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D’une fureur…

J’ai lu Et la fureur ne s’est pas encore tue de Aharon Appelfeld au mois de janvier et voici ce que j’avais écrit alors que je venais de fermer le livre :

« Oh j’en ai mal au cœur et au corps. Je me sens oppressée. J’ai l’impression d’avoir un gros poids dans la poitrine. Ce roman est fort et d’une efficacité remarquable. C’est l’histoire à la première personne d’un petit garçon juif manchot, Bruno, dont le moignon lui parle et le fait entrer en contact avec le monde. Alors qu’il rentre à l’école, la haine contre les juifs progresse. Son père est emprisonné et déporté. Sa mère et lui rentrent au ghetto où il se portera volontaire pour les camps de travail. Il va alors être utilisé pour construire un camp de la mort. Ses parents étaient de vrais communistes dans l’âme qui prônent les valeurs du partage et de l’altruisme. Même dans le ghetto sa mère poursuit ses idéaux en donnant tout ce qu’elle a et même ce qu’elle est. Il parviendra à fuir le camp grâce à quelques hommes qui y mettent le feu et il vivra caché dans la forêt avec trois hommes (un croyant, un sourd-muet Hersch et un ingénieur traumatisé). Ces hommes vont survivre dans la forêt grâce à Hersch et à sa volonté de vivre. Hersch symbole de la force du silence, de l’impuissance et de la vulgarité des mots quand l’humanité n’existe plus. »

Mais ce roman ne parle pas que de la survie de ces hommes dans la forêt. Il évoque aussi la survie des hommes après la souffrance, la perte d’humanité et l’incompréhension sur la route de la libération, sur la route de l’oubli, sur la route de la réparation. Ce roman c’est aussi l’histoire de Bruno qui survit et qui veut rendre leur humanité à tous ces survivants par la musique et la lecture de la Bible en faisant des magouilles pour gagner l’argent nécessaire. C’est l’histoire de Bruno qui veut sauver les siens, qui n’aime pas sa femme ni son fils et qui veut partir pour Israël. C’est la vie de Bruno en Israël qui ne lui semble pas être la Terre promise.

Ce roman est poignant et bouleversant, principalement la première partie qui évoque la guerre et la fuite. J’ai aimé le style qui suit la progression des événements. Cependant, je n’ai pas trop apprécié le personnage de Bruno. Je ne l’ai pas compris. Je n’ai pas compris ses problèmes, ses angoisses, ses ambitions, sa solitude. Je l’ai parfois trouvé insupportable.

Et la fureur ne s’est pas encore tue est le deuxième roman d’Aharon Appelfeld que je lis et j’ai à nouveau beaucoup apprécié cette lecture car il parvient à rendre puissament les événements par contre je ressens toujours une réserve par rapport aux personnages.

Et la fureur ne s’est pas encore tue, Aharon Appelfeld, Editions de l’Olivier, 2009

Challenge ‘Lire autour du monde’ (2/50) - Israël

D’une terre…

Grâce à Babelio et Gallimard, j’ai eu le plaisir de lire Entre ciel et terre de Jon Kalman Stefansson, livre d’un auteur islandais à propos duquel j’avais lu quelques commentaires élogieux. Malheureusement, la rencontre n’a pas eu lieu entre ce roman et moi.

Voici l’histoire d’un jeune garçon qui travaille en mer avec son meilleur ami qui meurt de froid lors d’une sortie en mer parce qu’il avait oublié de prendre son manteau envoûté par les mots de Milton. L’histoire de ce jeune homme qui se retrouve seul et qui part pour rendre Le paradis perdu de Milton à son propriétaire. Qui parcourt les terres enneigées d’Islande, qui brave le froid, qui avance malgré tout. L’histoire d’une terre, de marins, d’habitants, de vie. L’auteur nous montre une Islande sauvage et hostile où l’homme n’est qu’un petit élément, où il doit s’adapter et trouver la force pour continuer. C’est aussi un texte sur la puissance des mots et de la poésie.

Entre ciel et terre est un roman proche de la nature et des âmes, un roman froid et dur. Mais c’est aussi pour moi un roman déprimant, ennuyeux et long. La première partie m’a été fort pénible. Et puis j’y ai trouvé un peu plus d’intérêt quand le gamin est arrivé au village car l’auteur y mélange les voix des différents personnages d’une manière subtile. On y découvre la complexité de cette vie si dure et ce qui anime chacun des personnages du village. L’écriture de Jon Kalman Stefansson est complexe et tortueuse. Je me suis perdue de temps en temps et parfois je décrochais complètement.

Entre ciel et terre a été mon premier contact avec la littérature islandaise et, pour moi, c’est comme pour la musique, je trouve ça déprimant et même presque angoissant. Il ne me reste plus qu’à découvrir ce pays si fascinant mais si rude. Peut-être qu’alors j’arriverai à apprécier ce qu’ils créent.

Je remercie encore Babelio et Gallimard pour l’envoi de cet ouvrage.

Entre ciel et terre, Jon Kalman Stefansson, Gallimard, 2010

Challenge “Le tour du monde” (1/50) - Islande

De beignets de tomates vertes…

Tout comme pour Blondel, j’avais noté Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg suite à de nombreux billets élogieux et enthousiastes sur la blogosphère. Comme j’étais désespérée par le fait que le livre était épuisé, Bladelor m’avait proposé de me prêter son exemplaire. Sautant de joie, j’accepte avec plaisir. Puis vient le temps de notre échange du Swap au long cours version Automne, et que ne découvris-je pas dans le colis : mon exemplaire de Beignets de tomates vertes. Car oui le livre a été réimprimé sans que je le sache et elle m’en a fait la surprise. Génial ! Mais il n’y avait pas que le livre dans ce colis, il y avait également le DVD. C’est vraiment la classe ça !

J’ai d’abord commencé par regarder le film qui m’a émue et que j’ai adoré.
Beignets de tomates vertes
est l’histoire de deux femmes qui ouvrent un café-restaurant dans leur petit village, le Whistle Stop Café, racontée par une vieille dame, Ninny.
Evelyn Couch, femme au foyer déprimée, rencontre Ninny alors qu’elle rend visite à la tante de son mari dans un home et qu’elle ne supporte pas. Evelyn va lui raconter ses déboires mais surtout elle va écouter avidement Ninny lui raconter sa jeunesse jusqu’à retrouver goût à la vie. Un lien très fort va peu à peu unir les deux femmes.
Ninny nous plonge dans une époque révolue où l’inégalité et le racisme étaient fort présents et où tout était possible. Elle nous livre une histoire d’amitié, d’humanité, de justice, d’amour, de solidarité. Elle nous présente des femmes de caractère qui auront tenu bon face à toutes les pressions.
Ce film est charmant, frais, drôle, émouvant, vivant et attachant. J’ai passé un excellent moment en compagnie de Ninny, Evelyn, Ruth et Idgie. J’ai savouré les beignets et j’ai versé quelques petites larmes à la fin. Film-douceur.


Et puis vint le temps de la lecture du roman de Fannie Flagg.

Ayant vu le film, je n’ai pas pu lire ce roman d’une manière totalement nouvelle et objective. Les images du film trottaient encore dans ma tête me faisant imaginer les personnages tels qu’ils sont joués par les acteurs et comparer les scènes du livre aux scènes du film. Même si le film et le livre se ressemblent, il y a quelques différences qui m’ont fait préférer le film au livre. J’ai trouvé l’adaptation plus sensible, plus juste, plus charmante et plus légère que le livre que j’ai trouvé long. Par contre, j’ai aimé dans le livre « La gazette de Weems », j’ai aimé le mystère, j’ai aimé la profondeur, j’ai aimé la richesse des personnages et des points de vue, j’ai aimé la douceur et surtout j’ai aimé les recettes. Beignets de tomates vertes se savoure lentement. On plonge dans l’univers de Whistle Stop, on connaît tout le monde, on mange avec eux, on a peur parfois, on admire le courage des deux femmes, on les soutient, on vit avec elles le temps d’une lecture qu’on prolonge au maximum. C’est une lecture agréable qui met du baume au cœur et qui fait croire en l’humanité.


Merci Bladelor de m’avoir donné l’occasion de découvrir ce livre et ce film incontournables et aussi de m’avoir permis de faire une deuxième lecture dans le cadre du challenge organisé par Stéphanie et Fashion “Lunettes noires sur pages blanches” (2).


Tous les avis repris par BoB ici.

Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg, J’ai lu, 2009

Beignets de tomates vertes de Jon Avnet avec Mary-Louise Parker, Kathy Bates, Jessica Tandy, Mary Stuart Masterson, 1991

D’un mythe…

Alors que ma vie prenait un nouveau tournant et que je prenais conscience de la vanité de mes occupations journalières, j’ai commencé à penser à Camus et au mythe de Sisyphe. Sisyphe avait été condamné par les dieux à pousser un énorme rocher au sommet d’une montagne d’où le rocher ne faisait que redescendre et cette tâche lui avait été assignée pour l’éternité. Sisyphe symbole du travail absurde et inutile mais aussi, à ce qu’en dit Camus, homme heureux car maître de son destin.

Je me suis donc plongée dans l’essai sur l’absurde et la question du suicide de Camus, Le mythe de Sisyphe, pour en savoir plus justement sur le sentiment de l’absurde et ce que l’on pouvait en retirer. J’ai lu cet essai avec beaucoup d’attention tout en essayant de réfléchir à ma vie et au sens que je pouvais donner aux propos de Camus. Je ne vais pas essayer ici de vous faire un résumé du propos de Camus car je n’en serais pas capable. Je pense juste que cette lecture est un passage obligé quand on s’interroge sur le sens de la vie et de nos actions, quand on n’a plus foi en la vie et à ce qui fait notre quotidien, quand on n’a plus envie d’être Sisyphe (mais nous serons toujours des Sisyphes).

Comme j’ai lu cet essai en décembre, je ne peux que vous offrir quelques phrases prises au détour de ma lecture et qui m’ont profondément marquées. Et aussi une phrase de Faulkner reprise dans la présentation de l’auteur qui dit : « Camus disait que le seul rôle véritable de l’homme, né dans une monde absurde, était de vivre, d’avoir conscience de sa vie, de sa révolte, de sa liberté. »

« Commencer à penser, c’est commencer d’être miné. » (p. 19)

« Se tuer (…) c’est avouer. C’est avouer qu’on est dépassé par la vie ou qu’on ne la comprend pas. (…) C’est seulement avouer que cela ‘ne vaut pas la peine’. Vivre, naturellement, n’est jamais facile. On continue à faire les gestes que l’existence commande, pour beaucoup de raisons dont la première est l’habitude. Mourir volontairement suppose qu’on a reconnu, même instinctivement, le caractère dérisoire de cette habitude. » ( p. 20)

« (…) le suicide est une solution à l’absurde. » (p. 21)

« Nous prenons l’habitude de vivre avant d’acquérir celle de penser. » (p. 23)

« Toute vraie connaissance est impossible. » (p. 28)

« L’absurde dépend autant de l’homme que du monde. Il est pour le moment leur seul lien. » (p. 39)

« Pour un esprit absurde, la raison est vaine et il n’y a rien au-delà de la raison. » (p. 57)

« (…) l’absurde c’est le péché sans Dieu. » (p. 62)

« L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites. » (p. 72)

« Vivre, c’est faire vivre l’absurde. Le faire vivre, c’est avant tout le regarder. (…) l’absurde ne meurt que lorsqu’on s’en détourne. » (p. 78)

« Les mystiques (…) trouvent une liberté à se donner. A s’abîmer dans leur dieu, à consentir à ses règles, ils deviennent secrètement libres à leur tour. C’est dans l’esclavage spontanément consenti qu’ils retrouvent une indépendance profonde. (…) On peut dire surtout qu’ils se sentent libres vis-à-vis d’eux-mêmes et même moins que surtout libérés. » (p. 84)

« Qu’est-ce (…) que l’homme absurde ? Celui qui, sans le nier, ne fait rien pour l’éternel. » (p. 95)

« Tout ce qui fait travailler et s’agiter l’homme utilise l’espoir. La seule pensée qui ne soit mensongère est donc une pensée stérile. Dans le monde absurde, la valeur d’une notion ou d’une vie se mesure à son infécondité. » (p. 98)

« Plus on aime et plus l’absurde se consolide. » (p. 99)

« (…) les tristes ont deux raisons de l’être, ils ignorent ou ils espèrent. » (p. 100)

« Notre destin est en face de nous et c’est lui que nous provoquons. (…) par conscience de notre condition sans portée. » (p. 124)

« La véritable œuvre d’art est toujours à la mesure humaine. » (p. 134)

« Tout est bien, tout est permis et rien n’est détestable. Ce sont des jugements absurdes. » (p. 148)

« (…) idées sont le contraire de la pensée. » (p. 156)

« Toute pensée qui renonce à l’unité exalte la diversité. Et la diversité est le lieu de l’art. » (p. 157)

« On ne découvre pas l’absurde sans être tenté d’écrire quelque manuel de bonheur. » (p. 167)

« Tout l’art de Kafka est d’obliger le lecteur à relire. » (p. 171)

« (…) Kafka exprime la tragédie par le quotidien et l’absurde par la logique. » (p. 175)

Livre lu dans le cadre de mon “Année Camus” (1/12)

Le mythe de Sisyphe, Albert Camus, Folio essais, 2008

Des bras…

Si au début ce roman ne m’intéressait pas du tout, à force d’entendre et de lire des critiques élogieuses j’ai pris mon exemplaire et je l’ai ouvert sans pouvoir le lâcher avant la fin.

Loin des bras de Metin Arditi est un roman captivant bien que l’histoire ne soit pas pleine de rebondissements et d’intrigues complexes. Il raconte la vie, la vie de quelques personnages qui se retrouvent unis dans le même bateau même s’ils n’ont pas d’atomes crochus. Des personnages particuliers qui ont une vie banale et pourtant hors du commun. L’une est accro au jeu depuis la mort de son mari, un grand mathématicien allemand qui s’est engagé pour son pays. L’autre est un homosexuel photographe dominé par sa mère. Un autre encore est un ancien collabo. Tous ces personnages, professeurs dans un pensionnat suisse assez huppé mais sur le déclin, sont attachants par leurs fêlures et leurs erreurs. Ce roman nous invite à suivre une année scolaire dans ce pensionnat pour enfants de riches, des enfants qui sont loin des bras de leurs parents qui les abandonnent aux bons soins des professeurs et de la direction, des enfants qui cherchent également des repères. Le pensionnat ne va pas bien et risque de fermer. La directrice tente de le sauver, les professeurs craignent pour leur poste. L’auteur crée parfaitement une ambiance qui se veut familiale mais où les tensions sont à fleur de peau. Il crée un univers confiné où les mœurs ne sont pas toujours respectables malgré les apparences. Il crée un lieu de vie où les passions tentent de s’exprimer.

J’ai aimé ce roman. Je n’arrive pas à en parler correctement car je l’ai lu il y a plus de trois mois mais il m’en reste une sorte d’envoûtement. Il ne faut pas toujours se fier à ses premières impressions et parfois pousser la porte pour découvrir de jolies choses.

Loin des bras de Metin Arditi se révèle donc comme une jolie et troublante surprise.

Les avis repris chez BoB. Et le site de l’éditeur ici.

Loin des bras, Metin Arditi, Actes Sud, 2009

Challenge du 3% littéraire 2009 (21/21)

Où je fais le point sur mes challenges…

Je n’ai jamais fait d’articles reprenant les différents challenges auxquels je participe et que je me suis imposé… Et donc voilà le mal réparé.

En août, je me suis inscrite au Challenge du 1% littéraire 2009 lancé par Levraoueg dont le but était de lire 7 romans de la rentrée littéraire. Comme j’avais déjà participé en 2008 et que j’avais rempli mon devoir et comme j’étais encore libraire et que j’avais reçu pas mal de service de presse, je me suis lancée de ce défi pleine d’assurance. Et je peux dire que le challenge est réussi et que je suis même arrivée au 3%…

Je me suis également inscrite au challenge lancé par Fashion et Stéphanie “Lunettes noires sur Pages blanches” qui propose de lire un roman et d’ensuite voir son adaptation cinématographique. Je me suis dit pourquoi pas car j’aime voir comment les réalisateurs interprètent une oeuvre.

Lus et vus : Le Capitaine Alatriste de Perez-Reverte, Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg


Lorsque Karine et Caro[line] ont lancé le défi “Ich liebe Zweig”, je n’ai pas pu résister car je voulais lire cet auteur depuis des années… J’ai sauté sur cette opportunité pour découvrir un auteur jamais lu et combler donc un manque. Je me suis lancée dans le Big Challenge (11 romans, essais, …) Pour l’instant, j’ai déjà lu deux romans de Zweig, Le voyage dans le passé et Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, dont les billets arriveront un jour (je ne suis pas très à jour pour la publication de mes billets, je tente d’y remédier au plus vite).

Récemment, j’ai découvert le Challenge -Le tour du monde lancé par Livresque qui propose de lire au moins 50 livres d’auteurs de nationalités différentes sans limite dans le temps. Aimant découvrir des auteurs du monde entier et aimant voyage, je me suis dit pourquoi pas participer à ce petit challenge. Pour l’instant, j’ai parcouru l’Ukraine, l’Autriche et le Canada.

Et enfin, je me suis proposé de découvrir ou redécouvrir Camus cette année. Donc depuis décembre 2009, je lis un livre d’Albert Camus par mois. Les billets ne vont pas tarder…

Je continue également les lectures pour La Chaîne des livres lancée par Ys l’année passée.

Sur ce, je continue à rattraper mes billets en retard…

D’un capitaine…

C’est en participant au Swap Cape et Epée que j’ai eu la chance de recevoir de la part de Lucille deux livres d’Arturo Pérez-Reverte : Le maître d’escrime et Le capitaine Alatriste. J’ai enfin lu Le capitaine Alatriste et j’en suis ravie car j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie du capitaine et du beau petit monde qui l’entoure.

Le capitaine Alatriste se déroule à Madrid en 1620, dans l’Espagne de Philippe IV. Diego Alatriste, ancien soldat des guerres d’Espagne, essaye de vivre en louant son épée aux plus offrants. Un jour, il reçoit la visite du chef des alguazils qui lui donne rendez-vous dans une maison assez reculée. Il y reçoit, de la part de deux hommes masqués et du terrible inquisiteur Bocanegra, la mission de prendre de forces les documents de deux étrangers voyageant incognito (et de les tuer). Et voilà que notre cher capitaine est entrainé dans une affaire aux retentissements hautement politiques qui risque de lui coûter la vie.

Arturo Pérez-Reverte nous offre avec ce roman une véritable plongée dans cette Espagne animée de complots politiques, de fanatisme, de corruption mais aussi dans une Espagne vibrante de vie et de culture. Alatriste côtoie non seulement Francisco de Quevedo mais aussi Lope de Vega dont les pièces connaissent un succès énorme à cette époque. De plus, l’auteur nous offre un véritable roman de cape et d’épée parsemé de combats, de complots et de rebondissements. Diego Alatriste est un soldat qui manie parfaitement l’épée, la dague et tout autre objet tranchant. Alatriste est un homme courageux et vaillant qui ne craint pas la mort et peut tuer sans conscience. Mais Diego Alatriste est un homme d’honneur qui respecte le courage et la grandeur d’âme des autres.

Le capitaine Alatriste est un roman d’aventures que j’ai beaucoup aimé. Maintenant, il ne me reste plus qu’à lire la suite des aventures du capitaine de mon cœur.

Les avis d’Edelwe (qui nous parle des trois premiers tomes) et de Carolyn Grey.

Après avoir lu Le capitaine Alatriste d’Arturo Pérez-Reverte, j’ai découvert qu’un film portait le même titre et était une adaptation des aventures du Capitaine. J’ai donc sauté sur l’occasion pour me procurer le film et ainsi relever le défi lancé par Fashion et Stéphanie, Lunettes noires sur pages blanches.

Capitaine Alatriste est, en fait, l’adaptation de tous les romans de la série des Aventures du Captiaine Alatriste et je ne le savais pas avant de voir le film. Je pensais qu’il s’agissait de l’adaptation du roman éponyme, premier de la série. Quel ne fut pas étonnement quand je constatai que ce qui se passait dans le roman que j’avais lu était expédié en 5 ou 10 minutes et que la suite du film me dévoilait (en vitesse) les aventures de ce merveilleux capitaine et de son protégé ! J’ai été quelque peu décontenancée par ce fait et surtout par la vitesse à laquelle les événements s’enchaînent. Le réalisateur n’a pas une minute à perdre ! Il faut caser les 5 romans dans un film de 2h19 ! Seules les scènes les plus importantes et spectaculaires sont jouées et on passe rapidement d’une époque à une autre. J’ai trouvé le film trop rapide. Nous n’avons pas le temps de rentrer dans l’histoire, de comprendre qui est qui, de reconnaître les personnages… Autre point négatif : les acteurs chuchotent ou murmurent et les scènes de combat sont bruyantes. Alors quand il y avait des dialogues on n’entendait rien, on montait le volume et puis on devenait sourd quand une bataille éclatait… Je n’aime pas trop devoir jouer avec le son de ma chaîne Hi-Fi quand je regarde un film. Toutefois, les scènes de combat sont assez impressionnantes et Viggo Mortensen correspond bien à l’image que je me faisais du Capitaine Alatriste. Et surtout, j’ai envie de poursuivre la lecture des aventures de Diego Alatriste et de Iñigo (acteur très mignon dans le film cela dit).

Ravie donc d’avoir vu ce film de cape et d’épée. Mais je pense qu’il serait préférable d’avoir lu toute la série avant de voir le film.

Le capitaine Alatriste, Arturo Pérez-Reverte, Points

Capitaine Alatriste d’Agustin Diaz Yanes avec Viggo Mortensen

De T et Efina…

Efina, le deuxième roman de Noëlle Revaz, est un texte assez particulier. Un texte dont il est difficile de parler. Noëlle Revaz raconte l’histoire d’amour d’Efina et d’un comédien connu sous le pseudo T, une histoire qui est faite d’attirance et de répulsion, de désirs et d’irritations. Efina est une jeune femme passionnée de théâtre qui croise T. un soir lors d’une représentation. Efina est une femme instable, une femme qui se cherche, une femme qui hésite, une femme ancrée dans la réalité. T. est un comédien qui n’a que ça pour vivre. C’est un homme volage, fugueur, imposant, inconstant. C’est un homme peu séduisant, qui se laisse aller et ressemble même parfois à un clochard. C’est lui qui contacte Efina, qui lui envoie des lettres et la relance quand elle semble prendre ses distances. C’est une relation étrange qui les unit.

Et c’est un texte étrange. C’est un texte qui ne m’a pas plu et que pourtant j’ai lu d’une traite ne pouvant quitter ces deux personnages. Je n’ai pas aimé Efina et T. Je n’ai pas aimé l’écriture un peu décousue, le style, le ton. Et pourtant je l’ai lu avidement… Je suis ressortie de cette lecture avec un sentiment de mal-être, un doute, un questionnement.

Présentation du livre et entretien avec l’auteur sur le site de l’éditeur Gallimard. Et un autre entretien avec l’auteur ici.

Efina, Noëlle Revaz, Gallimard, 2009

Challenge du 3% littéraire (20/21)

D’un bonheur fantôme…

C’est d’abord le titre du roman qui m’a attirée, Bonheur fantôme, et qui m’a incitée à tourner le livre et à en lire la quatrième de couverture qui nous dit ceci :

« Le bonheur, même quand il vous est donné d’un coup, il faut en faire de petites provisions pour les jours d’après. »
A 28 ans, Pierre a tout quitté du jour au lendemain pour aller vivre à la campagne. Tout, c’est-à-dire Paris, ses études, le milieu de la mode… Dans ce coin très vert, un peu paumé, il soigne ses chiens et son jardin, ramasse des vieilleries et les vend, tout en entamant la biographie d’une artiste animalière du XIXe siècle, Rosa Bonheur, la bien nommée. Avec pudeur, ironie, parfois provocation et mal de drôlerie, Anne Percin dévoile les secrets de ce jeune homme à la beauté féroce. Des fantômes, vivants ou morts, le hantent. Ainsi qu’une très grande histoire d’amour dont il a cru se préserver…
Un premier roman débordant de vie et d’intelligence.

Le thème m’a beaucoup touchée parce que nous vivions et nous vivons encore la rupture avec notre vie d’avant. Alors que ce livre venait prendre place sur les tables de la librairie, nous décidions de tout quitter pour tenter l’aventure et nous installer dans les montagnes. Nous avions beaucoup et nous n’avions rien qui nous attendait. Nous voulions juste changer de vie tout en sachant que ce serait difficile.

L’histoire de Pierre m’a beaucoup émue. J’ai commencé ce roman pleine d’attente et d’envie et j’en suis ressortie en larmes et bouleversée par ses fantômes, son amour, sa peur, sa faiblesse et son courage… L’histoire d’amour que nous raconte Anne Percin est puissante et vibrante. C’est une vraie histoire d’amour avec ses bonheurs, ses doutes, ses joies, ses souffrances, ses violences et sa force. Un amour intense… Et puis, il y a ce manque chez Pierre, l’absence du frère, qui le hante et qui va profondément marquer sa vie et ses actes, justifier ses choix. Et puis, il y a cette nouvelle vie, ce changement radical, cet isolement volontaire, ce repli et cette solitude pour se retrouver, se reconstruire, partir sur de nouvelles bases. Il y a sa fascination pour Rosa Bonheur, son métier de brocanteur, ses animaux. Ce livre est vivant. Il parle à chacun de nous. Il nous construit. Il m’a soutenue et confortée dans ma démarche.

Bonheur fantôme de Anne Percin est un roman que j’ai aimé, adoré, qui m’a fait pleuré, qui m’ a fait ressentir une émotion intense.

Bonheur fantôme n’est pas le premier roman de Anne Percin, elle a déjà écrit plusieurs romans pour la jeunesse.

Le blog de l’auteur ici. Et les avis de Clarabel, In Cold Blog, Laurent, Cathulu et Céline.

Bonheur fantôme, Anne Percin, Le Rouergue, coll. la Brune, 2009

Challenge du 3% littéraire (19/21)

D’un pied au paradis…

Un pied au paradis de Ron Rash est un roman noir assez intéressant et vivant grâce à sa construction particulièrement originale. Cinq personnages vont prendre la parole à tour de rôle pour raconter leur version du drame qui a eu lieu : le shérif, la voisine Amy, le voisin, le fils des voisins et l’adjoint au shérif.

Nous sommes en Caroline du Sud dans le comté d’Oconee dans les années 50. Le shérif Will Alexander est appelé pour intervenir dans un bar où a lieu une bagarre à laquelle participe Holland Winchester. Le lendemain, le shérif est appelé par la mère de ce dernier qui aurait disparu sans prendre son pick-up, celle-ci ayant entendu un coup de feu dans la matinée. Will va enquêter chez les voisins, les Holcombe. Il a des doutes mais ne trouve aucun cadavre ni aucune preuve de leur culpabilité. Le shérif revient sur sa vie, son passé, sa femme, ses choix, sa famille, le futur. Il n’est pas heureux et ne trouve pas le disparu. Ensuite, la narration est reprise par la femme du voisin, Amy. Elle raconte son histoire, sa rencontre avec son mari, leur malheur de ne pas pouvoir avoir d’enfant et la chute qui mène au crime. On entre par après dans la tête de Billy, le mari, qui explique le sentiment de jalousie qui l’habitait mais aussi son malaise face à son fils, du fils des voisins qui découvre les secrets du passé et de l’adjoint au shérif. Les narrations se déroulent sur plusieurs années ce qui offre la possibilité à l’auteur de faire évoluer l’environnement du drame et d’envisager l’avenir des différents intervenants. Ceux qui cultivaient leur terre et en vivaient ont dû la quitter pour habiter en ville et travailler à l’usine à cause de la construction imminente d’un barrage. L’auteur ancre son roman dans la réalité de la Caroline du Sud et de ses habitants : la sécheresse, la construction d’un barrage, l’expropriation.

Ce roman chorale permet à l’auteur de lever progressivement le voile sur le mystère de la disparition de Winchester, sur la vie qui continue, sur la culpabilité qui sommeille chez les coupables. La tension augmente au fur et à mesure pour finir dans une scène extrêmement forte émotionnellement qui a réussi à me faire verser quelques larmes. Ron Rash mène son intrigue d’une manière très originale et vivante bien que le drame qui a eu lieu soit finalement assez banal. Il nous offre un roman noir intrigant et très prenant.

Les avis de Papillon, Clarabel, Moisson Noire et Emeraude.

Un pied au paradis, Ron Rash, Editions du Masque, 2009

Challenge du 3% littéraire (18/21)