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De mon âme…

Inés de mon âme d’Isabel Allende m’avait été envoyé par Maijo lors du « Swap éternel féminin » organisé par Anjelica. J’étais très heureuse de recevoir un livre de cette auteure que je désirais découvrir et en plus le sujet me tentait vraiment.

Inés de mon âme est l’histoire d’Inés Suarez, une femme exceptionnelle au destin extraordinaire. Partie de rien et guidée seulement par son indépendance, sa soif de liberté mais aussi par son amour, Inés participera à la conquête du Chili aux côtés de Pedro de Valdivia et construira Santiago du Chili aux côtés de Rodrigo de Quiroga. Elle deviendra une femme influente et respectée. L’histoire d’Inés nous embarque donc dans la grande Histoire de la conquête de l’Amérique du Sud, de la colonisation et de l’Espagne. Inés vit et écrit l’histoire. Elle est un témoin privilégié puisqu’elle est au cœur des événements. Elle nous parle de la barbarie des conquistadores, de l’agilité, de la pugnacité et de la fierté des indiens (mapuche, araucanos,…), de la fourberie, de l’orgueil, des croyances, des guerres, des luttes, des trahisons, de l’envie, de l’obsession pour l’or… Cette Histoire est riche et captivante mais tellement désastreuse et horrible. Inés est fière de leur conquête et de ce qu’ils ont pu construire alors que c’est scandaleux (à mon humble avis).

Ce roman me promettait une lecture exaltante, vibrante et enrichissante. Finalement, après une cinquantaine de pages, j’ai décroché petit à petit. Je me suis indignée, je me suis ennuyée, j’ai à nouveau été captivée pour ensuite y trouver encore des longueurs. Certes, j’ai appris beaucoup de choses car l’auteure nous livre des faits historiques et les protagonistes sont les véritables conquérants de cette terre indomptable. Isabel Allende s’est beaucoup documenté pour construire son roman et elle nous offre même une bibliographie très intéressante si on veut prolonger la découverte. C’est vraiment très instructif mais trop long par moments. Et ces moments m’ont un peu gâché le plaisir de la lecture que je ne regrette cependant pas du tout.
Je tenterai La maison aux esprits qui surpasse tous ses autres livres selon Maijo. Alors, je vais suivre son conseil. En tout cas, ce livre était très bien choisi dans le cadre du Swap vu que le personnage principal était une femme qui racontait son destin hors du commun. Merci Maijo.

Le site de l’auteure ici.

Inés de mon âme, Isabel Allende, Grasset, 2008 (Chili)

D’un train pour Samarcande…

Le train pour Samarcande de Danielle Trussart est un très joli roman québécois malgré une thématique assez difficile : la vieillesse, la mort et la solitude. Blanche, une vieille dame, prépare ses affaires en attendant le train qui l’emmènera de l’autre côté de l’existence.
Blanche vit seule avec ses souvenirs depuis la mort de son fils et de son mari. Elle aime observer ses voisins, les fous du quartier et la nouvelle voisine, la femme aux pinceaux. Blanche tient un registre dans lequel elle catégorise les gens. Et pourtant, elle sent l’imminence de sa mort alors elle se prépare, elle range ses affaires, vide les armoires et les étagères, elle ne fait plus la vaisselle ni le linge, elle jette après emploi. Mais Blanche rêve encore, parle à son mari, lui raconte ses souvenirs, cherche la route de Samarcande car elle a toujours aimé aller au bout des routes, recherche la compagnie rassurante de ses livres préférés. (Son préféré étant Au bonheur des dames de Zola).
Malgré ce sujet assez triste, ce livre nous raconte la vie, la vie malgré tout et plus forte que tout. Blanche, quelque peu nostalgique et solitaire, vit ce moment naturellement et avec humour. Elle se prépare car la mort fait partie de la vie et autant ne pas être prise au dépourvu cette fois. Aussi, la mort a fait partie de sa vie avec la mort accidentelle de son fils et puis la lente disparition de son mari qui ne s’en est pas remis. Blanche a vécu avec ses morts et les a encore faits vivre avec elle. Blanche reste curieuse et à l’écoute des autres. Jusqu’au dernier moment, elle s’émerveille du quotidien.
Danielle Trussart nous offre donc avec Le train pour Samarcande un livre profond, intimiste, plein de vie et d’humanité. Et puis, petite anecdote, l’action se déroule à Baie-saint-Paul, ville où je suis restée bloquée pendant mon séjour au Québec en raison d’une tempête et de routes impraticables. J’ai donc pu m’imaginer les lieux (uniquement sous la neige). Un roman émouvant à découvrir.

Quelques avis de lecteurs : Catherine, Phil, Jules, Venise et les billets de La Recrue.

Le train pour Samarcande, Danielle Trussart, vlb éditeurs, 2008

D’un rapport…

Philippe Claudel est un auteur que je voyais un peu partout et à propos duquel j’entendais beaucoup de bien mais que je n’avais jamais lu. La sortie en poche de Le rapport de Brodeck m’a incitée à enfin lire cet auteur tant apprécié.


Le rapport de Brodeck est un livre émouvant et fort qui nous embarque dans l’histoire de cet homme Brodeck à qui incombe la lourde de tâche de raconter l’événement terrible qui s’est passé au village un soir de folie car Brodeck est l’homme le plus cultivé du village. Brodeck écrira son rapport mais il ne se limitera pas à la simple explication des faits, il écrira aussi sa vie tourmentée.  Brodeck a vécu et vit des moments extrêmement noirs, durs et violents. Le village n’est pas tendre, n’est ni tolérant ni ouvert. La nouveauté, la différence, l’excentricité, l’art dérangent les esprits. La peur et l’instinct de conservation amènent les hommes à commettre des actes irréparables et inadmissibles… L’étranger, un homme cultivé, un artiste original, en fera les frais. La vie dans ce village est sombre, routinière et sans avenir. Brodeck et sa femme ont souffert et souffrent encore de la mesquinerie et de la bassesse de leurs voisins, de leur violence et de leur bêtise. Brodeck veut livrer la vérité sans fioritures mais la vérité n’est pas toujours bonne à dire surtout dans ces villages où les secrets et les non-dits sont les maîtres du jeu.
Philippe Claudel nous livre ici un roman noir, dur et frappant. Il nous offre une vision abjecte des hommes car ce qui se passe dans ce village est universel et intemporel. Philippe Claudel nous marque, nous touche au plus profond de nous et nous fait ressentir l’horreur et l’incompréhension. On aurait même presque peur de s’installer dans un village reculé. Et pourtant, les paysages qu’il nous décrit sont magnifiques.
Je suis très heureuse de ma rencontre avec l’auteur et son livre. Je ne tarderai pas à en lire d’autres.

Les avis de la blogosphère repris ici.

Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel, Le Livre de Poche, 2009

De vacances avec Mélie…

A Mélie, sans mélo de Barbara Constantine est un livre qui fait chaud au cœur. Mélie est une grand-mère de 72 ans épatante qui va faire en sorte que les vacances de sa petite fille Clara soient inoubliables et peu importe les ennuis de santé qui la guettent. Mélie est encore dynamique et émerveillée par la vie. Elle essaye de créer des souvenirs drôles et puissants à sa petite Clara. Elle s’occupe aussi de son vieil ami Marcel, ancien mécanicien bougon au grand cœur… Et puis, il y a tous les autres personnages qui entourent Clara et Mélie : Fanette sa mère, Bello son parrain et sa bande de filleuls, Antoine son amoureux, … Tout ce petit monde est entrainé dans l’entourage bienfaisant de Mélie. Et puis, Mélie va aussi rencontrer la grand Amour…
Barbara Constantine nous offre un joli roman de vie et d’espoir. Les personnages sont touchants et attachants. Les situations sont souvent pleines de tendresse et d’humour. Elles réveillent en nous des souvenirs d’enfance. On se sent bien avec Mélie, on a envie de rejoindre toute sa troupe… Mélie est généreuse, incroyable et pleine de vie… Et puis dans ce livre, on sent l’amour et la joie.
J’ai beaucoup aimé ce roman car il me rappelle les vacances chez mes grands-parents, il me rappelle les bons moments passés en leur compagnie (les parties de pêche, les potions magiques, les baignades,…) et puis il m’a fait me sentir bien, joyeuse et légère.

Les avis de Clarabel, Sophie, Le Bibliomane, Katell, Fashion et de Cathulu.

Une interview de l’auteure par Michel Field.

A Mélie, sans méli, Barbara Constantine, Calmann-Lévy, 2008

D’une peur…

Vincent Engel nous offre avec La peur du paradis un bon roman se déroulant dans le sud de l’Italie, dans les Pouilles, là où les villages sont quasiment coupés du monde et ignorent ce qui se passe dans leur pays.`


La peur du paradis c’est l’histoire de deux jeunes adolescents particuliers, Basilio et Lucia, qui se sont jurés fidélité mais qui suite à la mort de leur mentor et à leur acte de dévotion vont être entraînés dans l’Histoire de cette Italie des années 20 qui voit apparaître les chemises noires du fascisme de Mussolini. Ces deux jeunes enfants innocents seront happés par la tourmente du siècle sans comprendre ce qui leur arrive. Ils ne cesseront de se chercher et de s’attendre mais le destin ne leur permettra pas d’être réunis. La peur du paradis est un roman émouvant car Vincent Engel nous transmet les émotions des héros, leurs peurs, leurs doutes, leurs erreurs, leurs attentes, leur amour mais c’est également un roman intéressant car l’auteur dresse un portrait sans concession des membres du parti fasciste, de leurs actions violentes à leur mesquinerie.


La peur du paradis est le premier roman de Vincent Engel que je lis et je serais bien tentée de lire les suivants car on passe vraiment un bon moment de lecture.

Le blog de l’auteur ici.

La peur du paradis, Vincent Engel, JC Lattès, 2009

De l’amant…

Dans le cadre de la Chaîne des livres organisée par Ys, j’ai eu la chance de lire L’amant de Marguerite Duras. J’ai toujours voulu lire ce livre mais j’avais un peu été refroidie dans mon envie lorsque j’ai lu Moderato Cantabile. Je n’avais pas du tout été sensible au texte et à l’écriture, j’étais restée tout à fait extérieure et hermétique. Et voilà que L’amant arrive et que je me plonge dedans en ayant une petite appréhension. Et puis, j’ai découvert un texte magnifique à l’écriture dynamique, percutante, efficace et claire. J’ai été happée par le texte et par l’histoire que je connaissais déjà vu que j’avais vu le magnifique film réalisé par Jean-Jacques Annaud en 1992. Bien que je connusses la relation de cette jeune adolescente avec un homme plus âgé qu’elle, les rapports difficiles avec sa mère, les relations avec ses frères, je ne pouvais plus lâcher le livre. J’ai été comme envoûtée. Marguerite Duras décrit si bien les lieux, les personnages, leur caractère et leurs émotions par petite touche sobre sans s’appesantir tout en étant incroyablement complète. Elle nous confie à nous lecteurs son adolescence sans pudeur mais en retenue. C’est beau.
L’amant est un livre magnifique. Un classique qu’il faut avoir lu.

Les avis de Virginie, Yohan, Argantel, Emmyne, Ys et de Bluegrey qui fait circuler le livre.

L’amant, Marguerite Duras, Editions de Minuit, 1984

Swap été…

Et voici le deuxième envoie du Swap au long cours organisé par Bladelor : le swap été…

J’ai encore une fois été très gâtée par Bladelor qui met toujours beaucoup de soin à emballer les paquets. C’était encore une fois magnifique.

Bladelor m’a conviée à un voyage en mer…Voici donc ce qui se trouvait dans le fameux colis :

Côté lectures : La croisière du “Snark” de Jack London (que je suis en train de lire pour le moment et que j’adore), Les locataires de l’été de Charles Simmons (que je ne connais mais qui me semble bien intéressant), un bd Trois éclats blancs de Bruno Le Floc’h et puis un petit album tout mignon pour compléter ma collection Le Moustique et l’hippopotame de Pittau et Gervais.

Côté ludique : une super boîte pour apprendre à faire des noeuds. Très bonne idée car je n’ai jamais su faire de noeuds… Je vais m’y essayer lors de mon prochain long trajet en voiture…

Côté écriture : un magnifique livre d’écritures aux couleurs de la mer (avec de superbes photographies ainsi que des aquarelles) et du papier à lettres avec enveloppes assorties illustré par les phares du bout du monde. Du papier qui donne envie de s’évader et donne aussi un peu de fraîcheur.

Et puis pour finir du côté gourmand : des petits oeufs en chocolat appelé “Oeufs de mouette” et des boîtes de conserve de produits marins qui ont l’air super bonnes et que je garde pour impressionner mes futurs invités ( Rillettes de thon, de maquereau, crème de saumon, mousse de homard, …)

Merci Bladelor pour ce magnifique colis qui sent bon la mer, qui donne envie de venir chez toi (parce que en plus de tout ça, Bladelor m’a envoyé un aimant représentant son village), de s’envoler et de s’évader. J’aimerais voler au bord de mer…

D’une affaire…

C’est grâce à Fashion et Karine et à leur enthousiasme que j’ai découvert Jasper Fforde. Et  je dois dire que c’est un véritable plaisir car Jasper Fforde nous emmène dans un monde qu’un lecteur assidu affectionne particulièrement mais en plus de ça il le fait avec humour. J’ai donc commencé par le premier volume des aventures de Thursday Next, agent littéraire, L’affaire Jane Eyre.


Dans ce premier volume, on fait la connaissance de l’agent Thursday Next et de son dodo ainsi que du terrible Achéron Hadès. On découvre aussi un autre monde, un monde où la littérature est une chose extrêmement importante, où le temps peut s’arrêter, où il y a une guerre qui s’éternise pour rien, où il y a de vrais vampires, où il y a des agents pour tout… C’est un monde assez étrange. On a l’impression de reconnaître certains traits, de se sentir en territoire connu et puis d’un coup on est ramené à cette réalité. C’est drôlement bien fait cette Angleterre uchronique.
L’affaire Jane Eyre est une affaire terriblement exigeante qui, si elle n’est pas menée à bien, risque d’altérer un des plus beaux textes de la littérature classique. Achéron Hadès, incarnation du mal, aime faire le mal pour la beauté du geste. Il a décidé d’entrer dans le texte de Charlotte Brontë pour le détruire. Pour ce faire, il kidnappe l’oncle de Thursday qui a inventé le « Portail de la prose » qui permet de rentrer dans n’importe quel texte. Thursday est d’abord engagée pour poursuivre Achéron car elle est la seule à pouvoir le sentir mais surtout la seule à pouvoir lui résister. Ensuite, suite à une malheureuse rencontre avec son ennemi, Thursday doit quitter son poste et retourner dans sa ville natale où elle va continuer à poursuivre Hadès et où elle risquera à plusieurs reprises sa vie pour sauver la littérature. Et puis, il n’y pas que l’enquête qui compte, il y a aussi la vie amoureuse de Thursday… Une Thursday indécise et rancunière mais aussi amoureuse.


Ce roman est drôle, amusant, dépaysant et intéressant. Car les aventures de Thursday sont assez loufoques, le monde de Jasper Fforde est original et bien pensé et puis il y a de nombreux jeux de mots, certains même hilarants. J’aimerais avoir un “Portail de la prose” pour pouvoir rencontrer les héros de mes livres préférés. Et puis, je veux aussi un dodo. C’est excellent comme animal domestique.

Enfin, L’affaire Jane Eyre est aussi une bonne réflexion et une bonne critique sur la société, la politique, le pouvoir et l’absurdité de la guerre. C’est un livre drôle qui fait réfléchir et qui change un peu de tout ce que je lis pour le moment. Je rapprocherais Jasper Fforde de Terry Pratchett, un auteur de fantasy drôle qui porte également un regard acerbe sur la société via son disque monde. Ce qui est encore mieux chez Fforde, c’est que c’est un monde où la littérature a beaucoup d’importance et donc un monde qui ne peut que plaire à tous grands lecteurs…

L’affaire Jane Eyre, Jasper Fforde, 10/18, 2005

D’un chasseur de têtes traqué…

Chasseurs de têtes de Jo Nesbø est un excellent policier. Je connaissais le nom de l’auteur mais n’avais jamais envisagé le lire. Et c’est grâce à l’opération Masse critique de Babelio que je me suis plongée dans son dernier roman.

Chasseurs de têtes raconte l’histoire d’un chasseur de têtes prétentieux pris à son propre jeu. Roger Brown pense être le meilleur chasseur de têtes de toute la Norvège et il mène les candidats et les DRH comme il l’entend. Mais Roger Brown vit au-dessus de ses moyens : grande maison et galerie d’art de sa femme, trop belle, à faire tourner en perte. Pour s’en sortir, Roger se voit contraint de voler des oeuvres d’art. Alors que sa femme lui présente le candidat idéal pour le poste de directeur général d’une société norvégienne qui lui permettra d’être à l’abri financièrement, elle l’entraîne sans s’en douter dans une histoire assez sordide et qui risque de lui coûter la vie. Car, malgré tout, il y a plus fort que Roger Brown. D’une chasse de têtes on passe à une véritable chasse à l’homme.

Cette histoire est excellement bien ficelée et traitée avec un certain cynisme. On croit à tous les événements qui lui arrivent, on essaye de le suivre dans ses réflexions, on ne le comprend pas toujours, on reste scotché au livre et on est surpris par la fin. Je ne suis pas spécialiste des romans policiers mais j’ai beaucoup aimé celui-ci qui m’a fait passer un excellent moment, qui m’a intriguée et qui m’a surprise. Je pense que je suivrai cet auteur et j’ai bien envie d’en lire d’autres.

Les avis d’Emeraude, de Keisha, de JeanJean et de Jerome.

Merci donc à Babelio et à Gallimard pour cette bonne lecture.