Dans son dernier roman, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Colum McCann nous entraine à la découverte d’un New York polyphonique dévasté et en souffrance, d’une ville en mouvement marquée par la prostitution, la drogue, la violence, la solitude, la lutte pour la survie. Colum McCann nous offre l’image d’une Amérique qui se veut forte mais qui a ses failles, notamment symbolisé par le funambule qui traverse les tours jumelles en août 1974 et par l’histoire de chacun de ses personnages. Nous suivons d’abord un prêtre irlandais à la recherche de la foi parmi les prostituées du Bronx et son frère venu le rejoindre. Ensuite, nous entrons dans un autre univers, beaucoup plus cossu et chic, celui de Park Avenue où la mère d’un soldat disparu au Vietnam reçoit d’autres femmes qui souffrent d’une même perte. On rejoint sur la route un couple d’artistes marginaux dont la femme remet sa vie en question. On entre ensuite dans le métro new yorkais à la recherche de tags avec un jeune garçon aux rêves de photographe. On s’envole pour l’autre bout des Etats-Unis pour rejoindre un groupe d’étudiants en informatique. On retourne ensuite à New York pour suivre les destins d’un magistrat blasé, d’une prostituée emprisonnée, d’une infirmière mère-célibataire, d’une femme solitaire dans le Bronx, … Tous ces personnages se rencontrent, se croisent, se heurtent, s’entraident, se questionnent sans se connaître avec pour fil conducteur ce funambule qui hypnotise tout New York.
Les personnages de Colum McCann prennent chacun à leur tour la parole avec leurs mots, leurs expressions et leur vécu. Ils se racontent, évacuent leur souffrance, se livrent entièrement. Ils sont touchants et parfois bouleversants…
Colum McCann nous livre un roman que j’ai trouvé fort touchant, un roman qui marque, un roman riche et dynamique, un roman aussi un peu désespérant. Chaque personnage a son propre style, sa propre manière de penser. L’auteur change de personnage sans nous prévenir, ce qui peut être troublant au départ mais qui dynamise un peu le texte et montre une certaine continuité. Il est vrai que chaque partie n’est pas excellente car on s’investit plus dans certains personnages. Certains nous parlent plus que d’autres. Certains ont une histoire qui nous est plus personnelle. J’ai dévoré certains chapitres et j’en ai fait durer d’autres. Mais l’ensemble me semble bien réussi et riche. Colum McCann nous donne à réfléchir sur la vie, son sens et ses hasards, ses rencontres et ses choix. Excellente lecture en somme.
Les avis de Esmeraldae, Dominique84, d’Amanda et ceux repris par BOB.
Le site de l’auteur ici et une présentation par l’éditeur ici.
Challenge du 2% littéraire 2009 (8/14)
Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Colum McCann, Belfond
Tags: Challenge, Littérature anglophone, Rentrée littéraire 2009 par Lau
5 Comments »