De Martin Eden…

Martin Eden ! Martin Eden ! Quel roman ! Je viens de tourner la dernière page de ce roman époustouflant de Jack London et je suis éblouie. Martin Eden m’a transportée. Martin Eden fait désormais partie de ces livres qui m’ont chamboulée, éblouie, tourmentée, fait vibrer. Un inséparable.

Martin Eden de Jack London est le portrait d’un jeune marin, un ouvrier, une brute, qui par amour, et grâce à des dispositions intellectuelles exceptionnelles, se lance dans la lecture et surtout l’écriture. Lui, l’homme de rien, est fasciné par ce monde merveilleux de la bourgeoisie et désire « être à la hauteur » de cette classe. Il se jette à corps perdu dans l’apprentissage de la langue, de la philosophie et de la littérature. Et il écrit, écrit, écrit. Martin Eden ne fait pas les choses à moitié. Martin Eden est un absolutiste. Il a du talent, du génie et une facilité déconcertante. Malgré les refus qu’il essuie, il garde la foi et croit en lui. Il est persuadé qu’un jour ses textes seront reconnus et qu’il pourra alors épouser celle qu’il aime. Jusqu’au jour où…

Martin Eden, roman que l’on pourrait croire autobiographique tant on retrouve des traits de London dans ceux de Martin, est dense et foisonnant, littéraire et philosophique. London offre une réflexion sur la force de travail, l’écriture, l’amour, la philosophie, la bourgeoisie et sa morale étriquée, le monde ouvrier et le socialisme. Martin Eden c’est le surhomme en puissance, c’est Nietzsche, c’est la force, le souffle de vie mais aussi la désillusion. Martin Eden est un roman qu’on ne lâche pas, fascinant, intelligent.

Les propos que Jack London met dans la bouche de son héros résonnent en moi. Il met des mots sur mes pensées. Je pourrais presque le prendre comme maître spirituel. Il prône l’individualisme, le vagabondage, la liberté, l’intellect, la force, l’absolu, la Vérité et montre les apparences, les artifices, la vanité des valeurs bourgeoises qui fondent notre société. Je me sens proche de Martin, mais surtout je l’admire. Et par là, j’admire London, cet homme d’une puissance créatrice incroyable, cet homme aux mille vies, cet homme insatiable, qui meurt (volontairement ?) à à peine 40 ans. Ces hommes qui vivent si intensément, qui croient en un absolu, qui chutent brutalement épuisés, rompus, vaincus. Ils me fascinent. M’émeuvent. Me troublent. Me parlent.

Là, je ne peux lâcher London et je vais me plonger dans une biographie de cet auteur vagabond. Si vous voulez découvrir London, le vrai London, lisez Martin Eden.

Martin Eden, Jack London, Phébus libretto, 2001 (traduit de l’anglais par Francis Kerline, Préface de Linda Lê)

À propos de Lau

Professeur de français, j'aime les livres et la lecture...
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4 réponses à De Martin Eden…

  1. In Cold Blog dit :

    C’est une jolie déclaration d’amour littéraire, ça dis-donc ! Tu auras au moins réussi à attirer mon attention sur un auteur qui ne me tente guère. Je remise ton billet dans un coin de ma tête pour le jour où…

  2. Lau dit :

    J’en suis très heureuse ! Et merci… Oui c’est une véritable déclaration et j’espère ne pas être déçue par mes prochaines lectures. London est un créateur, une force de la nature, un grand homme…

  3. Céline dit :

    Ce n’est pas la première fois que j’entends dire du bien de ce roman, mais c’est la première fois que j’en entends autant de bien !!
    Je ne l’ai pas encore lu (à vrai dire, je ne connais pas du tout cet auteur), mais tu me tentes beaucoup.

  4. Lau dit :

    Je n’avais lu aucune critique de ce livre avant de le lire mais son sujet m’intéressait. Ce roman est un chef-d’oeuvre à découvrir. Et je suis heureuse de te tenter.