D’une révolte des accents…
Après La Grammaire est une chanson douce et Les chevaliers du subjonctif et avant son dernier roman sur la langue Et si on dansait ?, il me fallait lire le volume consacré à nos amis les accents mal-aimés, La révolte des accents. Dans ce troisième volume, nous retrouvons Jeanne et Thomas. Un poste de marin s’est libéré mais la condition pour être pris est d’avoir une excellente vue. Jeanne obtient donc le poste qui en fait se révélera être gardienne de phare avec un ancien marin, ses chats et son accordéon. La vie se poursuit tranquillement sur l’île jusqu’au jour où Jeanne voit arriver un bateau de comédiens… Cette arrivée va bouleverser le quotidien de l’île et réveiller quelques vocations. Lorsque le bateau repart, quelque chose a changé dans la ville… Les accents et les épices ont disparu ! Jeanne décide alors de les retrouver grâce à deux accents tellement amoureux qu’ils n’ont pas suivi les autres. Jeanne part à l’aventure et découvre le pays des comédiens et puis celui des accents. Le pays des comédiens c’est l’Inde épicée, dynamique, vibrante, chatoyante. Le pays des accents c’est l’Himalaya… Les accents sont comme des animaux sauvages, imprévisibles et aussi méfiants. Il faut s’en approcher avec prudence et douceur. Le frère de Jeanne parti avec les comédiens a ouvert une agence de voyage qui offre la possibilité aux touristes d’aller au pays des accents et de leur demander quelque chose. Quand on perd un accent, on perd la saveur, le goût, l’épice de la langue. On est perdu et insipide. La vie a besoin des accents pour vibrer, voyager, fêter…
« - Monsieur, les accents, au fond, à quoi servent-ils ?
- Ils nous réveillent, Jeanne, ils vont chercher en nous ce que nous avons de plus fort, ils accentuent nos vies. Comme leur nom l’indique, ils accentuent. » (p. 116)
J’aime les accents, tous les accents. Je trouve dommage de les supprimer de l’orthographe car ils ajoutent un peu de piment et de saveur à la langue. Ils l’enrichissent également. Erik Orsenna nous montre qu’on ne peut pas vivre sans accent et qu’il faut les ménager et avoir conscience de leur valeur. Encore une fois, je suis charmée par la plume de Erik Orsenna, par sa façon belle et poétique de nous montrer que la langue est importante et qu’il ne faut rejeter aucun des aspects plus ou moins difficiles de celle-ci. Il ne me reste plus que la ponctuation présentée par M. Orsenna à découvrir dans son dernier roman Et si on dansait ?
Le site de l’auteur et une page consacrée au roman ici.
Les billets de la blogosphère repris par BOB.
La révolte des accents, Erik Orsenna, Le Livre de Poche


