J’ai découvert Henry David Thoreau alors que j’étais libraire et qu’un client m’avait commandé Je suis simplement ce que je suis, correspondance entre Thoreau et Harrison Blake. En lisant la quatrième de couverture et en parcourant quelques pages, j’ai été frappée par les propos de cet homme. Ils me semblaient si clairvoyants et si justes. J’avais l’impression de découvrir une personne qui parlait la même langue que moi. Je me suis donc procuré un exemplaire de cette correspondance au titre si évocateur et qui, à lui tout seul, veut dire beaucoup de choses de l’homme qu’il fut : un individualiste pur et dur dont la vie fut sa philosophie, un être en recherche d’élévation perpétuelle au travers de la simplicité.
Je suis simplement ce que je suis est une sorte de condensé de la pensée de Thoreau. Il y aborde de nombreux sujets qu’il développe dans ses essais et romans tels que Walden ou la vie dans les bois ou La désobéissance civile. Il parle de l’amour, du travail, de la marche, des valeurs, de la société, de la liberté, de la nature… Thoreau est un homme savant et érudit et ses lettres s’en ressentent. Elles sont denses et sont des invitations à penser.
Quelques phrases retenues :
« Songez à la quantité de corvées qui doivent être accomplies, combien de labeur routinier et prosaïque entre dans tout travail sans grande valeur. » (p. 81)
« Le travail n’est pas à entendre au sens grossier de contrainte, mais au sens noble de discipline. » (p. 81)
« Pensez un instant à un homme qui ne s’occuperait que de ses propres affaires ! Comme nous devrions lui vouer du respect ! C’est dans toute sa gloire qu’il devrait nous apparaître ! Un homme ne travaillant pas pour une firme quelconque, son patron ou son président, mais réalisant la finalité propre à son être ! » (p. 93)
La présentation sur le site de l’éditeur finitude.
Henry D. Thoreau, Je suis simplement ce que je suis, Lettres à Harrison Blake, finitude, 2007, correspondance traduite et présentée par Thierry Gillyboeuf
Simplicité,simplicité,simplicité.
Simplifiez,simplifiez.
Ce rappel constant tout au long de ses essais et de son roman est appliqué de manière inverse à ses textes. Ils sont denses, érudits et l’on sent que cet homme a fait de sa vie, une philosophie. Tout chez lui n’a été qu’une recherche perpétuelle d’élévation de l’individu en simplifiant le quotidien pour dégager du temps pour l’essentiel: la marche, la nature et nourrir son esprit. ‘Intelloextrémiste’, areligieux, intransigeant pour les faibles, révolutionnaire, critique de société, Thoreau est un auteur sans concession. Merci pour cette découverte, plus qu’un auteur, plus qu’un philosophe, il est un maitre à penser qui, il y a plus de 150 ans, avait déjà perçu les dangers qui guettaient la société moderne et qui influence, avec force, ma propre existence. En toute simplicité, merci Lau.