Du froid….
Le froid modifie la trajectoire des poissons de Pierre Szalowski est un livre que j’ai adoré. Je l’ai acheté à Québec lors de mon voyage en mars attirée par le titre. J’aime beaucoup les titres particuliers qui m’interpellent beaucoup. Était-ce un livre sur les poissons, sur la théorie des poissons ou une juste une explication de quelque chose de plus vaste. J’ai lu la quatrième de couverture : un enfant doit faire face à la séparation de ses parents, il appelle à l’aide et le lendemain, le 5 janvier 1998, commence « la pire tempête de verglas que le Québec ait jamais connue ». Mmmm, intéressant tout ça !
J’ai bien fait de l’acheter car j’ai passé un très beau moment en compagnie de ce petit garçon mais aussi de ses voisins dont la vie n’est pas si rose mais dont la tempête va bouleverser l’existence. Toutes ces personnes ne se connaissent pas même s’ils se voient évoluer les uns les autres. On retrouve donc le petit garçon qui ne nous donne jamais son prénom pour que son « histoire puisse appartenir à tous les enfants qui voudraient se faire entendre » et ses parents qui se séparent. Ils ne se supportent plus. La vie les a éloignés. Mais il ne veut pas l’accepter et demande de l’aide. Le ciel l’écoute en envoyant la tempête. Ensuite, il y a son copain Alex et son père Alexis, un loque depuis que sa femme l’a abandonné à la naissance de son fils. Et puis, Simon et Michel, deux hommes qui s’aiment mais qui n’osent pas le montrer. Il y a encore Julie, une danseuse, seule et Boris, un jeune chercheur russe qui étudie pour son doctorat la trajectoire des poissons. Ce sont ses observations qui ont donné le titre et le sens du livre. Tout commence lorsque, en raison du verglas, les habitants d’un côté de la rue sont privés d’électricité alors que les autres sont en zone prioritaire car situés du côté du home pour personnes âgées. C’est le début de l’histoire. Je n’ai pas envie d’en dire plus. Lisez-le et vous trouverez des moments de tendresse et de douceur partagés. Le froid modifie également la trajectoire des Hommes et les rapproche, les rend solidaires. J’ai beaucoup aimé ce roman québécois spontané et généreux, sensible, drôle, émouvant et vivant. L’écriture est très juste aussi. Une fois refermé, j’ai eu envie de le relire, de me plonger à nouveau dans cette atmosphère de chaos lié à la terrible tempête mais aussi de chaleur humaine. Un beau livre à découvrir.
Il s’agit du premier roman de l’auteur.
Les avis de Venise et de La page blanche.
