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De la nudité des femmes…

Participant à l’opération “Masse critique” lancée par Babelio, j’ai reçu un court roman édité chez Les Allusifs : La nudité des femmes. Ce roman de Włodzimierz Odojewski est le récit d’une initiation d’un jeune garçon, Marek, à la sensualité et au corps des femmes. Cette histoire se déroule dans un village de Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. L’atmosphère est assez lourde car il y a toujours derrière le quotidien des situations qui ne le sont pas, des dangers qui entourent et pèsent sur sa famille et les autres, des découvertes traumatisantes et des propos violents. Mais dans ce climat inquiétant, les sens de Marek s’éveillent. Il n’est déjà plus le petit enfant qu’il était. Marek découvre les femmes et leur corps, la nudité de leur corps. Malheureusement, la  toute première vision qu’il en a est celle de corps nus, violentés, torturés et froids. Ce premier contact est traumatisant pour le jeune garçon et le marquera profondément. Toutefois, cela n’empêchera pas Marek de découvrir l’amour et le plaisir dans les bras d’une jeune femme particulière de passage dans le village avec son cirque.

Ce court récit est lourd et poétique, sensible et profond. Le style est étrange dans le sens où il nous semble que le héros est le narrateur bien qu’il ne dise jamais « Je » mais « Il ». Nous avons l’impression qu’il se décrit extérieurement, comme s’il faisait un retour en arrière, comme s’il eximanait son passé.

Ce fut une lecture agréable et touchante.

Je remercie Babelio et les Allusifs de m’avoir permis de découvrir cet auteur que je ne connaissais pas. J’en suis ravie.

La nudité des femmes, Wlodzimierz Odojewski, Les Allusifs

De Chactas et René…

Suite à la lecture d’une petite critique que j’avais écrite au sujet de cette oeuvre il y a 6 ans, j’avais décider de relire Atala et de lire René de Chateaubriand.

Voici ce que j’avais écrit : « Atala est plein d’une force que nous ressentons et qui accélère notre rythme cardiaque. Ce livre est empreint de catholicisme. Il montre une religion fabuleuse qui rend les hommes heureux et leur permet de supporter le malheur. Il montre aussi la nécessité d’être instruit ou guidé pour sentir pleinement la religion. Il ne dénonce pas les missionnaires, ils sont les bienfaiteurs du Nouveau Monde car ils apportent une vie douce et organisée et s’opposent totalement aux génies indiens. Ils sont plutôt les victimes des ‘sauvages’.  Ce texte est également une longue description de la nature qui semble magnifique. Elle apparaît comme un tableau vivant. Splendide ! On entend tout : les bruits de l’eau, des animaux, du serpent qui glisse, des chutes, du mugissement des tigres, des oiseaux. On entend l’orage aussi, orage qui annonce le drame. L’amour est ruiné. Seul l’amour de Dieu est bon. Toutes les amours humaines sont éphémères car l’homme est inconstant et mortel. L’amour est une passion qui dévore les êtres et les détruit. Atala et Chactas sont épris l’un de l’autre, sont passionnés et ils en souffrent. Toutefois, leur amour est immortel car c’est la volonté de Dieu. Leur amour reste pur. On sent dans cette œuvre quelque chose de nouveau qui annonce le romantisme ouvrant la porte aux sentiments, aux émotions exacerbées, à une nature proche mais éloignée de l’homme. Il offre une nature qui harmonise les hommes. Presque toutes les phrases sont belles. »

Cette critique positive et enflammée m’a intrigué. Allais-je encore ressentir la beauté du texte ? Malheureusement, non. J’ai beaucoup apprécié la plume de Chateaubriand mais je me suis un peu ennuyée en lisant les aventures de Chactas et d’Atala. De plus, j’ai trouvé aussi la situation absurde et représentative des dangers de la religion. Dans ce roman, Chateaubriand vante une religion pure et mièvre, il glorifie ll’amour de Dieu. Toutefois, il provoque en moi une réaction inverse : le rejet de la religion, de cette religion qui mène les hommes à agir de manière totalement irrationnelle et servile et dans laquelle je ne vois pas de liberté ni de raisonnement intelligent. J’ai aussi trouvé l’histoire un peu mièvre. La présence de René, l’auditeur de Chactas dans Atala, est expliquée dans ce deuxième court texte, René. Ce texte explique sa présence en Amérique et la raison de sa mélancolie. C’est tellement enfantin et capricieux que ce n’est pas crédible ni supportable.

Tout l’intérêt du roman réside dans le style et la personnalité de Chateaubriand. ainsi que les questions abordées (la religion, l’amour et l’inceste). Oui, il est romantique, oui il est ‘précurseur’, mais il manque la force.

Même si j’ai moins aimé cette relecture, j’ai envie de découvrir Les Mémoires d’outre-tombe, rien que pour son style.

Atala - René, Chateaubriand, Pocket

De l’employé…

C’est dans une bouquinerie que j’ai fait cette étrange et surprenant découverte de l’univers de Jacques Sternberg avec son livre L’employé. Je n’avais jamais entendu parler de lui (même dans mes cours de littérature belge) ni de son livre. Et pourtant, je l’ai pris en main et j’ai lu la quatrième de couverture qui dit ceci : « Ce roman fait exploser la réalité quotidienne. En mêlant ce qui existe péniblement au jour le jour et ce qui est impossible, il met à mal tous les principes. En allongeant, puis en rétrécissant le temps, en élargissant puis en compressant l’espace, il provoque un vertige qui trouble même les chiffres et les mots ; en perturbant les repères et les normes, il impose une (in)certitude nouvelle et provisoire : « je change donc je suis ». Mais qui est-il donc, cet employé ? Il n’arrête pas de se le demander, pendant l’énorme minute qui sépare dix heures cinq de dix heures six. » C’est une quatrième très alléchante qui m’a attirée sans bien savoir sur quoi j’allais tomber.

Et ce livre est explosif… Dès le début, Sternberg emporte le lecteur dans cet univers totalement surréaliste et fantasmagorique où le quotidien est tourné en ridicule, est redéfini, est fantastique. Il utilise les mots, les détourne, les utilise dans tous leurs sens. Ce livre est d’une richesse syntaxique et verbale incroyable. Il joue avec le temps, avec l’espace, avec la réalité. C’est fabuleux.

Dans ce livre, il s’agit bien d’un employé qui cherche sa place et un sens à ce qu’il fait, à ce que tous les hommes font et qui montre toute l’absurdité et la monotonie répétitive de nos vies.

Je ne suis pas du tout habituée à lire ce genre de textes et je pense que ce style de narration est typiquement belge. Oui, il y a Vian en France… Mais c’est encore différent de l’univers de Vian. Ce que propose Sternberg est terrible. On n’en sort pas, on suffoque, on rit, on a peur et toutes ces émotions ce sont les phrases qui nous les donnent, l’agencement de celles-ci et leur rythme.

C’est un livre déroutant au premier abord mais ensuite enivrant. J’ai aimé… Tout dépend de l’état d’esprit et de fatigue.

L’employé, Jacques Sternberg, Labor, coll. Espace nord

Et de 1…

En ce 6 janvier 2009, Autour de lau fête sa première d’existence… Une jolie année pleine de lectures, de découvertes, de partages et de bonheurs…

Je souhaite à mon blog de poursuivre sa petite vie… Et je remercie tous mes visiteurs car sans eux l’expérience serait moins belle.

De femmes…

Ombre sultane d’Assia Djebar est un très beau livre à l’écriture intimiste et subtile. J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire de femmes racontée par Isma. J’étais distante et hermétique mais petit à petit je me suis imprégné de l’atsmophère, du style et de l’histoire. C’est très beau, très doux et pourtant ce qui nous est présenté est dur. L’écriture est superbe.

Dans ce roman, Assia Djebar parle des femmes en Algérie, de leurs blessures, de leurs luttes, de leurs rêves de liberté et d’émancipation. Elle le fait en opposant deux épouses. La première, Isma, celle qui raconte, est l’épouse de l’amour. C’est une femme libre qui a eu une éducation occidentale, qui a vécu en Europe. C’est elle qui a décidé de quitter l’Homme et qui lui a trouvé une nouvelle épouse. La deuxième, Hajila, est issue d’un milieu social plus pauvre et conservateur. Elle doit respecter les coutumes et les obligations de la femme algérienne mariée. Elle doit accepter l’Homme, le servir, lui servir et s’occuper des enfants. Elle doit sortir couverte, voilée. Isma parle de son combat pour se protéger et vivre. Elle a besoin de pouvoir respirer librement, elle a besoin de vivre en dehors de la maison. Le ton est très humain et doux.

La première épouse, Isma, raconte les moments qu’elle a vécus avec l’Homme, leurs moments d’amour, mais aussi son enfance au sein du harem de son grand-père maternel qui avait épousé plusieurs femmes. Elle décrit l’ambiance dans les appartements des femmes. Elle parle aussi du mariage de l’une d’elles. La joie du mariage qui finalement emprisonne à vie. Mais ce mariage fut un désastre. Elle évoque aussi les bains ou encore le poids du regard des autres sur chaque femme.

Après Les nuits de Strasbourg que j’avais beaucoup aimé, Ombre sultane me charme et m’incite à plus découvrir Assia Djebar.

Livre reçu de la part Mariselya lors du swap Afrilire organisé par Bladelor.

Ombre sultane, Assia Djebar, Le Livre de Poche

Quand 2009 arrive…

En ce début d’année 2009, je vous souhaite à tous une excellente année pleine de joie, de bonheur, d’excellentes lectures, de belles rencontres et de joyeuses découvertes en tout genre…

Et comme il est de tradition de faire un bilan avant de commencer l’année nouvelle, c’est avec plaisir que j’en fais un.

Nombre de livres lus : 92 livres dont 11 BDs, 8 mangas et 4 albums jeunesse. Chaque année, je lis un peu plus… Mais quel bonheur.

J’ai participé au Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Ma première expérience en tant que juré. Expérience agréable qui m’a ouvert à des genres que je n’aurais jamais pensé apprécier (le roman historique et le roman d’aventures) et qui m’a fait découvrir des auteurs contemporains que je ne connaissais que de nom. Belles découvertes en général.

Côté coups de coeur, c’est très difficile… J’en ai apprécié beaucoup… Mais, je suis heureuse d’avoir enfin lu Jane Austen (Orgueil et préjugés). Une auteure remarquable et pas du tout gnan-gnan comme je le pensais avant de la lire. Mais aussi Truman Capote, surtout De sang-froid. Et puis, j’ai enfin pu faire la connaissance de Stéphanie Plum, l’héroine de Janet Evanovich, et de Morelli à propos desquels j’avais lu beaucoup de mots doux…

Je me suis lancée dans plusieurs challenges en 2008, malheureusement je n’en ai terminé aucun (J’ai un peu honte mais c’est pas grave). Je compte étendre mon “Challenge Rougon-Macquart” à 2009 (j’en ai quand même lu 4 cette année !). Mon “Challenge du 1% littéraire 2008“, lancé par Levraoueg, se poursuit également. Par contre, je n’ai lu qu’un seul livre du défi “Le Nom de la Rose” lancé par Grominou et j’ai abandonné mon challenge “Celebrate the author” en cours de route.

Et puis, cette année j’ai découvert les Swaps… Cinq au total… J’aime beaucoup le principe des swaps qui sont très stimulants (faire plaisir à une autre personne qui aime lire est vraiment un défi super agréable), très amusants, très “Père Noël” et très intéressants. Grâce au swap, j’ai pu découvrir des auteurs et des goûts inconnus. Et surtout, je voudrais remercier toutes les organisatrices de ces merveilleux échanges et mes gentilles swappeuses : Mariselya, Géraldine, Lucile, Maijo et Nanne.