D’un bonheur fantôme…
C’est d’abord le titre du roman qui m’a attirée, Bonheur fantôme, et qui m’a incitée à tourner le livre et à en lire la quatrième de couverture qui nous dit ceci :
« Le bonheur, même quand il vous est donné d’un coup, il faut en faire de petites provisions pour les jours d’après. »
A 28 ans, Pierre a tout quitté du jour au lendemain pour aller vivre à la campagne. Tout, c’est-à-dire Paris, ses études, le milieu de la mode… Dans ce coin très vert, un peu paumé, il soigne ses chiens et son jardin, ramasse des vieilleries et les vend, tout en entamant la biographie d’une artiste animalière du XIXe siècle, Rosa Bonheur, la bien nommée. Avec pudeur, ironie, parfois provocation et mal de drôlerie, Anne Percin dévoile les secrets de ce jeune homme à la beauté féroce. Des fantômes, vivants ou morts, le hantent. Ainsi qu’une très grande histoire d’amour dont il a cru se préserver…
Un premier roman débordant de vie et d’intelligence.
Le thème m’a beaucoup touchée parce que nous vivions et nous vivons encore la rupture avec notre vie d’avant. Alors que ce livre venait prendre place sur les tables de la librairie, nous décidions de tout quitter pour tenter l’aventure et nous installer dans les montagnes. Nous avions beaucoup et nous n’avions rien qui nous attendait. Nous voulions juste changer de vie tout en sachant que ce serait difficile.
L’histoire de Pierre m’a beaucoup émue. J’ai commencé ce roman pleine d’attente et d’envie et j’en suis ressortie en larmes et bouleversée par ses fantômes, son amour, sa peur, sa faiblesse et son courage… L’histoire d’amour que nous raconte Anne Percin est puissante et vibrante. C’est une vraie histoire d’amour avec ses bonheurs, ses doutes, ses joies, ses souffrances, ses violences et sa force. Un amour intense… Et puis, il y a ce manque chez Pierre, l’absence du frère, qui le hante et qui va profondément marquer sa vie et ses actes, justifier ses choix. Et puis, il y a cette nouvelle vie, ce changement radical, cet isolement volontaire, ce repli et cette solitude pour se retrouver, se reconstruire, partir sur de nouvelles bases. Il y a sa fascination pour Rosa Bonheur, son métier de brocanteur, ses animaux. Ce livre est vivant. Il parle à chacun de nous. Il nous construit. Il m’a soutenue et confortée dans ma démarche.
Bonheur fantôme de Anne Percin est un roman que j’ai aimé, adoré, qui m’a fait pleuré, qui m’ a fait ressentir une émotion intense.
Bonheur fantôme n’est pas le premier roman de Anne Percin, elle a déjà écrit plusieurs romans pour la jeunesse.
Le blog de l’auteur ici. Et les avis de Clarabel, In Cold Blog, Laurent, Cathulu et Céline.
Bonheur fantôme, Anne Percin, Le Rouergue, coll. la Brune, 2009










