Il y a quelques mois, j’ai acheté mon premier roman de Joyce Carol Oates intriguée par la quatrième de couverture, Délicieuses pourritures. Je l’ai ouvert il y a quelques semaines et, malheureusement, je n’ai pas du tout accroché à ce roman. C’est étrange parce que j’ai lu beaucoup de critiques positives à son sujet. Ce n’était peut-être pas le bon moment pour le lire.
Dans ce court roman, Oates nous plonge dans l’univers, quelque peu malsain, d’un campus pour jeunes filles, le Catamount College, dans le Massachussets. Tout commence lorsque Gillian, la narratrice, replonge dans son passé en raison d’un trouble provoqué par un totem alors qu’elle visitait l’aile réservée à l’Océanie du Louvre. Ce totem va lui faire revivre un semestre d’étudiante de septembre 1975 à janvier 1976. On la retrouve donc en janvier 1976 dans le froid suite à une alerte incendie dans son logement, mais l’incendie ne la concerne pas. Elle est spectatrice d’un autre incendie qui réduit en cendres une maison pas trop éloignée. Après cet épisode, l’auteure nous invite à lire le journal de Gillian, journal qui commence en septembre 1975. Dans ce journal, Gillian raconte sa vie, les événements du collège, ses fantasmes, ses désirs, son amour, sa passion plutôt, pour le professeur de poésie, Andre Harrow. Gillian est une jeune fille studieuse et timide, elle est assez effacée et introvertie. Toutes les filles du cours de poésie en sont amoureuses. Cet homme, au charisme extraordinaire, n’a pourtant rien d’extraordinaire. Andre Harrow est marié à une sculptrice énigmatique, Dorca. Ils forment un couple très ouvert et excentrique, un couple étrange. Andre, autoritaire, séduit les jeunes filles et Dorca les invite chez eux pour des soirées particulières. Les « heureuses élues » n’ont pas le droit de le dévoiler mais Gillian sent celles qui y sont allées. Son but est d’être invitée par son professeur et sa femme. Elle est intriguée et envie les autres. Pendant ce temps, Gillain voit certaines de ses amies se détruire lentement (anorexie, tentatives de suicide, pyromanie, …) Que se passe-t-il lors de ces soirées ? Gillian en fera, elle aussi, l’expérience. Elle nous raconte alors les perversions de ces deux adultes imbus de leur personne qui mettent en danger la vie de jeunes filles influençables et fragiles. Ils leur font faire et subir des choses ignobles pour leur propre plaisir. L’auteure ne nous les dévoile pas crûment, elle laisse sous-entendre, elle donne quelques touches. Gillian, écoeurée ou déçue, commettra l’irréparable. Oates associe dans ce roman les forces de la vie, Eros et Thanatos, et les pousse à l’extrême tout en restant légère et poétique.
Ce livre pourrait être troublant ou révoltant mais je l’ai trouvé plat. L’histoire, assez malsaine, ne m’a pas captivée. Oates nous raconte une histoire qui dérange et qui choque mais qui m’a totalement laissée indifférente. Un livre donc que je ne conseille pas. Mais je ne renonce pas à lire cette auteure. J’espère que je lirai d’autres récits plus vivants et prenants.
Elles ont aimé ce roman : Sylvie, Lou et Rethymna. Sophie n’a pas aimé.
Délicieuses pourritures, Joyce Carol Oates, J’ai lu
J’ai découvert cette auteur avec ce livre et j’avoue que depuis, c’est une de mes romancières favorites. Depuis, j’ai lu « Hudson River », mon favori (beaucoup moins malsain), « Confession d’un gang de filles » et « Johnny Blues ». J’ai « Les chutes » et « Nous étions les mulvaney » dans ma PAL. J’espère que tu accrocheras mieux avec un autre livre.
@ Manu : J’ai noté « Nous étions les Mulvaney » et « Blonde ». J’ai envie d’essayer d’autres livres parce que je lis tellement d’avis positifs sur cette auteure.
C’est vrai que ce roman est très particulier, limite malsain, en tout cas, particulièrement dérangeant. Longtemps après l’avoir lu, j’y repense encore. Je n’ai pas encore relu Oates, plus par manque de temps que par déception.
J’aime beaucoup cette auteure, je te conseille dans un tout autre genre « Nous étions les Mulvaneys » voir lien ci-dessous :
http://www.leslecturesdeflorinette.com/article-11141163.html
ou sinon « Mère disparue » que j’ai beaucoup aimé, il ne me reste plus qu’à en faire l’article !
@ Sophie : Il est malsain, mais je ne l’ai pas trouvé très dérangeant. Je verrai s’il m’en restera quelque chose.
@ Florinette : J’avais noté ce titre suite à ton billet justement ! Je pense que je vais bientôt me le procurer.
Même si tu n’as pas aimé je suis quand même intriguée… je finirai peut-être par le lire, pour constater ce côté limite malsain…
@ Karine : J’avais été intriguée par la quatrième de couverture. Et le livre n’a pas répondu à cette attente, malheureusement.