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De la peau…

Mo Hayder est une auteure dont j’avais lu énormément de critiques positives à propos de son roman Tokyo que je n’ai pas eu l’occasion de lire. J’ai donc profité de la sortie de son dernier roman, Skin, pour la découvrir.

Skin commence d’une manière assez glauque : le sergent Flea Marley plongeant dans les eaux froides et noires d’une ancienne mine pour retrouver un cadavre et étant victime d’un accident suite à une vision étrange et angoissante. Et puis, il y a aussi le cadavre d’une femme probablement suicidée retrouvé dans les fourrés et la disparition de la femme d’une star de football. Des disparitions suspectes, des suicides mystérieux, des personnages torturés… L’enquête menée par le commissaire Jack Caffery et les problèmes familiaux de Flea vont leur faire découvrir la bassesse et les profondeurs perverses de l’âme humaine.

Skin est un excellent polar mais je m’attendais à quelque chose de mieux. L’atmosphère est lourde, noire et parfois dérangeante mais c’est encore tout à fait acceptable. J’espérais avoir plus peur, être plus dérangée, dégoûtée, secouée, torturée… Skin est un polar qui se lit facilement, qui emporte le lecteur, lui fait ressentir l’évolution de l’enquête et qui crée du suspense. Mais Skin n’est pas horrible (juste un petit peu).

L’action de ce dernier roman se déroule une semaine après la fin de l’enquête menée par les deux héros dans Rituel. Les rappels et clins d’oeil sont assez fréquents même s’il ne me semble pas nécessaire d’avoir lu ce dernier pour comprendre l’enquête.

Skin, Mo Hayder, Presses de la Cité, 2009

Le site de l’auteur ici.

D’une croisière…

La croisière du « Snark » de Jack London est un beau livre que m’a offert Bladelor dans le cadre du « Swap au long cours » et qui m’a permis d’enfin lire ce grand auteur d’aventures. Quand j’étais plus jeune, j’avais essayé plusieurs fois, sans succès, de lire Croc blanc mais je n’avais jamais réussi à passer les premières pages en raison de mon angoisse lorsque les loups encerclent le camp durant la nuit.

Dans La croisière du « Snark », Jack London nous entraîne dans son projet fou de faire le tour du monde en voilier, décision prise sous un coup de tête. Jack London, sa femme et un ami se lancent dans la construction du voilier qui devra les emmener sur les mers du monde. Mais voilà, construire un bateau quand on n’est pas marin n’est pas chose aisée et il y aura une tonne de problèmes. Et puis le voyage du Snark n’ira pas plus loin que l’Australie. Malgré ça, il en aura vécu des choses, connu des mers, vu des paysages… Jack London nous raconte dans les différents chapitres la construction du voilier, la vie à bord, les rencontres sur les différentes îles (notamment avec les lépreux), la navigation, les maladies… C’est un livre foisonnant et riche qui donne envie de partir à l’aventure mais qui aussi fait peur. London vit quelque chose d’extraordinaire et d’intense mais en même temps il met sa vie ainsi que celle des autres en danger.

La préface de Jacques Gamblin est superbe et permet de bien centrer le personnage et ses ambitions. Elle donne envie de faire comme ce héros qui osa partir à l’aventure en ne connaissant rien et qui mit tout en œuvre pour réaliser ses projets. Jack London est un véritable aventurier, un homme admirable et courageux.
Ce livre est passionnant même si parfois j’ai éprouvé quelques longueurs lorsqu’il parlait de navigation (parce que je n’y connais rien). Il crée l’envie de partir, de vivre une aventure et il nous fait croire que c’est possible à condition de se donner les moyens et de réellement le vouloir. L’auteur avait la chance de pouvoir gagner de l’argent avec sa plume.

Un livre à lire si on a soif d’aventures, de mer, de voyage, d’intensité et d’authenticité.  Merci Bladelor.

La croisière du “Snark”, Jack London, Phébus libretto, 1996

D’une semaine…

Et voici un livre que j’ai beaucoup apprécié et que j’ai dévoré : Une semaine avec ma mère de Daniel Sutcliffe.
Une semaine avec ma mère raconte l’histoire de Gillian, Helen et Carol qui débarquent dans la vie de leur fils sans prévenir dans le but de recréer des liens quelque peu distendus entre mère et fils, ce qui ne sera pas vraiment du goût de leur fiston adoré. Elles vont découvrir leur vie qui n’est pas celle qu’elles envisageaient. Elles vont entreprendre de les aider heureusement ou malheureusement, habilement ou maladroitement. Ces mères-poules ne veulent que le bonheur de leur enfant.

Daniel Sutcliffe nous livre une satire délirante et cocasse sur les rapports mère-fils. Il nous entraîne dans des situations drôles, absurdes, incroyables mais aussi touchantes, tendres, douces. Il nous fait réfléchir à nos rapports avec notre mère car on a finalement toujours besoin de sa maman. On se demande aussi comment on réagirait si notre mère débarquait à l’improviste en s’invitant chez nous pour une semaine. J’y ai longuement réfléchi et je crois que je serais vraiment très heureuse (peut-être est-ce dû au fait que je sois une fille et que ma mère est vraiment bien ?).

Enfin, ce livre est un petit bonheur à lire pour se faire plaisir simplement.

La présentation de l’éditeur ici. Et l’avis peu enthousiaste de George.

Une semaine avec ma mère, Daniel Sutcliffe, Clamann-Lévy, 2009. Sortie le 2/09/2009.

De voler…

Voler du moine Jaeyeon est un livre de sagesse et de méditation sur l’existence qui raconte l’histoire d’un caneton d’élevage dont le rêve est de voler comme les canards sauvages. Il a conscience de sa vie et de son sort et il décide de quitter ses compagnons pour découvrir le monde et donc apprendre à voler. Sur son chemin, le petit canard va rencontrer des personnages multiples : un héron philosophe, une grue sage, une chouette, des canards d’étangs, … Chacun va lui apporter quelque chose à sa façon et l’aider dans son chemin de vie. Il va s’attarder auprès canards d’étangs, il va connaître l’amour et la mort.
Ce livre est une réflexion sur les rêves, les aspirations et les tentations que l’on peut avoir. C’est un conte sage qui a pour ambition de nous faire voir la vie autrement. La couverture est très jolie et le livre est illustré de dessins. Malheureusement, ce genre de livres n’a pas beaucoup de succès avec moi. Je me suis un peu ennuyée et je me suis parfois énervée car c’est un peu naïf et rempli de bons sentiments à certains moments. Si vous appréciez la sagesse orientale, ce livre est pour vous.

La présentation de l’éditeur ici.

Voler, Moine Jaeyeon, Picquier, 2009

Du portrait d’une artiste…

Portrait de l’artiste en hors-la-loi de Fiona Capp est un roman qui m’a surprise. Je n’attendais rien de ce livre. Je me disais qu’il serait sûrement agréable à lire mais sans plus. Et puis, finalement, j’ai beaucoup aimé cette histoire.Portrait de l’artiste en hors-la-loi se passe dans le bush australien à la fin du XIXe siècle et raconte l’histoire d’une jeune femme, Jemma Musk, dont les parents sont décédés et qui doit donc faire seule face à la vie. Jemma a un travail de préceptrice qui lui laisse du temps pour peindre. Jemma est une artiste. Elle voit le monde et les événements avec un autre regard qui la rend différente et peut-être même dangereuse. Suite à un incident, elle est remerciée et considérée comme une criminelle par tout le village. De plus, Emma est poursuivie par un agent de police, ancien élève de son père, qui rêve de l’avoir. Et puis, Emma va se marier avec un jeune homme italien ayant immigré en Australie avec tout son troupeau. Elle connaîtra le bonheur et la joie et pourra peindre à volonté. Mais le bonheur n’est jamais éternel et une série d’événements vont l’amener à devenir une hors-la-loi.
Fiona Capp nous livre un récit particulièrement sensible et juste. Elle décrit le milieu bourgeois des petites villes australiennes, l’avidité des chercheurs d’or, la recherche d’Emma par petites touches lumineuses ou sombres pleines d’émotion. Elle nous parle également des enjeux de la peinture à cette époque-là, de la révolution des impressionnistes qui se font connaître à l’autre bout du continent, du travail d’Emma, de sa recherche artistique. Et puis, elle nous parle de la vie, de la complexité des sentiments, de la force de l’amour et des ravages de la jalousie. C’est un roman assez complet, beau et fin.

Portrait de l’artiste en hors-la-loi, Fiona Capp, Actes Sud, 2009

L’avis de Cuné.

De la mer…

Il y a plus d’un mois que j’ai terminé La mer de John Banville dont la belle couverture dans la version poche 10/18 est à l’origine de ma lecture. Malheureusement, je ne sais plus trop que dire de cette lecture si ce n’est que c’est l’histoire d’un homme, un vieil homme, dont la femme vient de mourir qui retourne sur les lieux de ses vacances d’enfant. Il retrouve là tous ses souvenirs et tous les personnages qu’il a connus lors d’un été assez particulier. Les souvenirs de cet homme affluent comme les vagues sur le sable. Ils remontent à la mémoire et le font quitter peu à peu son présent. Mais ils ressurgissent de manière assez décousue : un mot ou une image le plongeant dans l’enfance ou dans sa vie de couple ou dans la maladie de sa femme. Il revient et revit des moments particuliers, les ressent et les envisage sous un autre angle de vue.
C’est une belle lecture que je garde en tête, mais une lecture ardue car il faut se concentrer sur le texte, la structure et la suite des flashes de Max. Une lecture mélancolique et poétique qui évoque l’amour, la perte et la mémoire.

La mer, John Banville, 10/18, 2009

Les avis d’autres lecteurs rassemblés par le Blog-O-Book et celui de elfique.