Entries Tagged as ''

D’un compagnon de voyage…

Le compagnon de voyage de Curzio Malaparte est un roman inédit commencé en 1946 et achevé en 1956. Ce court récit est le symbole de la débâcle italienne en septembre 1943 alors que les Alliés débarquent dans le Sud en Calabre qui conduira à l’armistice le 8 septembre, symbole d’un pays qui n’a plus de lois, d’un chaos.
Le compagnon de voyage c’est l’histoire du soldat Calusia, l’ordonnance du lieutenant, qui survit au combat alors que tous sont morts et qui reçoit comme dernière mission de son lieutenant celle de ramener son corps dans sa famille à Naples. Ce détachement de soldats était isolé et seul face aux Alliés. Ils n’avaient aucune chance de s’en sortir mais ils ont combattu pour la dignité de leur pays. Calusia se relève de la bataille et décide d’accomplir sa dernière mission. C’est l’occasion pour l’auteur de nous faire parcourir les routes de cette Italie défaite et sans repères et rencontrer des soldats alliés, des gens perdus qui tentent de rentrer chez eux, des voleurs, des maquerelles… C’est également l’occasion pour l’auteur de nous montrer la fragilité et l’instabilité du pays. Calusia est un homme digne et intègre qui aide son prochain et n’admet pas les injustices trop fréquentes qu’il rencontre sur son chemin. Par ce texte, Malaparte dénonce son pays et les voleurs qui le dirigent. Mais il montre aussi la générosité et le courage du peuple italien, de ce peuple qui n’a plus rien et pour qui tout est à reconstruire.
Le compagnon de voyage est un texte en mouvement, un texte qui progresse, qui bouge au rythme des déplacements de ces gens ballotés sur les routes où défilent les convois militaires. On lit le texte comme on regarderait un film sur cette période. C’est fascinant.
J’ai trouvé ce texte très poétique, très beau et très juste. Un inédit de Malaparte à lire sans délai.

Le compagnon de voyage, Curzio Malaparte, Quai Voltaire, 2009

De l’Odyssée de Pénélope…

Margaret Atwood est une auteure que je voulais découvrir depuis longtemps mais je n’avais jamais pris la peine de me procurer un de ses livres. Grâce à la Chaîne des Livres et à Argantel, j’ai pu lire L’odyssée de Pénélope et donc réalisé ce souhait.

L’Odyssée de Pénélope raconte l’histoire de Pénélope : son enfance, sa cousine Hélène, son mariage, la longue attente d’Ulysse et puis enfin son retour. Enfin, c’est Pénélope qui raconte son histoire depuis sa demeure d’outre-tombe. Car les âmes sont immortelles et elles peuvent encore nous raconter leur vie. Ce point de vue est tout à fat original car c’est la première fois que je lis les aventures de Pénélope. La seule chose que je savais d’elle est sa fidélité envers Ulysse et sa ruse pour refuser tout prétendant. Pénélope nous est présentée comme une femme intelligente et rusée qui ne reçoit pas beaucoup d’affection et qui pleure beaucoup. Toutefois, Pénélope est une femme forte et le couple que forment Ulysse et Pénélope est complice et soudé. Pénélope est humaine et n’est pas seulement le symbole de la fidélité. Elle vit, elle a des sentiments, de joies, des peines, des rancoeurs, des peurs et des moments de dépit face à son fils.

A la manière des récits grecs, le récit de Pénélope est entrecoupé par le choeur des servantes qui offre un autre image de Pénélope. Pénélope nous mentirait-elle sur sa vertu et sa fidélité ?

J’ai aimé me replonger dans la mythologie, dans l’histoire grecque. J’avais l’impression de remonter des années en arrière lorsque j’étudiais le grec et traduisais des passages de L’Odyssée de Homère et que je lisais beaucoup de pièces d’auteurs grecs. J’étais heureuse de pouvoir replacer tout ce que j’avais appris et comprendre l’histoire.

Les avis de Argantel, Emmyne, Yohan, Virginie, Ys, Lune de pluie, Fashion et Yueyin.

L’odyssée de Pénélope, Margaret Atwood, Flammarion

De Marguerite, de Françoise et d’elle…

Quand j’ai vu arriver Marguerite, Françoise et moi à la librairie avec sa couverture provocante, ce titre alléchant et sa quatrième de couverture encore plus alléchante, j’ai tout de suite voulu le lire.

‘Il y a longtemps j’étais nécrivain. Je ne m’en vante pas, mais c’est vrai. Même mon éditeur… Ah, déjà ça ne va pas, ce ‘mon éditeur’, ce possessif sans partage. Ça vous a des airs de pimbêche prétentieuse. Mon éditeur. Pas le vôtre, ni celui de Tartempion, le mien, et, accessoirement, de quelques autres… certains ma foi des plus remarquables. Tenez, prenez Françoise Sagan, eh bien voilà quelqu’un de mondialement connu qui a été publié par mon éditeur. Vous voyez ?’

Drôle, féroce, Danièle Saint-Bois n’a pas sa langue dans sa poche. Avec un humour décapant, elle décrit la traversée du désert d’une femme écrivain amenée à travailler comme vendeuse dans une boulangerie. Pamphlet contre les inégalités, le cynisme des puissants et la bêtise galopante, Marguerite, Françoise et moi est aussi un hommage à la lecture – seule planche de salut dans ce monde cruel -, un manuel de survie par temps de crise et un puissant antidote contre la morosité.

Voilà tout est dit dans cette quatrième de couverture qui ne pouvait que me pousser à lire ce roman. Danièle Saint-Bois a une écriture mordante, féroce et acide. Son style n’est pas traditionnel du tout : il est oral et incisif. Il capte le lecteur, le touche, le fait rire et se scandaliser. C’est assez particulier.

Ce livre parle de la douleur, du désenchantement, de l’amour et de l’amitié, de l’impuissance. Mais aussi de ce que la lecture peut nous apporter quand on n’a plus goût à rien. Ici, c’est Françoise Sagan qui va sortir cette femme de sa déprime. Elle va lui redonner le goût de lire, de découvrir des textes. C’est aussi l’histoire d’une femme écrivain dont les livres ne se vendent presque pas, qui a perdu l’envie d’écrire mais à qui une seconde chance est offerte par l’éternelle Marguerite Yourcenar. Et puis, Marguerite, Françoise et moi est aussi un livre engagé par rapport au climat politique et culturel ambiant, aux valeurs qui sont véhiculées aujourd’hui, à l’aveuglement des citoyens, …

J’ai beaucoup aimé cette lecture au début mais vers la fin j’ai trouvé que le rythme se ralentissait, que l’auteur s’enlisait. Dommage. En tout cas, une super découverte. Il ne me reste plus qu’à lire Sagan maintenant.

Le site de l’éditeur où vous pouvez voir l’auteur parler de son livre.

Marguerite, Françoise et moi, Danièle Saint-Bois

Conférence avec Henri de Gerlache…

au Cook and Book ce jeudi 21 mai à partir de 19h30 pour nous présenter son livre L’Antarctique en héritage.

Dans ce magnifique livre, Henri de Gerlache retrace la formidable aventure familiale en Antarctique qui aura un rôle important pour assurer la présence belge sur les terres du grand Sud. L’auteur nous invite d’abord à un entretien avec son grand-père Gaston de Gerlache qui fut le chef de l’expédition de 1957  lors de la création de la Base roi Baudouin. Ensuite, il nous dévoile l’aventure de son arrière-grand-père Adrien de Gerlache qui organisa en 1877 la première expédition vers l’Antarctique à bord de la Belgica en compagnie de futurs grands noms tels que Amundsen ou Frederik Cook. Le témoignage est passionnant, vivant et enivrant. Le texte est accompagné de nombreuses photos et documents de l’époque ainsi que d’un DVD reprenant le documentaire réalisé par l’auteur.

Lors de la conférence, Henri de Gerlache nous parlera de l’incroyable et passionnante histoire de sa famille dont le nom est désormais symbole d’aventure, d’exploit et d’exploration.

L’entrée à la conférence est gratuite. Un verre vous sera offert et nous vous réservons une petite surprise. Inscription recommandée au 02/761.26.00 ou par mail à laurence@cookandbook.be.

L’Antarctique en héritage, Henri de Gerlache, Nevicata, 2009

Du subjonctif…

J’aime beaucoup les romans d’Erik Orsenna. J’avais dévoré La grammaire est une chanson douce et adoré Dernières nouvelles des oiseaux. Et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé l’auteur avec Les chevaliers du subjonctif. J’ai lu ce livre avec joie et j’ai aimé retrouver ses explications sur la langue ainsi que Jeanne la curieuse et Thomas le mystérieux, les deux héros de La grammaire est une chanson douce. Jeanne s’interroge sur l’amour et Thomas s’enfuit sur l’île des subjonctifs. Nous rencontrons également de nouveaux personnages hauts en couleur dont deux anciens jockeys reconvertis l’un en cartographe l’autre en pilote de planeur. Le cartographe engage Jeanne pour qu’elle soit ses yeux et tous les trois ils embarquent dans le planeur. J’ai beaucoup aimé les passages où il était question de vol, d’ascendances, de sensations.

Erik Orsenna nous offre une vision poétique et animée de la langue et ici du subjonctif en particulier. Les subjonctifs sont des rêveurs ou des commandeurs qui peuvent mettre à mal un état totalitaire. Les subjonctifs ouvrent les possibilités et élargissent les ambitions. Avec eux, tout est possible. Les subjonctifs habitent sur une île sur laquelle on ne retrouve que des insoumis, des rêveurs, des rebelles. Et puis le planeur est le symbole du vol libre qui est subjonctif. C’est le rêve de quelques hommes de voler, d’aller là où il n’est pas permis d’aller. Les pilotes sont donc des subjonctifs. Et j’aime beaucoup cette idée d’être subjonctif.

Erik Orsenna nous fait aimer le langage et la grammaire. Et le livre est très beau, même en format poche, car il y de magnifiques illustrations. Monsieur Orsenna, merci pour vos textes poétiques qui nous font voir la vie et le verbe autrement

Les chevaliers du subjonctif, Erik Orsenna, Le livre de poche

P.S. : Mon exemplaire est accompagné d’un dessin du clarinettiste du groupe Debout sur le zinc.

Des confins…

Il y a quelques temps, je m’étais inscrite au “Swap aux Confins” organisé par le Bookomaton et par Sarawasti. Ce swap original m’a permis de découvrir des blogs que je ne connaissais pas encore mais aussi de m’évader aux confins en préparant mon colis pour Lael mais aussi en ouvrant le magnifique et immense colis que m’avait préparé le Bookomaton.

J’ai failli ne jamais recevoir le colis car le postier ne m’avait laissé aucun avis de passage. Ma swappeuse s’inquiétant de ne pas recevoir de confirmation de réception de ma part m’a suggéré d’aller faire un tour à la poste et heureusement car le colis y était depuis une semaine déjà. Et puis, après la poste le matin j’ai dû attendre le soir pour pouvoir l’ouvrir. Mais quel plaisir à l’ouverture.

Une multitude de paquets aux noms très poétiques et très aux confins m’attendaient.

Et là c’est magique et plein d’humour. J’ai vraiment adoré déballer tous les paquets et j’ai même bien ri.

Voici le contenu du colis :

- Un gloss au miel qui sent bon

- De l’encens aux senteurs de l’océan

- Du savon qui sent trop bon

- Et puis un cd qui m’emporte au ciel

- Un dvd qui m’emmène suivre le peuple migrateur

- Des bonbons faits maison

- De véritables nuages moelleux (des marshmallows hmmmmm)

- Des petites barres de nuages encore (des milky way)

- De la marmelade de banane plantain (pas encore goûté mais ce doit être très original et exotique)

- Du thé des Anges (tout aussi bon)

- Un verre et une assiette colibri (comme ça je suis équipée pour le camping et véritable coup de foudre :-))

Et puis côté livres, le Bookomaton comble un trou dans ma culture en m’offrant deux romans Harlequin aux titres très évocateurs : Tout au bout de l’arc-en-ciel et Au portail de la lune de Anne Weale. J’attendrai d’être en vacances pour essayer de les lire. On verra, peut-être que je deviendra accroc à cette collection. En tout cas, j’ai vraiment bien ri en ouvrant ces deux paquets. À côté de ces deux livres hautement culturels, le Bookomaton a ajouté trois très bons livres : La théorie des nuages de Stéphane Audeguy, Mr Vertigo de Paul Auster et Le secret Copernic de Jean-Pierre Luminet. J’ai bien hâte de les lire.

Et puis, par après j’ai encore trouvé un petit marque-page si juste.

Une vue d’ensemble de ce gros colis largement inspiré je crois par mon goût pour le parapente et le vol libre

Un énorme merci au Bookomaton. C’est génial comme colis.

-

D’un motel…

Et je te demanderai la mer de Stéfani Meunier est le genre de roman qui réconforte quand on voit la vie en noir et qu’on croit qu’il n’y a plus d’espoir.

C’est l’histoire de Dan qui achète un motel à rénover au nord de Montréal pour prendre ses distances avec son passé et de Sarah et Léo, son fils, qui débarquent un soir dans le motel et s’y installent quelques mois. Dan s’est séparé de sa femme avec qui il ne partageait plus rien. Il nous raconte leur séparation et sa douleur. Sarah est alcoolique et brisée par la vie et Léo un jeune garçon triste et grave. Entre Dan et Léo se crée un lien, une amitié forte, une complicité. Ils sont l’un pour l’autre un secours pour retrouver goût à la vie. Dan redonne confiance à Léo et Léo rappelle à Dan l’absence de son fils et qu’il doit reprendre contact avec lui. Et puis, il y a Sarah qui essaye de sortir de l’alcool, il y a Rachel, l’ex-femme de Dan, qui ne sait pas comment s’y prendre avec son fils et qui explique ses angoisses, il y a le mari de Sarah au passé trouble… Ce roman présente une galerie de personnages écorchés qui par l’affection et la chaleur qu’ils se donnent les uns aux autres arrivent à créer une grande famille et à retrouver le bonheur et la joie de vivre.

J’ai bien aimé ce roman écrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Stéfani Meunier nous présente une situation banale comme en vivent de nombreuses personnes aujourd’hui en ajoutant toutefois une pointe de mystère. Mais je n’ai pas réussi à vraiment accrocher car il y avait trop de bons sentiments, quelques clichés et un happy end final ouvrant les portes à un avenir radieux plein d’espoir et de joie de vivre. Et je te demanderai la mer est un roman doudou qui fait chaud au cœur mais qui manque un peu d’originalité.

Et je te demanderai la mer, Stéfani Meunier, Boréal, 2009

De disparitions…

1983 de David Peace est mon premier vrai roman policier et peut-être n’ai-je pas choisi judicieusement ce livre parce que je n’ai pas compris grand chose et parce qu’il ne m’a pas plu.
En policier, je n’avais lu que Agatha Christie. J’adore l’univers qu’elle crée et la façon dont elle mène l’intrigue. Ses romans sont assez traditionnels et accessibles. Ils sont même captivants.
Par contre, David Peace est d’une autre catégorie, d’un autre univers. Son écriture est saccadée, elliptique, violente. Il frappe et laisse les choses planer comme des ombres. Son écriture est angoissante. Et puis, la construction du roman est originale et complexe. C’est une histoire à trois voix : le Je (l’inspecteur), le Tu (l’avocat) et le Il (le bandit). L’auteur alterne constamment les trois voix, les trois histoires, les trois douleurs. Dans ce roman, on comprend la violence qui règne partout, on sent le malaise intense, on vit la tension. L’atmosphère est noire et lourde. Une enfant a disparu, ce n’est pas la première. Un innocent est en prison. Un pauvre type en cavale fuit la mort. Un autre décède lors d’un interrogatoire. Mais finalement, l’enquête n’est pas résolue ou peut-être qu’elle l’est mais que je n’ai pas compris. Il n’y a pas de coupable juste un trouble, un questionnement, une interrogation.
Je n’ai pas réussi à entrer dans le roman malgré toutes les qualités formelles. Peut-être que je n’ai pas compris ni adhéré parce qu’il s’agit d’une tétralogie et que 1983 en est le dernier volume. J’étais tentée par le titre. Mal m’en a pris. Je vais essayer d’autres incursions dans le monde du policier en lisant des auteurs plus conventionnels avec plus d’actions et moins de psychologie. 1983 était trop difficile et trop intense pour moi. Je pense que c’est un livre à lire si on est fan de David Peace et qu’on a lu les trois premiers opus :1974, 1977 et 1980. C’est du vrai roman noir.

1983, David Peace, Rivages/Noir, 2008

D’un cercle littéraire…

Voilà un livre au titre surprenant dont j’attendais la sortie avec énormément d’impatience : Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. J’avais lu tellement de critiques élogieuses de ce livre alors qu’il n’était disponible que chez France loisirs qu’il me fallait absolument le lire. Et les critiques ne sont pas trompeuses. Ce livre est amusant, fascinant, attachant, sensible et intéressant.
Le cercle littéraire d’amateurs d’épluchures de patates se présente sous la forme d’un roman épistolaire. Tout est raconté à travers les lettres que les différents personnages s’envoient les uns aux autres. Nous apprenons qu’il s’agit de Juliet, chroniqueuse satirique pendant la Guerre, qui fait une tournée en Angleterre pour promouvoir son livre reprenant ses meilleurs textes. Alors que son livre est un succès, Juliet réfléchit à un nouveau sujet pour son prochain livre. C’est une lettre d’un habitant de l’île de Guernesey qui le lui fournira. Cette lettre marque également le début d’une relation entre Juliet, Guernesey et ses habitants. Par les lettres, on découvre la situation et le quotidien, souvent oubliés, des habitants de l’île pendant la Seconde Guerre, on comprend le titre du livre, on rit, on sursaute, on découvre des textes d’une extrême importance, on vit. Les lettres sont vivantes, réalistes et loufoques. Certains personnages sont touchants et aimables tandis que d’autres sont détestables et méprisables.
J’ai beaucoup apprécié cette lecture originale et fraîche. J’ai aimé découvrir l’île de Guernesey en compagnie de Juliet et ses amis. Une lecture qui fait du bien. J’ai bien envie de m’y replonger.

Les avis entre autres de Manu, Karine :) , Fashion, Clarabel, Leiloona

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, Nil, 2009

De Ninon…

Maud Lethielleux nous offre avec Dis oui, Ninon un joli roman qui nous transporte à l’époque où nous prenions tout à la lettre et où la réalité des adultes nous dépassait. Dis oui, Ninon est l’histoire de Ninon et de sa sœur, Agathe, dont les parents se séparent. Leur père, Fred, est un marginal qui a choisi de vivre en dehors de la société de consommation. Zélie, leur mère, ne supporte plus ce mode de vie et part s’installer avec un autre homme. Agathe et Ninon partiront avec Zélie. Mais Ninon en décidera autrement car elle sent que son père a besoin d’elle pour reconstruire sa vie. Ce sera Ninon et Fred contre le monde…
Maud Lethielleux adopte dans son livre le point de vue de l’enfant qui vit la séparation. Ninon est très impliquée même si elle n’a pas l’air d’en souffrir énormément. Ninon observe le monde des adultes hypocrite, rancunier et lâche mais elle ne le comprend pas. L’écriture de l’auteure est fraîche, naïve et juste. Elle nous embarque dans la tête de Ninon et nous vivons au même rythme qu’elle.
Un joli petit roman qui nous invite à voir le monde comme si nous avions encore neuf ans.

Dis oui, Ninon, Maud Lethielleux, Stock, 2009