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D’une marche…

La Marche de Mina de Yoko Ogawa est le deuxième roman japonais que je lis et je suis véritablement tombée sous le charme de cette écrivain. J’ai lu ce livre, envoyé par Virginie, dans le cadre de La Chaîne des livres organisée par Ys. Je venais de recevoir de la part de Manu Hôtel Iris. Quel heureux hasard !

Avec La Marche de Mina, je découvre une autre facette de l’auteure. Si dans Hôtel Iris, Yoko Ogawa explore les fantasmes inavouables, ici elle plonge le lecteur dans la douceur et la nostalgie de l’enfance. On suit les aventures de la jeune Tomoko, envoyée par sa mère chez sa tante et son oncle si charismatique. Tomoko arrive dans une famille particulière où la vie est différente, enchanteuse, chaleureuse et vibrante. Dès son arrivée, Tomoko aime cette famille (sa cousine Mina, sa gran-mère Rosa, l’hippopotame domestique Pochiko, ….) et nous aussi nous l’aimons. Le lecteur sent qu’il fait partie de la famille et qu’il vit tous les événements avec elle. On plonge avec nostalgie dans ce passé merveilleux entraîné par la plume poétique et magique de l’auteure.

Je suis désormais sous le charme et conquise par Yoko Ogawa. Le livre refermé, j’ai vite acheté deux autres romans : La mer et Amours en marge. J’ai hâte de les lire.

Les avis de Lune de pluie, Ys et Virginie.

D’un Hôtel…

Hôtel Iris de Yoko Ogawa est le premier livre d’un auteur japonais que je lis. Je ne connaissais pas du tout cette littérature et j’avais très envie de la découvrir. J’ai donc participé au Wabi-Sabi swap organisé par Goelen et j’ai eu la chance de recevoir de la part de Manu deux livres de grands noms japonais : Yoko Ogawa et Haruki Murakami. J’ai commencé donc par Yoko Ogawa, intriguée surtout par le message de Manu me disant qu’il s’agit d’une histoire particulière… Et je me suis plongée dans ce roman avec délectation… C’est une pure merveille de poésie. Effectivement, l’histoire est assez troublante et pourrait être choquante. Une jeune fille,  Mari, fascinée par un vieil homme lors d’une scène théâtrale dans les couloirs de son hôtel, le suit et entame une liaison avec cet homme, le traducteur C’est une liaison remplie de fraîcheur malgré les années qui les séparent, de douceur mais également de violence, de fantasmes et de désirs. J’ai beaucoup pensé aux photos de Araki pendant ma lecture. C’est une histoire forte et dérangeante que nous raconte Yoko Ogawa mais elle passe avec douceur et beauté grâce à son écriture et à la manière de nous transmettre les émotions.

Il s’agit d’une très belle découverte pour moi. Merci encore Manu pour cet excellent choix.

Hôtel Iris, Yoko Ogawa, Babel

D’une mer…

Tendre est la mer de Yann Queffélec est un court texte accompagné de magnifiques photographies de Philip Plisson, le photographe de la mer. Yann Queffélec présente le journal que son oncle lui aurait laissé en héritage. Seul héritage que le neveu reçoit de son oncle Jo… Queffélec nous raconte ses relations avec son oncle : leur complicité déchirée par la perte des bateaux gardés par Yann alors que son oncle était à l’étranger.

L’oncle Jo était un marin passionné par la mer et le large. Et dans son journal, il nous raconte sa passion pour les vieux bateaux, pour la côte maritime, des anecdotes du pays et puis aussi il évoque l’histoire, la technologie et le futur. Si le début du livre est plutôt descriptif et lent, la fin est assez engagée sur le plan écologique. Il nous fait prendre conscience des dangers qui menacent la planète et nous fait réfléchir sur nos comportements de consommateurs. Cette deuxième partie est vraiment très intéressante et est un beau manifeste écologique.

Une jolie édition au format poche agréable à lire et à regarder.

Tendre est la mer, Yann Queffélec et Philip Plisson, Points, 2009

D’un temps fou…

Un temps fou est le nouveau roman de Laurence Tardieu. J’avais aimé Puisque rien ne dure. J’avais été touchée par sa plume et l’émotion qui s’en dégageait même si j’avais eu un peu de mal à entrer dans le roman. Avec Un temps fou, j’ai fait le même chemin. Les premières pages m’ont laissée insensible mais au fur et à mesure les barrières ont sauté et je me suis laissée aller en toute confiance emportée par l’écriture si douce et tendre de l’auteur. C’est la magie des mots…

Dans ce roman, Laurence Tardieu nous raconte avec toute sa sensibilité et son émotion l’histoire d’une attirance particulière entre une homme et une femme qui se sont rencontrés lors d’une soirée puis se sont perdus de vue. Une rencontre qui les a hantés pendant des années et qui a nourri l’amour qu’ils portaient en eux. Ils se sont retrouvés pour travailler ensemble quelques années plus tard, se sont aimés, déchirés, séparés et puis finalement retrouvés. C’est une histoire qui dure un temps fou.

C’est Maud qui nous raconte leur histoire par petites touches tout en douceur. Elle nous raconte l’émotion qu’elle ressent quand elle l’entend, le revoit, les sentiments et sensations qu’il provoque en elle. C’est un amour auquel on veut croire et on y croit comme elle. Mais tout n’est pas toujours comme on le rêve…

C’est un beau roman fin et doux. J’ai aimé…

Quelques extraits que j’aime particuilièrement :

“J’aimerais lui dire que parfois l’écriture est une joie. Que j’aime commencer un livre, parce que commencer un livre, c’est me perdre et me débattre dans tout ce que je ne sais pas et que je pressens, c’est avoir tout oublié et chercher quelque chose, c’est tout attendre et ne rien attendre, jusqu’à ce que soudain, soudain, quelque chose apparaisse, qui ressemble à une lumière : je sais alors que la nuit ne m’a pas engloutie, du moins pas encore, puisqu’il y a un chemin possible. Le livre, peut-être, pourra s’écrire, et moi, vivre.

L’écriture, comme l’amour, permet de tout oublier. L’écriture, comme lamour, permet de renaître.” pp. 46-47

“Je reste silencieuse. Je suis impuissante à trouver les mots. J’ai toujours été impuissante à trouver les mots.” p. 48

“On lit tout ce qui, entre les mots, vibre, dans les espaces vierges, les marges blanches. Qu’y a-t-il de plus intime que la lecture ? Ce chuchotement qui nous atteint au plus profond de nous, comme si, tout autour, une nuit accidentelle était tombée sur le monde et l’avait rendu silencieux. Soudain il n’y a plus rien. Il n’y a plus que le texte, qui résonne en nous.” p. 80

“Ce n’est pas que la vie était malheureuse. Il y a eu des moments heureux, de la gaieté. Mais, parfois, ce qu’on vit et ce qu’on éprouve ne coïncident pas. Il y a comme une distorsion, et vous ne savez pas d’où elle vient… Vous ne savez plus ce qu’est le réel : si c’est ce que vous vivez, les faits, les situations. Ou ce qui vous habite, au-dedans de vous, et que vous ne pouvez expliquer à personne.” p. 125

“Et ce soir, dans la nuit froide de l’hiver, dans la nuit glacée et incertaine, je me demande si l’amour et l’écriture ne naissent pas de la même nécessité : celle de ne pas renoncer, celle de s’interdire de se laisser glisser, emporter dans la course erratique de la vie, et de perdre le désir des choses, d’oublier ce que c’est que la vie qui flamboie et la joie qui emplit le corps et la tête. Oui, écrire et aimer procèdent sans doute du même mouvement, celui de se dresser vers le ciel et de se laisser traverser par la vie.” pp. 138-139

Un temps fou, Laurence Tardieu, Stock, 2009

Wabi-Sabi Swap

Voici enfin le billet consacré au joli colis que m’a concocté Manu dans le cadre du Wabi-Sabi Swap (swap consacré au Japon) organisé par Goelen.

Je me suis lancée dans ce swap car je ne connaissais pas du tout la littérature japonaise et que j’avais envie de la découvrir depuis quelques temps. Et je suis ravie puisque, aussi bien lors de mes recherches pour ma swappée Elodie qu’en recevant mon colis, j’ai fait de belles découvertes qui ont excité et excitent encore ma curiosité.

Alors, ce colis en provenance de Belgique m’a été remis en main propre par mon facteur au moment où je sortais de chez moi. Je suis remontée, je l’ai déposé sans même l’ouvrir et je suis vite partie travailler. Et ce n’est que le soir (très tard) que j’ai enfin pu ouvrir tout à mon aise ce colis. Et ce fut avec plaisir ! J’ai découvert dans la boîte un ensemble de petits paquets verts accompagnés d’une enveloppe (que j’ai bien ouverte à la fin) et de marque-pages superbes (surtout celui de Confucius qui correspond tellement bien à ma façon de voir les choses). Et aussi de l’encens…

J’ai disposé les petits paquets pour prendre la photo et ensuite je me suis précipitée pour les ouvrir… Quel bonheur de découvrir ce qui se cachait derrière ce papier vert…

Deux livres d’auteurs que j’avais très envie de découvrir :

- Kafka sur le rivage d’Haruki Murakami

- Hôtel Iris de Yoko Ogawa (que je viens de terminer et que j’ai trouvé sublime)

Et aussi :

- du thé japonais dans une jolie boîte verte

- et un magnifique carnet japonais (il est vraiment superbe ! Je vais le consacrer uniquement aux auteurs japonais).

Je remercie chaudement Manu pour ces bons choix ainsi que Goelen pour l’organisation de ce swap qui me font enfin découvrir le Japon littéraire.

D’une banlieue…

Arlington Park de Rachel Cusk est un roman assez déprimant traitant de l’aliénation des femmes, un roman dans lequel il n’y a aucune lueur d’espoir ou de bonheur. Rachel Cusk dresse le portrait de quelques femmes de cette banlieue bourgeoise. Elle sont toutes mariées et mères de plusieurs enfants. Certaines travaillent encore mais la plupart sont mères au foyer. Elles ont toutes une jolie maison, de beaux enfants, une belle voiture et le confort. Et pourtant ces femmes ne sont pas heureuses. Elles sont totalement aliénées et maniaques. Elles n’ont plus d’identité propre. Elles sont mères et épouses, elles s’occupent de leurs enfants, de la maison et des repas. Aucune n’est épanouie et libre. Ces femmes ont abandonné leurs rêves et leurs espoirs le jour où elles se sont mariées et ont enfanté. L’une d’entre elles, Juliet, se dit même assassinée par son mari, Benedict.
C’est un roman vraiment sombre, angoissant et, je le répète, déprimant. Il a déclenché en moi toute une série d’interrogations sur ma vie et mon avenir.
Par contre, je trouve que ce roman est bien écrit. En particulier, les descriptions sont magnifiques et cinématographiques. Quand on lit ce roman, on a l’impression de voir un film.
Un livre à lire quand on est vraiment bien dans sa peau et qu’on est sûre et heureuse de ses choix

Arlington Park, Rachel Cusk, Points

Du Petit Nicolas…

C’est avec un énorme plaisir que je me suis replongée dans les aventures du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny après l’avoir découvert à 9 ans. Ce roman est frais, drôle et sonne tellement juste. Nicolas est un petit garçon comme les autres et donc un enfant comme nous. Il nous replonge en enfance et fait surgir des souvenirs rigolos de fugue, de batailles et de jeux. Par contre, je plains beaucoup la gentille maîtresse de tous ces garnements insupportables. Si elle n’a pas fait de dépression, c’est qu’elle doit être très solide. Elle ne peut rien faire dans sa classe sans que ça ne tourne en grosse bagarre. Les maîtresses ont toujours eu beaucoup de courage.

Suite à cette lecture, j’ai envie de me replonger dans les autres aventures de Nicolas. Merci à Ys de l’avoir mis dans la chaîne des livres.

Le petit Nicolas, Sempé & Goscinny, Folio Junior

Livre lu dans le cadre de la chaîne des livres (1/25).

Du monde…

Nicolas Bouvier est un grand voyageur auteur d’un livre culte pour tout aventurier : L’usage du monde. Dans cet ouvrage, Nicolas Bouvier nous entraîne en compagnie de son ami Thierry Vernet, peintre, sur la route qui le mène de Genève au Khyber Pass en Afghanistan. Ce voyage est une véritable aventure, une expérience de vie qui les poussent à aller au-delà de leurs limites. Car Nicolas Bouvier et Thierry Vernet sont partis sur la route avec leur petite voiture, les poches presque vides et sont donc dans l’obligation, presque heureuse, de devoir travailler pour poursuivre leur chemin et survivre. Ce besoin, ainsi que leurs problèmes mécaniques, les obligent à s’arrêter plusieurs semaines à un endroit y côtoyant les habitants et vivant au rythme du lieu. Et puis, ils traversent des routes extrêmement difficiles, dans les montagnes turques ou dans le désert iranien pour ne citer que ces espaces magiques. Pour les deux voyageurs, cette expérience est forte, intense et éreintante. Ce voyage les transforme à jamais.

Ce récit est passionnant. C’est une véritable philosophie du voyage, de l’aventure. Nicolas Bouvier nous livre une véritable réflexion sur l’essence même du voyage, sur l’usage du monde. Et pourtant, ce récit se lit lentement car c’est assez pesant. On a l’impression de sentir le poids du voyage dans l’écriture. C’est un livre pour tous ceux qui rêvent un jour de vivre la vraie aventure loin de toutes nos sécurités matérielles. Voici l’incontournable du voyageur.

“On voyage pour que les choses surviennent et changent ; sans quoi on resterait chez soi.” (p. 177)

“Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance centrale de l’âme qu’il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre,et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.” (p. 418)

L’usage du monde, Nicolas Bouvier, dessins de Thierry Vernet, Petite Bibliothèque Payot voyageurs