De Marguerite, de Françoise et d’elle…
Quand j’ai vu arriver Marguerite, Françoise et moi à la librairie avec sa couverture provocante, ce titre alléchant et sa quatrième de couverture encore plus alléchante, j’ai tout de suite voulu le lire.
‘Il y a longtemps j’étais nécrivain. Je ne m’en vante pas, mais c’est vrai. Même mon éditeur… Ah, déjà ça ne va pas, ce ‘mon éditeur’, ce possessif sans partage. Ça vous a des airs de pimbêche prétentieuse. Mon éditeur. Pas le vôtre, ni celui de Tartempion, le mien, et, accessoirement, de quelques autres… certains ma foi des plus remarquables. Tenez, prenez Françoise Sagan, eh bien voilà quelqu’un de mondialement connu qui a été publié par mon éditeur. Vous voyez ?’
Drôle, féroce, Danièle Saint-Bois n’a pas sa langue dans sa poche. Avec un humour décapant, elle décrit la traversée du désert d’une femme écrivain amenée à travailler comme vendeuse dans une boulangerie. Pamphlet contre les inégalités, le cynisme des puissants et la bêtise galopante, Marguerite, Françoise et moi est aussi un hommage à la lecture – seule planche de salut dans ce monde cruel -, un manuel de survie par temps de crise et un puissant antidote contre la morosité.
Voilà tout est dit dans cette quatrième de couverture qui ne pouvait que me pousser à lire ce roman. Danièle Saint-Bois a une écriture mordante, féroce et acide. Son style n’est pas traditionnel du tout : il est oral et incisif. Il capte le lecteur, le touche, le fait rire et se scandaliser. C’est assez particulier.
Ce livre parle de la douleur, du désenchantement, de l’amour et de l’amitié, de l’impuissance. Mais aussi de ce que la lecture peut nous apporter quand on n’a plus goût à rien. Ici, c’est Françoise Sagan qui va sortir cette femme de sa déprime. Elle va lui redonner le goût de lire, de découvrir des textes. C’est aussi l’histoire d’une femme écrivain dont les livres ne se vendent presque pas, qui a perdu l’envie d’écrire mais à qui une seconde chance est offerte par l’éternelle Marguerite Yourcenar. Et puis, Marguerite, Françoise et moi est aussi un livre engagé par rapport au climat politique et culturel ambiant, aux valeurs qui sont véhiculées aujourd’hui, à l’aveuglement des citoyens, …
J’ai beaucoup aimé cette lecture au début mais vers la fin j’ai trouvé que le rythme se ralentissait, que l’auteur s’enlisait. Dommage. En tout cas, une super découverte. Il ne me reste plus qu’à lire Sagan maintenant.
Le site de l’éditeur où vous pouvez voir l’auteur parler de son livre.
Marguerite, Françoise et moi, Danièle Saint-Bois

Écriture mordante et acide, c’est bien trouvé… Moi, c’est la couverture décalée qui m’a vraiment donné envie d’ouvrir ce livre, elle donne le ton, et je n’ai pas été déçue !
@ Sylvie : La couverture m’a également interpelée. C’est pour ça que j’ai lu la quatrième de couverture d’ailleurs. Et il est vrai qu’elle est juste dans le ton du livre.
Je partage ton avis sur la fin du roman, il m’est même tombé des mains et je ne l’ai jamais terminé. Je trouve que le bouquin aurait pu fondre de moitié à la pré-édition, voire devenir une excellente nouvelle. Je m’y suis un peu amusé et beaucoup ennuyé et ce malgré, effectivement, une belle couverture, un 4e de couverture bien écrit et un début intéressant.