollens. Rien ne va plus… Ce livre est tellement tragique et caricatural que finalement on en rit. On rit de ces situations grotesques, rocambolesques, du comportement de certains personnages. Et pourtant c’est terrible. La sortie paroissiale qui se termine en bain de sang en plein milieu de la forêt suite à l’arrivée d’un ours brun enragé. Victor qui, en plus d’avoir des stigmates, lévite. David qui ne peut sortir de son asile de fou qu’enchaîné à un membre de sa famille et qui se drogue. Marc qui reste un sexolique sans espoir de devenir un homme bien. La voisine, Marga, qui pratique une sorte de magie noire, qui envoie un de ces danois dans les arbres complètement carbonisé et qui empoisonne l’ex-mari d’Edith à distance. On peut encore trouver bien d’autres événements aussi incroyables. Cette saison est vraiment très riche. L’écriture m’a à nouveau interpellée, appelée… J’ai été happée et je n’ai pu lâcher le livre tant j’avais envie de savoir ce qui allait advenir de cette famille. Ils sont tous cinglés. La ville elle-même est cinglée. À nouveau aucune lueur d’espoir ne transparaît. Si dans la saison 4 on quittait Sonia en espérant pour elle un peu de bonheur, eh bien non, le sort ne cesse de s’acharner sur chacun des personnages. On la quitte cette fois-ci ravagée par la douleur.

 

Il faut se laisser embarquer dans ce monde complètement « fucké », complètement tordu, pour apprécier ce feuilleton à sa juste valeur. Djian provoque et j’aime cette provocation. Certains propos sont choquants mais tellement vrais… Il me semble qu’il remet en cause une certaine vision du monde, de notre société. Il la critique en la caricaturant. Finalement, le lecteur réfléchit sur son impact dans la société actuelle. Peut-être que ce que l’auteur nous montre dans sa série c’est ce que nous serons demain : des barbares complètement cinglés, déréglés tout comme le climat, l’économie… Nous rions de ce qu’il nous présente. Nous sommes peut-être choqués. Mais ce n’est qu’un miroir.

À lire avec un peu de recul ou d’implication… C’est fort.