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D’un requiem…

C’est dans le cadre de la Chaîne des livres organisée par Ys que j’ai eu la chance de lire Brown’s requiem de James Ellroy proposé par Cécile. En effet, je voulais lire un roman de cet auteur depuis très longtemps.

James Ellroy nous emporte dans une enquête menée par un détective privé, ancien flic alcoolique, spécialisé en récupération de voitures non payées, Fritz Brown. Et puis, débarque à son bureau un caddy, un peu dérangé, qui lui demande d’enquêter sur sa sœur, Jane, et son protecteur. Le caddy lui propose une belle somme d’argent et il se lance dans l’enquête qui semble fort simple. Mais, ses investigations progressant, les choses ne seront pas si faciles et il sera entrainé dans une aventure aussi folle que dangereuse dans les bas-fonds californiens et le monde des caddies.

J’ai bien aimé ce roman noir malgré quelques lenteurs. James Ellroy nous embarque dans les méandres de la pensée d’un homme mélomane solitaire et malheureux. Il nous montre jusqu’où la misère et le mal de vivre peuvent pousser un être fragile.

Brown’s requiem est le premier roman de James Ellroy. Une première découverte intéressante mais je ne sais pas si j’en lirai d’autres.

Les avis des autres enchaînés : le Bookomaton, Ys, Argantel, Yohan, Emmyne, Blue Grey et de Virginie. Le site de l’auteur.

Brown’s requiem, James Ellroy, Rivages poche, 1988

Livre lu dans le cadre des la Chaîne des livres 2009.

D’un homme…

Il y a 9 ans, j’avais découvert Lydie Salvayre avec un livre qui m’avait marquée et ébranlée, Les Belles âmes. J’avais adoré ce livre à l’humour cynique et noir qui raconte l’histoire d’un groupe de touristes rassemblés dans le cadre d’un voyage organisé dans l’univers de la pauvreté européenne un peu comme on pourrait faire une croisière sur le Nil. Et puis, je n’ai pas suivi ses autres publications bien que je sois toujours intéressée par sa plume. Et voilà que je reçois son dernier roman, BW.
BW n’est pas un roman. BW est une sorte de conversation entre un homme et une femme qui s’aiment, BW est une confession. Lydie Salvayre nous livre de manière assez brute les réflexions et l’histoire de son compagnon, créateur des éditions Verticales. Bernard Wallet, victime d’un décollement de la rétine et obligé de vivre dans le noir, raconte ses voyages, ses rencontres, ses aventures, sa jeunesse, sa passion pour les livres, son aventure éditoriale et sa colère. BW c’est l’histoire d’un homme en colère contre le monde de l’édition, d’un homme qui n’a plus rien à perdre et qui a bien vécu, d’un homme qui quitte sa maison d’édition. BW c’est l’histoire d’un homme qui part, qui voyage, qui vit librement.

BW est une lecture agréable si on aime les voyages, la réflexion du voyage, les livres. Mais BW n’est pas un ouvrage marquant. BW n’est pas aussi fort que Les Belles âmes.

Les avis positifs de GeorgeSand, Pierre Maury et de Mango. Et celui pas du tout positif de Esmeraldae.

Une interview de l’auteure ici.

BW, Lydie Salvayre, Seuil, 2009

Challenge du 2% littéraire 2009 (10/14)

D’un karma…

Joël Schuermans est un jeune écrivain belge, ancien para, qui vient de publier son premier roman, KarmAfrica, chez un petit éditeur belge, Memory Press.
KarmAfrica c’est l’histoire d’un homme dont l’enfant est sur le point de mourir à cause d’une maladie grave, c’est l’histoire d’un homme qui paye ses fautes passées, c’est l’histoire d’un homme qui a été le témoin d’actions et de comportements inacceptables dans un pays où il devait maintenir la paix, c’est l’histoire aussi d’un amour. Le récit alterne en permanence entre présent et passé. Un présent douloureux et incertain et un passé lourd, très lourd. Le narrateur tente d’expliquer la maladie de son fils comme étant un juste retour des choses par rapport à ce qui s’est passé lors de sa mission en Somalie en 1993. Les soldats belges qui étaient envoyés par l’ONU dans ce pays avaient pour mission de maintenir la paix. Mais l’ambiance est tendue et ces hommes ne sont pas formés à gérer ce genre de situation. La tension augmente et la violence est gratuite. Joël Schuermans nous décrit des situations incroyables et dramatiques qui choquent malgré tout. Il témoigne des dérives d’une mission de paix et des conséquences psychologiques irréversibles. Il témoigne aussi de l’amour intense d’un père et d’une mère pour leur enfant. Il nous montre la force de l’amour, la douleur d’être vivant alors que notre enfant est mourant, l’angoisse de la perte.
Bien que le lecteur sente qu’il s’agit d’un premier roman dans le style (descriptions parfois plates, tournures scolaires), il y trouve une véritable force, une étincelle qui captive et fait vibrer, une sincérité énorme qui fait vivre les émotions. Le style n’est certes pas parfait mais c’est un roman touchant, vivant, vécu et vrai. Un roman qui m’a émue. Un roman qui m’a fait penser que finalement il était rare de compatir pour les personnages.

Ce roman a été sélectionné pour le Prix Première, prix organisé par la Première qui récompense un premier roman francophone. L’article de Thierry Bellefroid.

KarmAfrica, Joël Schuermans, Memory Press

Challenge du 2% littéraire 2009 (9/14).

D’une course folle…

Dans son dernier roman, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Colum McCann nous entraine à la découverte d’un New York polyphonique dévasté et en souffrance, d’une ville en mouvement marquée par la prostitution, la drogue, la violence, la solitude, la lutte pour la survie. Colum McCann nous offre l’image d’une Amérique qui se veut forte mais qui a ses failles, notamment symbolisé par le funambule qui traverse les tours jumelles en août 1974 et par l’histoire de chacun de ses personnages. Nous suivons d’abord un prêtre irlandais à la recherche de la foi parmi les prostituées du Bronx et son frère venu le rejoindre. Ensuite, nous entrons dans un autre univers, beaucoup plus cossu et chic, celui de Park Avenue où la mère d’un soldat disparu au Vietnam reçoit d’autres femmes qui souffrent d’une même perte. On rejoint sur la route un couple d’artistes marginaux dont la femme remet sa vie en question. On entre ensuite dans le métro new yorkais à la recherche de tags avec un jeune garçon aux rêves de photographe. On s’envole pour l’autre bout des Etats-Unis pour rejoindre un groupe d’étudiants en informatique. On retourne ensuite à New York pour suivre les destins d’un magistrat blasé, d’une prostituée emprisonnée, d’une infirmière mère-célibataire, d’une femme solitaire dans le Bronx, … Tous ces personnages se rencontrent, se croisent, se heurtent, s’entraident, se questionnent sans se connaître avec pour fil conducteur ce funambule qui hypnotise tout New York.

Les personnages de Colum McCann prennent chacun à leur tour la parole avec leurs mots, leurs expressions et leur vécu. Ils se racontent, évacuent leur souffrance, se livrent entièrement. Ils sont touchants et parfois bouleversants…

Colum McCann nous livre un roman que j’ai trouvé fort touchant, un roman qui marque, un roman riche et dynamique, un roman aussi un peu désespérant. Chaque personnage a son propre style, sa propre manière de penser. L’auteur change de personnage sans nous prévenir, ce qui peut être troublant au départ mais qui dynamise un peu le texte et montre une certaine continuité. Il est vrai que chaque partie n’est pas excellente car on s’investit plus dans certains personnages. Certains nous parlent plus que d’autres. Certains ont une histoire qui nous est plus personnelle. J’ai dévoré certains chapitres et j’en ai fait durer d’autres. Mais l’ensemble me semble bien réussi et riche. Colum McCann nous donne à réfléchir sur la vie, son sens et ses hasards, ses rencontres et ses choix. Excellente lecture en somme.

Les avis de Esmeraldae, Dominique84, d’Amanda et ceux repris par BOB.

Le site de l’auteur ici et une présentation par l’éditeur ici.

Challenge du 2% littéraire 2009 (8/14)

Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Colum McCann, Belfond

D’un swap d’automne…

Voici enfin venu le temps du billet tant attendu sur le magnifique colis que m’a envoyé Bladelor dans le cadre du Swap au long cours automne…

Ne m’attendant pas du tout à trouver un gros paquet à la Poste, je m’y rends avant d’aller chez un ami. Mais voilà que l’employée de poste arrive avec ce paquet et que je n’ai rien pour le transporter aisément. Je suis chargée comme un mulet et je me retrouve à traverser Bruxelles en tram en heure de pointe avec ce gros colis. Le voyage ne fut pas des plus agréables mais j’étais toute excitée à l’idée que je pourrai l’ouvrir cette fois-ci rapidement. Enfin chez mon ami, je me jette sur mon appareil et ouvre le gros paquet sautillant de joie et m’émerveillant du talent de ma swapeuse pour emballer les cadeaux. Bladelor est sans conteste LA reine de l’emballage. Ses colis sont à chaque fois préparés avec un très grand soin et bon goût.

Voici donc les petits paquets :

Et ces petits paquets jaunes contenaient des choses incroyables que je désirais depuis très longtemps…

- La tournée d’automne de Jacques Poulin (je le voulais voulais voulais !)

- Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg (je le voulais aussi et Bladelor l’air de rien m’avait proposé de m’envoyer son exemplaire alors qu’elle l’avait déjà acheté pour moi !)

- De cape et de crocs de Ayroles et Masbou (une BD que Bladelor apprécie beaucoup et que j’avais déjà remarquée… Mais je n’ai pas eu le temps de la feuilleter qu’elle était déjà monopolisée par Coboy !)

Et un livre sur les soupes à préparer en automne. Excellente idée ! Il ne me reste plus qu’à les tester… Mais ce sera dans ma nouvelle cuisine.

Et puis Bladelor ne faisant pas les choses à moitié m’a également envoyé le DVD du film adapté de Beignets de tomates vertes. Je l’ai regardé ce week-end et j’ai adoré.

Et enfin pour combler ma gourmandise, elle m’a envoyé une magnifique boîte contenant des biscuits bretons succulents… Ils sont partis trop vite… Je suis déjà en manque !

Le tout en photo :

Merci Bladelor pour ce colis encore une fois parfait ! Je suis très heureuse !