Fêtons Maupassant…
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Guy de Maupassant est né le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques dans une famille noble d’origine lorraine. Toutefois, une polémique existe quant à son lieu de naissance. En effet, selon son acte de décès, Maupassant serait né à Sotteville, près d’Yvetot. Sa mère, Laure le Poittevin, avait été l’amie de Gustave Flaubert qui allait exercer une certaine influence sur la vie de Guy. Elle fut une femme d’une grande culture littéraire, aimant beaucoup les classiques, particulièrement Shakespeare. En 1856, naît Hervé, le frère cadet de Guy.
En 1860, ses parents divorcent. Maupassant et son frère suivent leur mère à Etretat où ils vivront entre mer et campagne. Guy pêche avec les pêcheurs, parle le patois et grandit dans l’amour de la nature. En ce qui concerne sa scolarité, Guy entre d’abord au petit séminaire à Yvetot, selon le souhait de sa mère, où il commence à versifier, à l’âge de treize ans. De sa première éducation catholique, il conservera une hostilité marquée envers la religion et il finira par se faire renvoyer. Il est alors inscrit au lycée Corneille de Rouen, où il se montre bon élève, s’adonnant à la poésie et participant aux pièces de théâtre. A cette époque, il côtoie surtout Gustave Flaubert, dont il devient le disciple. En 1869, il s’inscrit à la Faculté de Droit à Paris. Mais en 1870, il commence son service militaire qui durera un an en s’enrôlant comme volontaire dans la Guerre franco-prussienne. Après la guerre, il paie un remplaçant pour achever à sa place son service militaire et quitte la Normandie pour Paris. Il rentre alors comme commis au Ministère de la Marine en 1872 jusqu’en 1878, date à laquelle il sera transféré au Ministère de l’Instruction Publique. Le soir, il travaille d’arrache-pied à ses travaux littéraires. Fin janvier 1877, le diagnostic tombe, il est atteint de syphilis. Cette maladie ne cessera d’empoisonner son existence.
Gustave Flaubert le prend sous sa protection et sera pour lui une sorte de mentor littéraire, guidant ses débuts dans le journalisme et la littérature. Chez Flaubert, il rencontre Tourgueniev et Zola, ainsi que de nombreux écrivains des écoles naturaliste et réaliste. Il écrit beaucoup de vers et de courtes pièces. Il commence aussi à fournir des articles à plusieurs journaux importants comme Le Figaro, Gil Blas, Le Gaulois et L’Écho de Paris puis il consacre ses loisirs à l’écriture de romans et de nouvelles. Toujours encouragé par Flaubert, il publie en 1879 son premier livre, un fascicule d’une centaine de pages, Histoire du vieux temps. S’étant lié avec Zola, il participe en 1880 au recueil collectif des écrivains naturalistes Les Soirées de Médan avec sa première nouvelle, Boule de Suif, qui remporte d’emblée un grand succès et que Flaubert qualifie de « chef-d’œuvre qui restera ». La disparition subite de Flaubert en 1880, le laissera seul.
La décennie de 1880 à 1890 est la période la plus féconde de la vie de Maupassant : il publie six romans, plus de 300 nouvelles et quelques récits de voyage. Rendu célèbre par sa première nouvelle, il travaille énormément et publie deux, voire plus, volumes par ans. Son sens des affaires et son talent lui ont apporté la richesse. En 1881, il publie son premier volume de nouvelles sous le titre de La Maison Tellier ; en 1883, il termine son premier roman, Une vie. Avec les droits d’auteur de La Maison Tellier il se fait construire sa maison « La Guillette » à Étretat. Maupassant aura trois enfants, qu’il ne reconnaîtra pas, avec Joséphine Litzelmann, une donneuse d’eau de Châtelguyon. En 1884, il vit une liaison avec la comtesse Potocka. Son second roman, Bel-ami, paraît en 1885 et connaît un grand succès de librairie. Il écrit également à cette époque l’un de ses chefs-d’œuvre, Pierre et Jean, en 1887/1888.
Son aversion naturelle pour la société le porte vers la retraite, la solitude et la méditation. Il voyage longuement en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, en Sicile, en Auvergne. Chaque voyage lui permet d’écrire de nouveaux textes. Il fait une croisière sur son yacht privé nommé « Bel-Ami » d’après son roman de 1885. Cette croisière, où il passe par Cannes, Agay et Saint-Tropez lui inspire Sur l’eau. Cette vie ne l’empêche pas de nouer des amitiés avec les célébrités littéraires de son temps : Alexandre Dumas fils, Taine rencontré à Aix-les-Bains… Par contre, l’amitié de Maupassant avec les Goncourt sera de courte durée, son caractère s’accommodant mal à celui des Goncourt. Mais la brouille aurait commencé à propos d’une souscription pour un monument à la gloire de Flaubert.
En 1887, son frère Hervé est interné une première fois, et retombe malade en fin d’année. En 1888, il est de nouveau interné à l’asile de Lyon-Bron où il meurt en novembre 1889. Durant ses dernières années, Maupassant développe un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de la mort et une certaine paranoïa, dus surtout à la syphilis. Maupassant se porte de plus en plus mal, son état physique et mental ne cesse de se dégrader et ses nombreuses consultations et cures à Plombières-les-Bains, Aix-les-Bains ou Gérardmer n’y changent rien. En août 1890, il commence L’Âme étrangère, qu’il ne finira jamais. En 1891, il commence un roman, L’Angélus, qu’il n’achèvera pas non plus. Le 31 décembre, il envoie une lettre d’adieu au docteur Cazalis. Après une tentative de suicide au début de l’année 1892, Maupassant est interné dans la clinique du docteur Emile Blanche à Paris. Fin 1892, ses membres sont totalement paralysés. Il meurt le 6 juillet 1893 après dix-huit mois d’inconscience presque totale.
Dans le cadre de cette célébration, je lirai Le Horla.
Bibliographie
Boule de Suif (1880)
La Maison Tellier (1881)
Une partie de campagne (1881)
Mademoiselle Fifi (1882)
Ce cochon de Morin (1882)
La folle (1882)
La Légende du Mont-Saint-Michel (1882)
La ficelle (1883)
Deux Amis (1883)
Une vie (1883)
Vendetta (1883)
Clair de lune (1883)
Contes de la bécasse (1883)
Aux champs (1884)
Au soleil (1884)
Les Sœurs Rondoli (1884)
Yvette (1884)
La Parure (1884)
Miss Harriet (1884)
Un fou ? (1884)
Adieu ! (1884)
L’Héritage (1884)
Monsieur Parent (1885)
Lettre d’un fou (1885)
Bel-Ami (1885)
Contes du jour et de la nuit (1885)
Le Horla (1887)
Sur l’eau (1888)
Pierre et Jean (1887/1888)
Le Rosier de Madame Husson (1888)
Le Port (1889)
Fort comme la mort (1889)
La Main gauche (1889)
Histoire d’une fille de ferme (1889)
Mouche (1890)
La Vie errante (1890)
Notre cœur (1890)
L’Inutile Beauté (1890)
Le Père Million (1899)
Le Colporteur (1900)
Les Dimanches d’un bourgeois de Paris (1900)
La Chevelure
Plus d’informations : Maupassantiana, Cultures France

