Entries Tagged as 'Celebrate the author'

D’un crime…

Voilà un roman que j’ai adoré malgré des débuts difficiles. De sang-froid de Truman Capote est un excellent roman journalistique, très intéressant et très complet sur l’histoire d’un crime atroce commis par deux jeunes hommes un peu déséquilibrés. Au départ, leur but n’était que de vider le coffre de la famille, mais ce vol tournera en cauchemar car les victimes n’avaient rien à donner. Ces deux petits délinquants deviendront des meurtriers en une nuit. Truman Capote nous transporte dans ce crime, il rend les personnages très proches. Capote est un conteur merveilleux. La construction du roman rend très bien les émotions de tous les personnages car il nous fait vivre cette histoire de tous les côtés en alternant tout le temps les points de vue et en rendant les personnages humains. Ce ne sont plus des personnages mais des personnes humaines ayant réellement existé. C’est un travail incroyable. Capote raconte la vie et les projets de la famille Clutter quelques heures avant le crime. Ensuite, on participe aux préparatifs du vol/meurtre avec les deux jeunes gars. Capote les rend presque sympathiques. Ensuite, il ne cessera d’alterner les points de vue, ce qui a pour effet d’augmenter la tension, de captiver le lecteur en lui faisant vivre toute l’intrigue. On est en cavale et à la chasse à l’homme en même temps. J’ai été happée par le roman. Et puis, alors que j’allais découvrir la vérité (en tant que policier), dans mon édition, trente pages manquaient et étaient remplacées par trente pages déjà lues. J’étais désespérée car j’étais dans un camping en Espagne et donc dans l’impossibilité de l’emprunter ou de le lire ailleurs. Quand je suis rentrée, le livre n’était pas à la bibliothèque. J’ai donc passé un peu de temps dans un magasin multimédia de Bruxelles pour lire les pages manquantes. C’est la première fois que je le faisais et j’étais assez gênée. Mais j’avais vraiment envie de pouvoir continuer et n’avais pas envie d’acheter une nouvelle édition. C’est un roman qui ne laisse pas de répit. La construction en fait un roman complet et haletant très bien documenté qu’il faut absolument lire. Je l’ai de loin préféré à La Traversée de l’été.


De Sang-froid, Truman Capote, Folio


Lu au départ dans le cadre du Challenge Celebrate the author mais je n’ai pas eu le temps de faire de recherches pour sa biographie. Truman Capote est né le 30 septembre 1924.

Du Horla et autres…

Je n’ai pas du tout apprécié Le Horla et autres récits fantastiques, recueil de nouvelles de Maupassant. Je n’avais lu de cet auteur que Bel-Ami et Pierre et Jean, romans que j’avais réellement adoré. J’ai donc entamé cette lecture avec un certain enthousiasme. Mais j’ai été déçue car je me suis rapidement ennuyée. Les nouvelles, très courtes, sont assez répétitives dans leur construction ainsi que dans leurs sujets. J’ai l’impression d’avoir lu plusieurs fois la même histoire mais dans des contextes différents. Je n’ai pas du tout été intriguée ou angoissée. J’étais blasée, ne ressentant aucun effroi ni aucune émotion face à ces situations ‘surnaturelles’. Je ne pense pas qu’il faille lire ces nouvelles comme je l’ai fait mais plutôt, de temps à autres, aller pêcher une nouvelle. La lecture s’en trouvera allégée et peut-être plus agréable.

Cependant, j’aimerais vous parler de deux nouvelles appréciées. La première est assez humoristique, d’un humour un peu macabre : Auprès d’un mort. Dans cette nouvelle, le héros rencontre un allemand malade qui lit Schopenhauer. Cette rencontre permet à Maupassant de présenter ce grand philosophe et son action sur le monde.

« Schopenhauer a marqué l’humanité du sceau de son dédain et de son désenchantement. Jouisseur désabusé, il a renversé les croyances, les espoirs, les poésies, les chimères, détruit les aspirations, ravagé la confiance des âmes, tué l’amour, abattu le culte idéal de la femme, crevé les illusions des cœurs, accompli la plus gigantesque besogne de sceptique qui ait jamais été faite. Il a tout traversé de sa moquerie, et tout vidé. » (p. 48)

Cet homme était un proche du grand philosophe moqueur et il raconte une anecdote qui s’est passée alors qu’il veillait le corps du mort célèbre. Écoeuré par l’odeur du cadavre, lui et un ami s’étaient retirés dans la pièce voisine à la chambre funèbre. Ils sentaient l’angoisse monter en eux quand soudain quelque chose de blanc est allé se cacher sous un fauteuil, modifiant le visage du mort. Je ne peux vous dévoiler le mystère qui rend cette fin si drôle.

Ensuite, on ne peut passer à côté de l’incontournable Le Horla, une nouvelle dont on connaît le nom sans jamais l’avoir lue. Elle est vraiment bien développée et la tension monte progressivement. On vit cette angoisse avec le personnage. De plus, le thème est original : la présence d’êtres supérieurs non perceptibles par nos sens qui rendraient les humains fous et les mettraient à leur service. Cependant, ayant lu les autres nouvelles avant celle-ci, notamment Lettre d’un fou, je n’ai pas eu de surprise car certains éléments sont déjà exploités dans les autres récits. Je conseillerais donc de ne lire que ces deux nouvelles afin de les apprécier justement sans s’ennuyer.

Je suis un peu chagrinée par cette lecture car j’espérais beaucoup de ces histoires et de cet auteur. Et puis, après ce livre, je n’ai plus eu envie d’en ouvrir un autre. J’étais comme saturée de lecture. Je n’aime pas perdre le goût de lire.

Le Horla et autres récits fantastiques, Guy de Maupassant, Pocket, 1989

D’une fête…

Paris est une fête est le deuxième roman d’Hemingway que je lise après Le vieil homme et la mer. Ce livre m’avait beaucoup émue. Paris est une fête est d’un tout autre genre. Dans ce roman passionnant et autobiographique, Hemingway raconte sa vie à Paris avec Hadley (sa première épouse), ses débuts d’écrivains, les amis et les connaissances qu’il y a fait. Ce livre est le miroir, le témoignage, de sa première période parisienne, la période avant le divorce d’avec Hadley, de 1921 à 1926. Dans sa préface, Hemingway prévient le lecteur qu’il ne parlera pas de tous les personnages, les lieux, les observations qu’il a pu faire pendant cette période. Mais, cela n’appauvrit en rien ce roman qui est déjà très riche.

 

Arrivant à Paris, Hemingway abandonne le journalisme pour devenir écrivain. Cette activité leur réserve une vie pauvre mais agréable, car à Paris on pouvait bien vivre même quand on n’avait pas beaucoup d’argent. Paris était une fête. Les choses ont vraiment changées par rapport à cette époque. Avec Hemingway, on visite son Paris, on rencontre et passe des moments avec quelques personnalités du monde culturel (Gertrude Stein, Joyce, Scott Fitzgerald, Ezra Pound, …), on va aux courses, on skie en Autriche. On découvre également ses débuts, sa manière de travailler, ses angoisses et ses recherches. Hemingway parle de son amour pour sa femme, leur complicité. Mais finalement, Hemingway sera tenté et trompera sa femme aimante. C’est la fin d’une période heureuse et la fin du roman.

 

Ce roman est très intéressant et vivant. J’aime souvent les livres où les auteurs se racontent. J’ai beaucoup aimé les passages avec Fitzgerald, surtout leur escapade à Lyon. Dans ce livre, Hemingway parle également du couple que forment Scott et Zelda : deux âmes perdues se jalousant l’un l’autre et alcooliques. Zelda apparaît ici comme une femme dépressive, jalousant le métier de son mari et l’empêchant de travailler en le faisant boire. On remarque aussi un couple fusionnel et destructeur. Cela m’a fait penser au roman de Gilles Leroy, Alabama Song, qui se met dans la peau de Zelda. J’ai bien envie de le lire. Paris est une fête est un roman déniché chez un bouquiniste que j’ai beaucoup apprécié.

Paris est une fête, Hemingway, Le Livre de Poche, 1969

Fêtons Maupassant…

 

Guy de Maupassant est né le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques dans une famille noble d’origine lorraine. Toutefois, une polémique existe quant à son lieu de naissance. En effet, selon son acte de décès, Maupassant serait né à Sotteville, près d’Yvetot. Sa mère, Laure le Poittevin, avait été l’amie de Gustave Flaubert qui allait exercer une certaine influence sur la vie de Guy. Elle fut une femme d’une grande culture littéraire, aimant beaucoup les classiques, particulièrement Shakespeare. En 1856, naît Hervé, le frère cadet de Guy.

 

En 1860, ses parents divorcent. Maupassant et son frère suivent leur mère à Etretat où ils vivront entre mer et campagne. Guy pêche avec les pêcheurs, parle le patois et grandit dans l’amour de la nature. En ce qui concerne sa scolarité, Guy entre d’abord au petit séminaire à Yvetot, selon le souhait de sa mère, où il commence à versifier, à l’âge de treize ans. De sa première éducation catholique, il conservera une hostilité marquée envers la religion et il finira par se faire renvoyer. Il est alors inscrit au lycée Corneille de Rouen, où il se montre bon élève, s’adonnant à la poésie et participant aux pièces de théâtre. A cette époque, il côtoie surtout Gustave Flaubert, dont il devient le disciple. En 1869, il s’inscrit à la Faculté de Droit à Paris. Mais en 1870, il commence son service militaire qui durera un an en s’enrôlant comme volontaire dans la Guerre franco-prussienne. Après la guerre, il paie un remplaçant pour achever à sa place son service militaire et quitte la Normandie pour Paris. Il rentre alors comme commis au Ministère de la Marine en 1872 jusqu’en 1878, date à laquelle il sera transféré au Ministère de l’Instruction Publique. Le soir, il travaille d’arrache-pied à ses travaux littéraires. Fin janvier 1877, le diagnostic tombe, il est atteint de syphilis. Cette maladie ne cessera d’empoisonner son existence.

 

Gustave Flaubert le prend sous sa protection et sera pour lui une sorte de mentor littéraire, guidant ses débuts dans le journalisme et la littérature. Chez Flaubert, il rencontre Tourgueniev et Zola, ainsi que de nombreux écrivains des écoles naturaliste et réaliste. Il écrit beaucoup de vers et de courtes pièces. Il commence aussi à fournir des articles à plusieurs journaux importants comme Le Figaro, Gil Blas, Le Gaulois et L’Écho de Paris puis il consacre ses loisirs à l’écriture de romans et de nouvelles. Toujours encouragé par Flaubert, il publie en 1879 son premier livre, un fascicule d’une centaine de pages, Histoire du vieux temps. S’étant lié avec Zola, il participe en 1880 au recueil collectif des écrivains naturalistes Les Soirées de Médan avec sa première nouvelle, Boule de Suif, qui remporte d’emblée un grand succès et que Flaubert qualifie de « chef-d’œuvre qui restera ». La disparition subite de Flaubert en 1880, le laissera seul.

 

La décennie de 1880 à 1890 est la période la plus féconde de la vie de Maupassant : il publie six romans, plus de 300 nouvelles et quelques récits de voyage. Rendu célèbre par sa première nouvelle, il travaille énormément et publie deux, voire plus, volumes par ans. Son sens des affaires et son talent lui ont apporté la richesse. En 1881, il publie son premier volume de nouvelles sous le titre de La Maison Tellier ; en 1883, il termine son premier roman, Une vie. Avec les droits d’auteur de La Maison Tellier il se fait construire sa maison « La Guillette » à Étretat. Maupassant aura trois enfants, qu’il ne reconnaîtra pas, avec Joséphine Litzelmann, une donneuse d’eau de Châtelguyon. En 1884, il vit une liaison avec la comtesse Potocka. Son second roman, Bel-ami, paraît en 1885 et connaît un grand succès de librairie. Il écrit également à cette époque l’un de ses chefs-d’œuvre, Pierre et Jean, en 1887/1888.

 

Son aversion naturelle pour la société le porte vers la retraite, la solitude et la méditation. Il voyage longuement en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, en Sicile, en Auvergne. Chaque voyage lui permet d’écrire de nouveaux textes. Il fait une croisière sur son yacht privé nommé « Bel-Ami » d’après son roman de 1885. Cette croisière, où il passe par Cannes, Agay et Saint-Tropez lui inspire Sur l’eau. Cette vie ne l’empêche pas de nouer des amitiés avec les célébrités littéraires de son temps : Alexandre Dumas fils, Taine rencontré à Aix-les-Bains… Par contre, l’amitié de Maupassant avec les Goncourt sera de courte durée, son caractère s’accommodant mal à celui des Goncourt. Mais la brouille aurait commencé à propos d’une souscription pour un monument à la gloire de Flaubert.

 

En 1887, son frère Hervé est interné une première fois, et retombe malade en fin d’année. En 1888, il est de nouveau interné à l’asile de Lyon-Bron où il meurt en novembre 1889. Durant ses dernières années, Maupassant développe un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de la mort et une certaine paranoïa, dus surtout à la syphilis. Maupassant se porte de plus en plus mal, son état physique et mental ne cesse de se dégrader et ses nombreuses consultations et cures à Plombières-les-Bains, Aix-les-Bains ou Gérardmer n’y changent rien. En août 1890, il commence L’Âme étrangère, qu’il ne finira jamais. En 1891, il commence un roman, L’Angélus, qu’il n’achèvera pas non plus. Le 31 décembre, il envoie une lettre d’adieu au docteur Cazalis. Après une tentative de suicide au début de l’année 1892, Maupassant est interné dans la clinique du docteur Emile Blanche à Paris. Fin 1892, ses membres sont totalement paralysés. Il meurt le 6 juillet 1893 après dix-huit mois d’inconscience presque totale.

Dans le cadre de cette célébration, je lirai Le Horla.

Bibliographie

Boule de Suif (1880)
La Maison Tellier (1881)
Une partie de campagne (1881)
Mademoiselle Fifi (1882)
Ce cochon de Morin (1882)
La folle (1882)
La Légende du Mont-Saint-Michel (1882)
La ficelle (1883)
Deux Amis (1883)
Une vie (1883)
Vendetta (1883)
Clair de lune (1883)
Contes de la bécasse (1883)
Aux champs (1884)
Au soleil (1884)
Les Sœurs Rondoli (1884)
Yvette (1884)
La Parure (1884)
Miss Harriet (1884)
Un fou ? (1884)
Adieu ! (1884)
L’Héritage
(1884)
Monsieur Parent (1885)
Lettre d’un fou (1885)
Bel-Ami (1885)
Contes du jour et de la nuit (1885)
Le Horla (1887)
Sur l’eau (1888)
Pierre et Jean (1887/1888)
Le Rosier de Madame Husson (1888)
Le Port (1889)
Fort comme la mort (1889)
La Main gauche (1889)
Histoire d’une fille de ferme (1889)
Mouche (1890)
La Vie errante (1890)
Notre cœur (1890)
L’Inutile Beauté (1890)
Le Père Million (1899)
Le Colporteur (1900)
Les Dimanches d’un bourgeois de Paris (1900)
La Chevelure

Plus d’informations : Maupassantiana, Cultures France

Sources : Alalettre, Wikipedia, L’Internaute

Celebrate Hemingway…

Ernest Miller Hemingway est né le 21 juillet 1899 (le jour de la fête nationale belge) à Oak Park, près de Chicago aux Etats-Unis, de Clarence Hemingway, dentiste, et de Grace Hall. Il aura cinq frères et soeurs. Son père l’initie très tôt à la chasse et à la pêche. Sa mère l’initie à la musique et aux arts. Il aura également une éducation très catholique. Toute la famille allait à la messe le dimanche et Ernest chantait dans une chorale. A 12 ans, son père lui offre son premier fusil de chasse. A partir de 1913, Ernest étudie à la High School d’Oak Park où il découvre Shakespeare, Dickens, Stevenson et où il participe à la vie sportive et culturelle. Ses premiers contes et poèmes paraissent dans les revues littéraires de l’école. Son diplôme en poche, Hemingway ne fait pas d’études universitaires mais il devient journaliste de faits divers au Kansas City Star grâce à son oncle paternel, Alfred Tyler Hemingway. Il y apprend à écrire de manière concise et ne disant que les faits.

Lors de le Première Guerre Mondiale, en 1917, Hemingway est refusé parce que son père refusait son engagement. Cependant, en avril 1918, il incorpore la Croix-Rouge italienne en tant qu’ambulancier. Le 6 juin 1918, il arrive à Milan. Après plusieurs semaines passées à l’arrière, c’est en tant que cantinier qu’il rejoint le front où il sera gravement blessé. Il restera alors deux mois dans un hôpital de Milan où il s’éprendra d’une jeune infirmière américaine, Agnes Von Kurowsky, qui lui inspirera le personnage de Catherine Barkley dans L’Adieu aux armes. Il retourne ensuite sur le front. Mais, atteint de jaunisse, il doit retourner en urgence à l’hôpital à Milan pendant deux mois. De retour aux Etats-Unis en janvier 1919, il trouve un emploi de reporter au Co-operative Commonwealth mais il ne gagne pas grand chose. Il fait la recontre de Elizabeth Hadley Richardson et ils se marient en 1920. Hemingway ne travaille plus en tant que reporter, il écrit quelques articles occasionnels au Toronto Star. Le couple vit sur les revenus de Hadley. En 1922, ils s’installent ensuite à Paris après qu’Ernest a décroché une mission journalistique. Il y rencontre la romancière Gertrude Stein qui lui apprendra à écrire dans un style clair, précis et dépouillée. Ses premiers grands textes sont ceux d’un aventurier attiré par le danger. Les violences vues lors de la guerre parcourent son oeuvre. Il décide d’arrêter le journalisme pour se consacrer entièrement à l’écriture. Il fréquente également tous les intellectuels de Paris. En mai 1925, il rencontre Fitzgerald, déjà célèbre, à Paris au Diego bar, qui se rendra compte de la qualité d’écrivain de Hemingway. Il y aura, entre eux, une relation empreinte à la fois d’amitié et de rivalité. Hadley découvre qu’Ernest a une liaison avec Pauline Pfeiffer. Et elle accepte le divorce si celui-ci est encore amoureux de Pauline après six mois de séparation. Ne pouvant voir ni Pauline ni Hadley, il est en dépression suite à son isolement. En 1927, il se marie finalement avec Pauline lors d’une cérémonie catholique. Lors de leur voyage de noces, Hemingway attrape une infection qui l’immobilise et l’empêche d’écrire. Il sombre à nouveau dans la dépression. Son père se suicide en 1928. Après quelques séjours à Key West en Floride aux Etats-Unis, ils s’y installent définitivement en 1931.

Lors de la Guerre d’Espagne, en 1936, il s’engage aux côtés des Républicains en tant que journaliste avec Martha Gelhorn dont il est tombé amoureux. Il y rencontrera Malraux. Il écrit Pour qui sonne le glas, roman qui le rend célèbre. Les carnages dont il est témoin le convainquent de la vacuité et du mensonge du langage abstrait. Il supprime donc de son écriture tous les mots inutiles, simplifiant la structure de la phrase et se concentrant sur les objets et les actions concrètes. Ses héros sont des hommes forts, silencieux et très curieux des femmes. En 1940, il divorce d’avec Pauline et se marie ensuite avec Martha. Malheureusement pour Ernest, Martha ne veut pas céder sur sa carrière. Il s’installe à Finca Vigia, à Cuba, où il est le plus souvent seul. Dès 1942, il s’implique dans la lutte anti-Nazi en créant la Crook Factory.

En 1944, il rejoint Martha en Angleterre où il aura un grave accident de voiture, les journalistes le croiront mort. A Londres, il rencontre Mary Welsh dont il tombe fou amoureux. De juin à décembre 1944, il est correspondant de guerre pour la Third Army mais il combat sur le front avec la quatrième infanterie. Ses articles ne sont qu’un prétexte pour rester sur le front. A cousa de cela, il est passé en jugement à la Cour Martiale pour violation de la Convention de Genève. Enfin, en 1945, il rejoint Mary à Paris et divorce d’avec Martha. Il sombre dans l’alcoolisme, se sentant coupable de l’échec de son mariage avec Martha. Toutefois, il épouse Mary en 1946. Hemingway rencontre Adriana Ivancich dont il tombe amoureux.

Il obtient le Prix Pulitzer en mai 1953 pour Le Vieil Homme et le mer. En 1954, il est encore victime de deux accidents d’avion. En 1954, il obtient le prix Nobel de littérature. Malgré les reconnaissances littéraires, Hemingway sombre dans l’alcoolisme et la dépression. Sa santé physique et mentale se dégrade de plus en plus. Il quitte Cuba en 1960. Se sentant devenir aveugle à cause du diabète et perdant la mémoire et la capacité d’écrire, il se suicide le 2 juillet 1961, alors qu’il avait toujours considéré le suicide comme étant un acte de lâcheté.

 

Bibliographie

Trois histoires et dix poèmes (1923)
De nos jours (1925)
Le Soleil se lève aussi (1926)
Hommes sans femmes (1927)
Cinquante mille dollars (1928)
L’Adieu aux armes (1932)
Mort dans l’après-midi
(1932)
Les Neiges du Kilimandjaro ( 1936)
Les Vertes Collines d’Afrique (1937)
Pour qui sonne le glas (1940)
En avoir ou pas (1945)
Dix indiens (1946)
Paradis perdu suivi de La cinquième colonne (1949)
Au-delà du fleuve et sous les arbres (1950)
Le Vieil Homme et la mer (1952)
L’Eté dangereux (1960)

 

Publications posthumes

 

Paris est une fête (1964)
Îles à la dérive (1970)
Le Jardin d’Eden (1989)
La Vérité à la lumière de l’aube (1999)

 

 

Sources : Ernest Hemingway His Life and Works, Wikipedia, Biobble et Autori

De poésie…

Lettera amorosa, un hymne d’amour à l’Absente, une chanson pour l’Aimée.

Malheureusement, je ne sais pas parler de poésie parce que je n’en suis pas une spécialiste. Je peux seulement vous inciter à découvrir ces poèmes de René Char qui sont magnifiques, élégants et superbement illustrés par de grands artistes. Je peux également vous parler de la superbe édition (en poche) dans laquelle j’ai lu ces poèmes. En effet, je possède l’édition de la NRF Poésie/Gallimard éditée en 2007 qui rassemble deux versions du poème illustrées en couleur par Jean Arp et Georges Braque publiées initialement à 10 ans d’intervalle sous des titres différents.

La première édition de ces poèmes est éditée sous le titre de Guirlande terrestre en 1952 et constitue la première ébauche de Lettera amorosa. Les poèmes, manuscrits, laissent apparaître les ratures, les variantes et les hésitations du poète. Ils sont illustrés par 16 œuvres originales de Jean Arp, illustrations qui consistent en des papiers de couleur découpés (aux formes arrondies) et collés dont certains sont peints à la gouache. Les deux artistes s’étaient rencontrés au sein du mouvement surréaliste.

Les poèmes de la deuxième édition sont rédigés dès 1953 mais ne seront édités qu’en 1963. L’ouvrage, destiné aux bibliophiles, est présenté dans une boîte entoilée rouge et les poèmes sont accompagnés de 27 lithographies en couleur de Georges Braque. L’amitié du poète et du peintre a commencé dès 1945 et s’est manifestée, notamment, par la réalisation d’ouvrages en commun.

Cette petite édition de poche nous permet d’accéder à ce merveilleux texte ainsi qu’à ces sublimes illustrations à un prix démocratique. Même si l’objet en lui-même n’est pas une œuvre d’art, le contenu en est réellement une et c’est un réel plaisir que de l’ouvrir et d’en tourner les pages. Je vous incite donc à découvrir ce poète immense et à vibrer au son de ses mots.

 

René Char est un poète que j’ai découvert il y a quelques années en feuilletant Fureur et Mystère. J’avais aimé et j’avais acheté le recueil. De temps en temps, je l’ouvre encore et savoure quelques mots.

Lettera amorosa, René Char, illustrés par Jean Arp et Georges Braque, Poésie/Gallimard, 2007

Bon anniversaire René Char

Et c’est malheureusement encore avec un jour de retard que je célèbre la naissance d’un très grand poète français : René Char.

 

René Emile Char voit le jour le 14 juin 1907 à l’Isle-sur-la-Sorgue, dont son père était la maire dès 1905, dans le Vaucluse. Imposant et impulsif, il joue passionnément au rugby. Pensionnaire au lycée d’Avignon puis, en 1925, étudiant à l’École de commerce de Marseille, il lit Plutarque, Villon, Racine, les romantiques allemands, de Vigny, de Nerval et Baudelaire. En 1924, il fait un voyage en Tunisie où son père avait créé une petite plâtrière. Après avoir travaillé à Cavaillon dans une maison d’expéditions, il effectue en 1927 son service militaire dans l’artillerie à Nîmes. Son premier recueil, Cloches sur le cœur, rassemblant des poèmes écrits entre 1922 et 1926, est publié en 1928. Malheureusement, il détruira la plus grande partie des exemplaires.

 

En 1929, René Char fonde la revue Méridiens avec André Cayatte et il adhère au mouvement surréaliste après avoir rencontré Arangon, Breton et Crevel. Il publie en décembre 1929 Profession de foi du sujet dans le douzième numéro de La Révolution surréaliste. Le 14 février 1930, les surréalistes saccagent à Paris le bar « Maldoror », lors d’une bagarre au cours de laquelle Char est blessé d’un coup de couteau dans l’aine. Son adhésion au surréalisme ne dure qu’un moment pendant lequel il signera quelques tracts et un recueil en commun avec Eluard et Breton en 1930, Ralentir travaux. Tandis qu’il lit Rimbaud, Lautréamont, les philosophes présocratiques et les grands alchimistes, Char publie également en avril 1930 à Nîmes Tombeau des secrets, avec un collage de Breton et Éluard. Aragon, Breton, Char et Éluard créent la revue Le Surréalisme au service de la révolution. Artine paraît aux Éditions surréalistes, chez José Corti, avec une gravure de Salvador Dali. En 1931, Char signe les tracts surréalistes concernant le film L’Âge d’or (réalisé par Dali et Buñuel et attaqué par les ligues de droite), l’exposition coloniale et la situation politique en Espagne. Durant l’été, Char, Nusch et Éluard s’embarquent à Marseille, font escale à Barcelone et séjournent à Cadaqués chez Dali et Gala. Après un voyage en Espagne avec Francis Curel, Char épouse à Paris en octobre 1932 Georgette Goldstein qu’il a rencontrée peu de temps auparavant à Cannes.

 

En 1934, il reprend son indépendance par rapport au mouvement surréaliste. Son oeuvre devient celle d’un solitaire ne souffrant aucun compromis. Elle témoigne de son insoumission devant les agressions du monde. Char est un homme d’action, le devenir du monde l’importe au plus haut point. En 1937, il dédie son Placard pour un chemin des écoliers aux “enfants d’Espagne”. Démobilisé en 1940, il entre presque aussitôt dans la Résistance sous le pseudonyme Alexandre. Il commande le Service action parachutage de la zone Durance. Son QG est installé à Céreste (Basses-Alpes). Il y écrit son journal, chronique de la résistance, qui sera publié sous le nom Les Feuillets d’Hypnos en 1946. En 1944, Char est appelé en mission à Alger auprès de l’Etat-Major interallié d’Afrique du Nord où il y rencontre le général de Gaulle dont il gardera un médiocre souvenir. Souhaitant faire jouer à Avignon une pièce de théâtre qu’il venait d’écrire, René Char et Jean Vilar créent le premier Festival de théâtre d’Avignon en 1947. René Char est un poète engagé dans son temps. En 1948, le danger de pollution de la nature lui inspire une pièce, le Soleil des eaux. En 1965, il mène campagne contre l’implantation de fusées nucléaires sur le plateau d’Albion.

 

En 1968, Char publie Retour amont illustré de 4 eaux fortes de Giacometti, il tourne Du Soleil des eaux pour la télévision et il est victime d’une première crise cardiaque. En 1971, Char est mis à l’honneur à travers une exposition organisée par la fondation Maeght et un numéro spécial publié par les cahiers de l’Herne. En 1977, il rencontre pour la première fois Marie Claude de Saint-Seine qui travaille aux éditions Gallimard et avec laquelle il se mariera dix ans plus tard. En 1978, René Char est à nouveau victime d’une attaque cardiaque très sérieuse. La Bibliothèque nationale organise en 1980 une exposition qui lui est consacrée : « Les manuscrits de Char enluminés par les peintres du XXe siècle ». René Char a reçu tous les honneurs de son vivant car, en 1982, le musée bibliothèque René Char est inauguré à l’Isle-sur-la-Sorgue à l’Hôtel Camperdon. Mais, dès 1984, le poète retire ses oeuvres déposées à l’Hôtel en raison de difficultés avec la municipalité sur la conception et le fonctionnement du musée. En 1983, ses Oeuvres complètes sont publiées dans la collection La Pléiade de Gallimard. En 1986, l’exposition « Lettera amorosa » de Braque et Char a lieu à Fontaine de Vaucluse au Musée Pétrarque. René Char meurt d’une crise cardiaque le 19 février 1988. En mai de la même année, paraîtra un recueil posthume L’éloge d’une soupçonnée.

 

La poésie de Char puise sans cesse dans le réel et dans la terre. Il est enraciné dans son pays natal et s’inspire abondamment de la Provence, de ses pierres, sa flore et sa faune. Mais ce côté bucolique n’est que l’apparence d’une recherche toujours plus rigoureuse de son état d’homme. Sa poésie est hermétique, son travail résidant dans l’épuration de ses phrases jusqu’à les réduire à des instantanés.

 

Bibliographie succincte

Le Marteau sans maître (1934)
Placard pour un chemin des écoliers (1937)
Dehors la nuit est gouvernée (1938)
Seuls demeurent (1945)
Feuillets d’Hypnos (1946)
Poème pulvérisé (1947)
Fureur et Mystère (1948)
Matinaux (1950)
Lettera Amorosa (1952)
La parole en archipel (1962)
Le Nu perdu (1971)
La Nuit talismanique (1972)
Chants de la Balandrane (1977)
Fenêtres dormantes et portes sur le toit (1979)
Les voisinages de Van Gogh (1985)
Eloge d’une soupçonnée (1988)

 

Sources : Poésie en liberté (Site consacré au centenaire du poète), Wikipedia, Pierdelune.

D’un signe…


Le signe des quatre est la première aventure de Sherlock Holmes que je lis, et pourtant j’en ai souvent entendu parler autour de moi. Je ne suis pas une grande lectrice de romans policiers, à part Agatha Christie que j’aime beaucoup. Pourquoi ? Je ne sais vraiment pas ! Je n’ai jamais été attirée par ce genre. Je n’avais jamais lu de livres de Sir Arthur Conan Doyle. Grâce à ce livre, je fais trois découvertes en une : découverte d’un auteur célèbre et de son détective tout aussi célèbre ainsi que découverte d’un autre style de roman policier.

J’ai apprécié ce roman qui est l’un des plus connus des aventures de Sherlock Holmes. Je me suis laissée emportée dans le mystère et j’ai beaucoup aimé la façon de travailler du détective. Quand on se plonge dans l’histoire, on ne sait pas qu’on ne va pas pouvoir lâcher le bouquin avant la dernière page. Malheureusement, je n’ai pas pu le lire en continu… Je pensais donc constamment à cette enquête. J’aime aussi la manière dont elle est racontée, par le biais du Docteur Watson, ce qui laisse planer un certain suspense.

Toutefois, bien qu’ayant vécu cette enquête et passé un bon moment en compagnie de Sherlock Holmes, je préfère quand même Hercule Poirot (non, je ne suis pas chauvine ! ), sa personnalité et sa méthode de travail. Peut-être devrais-je lire d’autres aventures du grand détective pour pouvoir mieux les comparer, mais c’est bien dans mes intentions.

Livre lu dans le cadre du Challenge “Celebrate the author”.
Le signe des quatre, Sir Arthur Conan Doyle, Le Livre de Poche jeunesse.

Happy Birthday Sir Arthur Conan Doyle…

Avec beaucoup de retard car Sir Arthur est né le 22 mai… Je n’ai malheureusement pas eu le temps de réaliser cette biographie pour le jour même. Le mois prochain, je m’y prends à l’avance.

Sir Arthur Conan Doyle est né le 22 mai 1859 à Edimbourg en Ecosse d’un père fonctionnaire aux talents artistiques évidents mais alcoolique et d’une mère irlandaise descendant des Plantagenêts. Après des études dans des institutions catholiques, il rejette le christianisme et deviend agnostique. Il étudie la médecine à l’Université d’Edimbourg et il exercera quelques temps cette profession (de 1882 à 1890) avant de se consacrer entièrement à sa carrière littéraire.

 

Il publie ses premiers textes en 1879, alors qu’il est encore étudiant. Il se marie en 1885 à Louise Hawkins, la soeur d’un de ses patients, qui le soutiendra dans la voie littéraire. Sherlock Holmes voit le jour en 1887 dans Une étude en rouge publié dans le Beeton’s Christmas Annual, personnage charismatique pour lequel Doyle est mondialement connu alors qu’il accordait beaucoup plus d’importance à son oeuvre historique et considérait ses aventures policières comme de la littérature alimentaire. Doyle écrit aussi bien des textes policiers et historiques que des textes politiques, fantastiques, ésotériques, d’aventures et de science-fiction. Le signe des quatre, deuxième aventure du détective, paraît en février 1890 dans le magazine américain Lippincott’s Monthly Magazine. A partir d’octobre 1892, les lecteurs peuvent lire les nouvelles de Sherlock Holmes en volume. Ce même mois, il publie La Grande Ombre où il exprime sa fascination pour Napoléon Ier. En 1893, Doyle fait mourir son héros qui le rendit célèbre aux Chutes de Reichenbach, acte qui provoque la colère de ses lecteurs. En 1894, il rencontre Rudyard Kipling dans le Vermont et correspond avec Robert-Louis Stevenson. En 1895, installé au Caire pour la santé de sa femme, il devient correspondant de guerre pour la Westminster Gazette lors du conflit entre les Britanniques et les derviches. Lorsque la guerre éclate entre l’Angleterre et les Républiques africaines d’Orange et du Transvaal en 1899, Doyle s’engage mais il est mis sur une liste d’attente. Ainsi, quand son ami John Langman lui propose de superviser un hôpital en Afrique du Sud, à Bloemfontein, il s’embarque immédiatement. C’est là qu’il fera la connaissance du jeune Winston Chruchill.

 

En 1900, il se présente aux élections à Edimbourg en tant que candidat unioniste, mais il est battu. En 1901 paraît Le Chien de Baskerville, le roman le plus célèbre des aventures de Sherlock Holmes. Doyle est fait chevalier en 1902 suite à son pamphlet défendant les Britanniques contre les accusations de maltraitance des Boers et devient Sir Arthur Conan Doyle. En 1906, il se représente aux élections et subit une nouvelle défaite. C’est également, cette année-là que meurt sa femme, ce qui le plonge dans un état proche de la dépression. Il se lance alors à corps perdu, à la manière de son héros détective, dans l’affaire Edalji, jeune notaire d’origine indienne, condamné à sept ans de prison pour avoir envoyé des lettres anonymes et mutilé du bétail. En 1907, Sir Arthur Conan Doyle se remarie avec Jean Leckie, dont il était amoureux depuis dix années. En avril 1912, Doyle crée un nouveau personnage qui va marquer le monde littéraire : le professeur Challenger dans Le Monde perdu. En 1913, il mène campagne pour le tunnel sous La Manche.

 

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate, Doyle s’engage et désire partir pour le front. Malheureusement, cela lui sera refusé en raison de son âge. Il met alors sa plume au service de sa patrie et publie un pamphlet de ralliement intitulé To Arms ! En 1916, il visite les fronts anglais, italiens et français et rencontre même Clemenceau à Paris. Son dernier coup d’archet, dernière aventure de Sherlock Holmes d’un point de vue chronologique, paraît en 1917. A partir de 1918, il se consacre au spiritualisme, donne une série de conférences en Australie, aux Etats-Unis et au Canada et commence la rédaction de plusieurs ouvrages, dont La nouvelle révélation, dans lesquels il prétend démontrer la survie après la mort et la possibilité d’entrer en contact avec l’au-delà. En 1922, il apporte son soutien à deux jeunes filles qui prétendent avoir photographié des fées à Cottingley, alors que les documents sont des montages. En 1924, il publie son autobiographie, Souvenirs et aventures, et ouvre une librairie de spiritisme, The Psychic Bookshop, à Londres en 1925. Suite à une activité incessante et à de nombreux voyages, Doyle est victime d’une première crise cardiaque, ce qui ne l’empêchera pas de poursuivre ses activités. Enfin, il meurt le 7 juillet 1930 d’une crise cardiaque.

 

Bibliographie succincte

Une étude en rouge (1887)
Le Signe des quatre (1890)
La Grande Ombre (1892)
Le Chien de Baskerville(1902)
Le Crime du Congo (1909)
Le Monde perdu (1912)
La Vallée de la peur (1915)

 

Sources : Conan Doyle sur Jesuismort.com, Arthur Conan Doyle sur The Literature Network, Wikipedia.

D’une faute…

  La Faute de l’Abbé Mouret est une véritable œuvre picturale. Avec des mots, Zola crée une toile merveilleuse, fantastique et sublime. Il crée une toile impressionniste, ou plutôt des toiles impressionnistes qui éblouissent le lecteur. Dans ce roman, divisé en trois parties, Zola aborde les questions de la religion, du clergé, de la dévotion et du célibat des prêtres. Dans la première partie, on rencontre l’abbé Mouret et la Teuse qui préparent la Messe. On est directement introduit dans le quotidien du prêtre et dans l’église… On fait connaissance également avec Désirée, la sœur de l’abbé Mouret attardée mentale dont la passion est les animaux, et tous les habitants des Artaud, un peuple d’incroyants et de rustres. On découvre la région, la vocation du prêtre, les mœurs du village. C’est assez long à démarrer. Il faut s’accrocher et pourtant c’est dans cette partie que tout se joue. Serge Mouret accompagne son oncle, le docteur Pascal, chez Jeanbernat, un athée et matérialiste convaincu, au Paradou où il entrevoit Albine, qui lui laisse une impression de la Vierge Marie. Chaque jour, après cette visite, l’abbé Mouret est pris de fièvres, de doutes et d’angoisses. Il se remémore le séminaire et sa dévotion à la Vierge Marie. Le trouble s’installe dans la tranquilité du prêtre et est amplifié par le grouillement de la basse-cour dans laquelle sa sœur est reine. Un soir, l’abbé Mouret est terrassé par la fièvre. C’est là que commence la deuxième partie de ce roman, la naissance et la croissance de Serge au Paradou avec Albine, envoyé dans ce jardin splendide par le docteur Pascal pour sa convalescence. Dans cette partie, nous avons droit aux descriptions les plus fabuleuses du jardin, des fleurs, des plantes, des arbres, de l’herbe, des odeurs… C’est un tableau vivant et odorant qui nous est livré. J’ai été enivrée, emportée, par toute cette profusion. Le Paradou c’est le Paradis, la découverte des choses et des sens, le retour à la pureté et à l’innocence de l’enfance. C’est l’épanouissement libre et la découverte de l’amour, de la femme et de la vie. Le Paradou s’oppose entièrement à l’Église. C’est la vie contre la mort. Serge et Albine se découvrent, ne peuvent plus vivre l’un sans l’autre, découvrent les instincts de la nature et leur obéissent jusqu’au moment de la faute, qui ne sera faute que du fait de la présence du frère Archangias. Le frère Archangias est un être diabolique et malsain. Zola réinterprète la Genèse, le mythe d’Adam et Eve. La faute découverte, Serge est récupéré par l’Église. Il rejette désormais Marie, car elle représente la Tentation et la Faute, et se tourne vers Jésus qui a souffert pour sauver l’humanité. Cette troisième partie est très noire, on retourne dans le froid des églises et de la prière et est marquée par la mort. Le chapitre  qui fait suite à la visite ‘surprise’ d’Albine à Serge dans l’Église est réellement merveilleux.  Serge refuse Albine, refuse la Vie et ces refus l’amènent à une nouvelle hallucination :  l’envahissement de l’Église par la Nature. L’abbé Mouret est pris de doutes, il aime Albine mais elle est la femme. Il se rendra toutefois au Paradou en automne. C’est là qu’on se rend compte que l’amour est mort, écrasé par le poids de l’Église et des malheurs du Christ. Cette troisième partie est très sombre et triste.


J’ai beaucoup apprécié ce roman malgré des débuts difficiles. C’est, à mon avis, un des plus beaux romans de Zola et un des plus forts d’un point de vue artistique. Il faut le lire pour ces descriptions fabuleuses, notamment le jardin des roses où chaque rose représente une femme. Ce passage est très charnel, très poétique, très sensuel, très odorant et pictural. Enfin, c’est un roman fort que j’invite tout le monde à lire. Un chef-d’œuvre naturaliste et impressionniste !

 

Livre lu dans le cadre du challenge Celebrate the Author.
La faute de l’abbé Mouret, Emile Zola, Le Livre de Poche