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D’une nuit de noces…

Sur la plage de Chesil de Ian McEwan est un magnifique roman empreint de douceur et de douleur. Dans ce roman, l’auteur nous montre comment les non-dits, la peur, la colère et l’ignorance peuvent transformer ce qui semblait parfait en un échec, modifier la trajectoire d’une vie. Deux jeunes gens, Edward et Florence, passent leur nuit de noces dans une vieille auberge, au bord de la plage de Chesil. Mais, ce ne sera ni pour l’un ni pour l’autre cette nuit d’ivresse et de bonheur. Dès le début du roman, on sent un malaise entre les époux. Edward a peur de ne pas assurer et Florence craint le rapprochement de leurs corps mais ne sait pas comment l’exprimer. L’atmosphère tendue, incertaine et suspendue est superbement bien décrite. L’alternance des points de vue est très enrichissante et nous permet de comprendre ce qui se passe dans les esprits de chacun, mais aussi de comprendre le désastre qui se trame. Le lecteur assiste à ce « fiasco » et se sent tellement impuissant pour leur venir en aide.  Mais pourquoi en sont-ils arrivés là ? Ces deux jeunes gens étaient faits pour s’aimer.

C’est un roman intense, tellement juste et si court, dans lequel la mer rythme les émotions. Je me suis sentie proche de cet homme, j’ai eu envie de le consoler, de lui redonner une chance. Par contre, je n’ai pas éprouvé de sympathie pour Florence, même si je comprends totalement son dégoût et sa peur. J’ai pu ressentir ce qu’elle éprouvait mais je ne l’ai pas suivie dans sa colère. Je découvre l’auteur par ce livre et je suis sous le charme de tant de justesse et d’intensité. Ian McEwan nous emmène là où ça fait mal et nous montre comment certains événements, certains actes involontaires, peuvent influer sur notre vie. Une histoire d’amour gâchée parmi tant d’autres. Un roman à découvrir.

Sur la plage de Chesil, Ian McEwan, Gallimard, 2008

Livre lu pour le Challenge du 1% littéraire.

Surprises du London Swap

C’est jeudi que j’ai pu récupéré à la poste mon colis “London Swap“, super swap organisé par Ys. Lorsque la guichetière m’a donné le colis, un grand sourire a illuminé mon visage. Ma swapeuse n’était autre que ma swapée : Nanne ! J’ai trouvé cette coïncidence très agréable et j’étais toute excitée à l’idée de découvrir ce que Nanne avait préparé pour moi…

Rentrée à la maison, je cherche désespérément des piles pour les mettre dans l’appareil photo. Les piles trouvées, je prends le colis et je fais une photo. Puis, je l’ouvre et là, une belle surprise m’attendait. Pleins de petits paquets emballés aux couleurs de l’Angleterre et du London Swap et une jolie carte. Génial !

Alors par quoi vais-je commencer ? Peu importe, je me lance avec frénésie dans le déballage des petits paquets.

Et j’ai été gâtée… De bonnes choses à déguster : du chocolat noir à la menthe, des biscuits pur beurre, du thé “Afternoon Darjeeling” et de la marmelade d’oranges. Je n’ai jamais mangé de marmelade à l’orange, alors c’est l’occasion d’essayer.

Et puis aussi j’ai reçu un joli petit Note Book rouge et un City Guide de Londres, très pratique avec de belle photos. Moi qui rêve depuis si longtemps d’y aller, je n’ai plus qu’à partir.

Et enfin, côté livres, Nanne et moi avons eu la même idée et la même envie puisque nous nous sommes envoyées L”innocence de Tracy Chevalier. Je suis très contente parce que j’avais bien envie de le lire. Et puis, Nanne m’a également envoyé La chute du British Museum de David Lodge. Un auteur que je ne connais pas mais que Nanne m’assure très drôle. Et comme j’adore rire, j’ai hâte de le lire.

Alors, je suis comblée par tous ces cadeaux. Merci beaucoup Nanne pour ce super colis. C’est toujours un plaisir de participer à des swaps.

Merci Ys pour la parfaite organisation de ce swap qui m’a permis de découvrir de nombreux auteurs que je ne connaissais pas. Je piocherai sûrement dans ta bibliographie pour découvrir cette ville.

De pourritures…

Il y a quelques mois, j’ai acheté mon premier roman de Joyce Carol Oates intriguée par la quatrième de couverture, Délicieuses pourritures. Je l’ai ouvert il y a quelques semaines et, malheureusement, je n’ai pas du tout accroché à ce roman. C’est étrange parce que j’ai lu beaucoup de critiques positives à son sujet. Ce n’était peut-être pas le bon moment pour le lire.

Dans ce court roman, Oates nous plonge dans l’univers, quelque peu malsain, d’un campus pour jeunes filles, le Catamount College, dans le Massachussets. Tout commence lorsque Gillian, la narratrice, replonge dans son passé en raison d’un trouble provoqué par un totem alors qu’elle visitait l’aile réservée à l’Océanie du Louvre. Ce totem va lui faire revivre un semestre d’étudiante de septembre 1975 à janvier 1976. On la retrouve donc en janvier 1976 dans le froid suite à une alerte incendie dans son logement, mais l’incendie ne la concerne pas. Elle est spectatrice d’un autre incendie qui réduit en cendres une maison pas trop éloignée. Après cet épisode, l’auteure nous invite à lire le journal de Gillian, journal qui commence en septembre 1975. Dans ce journal, Gillian raconte sa vie, les événements du collège, ses fantasmes, ses désirs, son amour, sa passion plutôt, pour le professeur de poésie, Andre Harrow. Gillian est une jeune fille studieuse et timide, elle est assez effacée et introvertie. Toutes les filles du cours de poésie en sont amoureuses. Cet homme, au charisme extraordinaire, n’a pourtant rien d’extraordinaire. Andre Harrow est marié à une sculptrice énigmatique, Dorca. Ils forment un couple très ouvert et excentrique, un couple étrange. Andre, autoritaire, séduit les jeunes filles et Dorca les invite chez eux pour des soirées particulières. Les “heureuses élues” n’ont pas le droit de le dévoiler mais Gillian sent celles qui y sont allées. Son but est d’être invitée par son professeur et sa femme. Elle est intriguée et envie les autres. Pendant ce temps, Gillain voit certaines de ses amies se détruire lentement (anorexie, tentatives de suicide, pyromanie, …) Que se passe-t-il lors de ces soirées ? Gillian en fera, elle aussi, l’expérience. Elle nous raconte alors les perversions de ces deux adultes imbus de leur personne qui mettent en danger la vie de jeunes filles influençables et fragiles. Ils leur font faire et subir des choses ignobles pour leur propre plaisir. L’auteure ne nous les dévoile pas crûment, elle laisse sous-entendre, elle donne quelques touches. Gillian, écoeurée ou déçue, commettra l’irréparable. Oates associe dans ce roman les forces de la vie, Eros et Thanatos, et les pousse à l’extrême tout en restant légère et poétique.

Ce livre pourrait être troublant ou révoltant mais je l’ai trouvé plat. L’histoire, assez malsaine, ne m’a pas captivée. Oates nous raconte une histoire qui dérange et qui choque mais qui m’a totalement laissée indifférente. Un livre donc que je ne conseille pas. Mais je ne renonce pas à lire cette auteure. J’espère que je lirai d’autres récits plus vivants et prenants.

Elles ont aimé ce roman : Sylvie, Lou et Rethymna. Sophie n’a pas aimé.

Délicieuses pourritures, Joyce Carol Oates, J’ai lu

De citron…

Voici un article très court sur ce recueil de nouvelles de Sergi Pàmies, Si tu manges un citron sans faire de grimaces, que j’ai lu il y a déjà plusieurs semaines. Je ne peux que donner les impressions qui me restent après ce temps certain.

C’est un recueil que j’ai adoré, une véritable découverte étonnante. Les histoires racontées par l’auteur sont vivantes et fortes en émotion. Elles sont déroutantes aussi car l’auteur détourne, contourne et retourne les valeurs et les habitudes de nos vies. Il explore le quotidien, les gestes et les choses qui nous entourent. Il leur donne une existence. C’est totalement décalé et inattendu. Ce traitement  ne nous laisse pas indifférent. On rit, on est mal à l’aise, on s’interroge, on reste perplexe, on ouvre de grands yeux, on s’étonne et on se régale ! Toutes les nouvelles sont bonnes, mais je veux surtout mettre en évidence celles-ci :

- “Comme deux gouttes d’eau” qui nous raconte la vie d’une goutte d’eau.

- “Le sang de notre sang” qui remet en question la normalité d’un couple pour un enfant.

- “Le jeu” à l’humour un peu noir.

- “L’excursion” symbole de l’adolescence.

et enfin “Justement, nous parlions de toi”, la dernière nouvelle, qui donne au recueil son titre et qui influence notre vie un tout petit peu.

Ce sont les nouvelles qui m’ont marquée un peu plus que les autres.

Sergi Pàmies est un auteur à découvrir et à lire. Et même, je relirais bien ce recueil. Ce livre fait partie du cercle très restreint et privilégié des livres qui donnent envie de les relire alors qu’on vient de les fermer. C’est une bonne chose !

Livre lu dans le cadre du Challenge du 1% littéraire.

La présentation du livre par l’éditeur.

Si tu manges un citron sans faire de grimaces, Sergi Pàmies, Éditions Jacqueline Chambon, 2008

J’aime vos blogs…

Levraoueg du blog La tourneuse de pages m’a gentiment taguée avec “J’aime ton blog”. Ce tag me fait extrêmement plaisir. Merci beaucoup à elle.

Voilà le principe :

Il s’agit de faire découvrir 7 blogs que l’on apprécie particulièrement et de prévenir les personnes à qui l’on a attribué le trophée. Celles-ci sont alors invitées à perpétuer la chaîne (si elles n’ont pas encore répondu), à expliquer les règles et à joindre l’illustration dans leur billet.

Alors, c’est un choix très difficile. Il y a beaucoup plus de 7 blogs que j’apprécie et que je lis régulièrement.

Les heureuses élues sont donc :

1. Bladelor : Un des premiers blogs que j’ai découvert et que j’apprécie énormément pour ses billets.

2. Tamara : J’aime beaucoup la présentation de ces billets que j’ai découverts lors de la première édition du Lotobook.

3. Moustafette : J’aime beaucoup ses lectures et ses billets ainsi que leur présentation.

4. Emeraude : Aussi pour ses billets.

5. Ys : Pour les découvertes que j’y fais…

6. Karine : l’incontournable ! Toujours un réel plaisir de la lire.

7. Bellesahi : Pour ses photos et ses lectures… Un blog très doux.

Mais ce n’est pas tout. Il y en a tellement que j’apprécie beaucoup…

J’ai vite écrit ce billet avant de partir une semaine en vacances en Espagne où nous volerons beaucoup.

D’une page…

Une page d’amour d’Emile Zola devait être une parenthèse de douceur et de tendresse entre L’Assomoir et Nana, deux œuvres majeures d’une puissance destructrice incroyable. Mais ce roman n’est pas cette page d’amour et de calme. C’est tout le contraire. La vie d’une femme honnête et droite va être bouleversée par l’apparition de l’amour, ou plutôt de la passion dans sa vie. Mais ce que nous montre Zola à travers cette œuvre très noire c’est surtout le mensonge et l’illusion provoqués par la passion. Ce sentiment qui s’immisce en nous, nous fait perdre la raison et nos repères, n’apporte rien et est éphémère. La morale de ce roman est donc de ne pas se laisser emporter par la passion amoureuse. Il faut vivre dans le droit chemin de manière raisonnable.
Pourquoi ce roman est-il si sombre ? Que nous raconte-t-il de si tragique ? Dans cet épisode des Rougon-Macquart, il s’agit d’Hélène Mouret, veuve suite au décès de son mari lors de leur arrivée à Paris, et de sa fille Jeanne. Hélène vit une vie tranquille avec sa fille dans son petit appartement très bourgeois où elle reçoit ses deux plus fidèles amis, M. Rambaud et son frère, l’abbé Jouve. Elle occupe son temps à coudre et à venir en aide aux pauvres gens. Mais dans son bonheur, il y a la santé de sa fille qui la tourmente. Jeanne est nerveusement fragile. La moindre émotion forte, la moindre contrariété, peuvent provoquer chez l’enfant des crises terribles. Un jour, toute cette vie bien réglée sera perturbée par l’arrivée du Docteur Deberle, Henri pour les intimes, alors que Jeanne subit une crise très grave. Il vient la soigner et la rencontre d’Hélène et Henri fait naître dans ces cœurs honnêtes des sentiments troubles. Hélène s’éveillera peu à peu à l’amour qu’elle n’a jamais ressenti pour un homme. On suit la progression de ce sentiment dans ce cœur encore vierge. Progression d’autant plus forte que stimulée par des facteurs extérieurs. Hélène et Henri connaîtront leur plus belle nuit d’amour au chevet de Jeanne malade. Mais les choses évoluant, ils passeront à l’acte, le jour où ils se seront le moins aimés dira Hélène. Et Jeanne, cette enfant nerveuse, sensible et jalouse, vivra cette passion dans son petit corps frêle. Elle est la victime de cette passsion. Elle meurt à cause de l’irresponsabilité des adultes. Mais là, je ne suis pas d’accord parce que Jeanne est une enfant jalouse et possessive. Personne ne peut approcher sa mère qui doit vivre pour elle et ce n’est pas acceptable. Bien sûr, Hélène aurait dû porter plus d’attention à sa fille lors de son refroidissement mais elle est libre de trouver l’amour.C’est une histoire tragique qui se lit agréablement. Zola se livre ici à une véritable analyse psychologique de la jalousie et de la passion et de leurs effets sur les êtres humains. Ce roman est appréciable pour sa construction. Il est divisé en cinq parties, divisée chacune en cinq chapitres portant sur des périodes temporelles différentes en fonction de l’action et des émotions présentées. Zola, à nouveau, est un véritable peintre. Chaque partie se conclut sur une description picturale de Paris, d’un Paris correspondant aux émotions des héroïnes. C’est stupéfiant de beauté et de vie. Zola joue avec les couleurs et les mouvements. Il rivalise avec les peintres impressionnistes qu’il connaît si bien. De plus, un passage du roman semble tiré d’une scène peinte par Renoir, La Balançoire. Un livre donc à découvrir pour vivre cette parenthèse, non pas douce et tendre, mais désespérée et désenchantée.

Livre lu dans le cadre du Challenge Rougon-Macquart
Une page d’amour, Emile Zola, Le livre de poche