D’un autoportrait…
L’autoportrait bleu de Noémi Lefebvre est un long monologue d’une femme de retour de Berlin qui repense à ce qu’elle a vécu le temps de son séjour, à sa rencontre ratée avec le pianiste dont elle imagine la vie et les attentes, à son éducation, à l’Histoire, … le temps d’un trajet en avion entre Berlin et Paris. L’autoportrait bleu est un texte dense et riche. Un texte particulier qui nécessite une lecture continue comme celle que l’on ferait lors d’un voyage. Un texte qui exige l’attention entière du lecteur car le fil des pensées de la narratrice, désenchantée, n’est pas fluide. Elle revient sur ce qu’elle a dit, sur ce qu’elle aurait dû dire. Elle imagine la vie du pianiste, son talent et ses démons liés à l’Histoire de l’Allemagne et à son passé fasciste qu’il ne peut accepter. Le pianiste est un compositeur contemporain qui recherche une nouvelle musique et qui est fasciné par Schönberg et son Autoportrait bleu.

Noémi Lefebvre livre un premier roman fascinant et enrichissant. Je suis ravie d’avoir fait cette lecture si différente de ce que j’ai l’habitude de lire.
Un entretien avec l’auteure ici.
L’autoportrait bleu, Noémi Lefebvre, Verticales, 2009




