D’une enfant volée…
La Perrita d’Isabelle Condou c’est l’histoire de deux femmes en Argentine qui attendent le même jour la présence d’une jeune fille à la fête qu’elles organisent chacune en son honneur. En attendant cet événement, l’auteur revient sur la vie de ces deux femmes que tout sépare mais qui sont animées par un sentiment plus ou moins semblable. L’une, Ernestina, est une grand-mère qui a perdu son fils et sa belle-fille le jour de Noël 1977 alors que cette dernière était enceinte. Ses enfants ont été arrêtés par le régime militaire en tant qu’opposants politiques. Elle n’aura plus jamais de nouvelles d’eux. Son mari se laissera périr. Mais elle continuera à espérer, à vivre, à rechercher sa petite fille, son ‘bébé volé’. L’autre, Violetta, est une mère qui n’a pas pu avoir d’enfant et qui a beaucoup souffert de son statut de femme stérile. Femme d’un militaire gradé de la junte, elle obtient de son mari un bébé. Elle se rend dans un centre de détention et choisit la mère qui donnera naissance à son enfant. Cette femme, c’est la Perrita, la belle-fille d’Ernestina. Heureuse d’avoir cette enfant, elle l’élève avec énormément d’amour. Mais lorsque sa fille commence à s’interroger sur son identité, elle ne saura pas comment lui avouer ses origines.
C’est un roman fort que nous livre Isabelle Condou. Un roman sur la souffrance, le manque, la maternité, un roman aussi qui dénonce ces crimes commis par la dictature. Toutefois, elle ne juge pas cette femme qui a commis l’irréparable pour avoir un enfant et qui ne cessera de vivre avec cette douleur. Isabelle Condou nous offre un roman juste qui alterne les voix de ces deux femmes en souffrance qui, en attente de cet événement, font le point sur leur vie.
Un très beau billet de Cuné. Et ceux d’Antigone et de Cathulu. Isabelle Condou présente son roman ici.
La Perrita, Isabelle Condou, Plon, 2009

J’ai l’impression que la maternité est un thème récurrent cette année. C’est un premier roman prometteur que j’ai noté. Quand j’aurai un peu plus de temps, je le lirai. :))
Un vrai coup de coeur, pour moi. Ravie qu’on en parle. Ce titre le mérite !!
@ leiloona : Il est vrai qu’on en parle beaucoup. L’auteure n’en est pas à son premier roman mais il est vrai qu’il faut le noter.
@ Antigone : J’en parle et en plus j’en vends pas mal !