Entries Tagged as 'Littérature italienne'

De nombres premiers…

La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano est un roman dont on a beaucoup parlé sur la blogosphère et qui mérite vraiment qu’on le lise. Paolo Giordano nous entraîne dans l’histoire de deux personnages, Mattia et Alice, de leur enfance jusqu’à l’âge adulte en alternant leur voix et leurs pensées. Mattia porte en lui un terrible secret qui l’amène à commettre des actes d’auto-mutilation. Il se tait, il souffre et s’engouffre dans les mathématiques. Alice vit sous la coupe d’un père autoritaire qui avait de hautes ambitions pour elle jusqu’au jour où un grave accident l’handicape à vie et la plonge dans l’anorexie. Alice, tout comme Mattia, est solitaire. Mais Alice est attirée par ce jeune garçon sombre, silencieux et mystérieux. Et Mattia, lui aussi, se sent proche de cette fille un peu bizarre. Ils se ressemblent et sont reliés tels des nombres premiers. Mattia et Alice ne cesseront de se chercher, de se retrouver et de se quitter durant toute leur vie alors qu’ils tentent de trouver leur place dans ce monde.
Paolo Giordano nous offre un premier roman plutôt mélancolique où les sentiments sont forts et contradictoires, les souffrances et les douleurs vraies, les espoirs enfouis. Un livre sensible et émouvant, prenant et poignant, mais pas non plus bouleversant. Et puis, l’auteur nous mène là où il veut et ne laisse aucun espoir.

Tous ceux qui en ont parlé sont repris ici.

La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano, Seuil, 2009

D’un compagnon de voyage…

Le compagnon de voyage de Curzio Malaparte est un roman inédit commencé en 1946 et achevé en 1956. Ce court récit est le symbole de la débâcle italienne en septembre 1943 alors que les Alliés débarquent dans le Sud en Calabre qui conduira à l’armistice le 8 septembre, symbole d’un pays qui n’a plus de lois, d’un chaos.
Le compagnon de voyage c’est l’histoire du soldat Calusia, l’ordonnance du lieutenant, qui survit au combat alors que tous sont morts et qui reçoit comme dernière mission de son lieutenant celle de ramener son corps dans sa famille à Naples. Ce détachement de soldats était isolé et seul face aux Alliés. Ils n’avaient aucune chance de s’en sortir mais ils ont combattu pour la dignité de leur pays. Calusia se relève de la bataille et décide d’accomplir sa dernière mission. C’est l’occasion pour l’auteur de nous faire parcourir les routes de cette Italie défaite et sans repères et rencontrer des soldats alliés, des gens perdus qui tentent de rentrer chez eux, des voleurs, des maquerelles… C’est également l’occasion pour l’auteur de nous montrer la fragilité et l’instabilité du pays. Calusia est un homme digne et intègre qui aide son prochain et n’admet pas les injustices trop fréquentes qu’il rencontre sur son chemin. Par ce texte, Malaparte dénonce son pays et les voleurs qui le dirigent. Mais il montre aussi la générosité et le courage du peuple italien, de ce peuple qui n’a plus rien et pour qui tout est à reconstruire.
Le compagnon de voyage est un texte en mouvement, un texte qui progresse, qui bouge au rythme des déplacements de ces gens ballotés sur les routes où défilent les convois militaires. On lit le texte comme on regarderait un film sur cette période. C’est fascinant.
J’ai trouvé ce texte très poétique, très beau et très juste. Un inédit de Malaparte à lire sans délai.

Le compagnon de voyage, Curzio Malaparte, Quai Voltaire, 2009

D’une envie…


  J’ai envie de toi est un livre qui ne peut que plaire à une jeune fille romantique comme moi. L’amour sauvage, tendu et puissant entre Step et Gin m’a fait rêver, m’a donné envie d’embellir mon amour, de le rendre plus vivant aussi. Step et Gin sont tellement faits l’un pour l’autre et Gin est tellement mieux que Babi. Pourquoi dis-je ça ? Nous ne connaissons pas Babi. Nous ne la voyons que dans quelques scènes qui prépare son mariage et est insupportable et égoïste. Je n’ai pas aimé ce personnage. Par contre Gin me semble entière, spontanée (mais on peut en douter), joyeuse et folle. Elle est vraiment exceptionnelle. A côté de l’histoire de Gin et Step, il y a celle de Step et son frère, de Step et sa mère, de Babi et sa famille. Je n’ai pas trop aimé les histoires parallèlles, surtout celle des parents de Babi. Mais ces histoires nous permettent de voir que l’amour est quelque chose de vivant qu’il faut entretenir. J’ai vraiment adoré ce livre. Lorsque je l’ai commencé, je n’ai pas pu le lâcher. J’avais besoin de vivre cet amour et de voir la façon dont il allait évoluer. J’ai été captivée. Mais je pense que c’est vraiment un livre pour filles. Je n’imagine pas un homme le lire. Mais peut-être que je me trompe. A lire si vous rêvez de belles histoires romantiques.

 Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
J’ai envie de toi, Federico Moccia, Le Livre de Poche, 2008