Suite à mon engouement pour Jack London et son Martin Eden, j’ai pioché dans ma bibliothèque un autre texte de l’auteur : La Route aussi intitulé Les vagabonds du rail. J’ai une affection particulière pour les voyages en train. C’est un mode de déplacement romantique mais aussi un moyen de vivre l’aventure. Il y a tellement d’imprévus lorsqu’on voyage en train. Alors, le récit de Jack London autour de son expérience de vagabond du rail m’a intéressé. Jeune homme, Jack London décide de tout quitter pour « brûler le dur », pour prendre la route sans un sou, vagabonder de villes en villes en prenant le train sans payer, en déjouant les différents contrôleurs et gardes, en mendiant ses repas, en vivant à la dure. Jack devient un nomade qui se déplace au gré de ses envies, même si pendant un temps il a suivi l’armée des chômeurs du général Kelly qui traversait le pays d’ouest en est pour manifester à Washington. London est un indépendant et le groupe sert son déplacement. Il en tire de ces mois de vie de hobo un talent de conteurs, un formidable esprit d’invention et des histoires incroyables. Jack London vit ce qu’il écrit.
La Route se compose de neuf courts récits plus ou moins journalistiques, non chronologiques, dégageant une force incroyable et pleins d’humour pour décrire les situations les plus dangereuses et les plus éprouvantes. Il nous invite chaque fois à découvrir un aspect de la vie de hobo : chercher un toit, un repas, la prison, les rencontres, les dangers du rail. Et il nous explique aussi pourquoi il est parti et ce que cette expérience lui a apporté.
Ce récit est moins captivant et moins prenant que Martin Eden. La vigueur de l’écriture de London est bien présente mais le style est plus lourd. Peut-être est-ce dû au fait que les chapitres ont été publiés séparément dans des revues avant d’être regroupés. En tout cas, pour y prendre du plaisir, je les ai lus indépendamment. Comme si, chaque jour, je retrouvais les aventures de London dans le journal.
Jack London est un personnage très intéressant et captivant. Je ne cesse de l’admirer (pour l’instant). Il est à noter que ce récit inspira Jack Kerouac pour son célèbre texte Sur la route. Une de mes prochaines lectures.
La Route. Le vagabond du rail, Jack London, Phébus libretto, 2001,traduit de l’anglais par Louis Postif, préface de Jean-François Duval