D’un temps fou…

Un temps fou est le nouveau roman de Laurence Tardieu. J’avais aimé Puisque rien ne dure. J’avais été touchée par sa plume et l’émotion qui s’en dégageait même si j’avais eu un peu de mal à entrer dans le roman. Avec Un temps fou, j’ai fait le même chemin. Les premières pages m’ont laissée insensible mais au fur et à mesure les barrières ont sauté et je me suis laissée aller en toute confiance emportée par l’écriture si douce et tendre de l’auteur. C’est la magie des mots…

Dans ce roman, Laurence Tardieu nous raconte avec toute sa sensibilité et son émotion l’histoire d’une attirance particulière entre une homme et une femme qui se sont rencontrés lors d’une soirée puis se sont perdus de vue. Une rencontre qui les a hantés pendant des années et qui a nourri l’amour qu’ils portaient en eux. Ils se sont retrouvés pour travailler ensemble quelques années plus tard, se sont aimés, déchirés, séparés et puis finalement retrouvés. C’est une histoire qui dure un temps fou.

C’est Maud qui nous raconte leur histoire par petites touches tout en douceur. Elle nous raconte l’émotion qu’elle ressent quand elle l’entend, le revoit, les sentiments et sensations qu’il provoque en elle. C’est un amour auquel on veut croire et on y croit comme elle. Mais tout n’est pas toujours comme on le rêve…

C’est un beau roman fin et doux. J’ai aimé…

Quelques extraits que j’aime particuilièrement :

“J’aimerais lui dire que parfois l’écriture est une joie. Que j’aime commencer un livre, parce que commencer un livre, c’est me perdre et me débattre dans tout ce que je ne sais pas et que je pressens, c’est avoir tout oublié et chercher quelque chose, c’est tout attendre et ne rien attendre, jusqu’à ce que soudain, soudain, quelque chose apparaisse, qui ressemble à une lumière : je sais alors que la nuit ne m’a pas engloutie, du moins pas encore, puisqu’il y a un chemin possible. Le livre, peut-être, pourra s’écrire, et moi, vivre.

L’écriture, comme l’amour, permet de tout oublier. L’écriture, comme lamour, permet de renaître.” pp. 46-47

“Je reste silencieuse. Je suis impuissante à trouver les mots. J’ai toujours été impuissante à trouver les mots.” p. 48

“On lit tout ce qui, entre les mots, vibre, dans les espaces vierges, les marges blanches. Qu’y a-t-il de plus intime que la lecture ? Ce chuchotement qui nous atteint au plus profond de nous, comme si, tout autour, une nuit accidentelle était tombée sur le monde et l’avait rendu silencieux. Soudain il n’y a plus rien. Il n’y a plus que le texte, qui résonne en nous.” p. 80

“Ce n’est pas que la vie était malheureuse. Il y a eu des moments heureux, de la gaieté. Mais, parfois, ce qu’on vit et ce qu’on éprouve ne coïncident pas. Il y a comme une distorsion, et vous ne savez pas d’où elle vient… Vous ne savez plus ce qu’est le réel : si c’est ce que vous vivez, les faits, les situations. Ou ce qui vous habite, au-dedans de vous, et que vous ne pouvez expliquer à personne.” p. 125

“Et ce soir, dans la nuit froide de l’hiver, dans la nuit glacée et incertaine, je me demande si l’amour et l’écriture ne naissent pas de la même nécessité : celle de ne pas renoncer, celle de s’interdire de se laisser glisser, emporter dans la course erratique de la vie, et de perdre le désir des choses, d’oublier ce que c’est que la vie qui flamboie et la joie qui emplit le corps et la tête. Oui, écrire et aimer procèdent sans doute du même mouvement, celui de se dresser vers le ciel et de se laisser traverser par la vie.” pp. 138-139

Un temps fou, Laurence Tardieu, Stock, 2009

4 Responses to “D’un temps fou…”

  1. Dire que je n’ai pas encore lu “Rêve d’amour” que celui-ci est déjà sorti…. et pourtant, j’aime beaucoup la délicatesse de Laurence Tardieu.

  2. j’ai aimé “Puisque rien ne dure” sans être aussi enthousiaste que la plupart… mais je crois que cette histoire me plaire. J’avais aimé la plume!

  3. @ In Cold Blog : Je n’ai pas lu “Rêve d’amour”. Un sur la liste… J’aime aussi sa délicatesse.

    @ Karine : Je crois que c’est à sa plume qu’on l’apprécie… La manière qu’elle a de nous raconter une histoire…

  4. [...] dit avec justesse, finesse, sensibilité, presque en musique. (Le livre de poche) Lu par Emeraude, Lau, Leiloona, Clarabel, Eric, Marsup, Laure, Deliregirl, Jules, [...]

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