Entries Tagged as 'Littérature allemande'

De brötchen…

C’est mon goût pour les titres intrigants et décalés qui m’a poussée à lire le court texte d’Hermann Kant : Parfois les brötchen croquent sous la dent. C’est un petit texte qui se lit très rapidement et qui relate une situation particulièrement absurde. L’auteur nous entraine dans un délire qui a pour causes principales la qualité inégalée des brötchen de la maison Schwint et la jalousie excessive du mari de la boulangère.
C’est l’histoire d’un comptable récemment divorcé, Mr Farssmann, qui s’installe dans le quartier du meilleur boulanger de la ville. Il se lève chaque matin pour avoir ses 6 brötchen, quantité inventée afin de se prévenir du mari, et espère un jour avoir un sac suspendu à un crochet qui lui permettra d’avoir ses merveilleux pains sans devoir faire la file tôt le matin. L’occasion tant rêvée d’avoir ses petits pains prêts se présente lorsque le boulanger lui demande de lui fournir un livre érotique chinois assez rare pensant qu’il est libraire. L’homme sait que son cousin possède le livre et le lui demandera… Mais il ne pourra l’avoir qu’en échange de deux places pour un bal et ainsi continueront les transactions jusqu’à ce que finalement il soit perdant sur toute la ligne… C’est amusant, loufoque et étrange.

L’avis de pagesapages, de Cécile et de Le Livraire.

Parfois les brötchen croquent sous la dent, Hermann Kant, Autrement, 2009

D’un cavalier…

Voilà plusieurs jours que j’ai terminé Le Cavalier suédois de Leo Perutz et je ne sais pas comment parler de ce formidable roman. Il y est question d’usurpation d’identité et de position sociale déterminée par le nom. Deux hommes, un voleur et un déserteur, transis de froid, se réfugient dans le moulin du meunier, le rencontrent et passent un ‘pacte’ avec lui. Pour cela, le déserteur, Christian von Tornefeld, homme de haute naissance, a besoin d’argent et de secours. Il envoie donc le voleur auprès de son parrain afin de pouvoir poursuivre sa route. Mais, on ne peut pas faire confiance aux voleurs. Le voleur sans nom rêve d’avoir un vie de gentilhomme auprès du ‘parrain’.Voilà le début de l’intrigue…

Le lecteur comprend le voleur, le soutient dans sa quête, n’est pas scandalisé par la conduite de celui-ci. Le voleur est juste et astucieux. Il est vraiment très intelligent. J’ai trouvé qu’il méritait son statut et son bonheur. Que tout ça finalement était légitime car Christian von Tornefeld nous est présenté comme un petit être égoïste, uniquement animé du désir de servir son roi et est souvent qualifié par le voleur de ‘blanc-bec’. Je n’ai eu aucune sympathie pour lui car il ne mérite pas le bonheur que connaît pendant un temps le Voleur.

Malheureusement, il y a toujours un moment où l’on doit se repentir et payer pour ses fautes. Ce que Perutz nous raconte ici c’est finalement le destin tragique d’un homme qui voulait juste être heureux et posséder sa terre. La vie est cruelle !

Le Cavalier suédois est une sorte de roman historique qui se situe au 18e siècle, de roman d’aventures  palpitant et de roman quelque peu fantastique. C’est un roman au charme désuet, symbolique et mystérieux.

Ce livre m’a été offert par Lucile lors du Swap Cape et Epée. Je suis ravie d’avoir découvert cet auteur que je ne connaissais pas du tout mais dont j’avais lu tellement de bonnes critiques.

Elles l’ont lu : Fashion, Emeraude, Kalistina, Katell, Sophie, Caro[line], Caroline et Sentinelle.

Le Cavalier suédois, Leo Perutz, Phébus libretto

De moutons…


  Qui a tué Glenn ? est le roman policier le plus original que j’ai lu (mais je reconnais que je n’en aie pas lu beaucoup !) et un très très bon roman. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère et le point de vue adopté par l’auteure. Comme le titre le laisse deviner, dans ce livre il s’agit d’une enquête sur le meurtre d’un homme, un berger solitaire, mais cette enquête est menée par son troupeau entraîné par Miss Maple (petite allusion à l’héroïne d’une célèbre romancière anglaise), le mouton le plus intelligent de tout Glennkill. Ce que les moutons veulent savoir c’est « Qui l’a tué et pourquoi ?». Cette approche est originale car elle permet d’observer les humains avec un oeil tout à fait innocent. Il est intéressant de voir ce que les moutons peuvent penser de nous et de voir qu’ils pensent tout simplement. L’auteure entre dans leur esprit, fait entrer le lecteur de leur tête, tout en gardant les particularités propres aux moutons, elle ne les humanise pas : leurs réflexions sont interrompues par le broutage, ils vivent en troupeau, ils sont trouillards, ils ont un véritable odorat, … Mais attention, les moutons de George sont exceptionnels, ils ne sont pas élevés pour leur viande, ils sont élevés pour eux-même : une bande de moutons originaux qui ont de la personnalité et un caractère bien trempé. Ils sont attachants ces moutons, on a envie d’avoir les mêmes et de les emmener en voyage. J’ai aimé leur regard critique et perplexe sur les hommes, leur approche du monde des humains et leur façon de mener l’enquête. La construction des chapitres est très amusante parce qu’elle permet de connaître les noms de tous les moutons du troupeau. J’ai une préfèrence pour un mouton en particulier : Mople la Baleine. C’est lui, le vrai héros ! Car manger un bac de géraniums n’est pas offert à tout le monde et est même un terrible sacrifice surtout quand on ressent par après les résultats. Et puis, quelle mémoire !

Qui a tué Glenn ? est un livre à mettre entre toutes les mains, un livre qui fait sourire et parfois même rire. Mais, oui je pose un « mais », je regrette les quelques longueurs du début qui ralentissent la progression de l’histoire et donc ne permettent pas au lecteur d’accrocher directement. Toutefois, dès qu’on est embarqué dans l’intrigue du troupeau, on ne peut plus les lâcher !

A noter que Qui a tué Glenn? est le premier roman de l’auteure. Une belle réussite.

Lu dans le cadre du prix des lecteurs du Livre de Poche.
Qui a tué Glenn ?, Leonie Swann, Le Livre de Poche, 2008

D’aventures…

Quel agréable moment passé en compagnie de Vitus, le chirurgien ambulant, et son ami « le maître ». Ce livre est un réel divertissement plein de rebondissements et très rapide à lire. J’ai beaucoup aimé suivre les péripéties de ce jeune homme qui à 20 ans, après avoir grandi dans un monastère, se lance dans le monde à la recherche de ses origines qui se terminera en Angleterre. Cette situation est le point de départ à l’exploration de toute une série de sujets tous plus intéressants les uns que les autres.

Avec ce roman, nous plongeons dans l’Espagne du XVIe siècle où sévit de manière inhumaine l’Inquisition, où des saltimbanques arpentent les routes les plus reculées et offrent aux gens un peu de magie, où l’on navigue vers le Nouveau Monde et où la Science fait d’énormes progrès. L’auteur nous emmène dans un voyage à travers le nord de l’Espagne en compagnie d’un médecin, d’un chirurgien, d’une grande âme et dont les aventures reflètent cette Espagne. Vitus connaîtra l’amitié, la traîtrise, la torture, l’hypocrisie, l’amour, la peur… Mais toujours sa bonne étoile le sortira des plus mauvaises impasses. Vitus est un jeune homme bon, plein d’humanité et de charité. C’est un jeune homme intelligent et parfois un peu naïf. Il croit en la nature humaine et dans la science. C’est en prison qu’il rencontrera son plus grand ami, son compagnon d’aventures, « le maître ». Ces deux-là seront inséparables et feront face ensemble à toutes les difficultés. Ce livre est également une galerie de portraits (saltimbanques, religieux, nain, mercenaire, bourreau, paysan, aubergiste, médecin charlatan, …). Chaque chapitre est consacré à un personnage qui a une implication dans la vie de Vitus. Chaque personnage est envisagé avec sa propre personnalité. C’est assez bien construit et très varié. Le lecteur ne s’ennuie jamais. Je n’ai pas ressenti de longueurs, sauf peut-être à la fin lorsque le timonier parle des instruments de mesure pour la latitude et la longitude (je crois surtout que c’est parce que je n’ai pas compris). Ce roman nous apprend des tas de choses intéressantes sur la torture, l’Inquisition, l’escrime, la marine, les saltimbanques et surtout sur la chirurgie et la médecine. Vitus semble vraiment être un très bon guérisseur.

Un livre, certes long, que je recommande à tout le monde car il se lit vite et est vraiment très amusant. En plus, il peut convenir à tous les goûts.

L’avis de InColdBlog.

Le chirurgien ambulant, Wolf Serno, Le Livre de Poche, 2007
Livre lu dans la cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.