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D’une poursuite et de charmes…

Douglas Kennedy est un auteur dont j’entendais un peu trop parler et qui, pour cette raison, ne m’avait jamais tentée. Et puis vint le jour où ma maman me prêta La poursuite du bonheur et Les charmes discrets de la vie conjugale. Les deux romans restèrent longtemps sur ma PAL (au moins deux ans) jusqu’au jour où j’ai enfin eu envie de les sortir de la pile et de les lire.

La poursuite du bonheur raconte l’histoire de Sara et de Jack Malone. Ils se sont rencontrés lors d’une soirée de Thanksgiving en 1945. Ce fut le coup de foudre. Jack, journaliste de l’armée américaine, doit repartir le lendemain. Ils se font des promesses mais Sara n’aura plus de nouvelles de son bel amant jusqu’au jour où elle le retrouve pas hasard dans un parc en compagnie de sa femme et de son enfant. Je n’en dirai pas plus.
J’ai aimé cette histoire d’amour bouleversée et bouleversante. J’ai aimé me plonger dans la vie de Sara et de son frère. Douglas Kennedy ancre véritablement son roman dans le contexte social et politique des Etats-Unis des années 40 jusqu’à la fin de la « Chasse aux sorcières » et cet ancrage donne plus de poids à l’histoire de ces personnages torturés qui ne connaîtront que de brefs instants de bonheur sans jamais pouvoir le tenir réellement dans leurs mains. J’ai lu ce roman sans pouvoir m’en détacher. J’ai passé un agréable moment de lecture avec l’envie de lire un autre livre de ce style : une histoire pas trop compliquée qui fait rêver.

Et donc c’est avec plaisir que j’ai retrouvée quelques semaines plus tard l’écriture captivante de Douglas Kennedy avec Les charmes discrets de la vie conjugale. L’auteur nous invite cette fois à découvrir la vie tranquille d’Hannah Buchan qui, suite à une petite incartade de jeunesse, sera totalement chamboulée et démolie bien des années plus tard. Ce roman se divise en deux parties. La première est consacrée à la jeunesse d’Hannah, ses études, ses relations avec sa mère artiste et son père professeur engagé contre la guerre au Vietnam, à son mariage, ses déboires et surtout son moment d’égarement. Ensuite, après un saut dans le temps d’une trentaine d’années, on retrouve Hannah, femme épanouie et toujours mariée, ayant élevé ses deux enfants, ayant essayé d’être une épouse et une mère exemplaire pour expier sa faute. Mais on ne peut jamais échapper à son destin…
A nouveau, Douglas Kennedy ancre son roman dans la réalité des Etats-Unis des années septante (guerre du Vietnam, manifestations pacifistes,…) et 2000 (importance des médias et de la communication, foi hypocrite,…) Ce contexte historique donne à l’histoire plus de poids et de réalité. J’ai également aimé ce roman qui m’a tenue en haleine. J’ai vécu avec Hannah, je l’ai soutenue, je l’ai comprise, j’ai essayé de la rassurer. Douglas Kennedy sait captiver son lecteur en lui donnant les éléments de l’intrigue petit à petit, en le faisant réfléchir sur ce qu’il aurait fait à la place du personnage, en lui permettant de mieux visualiser le récit.

J’ai aimé ces deux romans. Ils m’ont fait du bien à un moment où ma vie changeait complètement et où je ne savais plus très bien si j’étais prête à commencer une nouvelle vie. Je suis heureuse de les avoir sortis de ma PAL. Merci Maman pour ces lectures bien agréables.

Les avis d’autres blogueuses chez BoB pour La poursuite du bonheur et Les charmes discrets de la vie conjugale.

La poursuite du bonheur, Douglas Kennedy, Pocket

Les charmes discrets de la vie conjugale, Douglas Kennedy, Pocket

D’un vice…

Quand j’ai vu ce petit livre à la couverture flashy et son titre, Le vice de la lecture, ma main s’est tendue pour le prendre et l’a amené, sans me consulter, au bureau de la libraire pour le prendre. Quelle bonne initiative !

Le vice de la lecture de Edith Wharton est un court texte dans lequel l’auteur dénonce l’obligation sociale de la lecture qui nuit aux écrivains et crée des lecteurs mécaniques. Elle oppose les lecteurs-nés aux lecteurs mécaniques qui lisent pour être au courant et ‘faire comme’. Et elle dénonce tous les méfaits causés par ces lecteurs qui sont au nombre de quatre : facilitent la carrière d’un écrivain médiocre, ralentissent la vraie culture, confondent la morale et les jugements intellectuels et sont à l’origine d’une critique se limitant à l’énoncé du contenu.

Edith Wharton est intransigeante et exclusive. Elle porte un jugement élitiste et sans concession sur la lecture et les lecteurs et on pourrait parfois se sentir insulté. Mais c’est un véritable plaisir de lire un texte qui pense la lecture et les lecteurs, malgré son ton quelque peu supérieur.

En écrivant ce billet, je me suis posé quelques questions sur Edith Wharton et la blogosphère : Que penserait Edith Wharton de la blogosphère ? Comment considèrerait-elle tous ces lecteurs qui livrent leur avis personnel ? Aurait-elle également un blog ? A mon avis, elle aurait un certain mépris pour les blogs de lecture tout en tenant le sien afin de mieux critiquer les autres.

Voici quelques extraits :

« Lire n’est pas une vertu, mais bien lire est un art, et un art que seul le lecteur-né peut acquérir. Le don de lire n’est pas une exception à la règle selon laquelle tous les dons naturels ont besoin d’être cultivés par la pratique et la discipline ; mais sans l’aptitude innée la formation serait vaine. C’est l’illusion du lecteur mécanique de croire que les intentions peuvent prendre la place de l’aptitude. » (p. 13)

« Il est probable que si ne lisaient que ceux qui savent lire, personne d’autre que ceux qui savent écrire ne produiraient des livres ; mais c’est la moindre des offenses du lecteur mécanique que d’avoir encouragé l’auteur mécanique. Ils sont fait l’un pour l’autre et peuvent s’attaquer l’un l’autre en toute impunité. » (p. 24)

« C’est ainsi que le lecteur mécanique œuvre systématiquement contre le meilleur de la littérature. A l’évidence, c’est à l’écrivain qu’il est le plus nuisible. La large avenue qui mène à l’approbation du lecteur mécanique est si facile à suivre et si grouillante de compagnons de voyage prospères que plus d’un jeune pèlerin y a été attiré par le seul besoin de la camaraderie ; et ce n’est peut-être qu’à la fin du voyage, quand il rejoint le Palais des Platitudes et s’assoit devant un festin de louanges sans discernement, avec les plumitifs qu’il a le plus méprisés, se servant sans gêne aucune du plat préparé en son honneur, que ses pensées se tournent avec envie vers cet autre côté – le droit chemin menant « aux happy few ». » (p. 30)

Les avis de Mea, Faelys, Cécile et Lali. Le site de l’éditeur qui permet de feuilleter l’ouvrage.

Le vice de la lecture, Edith Wharton, Les éditions du sonneur, la petite collection, 2009 (traduit de l’américain par Shaïne Cassim)

De l’Affaire de Road Hill House…

L’affaire de Road Hill House de Kate Summerscale est document qui revient sur une affaire d’infanticide qui a profondément marqué les esprits en Angleterre au XIXè siècle et qui a influencé de nombreux auteurs de romans policiers. Kate Summerscale livre une véritable enquête historique sur ce crime et la manière dont l’enquête a été menée. C’est la période où les gens se passionnent pour les crimes passionnels relatés par les journaux, où les détectives deviennent des personnalités imposantes et importantes et où Wilkie Collins, Mary Elisabeth Braddon, Charles Dickens publient des romans de détectives… L’auteur explique la vie avant le meurtre du jeune frère, la découverte du crime, l’enquête, les procès ainsi que la personnalité et la vie du détective qui mènera l’enquête. Elle nous livre un document riche et complet.

Après avoir lu De Sang-froid de Truman Capote qui avait été pour moi un véritable coup de cœur, le livre de Kate Summerscale me tentait puisqu’il me semblait être à peu près construit de la même manière que le roman de Capote. Malheureusement, il n’y a pas la même qualité d’écriture, de description, de construction, de mise en scène, de restitution des émotions, des événements. Le livre de Summerscale est plus historique que romancé et surtout son rythme est beaucoup plus lent, plus lourd, plus répétitif. L’auteur décrit tout en détail et va même plus loin que le crime. Elle fait de longs détours pour éclaircir certains points.

L’affaire de Road Hill House est un document qui m’a profondément ennuyé, que j’ai traîné de longues semaines derrière moi et dont je n’ai pas compris l’intérêt. La seule chose positive que j’en retire c’est l’envie de lire Wilkie Collins, Mary Elisabeth Braddon et Henry James.

Ils ont aimé : Ys, Dasola, Michel, Amanda, Joëlle, Françoise et Emmyne.

Enna a également été déçue par ce livre.

L’affaire de Road Hill House, Kate Summerscale, 10/18, 2009

D’un pied au paradis…

Un pied au paradis de Ron Rash est un roman noir assez intéressant et vivant grâce à sa construction particulièrement originale. Cinq personnages vont prendre la parole à tour de rôle pour raconter leur version du drame qui a eu lieu : le shérif, la voisine Amy, le voisin, le fils des voisins et l’adjoint au shérif.

Nous sommes en Caroline du Sud dans le comté d’Oconee dans les années 50. Le shérif Will Alexander est appelé pour intervenir dans un bar où a lieu une bagarre à laquelle participe Holland Winchester. Le lendemain, le shérif est appelé par la mère de ce dernier qui aurait disparu sans prendre son pick-up, celle-ci ayant entendu un coup de feu dans la matinée. Will va enquêter chez les voisins, les Holcombe. Il a des doutes mais ne trouve aucun cadavre ni aucune preuve de leur culpabilité. Le shérif revient sur sa vie, son passé, sa femme, ses choix, sa famille, le futur. Il n’est pas heureux et ne trouve pas le disparu. Ensuite, la narration est reprise par la femme du voisin, Amy. Elle raconte son histoire, sa rencontre avec son mari, leur malheur de ne pas pouvoir avoir d’enfant et la chute qui mène au crime. On entre par après dans la tête de Billy, le mari, qui explique le sentiment de jalousie qui l’habitait mais aussi son malaise face à son fils, du fils des voisins qui découvre les secrets du passé et de l’adjoint au shérif. Les narrations se déroulent sur plusieurs années ce qui offre la possibilité à l’auteur de faire évoluer l’environnement du drame et d’envisager l’avenir des différents intervenants. Ceux qui cultivaient leur terre et en vivaient ont dû la quitter pour habiter en ville et travailler à l’usine à cause de la construction imminente d’un barrage. L’auteur ancre son roman dans la réalité de la Caroline du Sud et de ses habitants : la sécheresse, la construction d’un barrage, l’expropriation.

Ce roman chorale permet à l’auteur de lever progressivement le voile sur le mystère de la disparition de Winchester, sur la vie qui continue, sur la culpabilité qui sommeille chez les coupables. La tension augmente au fur et à mesure pour finir dans une scène extrêmement forte émotionnellement qui a réussi à me faire verser quelques larmes. Ron Rash mène son intrigue d’une manière très originale et vivante bien que le drame qui a eu lieu soit finalement assez banal. Il nous offre un roman noir intrigant et très prenant.

Les avis de Papillon, Clarabel, Moisson Noire et Emeraude.

Un pied au paradis, Ron Rash, Editions du Masque, 2009

Challenge du 3% littéraire (18/21)

De nuages…

C’est grâce à une quatrième de couverture plus que tentante et intrigante que je me suis laissée aller à lire Le livre de nuages de Chloé Aridjis.

11 août 1986 – Berlin
Juste devant moi, dans cette rame de métro bondée, était assise une très vieille femme, presque centenaire je dirais, coiffée d’un foulard qui encadrait un large front, protubérant comme une planète en colère. Elle avait des yeux noirs enfoncés dans leur orbite et un visage carré aux lourdes mâchoires qui était remarquablement masculin. Tout semblait horriblement familier et j’avais l’impression d’avoir déjà vu ce visage, mais en noir et blanc. Plus je la regardais, plus j’étais certaine que c’était… oui, que c’était Hitler, Hitler en vieille femme dans ce métro berlinois… Aucun membre de ma famille ne me crut. C’était absurde, Hitler s’était suicidé dans son bunker en 1945, tout le monde savait ça…

Tatiana a quatorze ans quand elle a cette terrifiante vision. Dix ans plus tard, elle revient à Berlin pour étudier, puis pour y vivre de petits travaux, pour rêver un peu, pour être seule. Elle flotte dans la vie, se promène sur un nuage, ne s’implique jamais nulle part. Son obsession, c’est cette ville et son horrible passé, la guerre d’abord, puis le Mur, la coupure. Elle va croiser d’autres fantômes, se mêler à eux dans les rues, le métro encore, les mystérieux souterrains côté Est, nous entraînant à sa suite dans des récits d’une grande poésie, même s’ils sont parfois très noirs. Jusqu’au jour où la violence va frapper…


Mal m’en a pris car ce résumé si prometteur ne m’a pas semblé correspondre au contenu du livre. En effet, cette vision dans le métro berlinois d’une vieille femme aux traits d’Hitler n’est qu’un amuse-bouche pour nous expliquer le choix de la narratrice à apprendre l’allemand et ensuite à étudier à Berlin (ce qui lui permet également de fuir sa famille nombreuse envahissante). Nous la retrouvons des années après cette vision dans une ville libérée mais encore marquée par son passé. Cette jeune femme est perdue, elle n’a plus de travail, elle n’a aucune attache et elle n’en veut pas, elle n’a aucune envie. Sa vie est vide comme elle et elle déambule dans cette ville qu’elle aime. Elle trouve un travail auprès d’un ancien historien qui va lui permettre de rencontrer un météorologue amoureux des nuages. Un homme qui a vécu la chute du Mur en 89 et qui vivait de l’autre côté, du côté Est. Ce nouveau travail va lui faire découvrir un nouveau Berlin et approcher des personnages étranges.

Le livre des nuages est un roman qui nous parle de solitudes dans une grande ville. Des solitudes qui errent, se croisent, se touchent mais ne se libèrent jamais. Un roman qui nous parle d’errances, de recherches et de vide. Un roman qui ne correspond pas tout à fait à ce qui est présenté en quatrième.

Je n’ai pas aimé ce premier roman de Chloé Aridjis. Je suis restée insensible au drame personnel de cette jeune femme, à son vide, à son questionnement. J’ai trouvé ce roman monotone, long et lent. Un ressenti qui correspond bien à la thématique.

J’aurais aimé apprendre un peu plus sur le météorologue, j’aurais aimé un partage. Et surtout, j’aurais aimé qu’elle poursuive son enquête sur cette apparition mystérieuse qu’elle a eue des années auparavant. Etait-ce possible ? Etait-ce réel ? On pourrait imaginer qu’elle avait vu juste. Quel changement pour l’Histoire. Mais non, elle en reste là. Il est vrai qu’il s’agit d’un sujet délicat et assez dérangeant mais la fiction nous permet d’imaginer des scénarios multiples et improbables. J’ai été déçue par ce roman car j’ai attendu jusqu’au dénouement un lever du voile mais en vain.

Une présentation du livre par l’éditrice ici et par l’émission “Un livre un jour” sur France3.

Les avis de Leiloona, de Stephie et de Antoine.

Le livre des nuages, Chloé Aridjis, Mercure de France, 2009

Challenge du 3% littéraire (17/21)

D’une vaine attente…

La vaine attente de Nadeem Aslam est un des romans de la rentrée qui m’a marquée et qui m’a interpelée. Je n’avais jamais lu de romans traitant de l’Afghanistan, de son passé et de son présent, et cette première rencontre forte en émotions m’a fait réfléchir et voir les choses autrement.

La vaine attente raconte l’histoire d’un pays, de ses habitants, de ses combats, d’une réalité inquiétante, d’un échec passé, de douleurs, de pertes, d’amour et d’attente. C’est surtout l’histoire d’une attente sans fin : l’attente d’une fille disparue et d’un petit-fils, l’attente d’un frère également disparu, l’attente d’un renouveau, l’attente d’un ultime sacrifice, l’espoir d’un monde meilleur. Nadeem Aslam nous fait voir les implications historiques, politiques et religieuses de l’intervention américaine auprès des Afghans pour vaincre les russes. Cette guerre contre la Russie aura été le déclencheur de la tombée d’un pays riche de culture, de savoir et d’art de vivre dans l’obscur fanatisme religieux dont les conséquences se payent encore aujourd’hui.

La vaine attente est un livre humain où l’on rencontre de nombreux personnages tels qu’un vieux médecin anglais à la main coupée et veuf d’une femme qu’il aimait et qu’il a perdu car elle était afghane, un ancien espion américain amoureux de la fille du médecin, une femme russe à la recherche du corps de son frère, une institutrice afghane menacée, un jeune homme qui se prépare à mourir pour son dieu. Un roman riche où tous les points de vue sont abordés et dévoilés. Ce roman est bien construit et le lecteur se retrouve finalement lui aussi dans cette vaine attente. Un reproche : l’auteur essaye de tomber dans le pathos parfois et ce n’est vraiment pas réussi. Les phrases qu’il rajoute pour nous faire craquer ne sont pas toujours justes et n’apportent rien au texte. A part cela, j’ai beaucoup aimé cette lecture.

Les avis d’Amanda, Sylvie et Naina.

Une présentation du livre par l’auteur.

La vaine attente, Nadeem Aslam, Seuil, 2009 (traduit de l’anglais par Claude Demanuelli)

Challenge du 2% littéraire (12/14)

D’un requiem…

C’est dans le cadre de la Chaîne des livres organisée par Ys que j’ai eu la chance de lire Brown’s requiem de James Ellroy proposé par Cécile. En effet, je voulais lire un roman de cet auteur depuis très longtemps.

James Ellroy nous emporte dans une enquête menée par un détective privé, ancien flic alcoolique, spécialisé en récupération de voitures non payées, Fritz Brown. Et puis, débarque à son bureau un caddy, un peu dérangé, qui lui demande d’enquêter sur sa sœur, Jane, et son protecteur. Le caddy lui propose une belle somme d’argent et il se lance dans l’enquête qui semble fort simple. Mais, ses investigations progressant, les choses ne seront pas si faciles et il sera entrainé dans une aventure aussi folle que dangereuse dans les bas-fonds californiens et le monde des caddies.

J’ai bien aimé ce roman noir malgré quelques lenteurs. James Ellroy nous embarque dans les méandres de la pensée d’un homme mélomane solitaire et malheureux. Il nous montre jusqu’où la misère et le mal de vivre peuvent pousser un être fragile.

Brown’s requiem est le premier roman de James Ellroy. Une première découverte intéressante mais je ne sais pas si j’en lirai d’autres.

Les avis des autres enchaînés : le Bookomaton, Ys, Argantel, Yohan, Emmyne, Blue Grey et de Virginie. Le site de l’auteur.

Brown’s requiem, James Ellroy, Rivages poche, 1988

Livre lu dans le cadre des la Chaîne des livres 2009.

D’une course folle…

Dans son dernier roman, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Colum McCann nous entraine à la découverte d’un New York polyphonique dévasté et en souffrance, d’une ville en mouvement marquée par la prostitution, la drogue, la violence, la solitude, la lutte pour la survie. Colum McCann nous offre l’image d’une Amérique qui se veut forte mais qui a ses failles, notamment symbolisé par le funambule qui traverse les tours jumelles en août 1974 et par l’histoire de chacun de ses personnages. Nous suivons d’abord un prêtre irlandais à la recherche de la foi parmi les prostituées du Bronx et son frère venu le rejoindre. Ensuite, nous entrons dans un autre univers, beaucoup plus cossu et chic, celui de Park Avenue où la mère d’un soldat disparu au Vietnam reçoit d’autres femmes qui souffrent d’une même perte. On rejoint sur la route un couple d’artistes marginaux dont la femme remet sa vie en question. On entre ensuite dans le métro new yorkais à la recherche de tags avec un jeune garçon aux rêves de photographe. On s’envole pour l’autre bout des Etats-Unis pour rejoindre un groupe d’étudiants en informatique. On retourne ensuite à New York pour suivre les destins d’un magistrat blasé, d’une prostituée emprisonnée, d’une infirmière mère-célibataire, d’une femme solitaire dans le Bronx, … Tous ces personnages se rencontrent, se croisent, se heurtent, s’entraident, se questionnent sans se connaître avec pour fil conducteur ce funambule qui hypnotise tout New York.

Les personnages de Colum McCann prennent chacun à leur tour la parole avec leurs mots, leurs expressions et leur vécu. Ils se racontent, évacuent leur souffrance, se livrent entièrement. Ils sont touchants et parfois bouleversants…

Colum McCann nous livre un roman que j’ai trouvé fort touchant, un roman qui marque, un roman riche et dynamique, un roman aussi un peu désespérant. Chaque personnage a son propre style, sa propre manière de penser. L’auteur change de personnage sans nous prévenir, ce qui peut être troublant au départ mais qui dynamise un peu le texte et montre une certaine continuité. Il est vrai que chaque partie n’est pas excellente car on s’investit plus dans certains personnages. Certains nous parlent plus que d’autres. Certains ont une histoire qui nous est plus personnelle. J’ai dévoré certains chapitres et j’en ai fait durer d’autres. Mais l’ensemble me semble bien réussi et riche. Colum McCann nous donne à réfléchir sur la vie, son sens et ses hasards, ses rencontres et ses choix. Excellente lecture en somme.

Les avis de Esmeraldae, Dominique84, d’Amanda et ceux repris par BOB.

Le site de l’auteur ici et une présentation par l’éditeur ici.

Challenge du 2% littéraire 2009 (8/14)

Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Colum McCann, Belfond

D’un Dieu méchant…

Dans son recueil de nouvelles cyniques et ironiques Attention Dieu méchant, Shalom Auslander, auteur du fabuleux La lamentation du prépuce, nous livre une réflexion sur Dieu et sur la place qu’il peut prendre ou prend dans nos vies. Mais Dieu, finalement, ne se préoccupe pas du tout de nous pauvres êtres vivants. Dieu, Il vit sa vie et se moque bien de ce qui peut nous arriver tout en continuant à jouer son rôle de régulateur social et démographique. Shalom Auslander nous présente les différentes facettes de Dieu et de la religion d’une manière drôle et souvent blasphématoire. Ces nouvelles pourraient être choquantes mais elles ne le sont pas car l’auteur met en évidence des réalités et pose les questions de l’emprise de la religion dans notre vie et dans la société et du besoin d’autorité et de soumission des hommes.

Ces nouvelles, souvent métaphoriques, sont bien construites. Je les ai toutes appréciées mais je retiens particulièrement celle du singe qui prend conscience de sa condition de singe et qui ne peut la supporter, celle des hamsters qui attendent leur maître pour être nourri et dont l’un prie et l’autre lutte pour sa survie, ou encore celle du Prophète qui n’en peut plus de vivre avec Dieu et qui essaye de s’en débarrasser. Chacune d’entre elles offre une piste de réflexion et est riche d’enseignement en gardant un ton léger et drôle.

Attention Dieu méchant est un recueil de nouvelles à lire très certainement car il traite d’un sujet fondamental joyeusement pour une fois.

Présentation et interview de l’auteur sur le site de l’éditeur Belfond. Le site de l’auteur. L’avis de Valunivers et de Sabine.

Attention Dieu méchant, Shalom Auslander, Belfond, 2009

Challenge du 1% littéraire 2009 (7/7)

De la peau…

Mo Hayder est une auteure dont j’avais lu énormément de critiques positives à propos de son roman Tokyo que je n’ai pas eu l’occasion de lire. J’ai donc profité de la sortie de son dernier roman, Skin, pour la découvrir.

Skin commence d’une manière assez glauque : le sergent Flea Marley plongeant dans les eaux froides et noires d’une ancienne mine pour retrouver un cadavre et étant victime d’un accident suite à une vision étrange et angoissante. Et puis, il y a aussi le cadavre d’une femme probablement suicidée retrouvé dans les fourrés et la disparition de la femme d’une star de football. Des disparitions suspectes, des suicides mystérieux, des personnages torturés… L’enquête menée par le commissaire Jack Caffery et les problèmes familiaux de Flea vont leur faire découvrir la bassesse et les profondeurs perverses de l’âme humaine.

Skin est un excellent polar mais je m’attendais à quelque chose de mieux. L’atmosphère est lourde, noire et parfois dérangeante mais c’est encore tout à fait acceptable. J’espérais avoir plus peur, être plus dérangée, dégoûtée, secouée, torturée… Skin est un polar qui se lit facilement, qui emporte le lecteur, lui fait ressentir l’évolution de l’enquête et qui crée du suspense. Mais Skin n’est pas horrible (juste un petit peu).

L’action de ce dernier roman se déroule une semaine après la fin de l’enquête menée par les deux héros dans Rituel. Les rappels et clins d’oeil sont assez fréquents même s’il ne me semble pas nécessaire d’avoir lu ce dernier pour comprendre l’enquête.

Skin, Mo Hayder, Presses de la Cité, 2009

Le site de l’auteur ici.