De fantômes…

J’ai lu et entendu beaucoup de choses à propos de Lunar Park de Bret Easton Ellis lors de sa sortie. J’avais lu quelques pages. Je n’ai pas poursuivi ma lecture. J’avais même oublié de quoi parlait ce roman. Jusqu’au jour où mon ami Cheval m’a prêté le livre et m’a donc permis de reprendre une lecture interrompue et de découvrir que finalement ce roman est super.
Au début du roman, l’auteur revient sur sa vie, ses romans, ses problèmes de drogue et de famille. Ce petit rappel autobiographique ou en partie autobiographique met en place le cadre du roman et offre aux lecteurs un aperçu des œuvres de Ellis. Cette partie est assez lente. C’est intéressant, mais j’avais peur que le roman ne soit qu’une évocation de la carrrière de l’auteur. Finalement, ces quelques pages sont très utiles pour la suite du roman.
On embarque alors dans une histoire terrifiante et angoissante dans laquelle l’auteur se met en scène mais aussi sa famille et ses voisins. Il s’agit donc dans ce roman d’une autofiction mais tellement réaliste au départ qu’on commence à douter de notre réalité et de la probabilité de la véracité des faits. Le roman est construit sous forme d’un journal relatant quotidiennement des événements étranges arrivés à l’auteur, événements ayant tous un rapport avec son passé et ses œuvres. Grâce à cette forme de narration, la tension monte progressivement. Si au départ, on le prend pour un fou et on doute de sa santé mentale, au fur et à mesure que le récit avance, on se sent mal, on devient angoissé. On se dit qu’il n’est pas si fou, que ce qui se passe n’est pas le fruit de son imagination mais bien réel. Bret Easton Ellis réussit donc à garder l’intérêt de son lecteur, mais aussi à lui faire vivre l’émotion et le sentiment d’angoisse et de peur qui anime le narrateur. C’est génial.
Ici, on se demande comment une vie peut-être gâchée par le succès, par la gloire. On se demande aussi si nos fantômes ont une vie et si ce qu’on crée peut se matérialiser. Comment un père peut renouer le contact avec un fils qu’il a d’abord rejeté. On se demande aussi si Bret Easton Ellis annonce par ce livre sa retraite. À voir.

Ce roman fantastique et psychologique est original et terrifiant. Une fois happé par le cauchemar, on ne peut pas en sortir. Il ne ressemble pas aux deux livres que j’ai lus (American Psycho et Les lois de l’attraction).

Les avis de : Thom, Caroline et de Lisa.

Lunar Park, Bret Easton Ellis, Pocket.

À propos de Lau

Professeur de français, j'aime les livres et la lecture...
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9 réponses à De fantômes…

  1. Coboy dit :

    J’ai vraiment adoré. Sauf la fin qui part en eau queue de boudin de cacahuète. Le suspense est vraiment bien installé, je n’ai pu m’empêcher de lire jusque 3h du matin pour le finir. Mais la fin est confuse, et je suis resté sur ma faim…

    Ma réflexion, après le dernier mot, a été « mais de quoi l’auteur veut-il se justifier? est-ce que le livre est dédié à une personne (son vrai fils?) en guise d’excuse? »

    Très bon sinon, j’adore le ton d’autofiction à la Ellis.

  2. Manu dit :

    Ahlala il est dans ma PAL depuis très longtemps et était même dans mon challenge (non fini …) Cela dit, j’ai détesté American Psycho et j’espère me réconcilier avec l’auteur grâce à ce titre.

  3. levraoueg dit :

    Je n’ai lu aucun Bret Easton Ellis, mais plusieurs personnes m’ont déjà dit que Lunar Park était le meilleur, alors… il faudra bien que je finisse par y goûter

  4. Lau dit :

    @ Coboy : C’est vrai que la fin est vite emballée…

    @ Manu : J’ai adoré « American Psycho ». Ellis a un style particulier et ce roman-ci ne déroge pas à la règle. C’est moins trash que « Americain Psycho » mais c’est quand même dérangé.

    @ Levraoueg : Pour moi, le meilleur c’est « American Psycho ». C’est le plus fort, mais aussi le plus difficile. Celui-ci est vraiment bien et puis il parle de ses autres romans.

  5. Florinette dit :

    J’ai été happée tout comme toi par l’histoire et c’est un livre qui ne s’oublie pas si facilement !!

  6. Karine :) dit :

    Je le lirai certainement un jour. American Psycho, je l’ai lu il y a plusieurs années et mon souvenir le plus marquant est le meurtre de l’itinérant et les énumérations de marques… et aussi la carte d,affaire… je ne me souviens même plus de la fin, c’est tout dire!

  7. Lau dit :

    @ Florinette : Non, il ne s’oublie pas facilement. Je l’ai trouvé très bon.

    @ Karine : ‘American Psycho’ m’a beaucoup marqué mais il est vrai que je ne me souviens pas de tout. Je me souviens des meurtres les plus atroces et le passage chez le teinturier. Et l’abondance des descriptions futiles. Mais ‘Lunar Park’ est différent.

  8. Cheval dit :

    Pour ma part, j’ai bien aimé, mais sans plus. Je me demandais si ça avait été un autre type qui l’avais écris, est-ce que j’aurais aussi accroché ? Mais personne d’autres que lui ne pouvais l’écrire !
    Ce que je regrette c’est que l’auteur a grandi et s’est « assagi » (si on peut dire ça de lui…) et c’est donc avec nostalgie que je repense à ses années collège (les lois de l’attraction) et à ses jeunes années de junkie capitaliste (american psycho).
    Ou bien mon regret est que c’est moi qui ai vieilli ?
    Dans tous les cas, il serait temps de penser à me rendre mon bouquin ;-)

  9. Lau dit :

    @ Cheval : C’est un roman BEE, c’est clair ! Je le trouve différent mais tout aussi bon… La sagesse arrive avec le temps mais le trouve quand toujours aussi… tordu ? ou … fucké ?