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D’une poursuite et de charmes…

Douglas Kennedy est un auteur dont j’entendais un peu trop parler et qui, pour cette raison, ne m’avait jamais tentée. Et puis vint le jour où ma maman me prêta La poursuite du bonheur et Les charmes discrets de la vie conjugale. Les deux romans restèrent longtemps sur ma PAL (au moins deux ans) jusqu’au jour où j’ai enfin eu envie de les sortir de la pile et de les lire.

La poursuite du bonheur raconte l’histoire de Sara et de Jack Malone. Ils se sont rencontrés lors d’une soirée de Thanksgiving en 1945. Ce fut le coup de foudre. Jack, journaliste de l’armée américaine, doit repartir le lendemain. Ils se font des promesses mais Sara n’aura plus de nouvelles de son bel amant jusqu’au jour où elle le retrouve pas hasard dans un parc en compagnie de sa femme et de son enfant. Je n’en dirai pas plus.
J’ai aimé cette histoire d’amour bouleversée et bouleversante. J’ai aimé me plonger dans la vie de Sara et de son frère. Douglas Kennedy ancre véritablement son roman dans le contexte social et politique des Etats-Unis des années 40 jusqu’à la fin de la « Chasse aux sorcières » et cet ancrage donne plus de poids à l’histoire de ces personnages torturés qui ne connaîtront que de brefs instants de bonheur sans jamais pouvoir le tenir réellement dans leurs mains. J’ai lu ce roman sans pouvoir m’en détacher. J’ai passé un agréable moment de lecture avec l’envie de lire un autre livre de ce style : une histoire pas trop compliquée qui fait rêver.

Et donc c’est avec plaisir que j’ai retrouvée quelques semaines plus tard l’écriture captivante de Douglas Kennedy avec Les charmes discrets de la vie conjugale. L’auteur nous invite cette fois à découvrir la vie tranquille d’Hannah Buchan qui, suite à une petite incartade de jeunesse, sera totalement chamboulée et démolie bien des années plus tard. Ce roman se divise en deux parties. La première est consacrée à la jeunesse d’Hannah, ses études, ses relations avec sa mère artiste et son père professeur engagé contre la guerre au Vietnam, à son mariage, ses déboires et surtout son moment d’égarement. Ensuite, après un saut dans le temps d’une trentaine d’années, on retrouve Hannah, femme épanouie et toujours mariée, ayant élevé ses deux enfants, ayant essayé d’être une épouse et une mère exemplaire pour expier sa faute. Mais on ne peut jamais échapper à son destin…
A nouveau, Douglas Kennedy ancre son roman dans la réalité des Etats-Unis des années septante (guerre du Vietnam, manifestations pacifistes,…) et 2000 (importance des médias et de la communication, foi hypocrite,…) Ce contexte historique donne à l’histoire plus de poids et de réalité. J’ai également aimé ce roman qui m’a tenue en haleine. J’ai vécu avec Hannah, je l’ai soutenue, je l’ai comprise, j’ai essayé de la rassurer. Douglas Kennedy sait captiver son lecteur en lui donnant les éléments de l’intrigue petit à petit, en le faisant réfléchir sur ce qu’il aurait fait à la place du personnage, en lui permettant de mieux visualiser le récit.

J’ai aimé ces deux romans. Ils m’ont fait du bien à un moment où ma vie changeait complètement et où je ne savais plus très bien si j’étais prête à commencer une nouvelle vie. Je suis heureuse de les avoir sortis de ma PAL. Merci Maman pour ces lectures bien agréables.

Les avis d’autres blogueuses chez BoB pour La poursuite du bonheur et Les charmes discrets de la vie conjugale.

La poursuite du bonheur, Douglas Kennedy, Pocket

Les charmes discrets de la vie conjugale, Douglas Kennedy, Pocket

D’un vice…

Quand j’ai vu ce petit livre à la couverture flashy et son titre, Le vice de la lecture, ma main s’est tendue pour le prendre et l’a amené, sans me consulter, au bureau de la libraire pour le prendre. Quelle bonne initiative !

Le vice de la lecture de Edith Wharton est un court texte dans lequel l’auteur dénonce l’obligation sociale de la lecture qui nuit aux écrivains et crée des lecteurs mécaniques. Elle oppose les lecteurs-nés aux lecteurs mécaniques qui lisent pour être au courant et ‘faire comme’. Et elle dénonce tous les méfaits causés par ces lecteurs qui sont au nombre de quatre : facilitent la carrière d’un écrivain médiocre, ralentissent la vraie culture, confondent la morale et les jugements intellectuels et sont à l’origine d’une critique se limitant à l’énoncé du contenu.

Edith Wharton est intransigeante et exclusive. Elle porte un jugement élitiste et sans concession sur la lecture et les lecteurs et on pourrait parfois se sentir insulté. Mais c’est un véritable plaisir de lire un texte qui pense la lecture et les lecteurs, malgré son ton quelque peu supérieur.

En écrivant ce billet, je me suis posé quelques questions sur Edith Wharton et la blogosphère : Que penserait Edith Wharton de la blogosphère ? Comment considèrerait-elle tous ces lecteurs qui livrent leur avis personnel ? Aurait-elle également un blog ? A mon avis, elle aurait un certain mépris pour les blogs de lecture tout en tenant le sien afin de mieux critiquer les autres.

Voici quelques extraits :

« Lire n’est pas une vertu, mais bien lire est un art, et un art que seul le lecteur-né peut acquérir. Le don de lire n’est pas une exception à la règle selon laquelle tous les dons naturels ont besoin d’être cultivés par la pratique et la discipline ; mais sans l’aptitude innée la formation serait vaine. C’est l’illusion du lecteur mécanique de croire que les intentions peuvent prendre la place de l’aptitude. » (p. 13)

« Il est probable que si ne lisaient que ceux qui savent lire, personne d’autre que ceux qui savent écrire ne produiraient des livres ; mais c’est la moindre des offenses du lecteur mécanique que d’avoir encouragé l’auteur mécanique. Ils sont fait l’un pour l’autre et peuvent s’attaquer l’un l’autre en toute impunité. » (p. 24)

« C’est ainsi que le lecteur mécanique œuvre systématiquement contre le meilleur de la littérature. A l’évidence, c’est à l’écrivain qu’il est le plus nuisible. La large avenue qui mène à l’approbation du lecteur mécanique est si facile à suivre et si grouillante de compagnons de voyage prospères que plus d’un jeune pèlerin y a été attiré par le seul besoin de la camaraderie ; et ce n’est peut-être qu’à la fin du voyage, quand il rejoint le Palais des Platitudes et s’assoit devant un festin de louanges sans discernement, avec les plumitifs qu’il a le plus méprisés, se servant sans gêne aucune du plat préparé en son honneur, que ses pensées se tournent avec envie vers cet autre côté – le droit chemin menant « aux happy few ». » (p. 30)

Les avis de Mea, Faelys, Cécile et Lali. Le site de l’éditeur qui permet de feuilleter l’ouvrage.

Le vice de la lecture, Edith Wharton, Les éditions du sonneur, la petite collection, 2009 (traduit de l’américain par Shaïne Cassim)

De T et Efina…

Efina, le deuxième roman de Noëlle Revaz, est un texte assez particulier. Un texte dont il est difficile de parler. Noëlle Revaz raconte l’histoire d’amour d’Efina et d’un comédien connu sous le pseudo T, une histoire qui est faite d’attirance et de répulsion, de désirs et d’irritations. Efina est une jeune femme passionnée de théâtre qui croise T. un soir lors d’une représentation. Efina est une femme instable, une femme qui se cherche, une femme qui hésite, une femme ancrée dans la réalité. T. est un comédien qui n’a que ça pour vivre. C’est un homme volage, fugueur, imposant, inconstant. C’est un homme peu séduisant, qui se laisse aller et ressemble même parfois à un clochard. C’est lui qui contacte Efina, qui lui envoie des lettres et la relance quand elle semble prendre ses distances. C’est une relation étrange qui les unit.

Et c’est un texte étrange. C’est un texte qui ne m’a pas plu et que pourtant j’ai lu d’une traite ne pouvant quitter ces deux personnages. Je n’ai pas aimé Efina et T. Je n’ai pas aimé l’écriture un peu décousue, le style, le ton. Et pourtant je l’ai lu avidement… Je suis ressortie de cette lecture avec un sentiment de mal-être, un doute, un questionnement.

Présentation du livre et entretien avec l’auteur sur le site de l’éditeur Gallimard. Et un autre entretien avec l’auteur ici.

Efina, Noëlle Revaz, Gallimard, 2009

Challenge du 3% littéraire (20/21)

D’une petite robe de fête…

Un jour de 2008, je suis entrée dans une librairie et j’ai demandé au librairie des livres qui parlaient d’absolu. J’avais envie d’absolu, de sentiments purs, forts et entiers. Un peu dérouté, il m’a conseillé deux livres : Une petite robe de fête de Christian Bobin et Cosmopolis de Don Delillo. Deux auteurs que je ne connaissais pas et que j’étais prête à découvrir.

Une petite robe de fête de Christian Bobin est un livre que j’ai apprécié au moment de la lecture et qui m’a parlé. Malheureusement, deux mois après il ne m’en reste plus aucun souvenir quant au message de l’auteur… J’en garde de la douceur, une réflexion sur la littérature et la lecture, un apaisement, une étincelle. Je suis un peu triste de ne pas pouvoir parler de ce livre car je l’avais trouvé enrichissant. Je n’en retiens que ce mots :

“On ne peut bien voir que dans l’absence. On ne peut bien dire que dans le manque.” (p. 61)

Et des envies de lecture : Iphigénie de Racine, Le Docteur Jivago de Pasternak et La Petite Chartreuse de Péju.

L’avis de Tamara.

Une petite robe de fête, Christian Bobin, Folio

De l’Affaire de Road Hill House…

L’affaire de Road Hill House de Kate Summerscale est document qui revient sur une affaire d’infanticide qui a profondément marqué les esprits en Angleterre au XIXè siècle et qui a influencé de nombreux auteurs de romans policiers. Kate Summerscale livre une véritable enquête historique sur ce crime et la manière dont l’enquête a été menée. C’est la période où les gens se passionnent pour les crimes passionnels relatés par les journaux, où les détectives deviennent des personnalités imposantes et importantes et où Wilkie Collins, Mary Elisabeth Braddon, Charles Dickens publient des romans de détectives… L’auteur explique la vie avant le meurtre du jeune frère, la découverte du crime, l’enquête, les procès ainsi que la personnalité et la vie du détective qui mènera l’enquête. Elle nous livre un document riche et complet.

Après avoir lu De Sang-froid de Truman Capote qui avait été pour moi un véritable coup de cœur, le livre de Kate Summerscale me tentait puisqu’il me semblait être à peu près construit de la même manière que le roman de Capote. Malheureusement, il n’y a pas la même qualité d’écriture, de description, de construction, de mise en scène, de restitution des émotions, des événements. Le livre de Summerscale est plus historique que romancé et surtout son rythme est beaucoup plus lent, plus lourd, plus répétitif. L’auteur décrit tout en détail et va même plus loin que le crime. Elle fait de longs détours pour éclaircir certains points.

L’affaire de Road Hill House est un document qui m’a profondément ennuyé, que j’ai traîné de longues semaines derrière moi et dont je n’ai pas compris l’intérêt. La seule chose positive que j’en retire c’est l’envie de lire Wilkie Collins, Mary Elisabeth Braddon et Henry James.

Ils ont aimé : Ys, Dasola, Michel, Amanda, Joëlle, Françoise et Emmyne.

Enna a également été déçue par ce livre.

L’affaire de Road Hill House, Kate Summerscale, 10/18, 2009