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De renaître…

Christian Bourgois a publié en janvier 2010 le premier volume des journaux et carnets de Susan Sontag de 1947 à 1963, Renaître, présenté par son fils, David Rieff.

Ces carnets sont riches et donnent une idée sur la personnalité de Susan Sontag, jeune fille très cultivée et jeune femme exigeante. Susan Sontag se livre totalement. Elle confie ses lectures, ses listes de livres à lire, son amour de la musique, ses amours, ses relations amoureuses, son fils. Le lecteur découvre ses goûts, ses envies, ses aspirations, ses peurs, ses angoisses. Il découvre une jeune fille précoce et curieuse.

Ces propos sont très stimulants et intéressants. J’ai lu Renaître dans le cadre de mon envie de découvrir les parcours d’écrivains ou d’intellectuels et de comprendre comment s’est construit leur pensée. Je suis vraiment très heureuse d’avoir découvert l’univers de Susan Sontag grâce à cette publication. J’attends maintenant les deux autres volumes prévus.

Quelques mots :

« … La poésie doit être : exacte, intense, concrète, signifiante, rythmique, formelle, complexe

… L’art, donc, lutte constamment pour être indépendant de la pure intelligence…

… Le langage n’est pas seulement un instrument mais une fin en soi… » (19/12/1948) (p. 27)

« Réellement c’est le style qui est important. Le style détermine l’intrigue. (22/01/1953) (p. 103)

« La pensée n’a pas de limites naturelles. » (24/10/1956) (p. 113)

« Quel est le secret qui permet soudain de commencer à écrire, de trouver une voix ?
Essayer le whisky. Et aussi être au chaud. » (1957) (p. 197)

« Pour écrire vous devez vous autoriser à être la personne que vous ne voulez pas être (de toutes les personnes que vous êtes). » (13/08/1961) (p. 343)

« Ecrire est une belle action. C’est accomplir quelque chose qui donnera du plaisir à d’autres plus tard. » (13/08/1961) (p. 343)

« La peur de vieillir naît de la prise de conscience qu’on ne vit pas la vie que l’on souhaite. C’est équivalent à une impression de maltraiter le présent. » (9/12/1961) (p. 359)

Renaître, Susan Sontag, Christian Bourgois, 2010

De Jack London…

Jack London. Le vagabond magnifique est une très belle introduction à la vie de Jack London. Yves Simon nous raconte les éléments les plus marquants de sa vie et surtout il nous parle de ses années de formation qui feront de lui l’écrivain reconnu et admiré. Le lecteur apprend les années de vagabondage, de labeur, de lecture et d’aventures qui vont lui donner de la matière pour ses futurs récits mais aussi lui forger une pensée socialiste.

Cette courte biographie, illustrée de photographies en noir et blanc de l’auteur et de ce qui l’a profondément marqué, nous montre un grand homme qui s’est battu, qui n’a jamais baissé les bras et qui a réussi par la force de sa volonté et de son travail.

Si vous aimez Jack London, je vous invite à découvrir cette belle introduction à l’homme qu’il était. Cette biographie se lit avec beaucoup de plaisir car l’objet est très joli et agréable à manipuler. Toutefois, si vous cherchez des informations complètes et fouillées sur l’auteur, il faudra vous tourner vers un ouvrage plus conséquent.

Je suis ravie de cette lecture qui montre que rien n’est jamais perdu si on y croit.

Jack London. Le vagabond magnifique, Yves Simon, Mengès, coll. Destins, 2009

D’une conversation autour des livres…

Collectionnant les livres parlant de livres, je ne pouvais pas passer à côté de cette conversation entre deux amoureux des livres : N’espérez pas vous débarrasser des livres d’Umberto Eco et Jean-Claude Carrière.

Ces deux bibliophiles érudits conversent autour de la place des livres, de leur avenir, de leur valeur et de l’amour qu’ils leur portent. Mais ils nous entraînent aussi dans une réflexion sur la culture, la connaissance, les nouvelles technologies. Ils nous parlent de l’histoire de l’écriture et des livres : origines, religions, censures, collections. Leur conversation riche et intelligente part dans tous les sens tout en restant compréhensible. Elle se révèle amusante aussi lorsqu’ils livrent différentes anecdotes à propos d’éditeurs, de leurs recherches ou autres petits détails historiques.

N’espérez pas vous débarrasser des livres nous informe que le livre ne va pas disparaître car, tout comme la roue, c’est une invention utile parfaite et irremplaçable malgré la place de plus en plus importante des nouvelles technologies. Il nous interroge aussi sur la connaissance à l’ère d’Internet. Comment gérer toute l’information, comment la classer, la trier ? Que restera-t-il de tout ce qui circule aujourd’hui ? Comment s’est effectué le tri jusqu’à présent ? Avons-nous le meilleur ou les rebuts ? Des chef-d’œuvres ou des ratés ? Il nous dit aussi qu’il est possible de connaître des livres et des films sans les avoir ni lus ni vus car ils font partie de notre culture et de notre quotidien. Et puis il nous montre deux bibliophiles en action.

Cette conversation est dense, stimulante, foisonnante et accessible. Eco et Carrière sont passionnants et incroyables. J’ai appris pleins de choses et rafraîchi ma mémoire. Je suis vraiment heureuse de cette lecture parfaite pour ceux qui aiment apprendre, qui aiment les livres et les collectionnent et qui aiment les conversations.

Je vous livre ici quelques réflexions de ces deux messieurs :

« La cultures est un cimetière de livres et d’autres objets à jamais disparus » (Umberto Eco, p. 71)

« Le savoir, c’est ce dont nous sommes encombrés et qui ne trouve pas toujours une utilités. La connaissance, c’est la transformation d’un savoir en une expérience de vie. » (Jean-Claude Carrière, p. 85)

« Si un auteur veut éviter d’être victime d’un filtrage, il lui est conseillé de s’allier, d’adhérer à un groupe, de ne pas rester isolé. ( J-C C., p. 104)

« Non, la religion est la cocaïne du peuple. Elle excite les foules. » (U.E., p. 192)

« Une collection de livres est un phénomène masturbatoire, solitaire, et vous trouvez rarement des gens qui peuvent partager votre passion. (…) Ils ne comprennent pas pourquoi vous donnez tellement d’importance à un petit bouquin sans aucun attrait, et pourquoi il vous a coûté des années de recherche. » (U.E., p. 321)

« Une bibliothèque, c’est un peu une compagnie, un groupe d’amis vivants, d’individus. Le jour où vous vous sentez un peu isolé, un peu déprimé, vous pouvez vous adresser à eux. » (J-C C, p. 321-322)

Vous pouvez lire le premier chapitre sur le site de l’éditeur ici.

N’espérez pas vous débarrasser des livres, Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, préface de Jean-Philippe de Tonnac, Grasset, 2009

De Julius…

Je vais enfin vous présenter un roman bouleversant, un roman à l’atmosphère sublime et dont les descriptions sont magnifiques. Un roman qui m’a beaucoup touchée, un roman dont j’ai dévoré et savouré les mots, les phrases et le rythme. Et ce roman c’est Julius Winsome de Gerard Donovan.

Julius Winsome c’est l’histoire d’un homme solitaire qui habite avec son chien dans un chalet isolé dans la forêt du Maine. C’est la période de la chasse. Il n’aime pas entendre les coups de fusil, il n’aime pas quand son chien part se balader quand les chasseurs rôdent, il a peur qu’il lui arrive quelque chose. Et voilà que son chien ne rentre pas. Il s’inquiète et le découvre abattu par une balle de fusil de chasse. Il le ramène et l’enterre. A ce moment là, Julius Winsome décide de venger la mort de son compagnon et part à la recherche de celui qui est responsable de la mort préméditée de son chien.

Gerard Donovan nous entraine dans les finesses et les méandres de l’âme d’un homme solitaire, isolé et cultivé. Un homme qui vit dans un chalet reculé dont les murs sont habillés par les rayonnages d’une importante bibliothèque. Julius classe ses livres en chauds et froids selon l’endroit où ils se trouvent. Un homme dont la seule compagnie est celle de son chien.

Julius Winsome est un roman d’une force et d’une beauté incroyables. Un roman touchant, brillant et intense. Un roman qui nous parle de la lecture, de la solitude, de l’amour, de l’amour des mots, de la nature, de la vengeance, de la vie. Une lecture que je recommande vivement.

« J’ai jeté sur mon ami le monde entier à coups de pelle et en ai ressenti le poids, comme si j’étais étendu à ses côtés dans ces ténèbres. »

« Mais dans la vie on doit obtenir sa propre approbation pour les actes commis. Il n’y a personne à qui montrer ce qu’on a fait, personne pour vous dire bravo. »

Les avis enthousiastes ou mitigés des autres lecteurs : L’or des chambres, Cathulu, Laure, Cryssilda, Brize, Delphine, Dominique, Véronique, Benebonnou, et Reka.

Julius Winsome, Gerard Donovan, Seuil, 2009

De l’ombre du vent…

Alors que L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon faisait l’unanimité auprès de la plupart des lecteurs, je ne m’étais pas encore décidée à le lire ni à l’acheter jusqu’au jour où je me suis inscrite au Swap Book Inside organisé par Ys et que ma swapeuse Cracklou m’envoya justement ce livre.

L’ombre du vent se déroule à Barcelone après les Guerres. Daniel Sempere, fils de libraire, est amené par son père aux Cimetières des Livres Oubliés d’où il sort des étagères un livre d’un auteur inconnu, L’ombre du vent de Julian Carax. Ce livre, qu’il lit avidement, va changer sa vie. Je ne dévoilerai rien de plus de l’intrigue.
L’ombre du vent est un roman très riche. Il s’agit d’un roman d’apprentissage puisqu’il raconte le parcours du jeune Daniel qui se construit grâce au livre de Julian Carax. L’ombre du vent est un roman intrigant et mystérieux. Daniel Sempere nous entraine sur les traces de cet auteur inconnu et va nous faire découvrir un autre Barcelone. Tout comme Daniel lit avidement son exemplaire de L’ombre du vent, le lecteur ne peut lâcher son roman et a envie de découvrir ce qui se cache derrière tout ce mystère. Et puis, les personnages du roman sont très attachants et touchants. Et surtout, ce livre nous emporte dans un monde de livres, un monde où la littérature et la réalité se confondent presque, un monde qu’on aime.

J’ai apprécié cette lecture même si je m’attendais à un réel chef-d’œuvre et que ce ne fut pas le cas. L’ombre du vent est un très bon roman mais il ne m’a pas bouleversée. En tout cas, je remercie Cracklou de m’avoir offert ce livre et d’avoir comblé ce trou dans ma culture.

On peut retrouver tous les avis des autres lecteurs chez BoB.

L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, Le Livre de Poche

D’un vice…

Quand j’ai vu ce petit livre à la couverture flashy et son titre, Le vice de la lecture, ma main s’est tendue pour le prendre et l’a amené, sans me consulter, au bureau de la libraire pour le prendre. Quelle bonne initiative !

Le vice de la lecture de Edith Wharton est un court texte dans lequel l’auteur dénonce l’obligation sociale de la lecture qui nuit aux écrivains et crée des lecteurs mécaniques. Elle oppose les lecteurs-nés aux lecteurs mécaniques qui lisent pour être au courant et ‘faire comme’. Et elle dénonce tous les méfaits causés par ces lecteurs qui sont au nombre de quatre : facilitent la carrière d’un écrivain médiocre, ralentissent la vraie culture, confondent la morale et les jugements intellectuels et sont à l’origine d’une critique se limitant à l’énoncé du contenu.

Edith Wharton est intransigeante et exclusive. Elle porte un jugement élitiste et sans concession sur la lecture et les lecteurs et on pourrait parfois se sentir insulté. Mais c’est un véritable plaisir de lire un texte qui pense la lecture et les lecteurs, malgré son ton quelque peu supérieur.

En écrivant ce billet, je me suis posé quelques questions sur Edith Wharton et la blogosphère : Que penserait Edith Wharton de la blogosphère ? Comment considèrerait-elle tous ces lecteurs qui livrent leur avis personnel ? Aurait-elle également un blog ? A mon avis, elle aurait un certain mépris pour les blogs de lecture tout en tenant le sien afin de mieux critiquer les autres.

Voici quelques extraits :

« Lire n’est pas une vertu, mais bien lire est un art, et un art que seul le lecteur-né peut acquérir. Le don de lire n’est pas une exception à la règle selon laquelle tous les dons naturels ont besoin d’être cultivés par la pratique et la discipline ; mais sans l’aptitude innée la formation serait vaine. C’est l’illusion du lecteur mécanique de croire que les intentions peuvent prendre la place de l’aptitude. » (p. 13)

« Il est probable que si ne lisaient que ceux qui savent lire, personne d’autre que ceux qui savent écrire ne produiraient des livres ; mais c’est la moindre des offenses du lecteur mécanique que d’avoir encouragé l’auteur mécanique. Ils sont fait l’un pour l’autre et peuvent s’attaquer l’un l’autre en toute impunité. » (p. 24)

« C’est ainsi que le lecteur mécanique œuvre systématiquement contre le meilleur de la littérature. A l’évidence, c’est à l’écrivain qu’il est le plus nuisible. La large avenue qui mène à l’approbation du lecteur mécanique est si facile à suivre et si grouillante de compagnons de voyage prospères que plus d’un jeune pèlerin y a été attiré par le seul besoin de la camaraderie ; et ce n’est peut-être qu’à la fin du voyage, quand il rejoint le Palais des Platitudes et s’assoit devant un festin de louanges sans discernement, avec les plumitifs qu’il a le plus méprisés, se servant sans gêne aucune du plat préparé en son honneur, que ses pensées se tournent avec envie vers cet autre côté – le droit chemin menant « aux happy few ». » (p. 30)

Les avis de Mea, Faelys, Cécile et Lali. Le site de l’éditeur qui permet de feuilleter l’ouvrage.

Le vice de la lecture, Edith Wharton, Les éditions du sonneur, la petite collection, 2009 (traduit de l’américain par Shaïne Cassim)

De fantômes et de bibliothèques…

Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet est un livre acheté parce que j’adore les livres qui parlent de livres, de bibliothèques et de lecteurs. Je ne pouvais pas passer à côté de ce titre si attractif. Et je suis heureuse de cette acquisition parce que j’ai découvert en Jacques Bonnet un acheteur compulsif de livres, un conservateur et un amoureux des livres. Il m’a donné une idée sur ce que serait ma bibliothèque dans quelques années, il m’a fait déculpabiliser, il m’a fait penser et sourire, il m’a transmis une partie de sa bibliothèque. J’ai aimé sa façon de parler des livres, des personnages, des choix, des logiques d’achat et de création de bibliothèques, du rangement des livres et des souvenirs qu’ils provoquent.

Chaque bibliothèque est habitée, vivante, conservatrice de souvenirs et d’instants de vie. Notre bibliothèque débordante est notre espace de vie, le reflet de notre personnalité, une partie de nous-même. Et c’est le message que transmet Jacques Bonnet dans ce petit ouvrage fort sympathique et vivant.

Les avis de Bladelor, Lou et Leiloona.

Des bibliothèques pleines de fantômes, Jacques Bonnet, Denoël

D’une lectrice…

La Reine des lectrices d’Alan Bennett est un court roman réjouissant et drôle. Alan Bennett invente à Son Altesse Royale la Reine d’Angleterre une passion pour la lecture née lors d’une rencontre inattendue avec le bibliobus qui s’arrête au château afin d’offrir la possibilité au personnel de lire. Elle y entre et se sent dans l’obligation de choisir un livre. Mais elle y rencontre également un commis de cuisine passionné de lecture (principalement d’écrivains homosexuels) qui deviendra son conseiller en livres, son tabellion particulier. Et cette nouvelle passion pour la lecture est la source pour bien des complots, des dérèglements, des mésaventures… Cette passion remet en question le statut, la conduite, l’emploi du temps de la Reine. Mais bientôt, la Reine, femme d’action, aura d’autres ambitions.

Tout cela est présenté avec beaucoup d’humour par l’auteur. On rit des situations cocasses, des commentaires de la Reine et de l’attitude de ses interlocuteurs. On se réjouit des découvertes de la Reine et des manigances de son entourage. C’est un bon livre qui fait passer un très bon moment. Qui se lit peut-être un peu trop vite parce qu’on aimerait plus partager les lectures de cette illustre lectrice. La plupart des auteurs lus par la Reine sont anglo-saxons et seuls Proust et Jean Genet sont cités.

Un passe-temps ? dit la reine. Les livres sont tout sauf un passe-temps. Ils sont là pour vous parler d’autres vies, d’autres mondes. Loin de vouloir passer le temps, sir Kevin, j’aimerais au contraire en avoir davantage à ma disposition. Si j’avais envie de passer le temps, j’irais en Nouvelle-Zélande. (p. 44-45)

Cet attrait pour la lecture, songeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s’ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. La littérature est une communauté, les lettres sont une république. (…) Les livres ne varient pas. Tous les lecteurs sont égaux. (p. 47)

Les avis d’Ys, de Lune de Pluie, d’Emeraude, de Cuné, d’Amanda, de Clarabel, de Cathulu et de Lou.

La Reine des lectrices, Alan Bennett, Denoël & d’ailleurs, 2009

De bons romans…

« Au bon roman » est la librairie idéale, la librairie dans laquelle on ne trouverait que de bons romans, imaginée par deux fous de littérature : Ivan, libraire, et Francesca, mécène. Et ces bons romans sont sélectionnés par un jury secret de bons auteurs qui n’ont aucun contact entre eux afin d’assurer l’indépendance des choix.

La construction du roman est assez originale et surtout le début. Quand j’ai commencé ma lecture, j’ai eu des doutes sur le roman. Était-ce bien le roman que je voulais lire ? En effet, tout commence par des accidents mystérieux sur trois personnages et une rencontre secrète. Serait-ce un livre policier ? Mais non… L’histoire de la librairie et des deux personnages nous est racontée en même temps que les héros la racontent à un inspecteur de police. Parce que cette librairie hors du commun n’aura pas une existence joyeuse et aisée. Elle devra faire face à des attaques de plus en plus vives et fortes qui la toucheront fortement et seront à l’origine d’un drame. Elle subit des critiques, des attaques et des assauts de concurrents car elle risque de mettre en danger le circuit littéraire mais aussi parce qu’elle vexe certains auteurs qui n’y sont pas représentés.

Dans la structure également, la voix du narrateur intervient de temps en temps pour reprendre un fait ou pour laisser entrevoir un autre. Il s’agit d’un narrateur extérieur, mais qui ne l’est pas tant que ça. On se demande souvent qui raconte cette histoire avec autant de détails, qui la connaît à ce point. Le mystère du narrateur nous est finalement dévoilé à la fin.

Ce roman est intrigant et passionnant. Il est comme un souffle tranquille mais pressant qui nous fait vivre et respirer avec les personnages. C’est un livre bonheur qui se lit avec plaisir et avidité.

Un petit conseil : ayez à portée de main un stylo et du papier pour pouvoir noter quelques auteurs et quelques belles phrases.

En voici quelques unes :

De toutes les fonctions de la littérature, vous me confirmez qu’un des plus heureuses est de faire se renconnaître et se parler des gens faits pour s’entendre. (p. 95)

La littérature informe, elle instruit, elle entraîne. (p. 177)

Le diable concentre ses attaques sur ce qui est beau et pur. (…) Le reste, ce qui est moche, tout ce qui ne va pas, c’est le terrain d’action de Dieu et des saints. (p. 280)

Et puis, il y a la magnifique déclaration de Francesca, une déclaration sublime sur la littérature. Mais pour ça, il faudra lire le roman.

Les avis d’Ys, Cuné, Clarabel et Amanda.

Au bon roman, Laurence Cossé, Gallimard.

Lu dans la cadre du challenge du 1% rentrée littéraire proposé par Levraoueg (5/7).