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D’un autoportrait…

L’autoportrait bleu de Noémi Lefebvre est un long monologue d’une femme de retour de Berlin qui repense à ce qu’elle a vécu le temps de son séjour, à sa rencontre ratée avec le pianiste dont elle imagine la vie et les attentes, à son éducation, à l’Histoire, … le temps d’un trajet en avion entre Berlin et Paris. L’autoportrait bleu est un texte dense et riche. Un texte particulier qui nécessite une lecture continue comme celle que l’on ferait lors d’un voyage. Un texte qui exige l’attention entière du lecteur car le fil des pensées de la narratrice, désenchantée, n’est pas fluide. Elle revient sur ce qu’elle a dit, sur ce qu’elle aurait dû dire. Elle imagine la vie du pianiste, son talent et ses démons liés à l’Histoire de l’Allemagne et à son passé fasciste qu’il ne peut accepter. Le pianiste est un compositeur contemporain qui recherche une nouvelle musique et qui est fasciné par Schönberg et son Autoportrait bleu.

Noémi Lefebvre livre un premier roman fascinant et enrichissant. Je suis ravie d’avoir fait cette lecture si différente de ce que j’ai l’habitude de lire.

Un entretien avec l’auteure ici.

L’autoportrait bleu, Noémi Lefebvre, Verticales, 2009

Challenge du 1% littéraire (5/7)

De vies éclatantes…

Grégoire Polet est un écrivain belge dont je ne connaissais qu’un seul titre : Excusez les fautes du copiste. J’ai eu l’opportunité de lire un autre de ses romans et je suis sous le charme de cet auteur et de son livre, Leurs vies éclatantes.

A Paris, le temps d’une semaine du mois de mai entre les préparatifs d’un enterrement et  ceux d’un mariage, le destin d’êtres communs et exceptionnels va s’accélérer et changer. Certains vont voir leurs projets et leurs rêves s’envoler, d’autres vont réaliser leurs rêves, certains encore vont réparer des erreurs passées et d’autres vont connaître l’amour. Les nombreux personnages se croisent sans se connaître, se connaissent sans prendre le temps de s’arrêter, s’aiment et se quittent.

Leurs vies éclatantes est un roman foisonnant, riche et très dynamique. Le lecteur passe d’une situation à une autre sans être perdu car tout est intrinsèquement lié et donc parfaitement construit. Tous ces personnages aux destins en partie liés mais chacun unique nous amènent à une réflexion sur l’amour, l’engagement, le choix, la musique et l’art. Ce roman est riche, ce roman est captivant, ce roman est fort. J’ai vraiment adoré.

Leurs vies éclatantes, Grégoire Polet, Folio, 2009

D’une identité…

La Tangente est le premier roman d’Amina Danton. Et j’aime beaucoup lire les premiers romans car j’y découvre de nouvelles plumes et de nouveaux imaginaires.

La Tangente c’est l’histoire d’une jeune fille pas très jolie et mal dans sa peau qui entretient une correspondance avec un auteur. Un rendez-vous est fixé. La rencontre n’est pas telle qu’elle l’avait espérée. Une nouvelle femme va naître, une femme belle, Génica, qui aura pour seule ambition de retrouver cet auteur et de le conquérir. Génica va voyager, entamer des études de cinéma, vivre une histoire d’amour mais elle restera toujours cette petite fille ronde en souffrance au fond d’elle-même.

Il s’agit donc d’un roman sur la double identité, sur la recherche et l’invention de soi, sur les apparences. Au début, l’histoire de cette jeune femme m’a intéressé mais au fur et à mesure j’ai commencé à m’ennuyer, à la trouver sans intérêt et compliquée. Et puis, j’ai refermé le livre sans avoir compris le but de l’auteure, le message ou l’intérêt. Je n’ai pas compris non plus le personnage et son invention. Je suis restée hermétique à son histoire et à l’écriture. C’est dommage.

La présentation du roman sur le site de l’éditeur Gallimard.

La Tangente, Amina Danton, Gallimard, 2009

Challenge du 1% littéraire 2009 (4/7)

D’un renouveau…

Bella Ciao de Eric Holder c’est l’histoire d’un homme, un écrivain, qui souffre d’alcoolisme et dont la femme ne supporte plus la situation. Il décide d’en finir en se noyant mais échoue et reprend pied sur la plage. Il commence dès lors une nouvelle vie, une vie rude, qui va mettre son corps et son esprit à l’épreuve. Il travaillera dur auprès d’un homme tyrannique tout en continuant à boire dans les cafés, lieux de liberté et de repos. Il supportera les humiliations et les souffrances physiques par l’espoir de pouvoir reconquérir sa femme, de renouer le lien perdu avec ses enfants et de sortir enfin de sa dépendance.

Eric Holder nous offre un très beau roman sur les dégâts familiaux et sociaux causés par l’alcoolisme mais aussi sur la puissance de l’amour qui peut nous sauver. Le texte est court mais intense, juste, sobre et touchant. J’ai eu du mal à entrer dans cette histoire et petit à petit je me suis fait happer par la plume de l’auteur. J’ai été comme envoûtée par le rythme et l’histoire de cet homme en souffrance tellement conscient de son problème mais qui ne peut pas en sortir. Cette thématique ne me semble pas souvent abordée dans la littérature. Eric Holder le fait très bien tout en subtilité et en compréhension.

Deux avis sur le site “Chroniques de la rentrée littéraire”.

Bella Ciao, Eric Holder, Seuil, 2009

Challenge du 1% littéraire.

D’Anna la nuit…

Lors de la présentation du livre par l’éditeur, Anna la nuit de José Alvarez m’avait beaucoup attiré. Le livre était présenté comme une sorte de déclaration d’amour à une femme aimée disparue. L’auteur écrit l’histoire de cette femme qui lasse de la vie et mélancolique s’est donné la mort mais aussi l’histoire de sa relation amoureuse avec cette femme. Il nous la présente comme une femme forte malgré ses souffrances et ses moments de défaillance, il nous parle d’une femme toujours maîtresse d’elle-même, à l’écoute, ouverte au monde et à ses curiosités. Anna est une femme fabuleuse et elle est aimée comme toute femme aimerait être aimée. Malgré ça, ses démons la poursuivent, la blessent et la laissent sans défense. L’auteur nous livre ses sentiments, ses gestes, ses désirs et ses souffrances honnêtement. Il nous raconte les événements tels qu’il les a vécus et choisis qu’ils soient scandaleux, improbables ou difficiles.

José Alvarez nous raconte avec beaucoup d’émotion l’histoire d’une femme solitaire et en souffrance et d’un homme inapte au bonheur. Il nous raconte son amour et nous fait rencontrer quelques personnages célèbres tels Bacon, Helmut Newton, les Beatles, la Callas… Un roman qui nous embarque dans une époque et qui nous imprègne fortement. Cependant, je l’ai trouvé un peu trop long. Si j’ai été touchée dès les premières pages, j’ai commencé à m’essouffler en approchant de la fin car on sent qu’il n’y a plus d’espoir.

Anna la nuit est le premier roman de José Alvarez, qui est le créateur des Editions du Regard et un grand spécialiste en Art du XXe siècle.

Les premières pages sont diponibles ici et une belle critique par Pierre Assouline.

Anna la nuit, José Alvarez, Grasset, 2009

Challenge du 1% littéraire 2009.