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Du Horla et autres…

Je n’ai pas du tout apprécié Le Horla et autres récits fantastiques, recueil de nouvelles de Maupassant. Je n’avais lu de cet auteur que Bel-Ami et Pierre et Jean, romans que j’avais réellement adoré. J’ai donc entamé cette lecture avec un certain enthousiasme. Mais j’ai été déçue car je me suis rapidement ennuyée. Les nouvelles, très courtes, sont assez répétitives dans leur construction ainsi que dans leurs sujets. J’ai l’impression d’avoir lu plusieurs fois la même histoire mais dans des contextes différents. Je n’ai pas du tout été intriguée ou angoissée. J’étais blasée, ne ressentant aucun effroi ni aucune émotion face à ces situations ‘surnaturelles’. Je ne pense pas qu’il faille lire ces nouvelles comme je l’ai fait mais plutôt, de temps à autres, aller pêcher une nouvelle. La lecture s’en trouvera allégée et peut-être plus agréable.

Cependant, j’aimerais vous parler de deux nouvelles appréciées. La première est assez humoristique, d’un humour un peu macabre : Auprès d’un mort. Dans cette nouvelle, le héros rencontre un allemand malade qui lit Schopenhauer. Cette rencontre permet à Maupassant de présenter ce grand philosophe et son action sur le monde.

« Schopenhauer a marqué l’humanité du sceau de son dédain et de son désenchantement. Jouisseur désabusé, il a renversé les croyances, les espoirs, les poésies, les chimères, détruit les aspirations, ravagé la confiance des âmes, tué l’amour, abattu le culte idéal de la femme, crevé les illusions des cœurs, accompli la plus gigantesque besogne de sceptique qui ait jamais été faite. Il a tout traversé de sa moquerie, et tout vidé. » (p. 48)

Cet homme était un proche du grand philosophe moqueur et il raconte une anecdote qui s’est passée alors qu’il veillait le corps du mort célèbre. Écoeuré par l’odeur du cadavre, lui et un ami s’étaient retirés dans la pièce voisine à la chambre funèbre. Ils sentaient l’angoisse monter en eux quand soudain quelque chose de blanc est allé se cacher sous un fauteuil, modifiant le visage du mort. Je ne peux vous dévoiler le mystère qui rend cette fin si drôle.

Ensuite, on ne peut passer à côté de l’incontournable Le Horla, une nouvelle dont on connaît le nom sans jamais l’avoir lue. Elle est vraiment bien développée et la tension monte progressivement. On vit cette angoisse avec le personnage. De plus, le thème est original : la présence d’êtres supérieurs non perceptibles par nos sens qui rendraient les humains fous et les mettraient à leur service. Cependant, ayant lu les autres nouvelles avant celle-ci, notamment Lettre d’un fou, je n’ai pas eu de surprise car certains éléments sont déjà exploités dans les autres récits. Je conseillerais donc de ne lire que ces deux nouvelles afin de les apprécier justement sans s’ennuyer.

Je suis un peu chagrinée par cette lecture car j’espérais beaucoup de ces histoires et de cet auteur. Et puis, après ce livre, je n’ai plus eu envie d’en ouvrir un autre. J’étais comme saturée de lecture. Je n’aime pas perdre le goût de lire.

Le Horla et autres récits fantastiques, Guy de Maupassant, Pocket, 1989

De détectives…

Spellman & Associés nous plonge dans la vie trépidante et loufoque d’une famille de détectives privés racontée la fille aînée de la famille Isabel, complètement tarée et gamine. C’est un livre très divertissant, assez drôle, qui nous fait passer un bon moment de lecture. J’ai aimé cette famille qui sort de l’ordinaire, ces personnages complètement tordus mais tellement attachants. J’ai préféré la cadette, Rae, qui a compris les mécanismes du chantage, ou plutôt de la négociation, pour tout obtenir dans la vie. Je trouve son comportement scandaleux mais aussi intelligent pour une jeune fille. Elle ne ressemble pas aux jeunes filles de son âge et ne vit que pour la filature au risque de sa vie. C’est une détective née. Mais elle exagère dans son comportement, elle n’envisage pas les conséquences. Isabel est totalement instable, vit chez ses parents et ne peut pas garder un homme plus de quelques mois. Elle n’a pas grandi et j’aime un peu ce côté. Par contre, David, l’aîné de la famille, semble tout à fait normal et a d’ailleurs coupé les liens avec la famille en devenant avocat. Il y a également l’oncle Ray, buveur et joueur de poker, totalement débauchés depuis la guérison de son cancer et le départ de sa femme.

Enfin, un livre qui fait passer du bon temps et qu’on lit vite avec plaisir.

Les avis peu enthousiastes de Laure et de Nanon, ceux plus gentils de Clarabel et Chimère.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Spellman & Associés, Lisa Lutz, Le Livre de Poche, 2008

D’une quête…

Qoëlet, héros du roman éponyme Qoëlet, est le dernier fils miraculé né en pleine épidémie de petite vérole d’un soldat manchot et d’une ancienne aubergiste ayant perdu tous leurs enfants à la guerre. Mort-né, il est cependant « ressuscité » pendant la nuit. Un mystère entoure donc sa naissance. Ses parents, en conflit depuis sa naissance, rêvent chacun de le voir soit militaire soit ecclésiastique. Mais, Qoëlet ne suivra ni l’une ni l’autre voie. Il sera voyageur-commerçant. Qoëlet est animé par le besoin d’aventures et de découvertes. Il commencera ses études dans un collège jésuite à Vannes où ses talents d’orateur sont incontestés. Mais appelé par son idéal et la mer, Qoëlet prendra le large et deviendra commerçant. C’est le début de sa vie passionnante parsemée de rencontres, d’amitiés fortes mais mises à mal et de situations délicates. Ce qui l’anime avant tout c’est son rêve de bonheur : l’amour. Il rêve de la femme idéale qu’il rencontrera un jour dans une église janséniste. Pendant un an, il lui écrira des poèmes et puis de la prose. Ensuite, ils se rencontreront et vivront leur amour projetant de fuir ensemble. Mais la maladie, la mort les empêchera de vivre leur bonheur. La Belle mourra de la petite vérole sans qu’il n’ait pu tenter quoi que ce soit pour la sauver. Dès cet instant, Qoëlet parcourt le monde tel une âme en peine mais sera également animé par la volonté de sauver l’humanité de la petite vérole par une technique orientale ancestrale réfutée en France mais tellement efficace : l’inoculation d’une forme de petite vérole inoffensive, issue de la maladie de la vache. Son combat préfigure la vaccination. Il sera impliqué dans le combat des quelques savants et hommes éclairés, de ceux qui croient en l’avancée de la science et aux techniques orientales. Qoëlet se battra, finalement tout seul, pour sa Belle, pour le monde. Il est rejetté par les savants et l’Eglise.

Ce livre passionnant montre combien les français étaient hostiles aux changements et aux avancées et préfèraient se conforter dans ce qu’ils connaissaient plutôt que d’avancer. Ce livre montre l’étroitesse et la versatilité de l’esprit de beaucoup. J’ai adoré ce livre que je n’ai pu lâcher. Qoëlet vit tellement d’aventures enrichissantes et extraordinaires. Son combat est fort et acharné. On le suit, et on le remercie de son combat. J’ai également appris beaucoup de choses. C’est un roman très intéressant et vivant qui n’est pas seulement un historique mais aussi initiatique, philosophique,d’aventures et d’amour. Je crois que j’aime les romans historiques.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Le site de l’auteur. L’avis de Laure.
Qoëlet, François de Gourcez, Le Livre de Poche, 2008

D’un requiem…

  Dans son roman Le Requiem de Terezin, inspiré d’une histoire vraie, Josef Bor nous raconte comment des prisonniers juifs artistes enfermés dans le camp de Terezin se sont investis dans la musique pour donner vie au Requiem de Verdi, ce chant pour la liberté et l’espoir, pendant dix-huit mois (de 1941 à 1943). Cet orchestre s’est constitué grâce à la volonté d’un pianiste et chef d’orchestre tchèque, Raphaël Schächter, malgré toutes les difficultés liées à la diminution constante des musiciens ou chanteurs envoyés à Auschwitz. Ce livre est vraiment terrible et pourtant empli de volonté, d’espoir et d’humanité. L’art devient, dans ce camp, un moyen de dépasser sa condition, de retrouver l’émotion et la justice. L’art est ce qu’il y a de plus intense et de plus humain. Mais comment l’art a-t-il pu survivre dans un tel contexte ? Cet engagement est merveilleux. Ce livre, écrit par un rescapé d’Auschwitz mais dont toute la famille a disparu, n’exprime pas le désespoir mais est un message montrant qu’on ne peut pas détruire l’humain par la barbarie. Ce livre est plein d’espoir et de lutte, ce qui rend la fin encore plus brutale et dramatique. Comment peut-on arriver à une telle barbarie ? Je ne comprends pas, toujours pas. C’est un livre dur mais un chant pour la liberté et la justice.

J’aimerais écouter le Requiem de Verdi pour pouvoir encore mieux m’imprégner de leurs émotions et sentir toute la puissance de cette œuvre.

Un livre à découvrir, à lire et à écouter.

Le site des Editions du Sonneur avec beaucoup d’avis intéressants.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche
Le Requiem de Terezin, Josef Bor, Le Livre de Poche, 2008

D’une fille…

  Flore Vasseur peint le mal-être des jeunes diplômes de la génération 2000, et en particulier celui des diplômes des écoles de commerce formatés pour un mode de vie déterminé sortis à la fin des années 1990. Mais ce mal-être me semble toucher tous les diplômés et peut-être encore plus actuellement (mais je me trompe peut-être, je parle juste de mon expérience personnelle). Que faire lorsqu’on a terminé ces études ? Dans quelle voie se lancer ? Et puis, comment trouver un travail actuellement ? Un travail qui nous plaise. Et comment rester libre ? Comment vivre ? Souvent, on se bat pour avoir une place et gagner de l’argent dans un environnement factice. Certains se fondent dans cette vie, l’acceptent et le vivent très bien. Puis d’autres ne se sentent pas à leur place, ne supportent pas ce carcan, ont besoin de vivre, d’expérimenter d’autres univers. L’héroïne de Une fille dans la ville, dont on ne connaît pas le prénom, démissionne et part à la recherche de soi et de sa vie. Elle part à New York où tout est possible, où on peut faire fortune très vite comme tout perdre en quelques secondes. Elle monte sa société d’intelligence économique avec rien. Elle connaît des succès et des angoisses financières. Puis un jour, c’est le krach, la chute de la bulle Internet, le désenchantement de la fortune immédiate. Elle assiste également aux attentats du 11 septembre. Ses bureaux étaient encore la veille dans ces tours. C’est l’incompréhension, l’engagement. Est-elle encore à sa place à New York ? Elle s’interroge et décide dès lors de rentrer à Paris. Elle cherche du travail, rencontre Susan à Londres qui lui offre un travail et l’opportunité de voyager dans le monde. Elle ouvre les yeux sur les modes de consommation aux quatre coins du monde. A la recherche de l’amour, toujours attirée par son premier amour, Nicolas, et entretenant avec lui une relation de « chassé-croisé », elle le suit quelques temps en Afghanistan, à Kaboul. Elle y rencontre de nombreux jeunes, également à la recherche d’une vie différente et non formatée. Mais elle découvre un univers difficile et scandaleux. Elle ne s’y sent pas non plus à sa place. Finalement, où peut-elle se trouver ?

 

J’ai aimé ce livre qui nous parle de notre quête d’identité, de nos choix de vie, de notre soif de liberté, de nos idéaux démolis et de nos désillusions. On y rencontre plus de personnages mal dans leur peau que de personnages conformes à ce qu’exige la société et heureux( ?). Ce livre me parle beaucoup. Et puis, petit plus, il y a une discographie à la fin de l’ouvrage.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Une fille dans la ville, Flore Vasseur, Le Livre de Poche, 2008

Les avis de Florinette, Bernard et du Buzz littéraire.

Le site de l’éditeur “Editions des Equateurs” avec une interview de Flore Vasseur.

D’une fête…

Paris est une fête est le deuxième roman d’Hemingway que je lise après Le vieil homme et la mer. Ce livre m’avait beaucoup émue. Paris est une fête est d’un tout autre genre. Dans ce roman passionnant et autobiographique, Hemingway raconte sa vie à Paris avec Hadley (sa première épouse), ses débuts d’écrivains, les amis et les connaissances qu’il y a fait. Ce livre est le miroir, le témoignage, de sa première période parisienne, la période avant le divorce d’avec Hadley, de 1921 à 1926. Dans sa préface, Hemingway prévient le lecteur qu’il ne parlera pas de tous les personnages, les lieux, les observations qu’il a pu faire pendant cette période. Mais, cela n’appauvrit en rien ce roman qui est déjà très riche.

 

Arrivant à Paris, Hemingway abandonne le journalisme pour devenir écrivain. Cette activité leur réserve une vie pauvre mais agréable, car à Paris on pouvait bien vivre même quand on n’avait pas beaucoup d’argent. Paris était une fête. Les choses ont vraiment changées par rapport à cette époque. Avec Hemingway, on visite son Paris, on rencontre et passe des moments avec quelques personnalités du monde culturel (Gertrude Stein, Joyce, Scott Fitzgerald, Ezra Pound, …), on va aux courses, on skie en Autriche. On découvre également ses débuts, sa manière de travailler, ses angoisses et ses recherches. Hemingway parle de son amour pour sa femme, leur complicité. Mais finalement, Hemingway sera tenté et trompera sa femme aimante. C’est la fin d’une période heureuse et la fin du roman.

 

Ce roman est très intéressant et vivant. J’aime souvent les livres où les auteurs se racontent. J’ai beaucoup aimé les passages avec Fitzgerald, surtout leur escapade à Lyon. Dans ce livre, Hemingway parle également du couple que forment Scott et Zelda : deux âmes perdues se jalousant l’un l’autre et alcooliques. Zelda apparaît ici comme une femme dépressive, jalousant le métier de son mari et l’empêchant de travailler en le faisant boire. On remarque aussi un couple fusionnel et destructeur. Cela m’a fait penser au roman de Gilles Leroy, Alabama Song, qui se met dans la peau de Zelda. J’ai bien envie de le lire. Paris est une fête est un roman déniché chez un bouquiniste que j’ai beaucoup apprécié.

Paris est une fête, Hemingway, Le Livre de Poche, 1969

Fêtons Maupassant…

 

Guy de Maupassant est né le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques dans une famille noble d’origine lorraine. Toutefois, une polémique existe quant à son lieu de naissance. En effet, selon son acte de décès, Maupassant serait né à Sotteville, près d’Yvetot. Sa mère, Laure le Poittevin, avait été l’amie de Gustave Flaubert qui allait exercer une certaine influence sur la vie de Guy. Elle fut une femme d’une grande culture littéraire, aimant beaucoup les classiques, particulièrement Shakespeare. En 1856, naît Hervé, le frère cadet de Guy.

 

En 1860, ses parents divorcent. Maupassant et son frère suivent leur mère à Etretat où ils vivront entre mer et campagne. Guy pêche avec les pêcheurs, parle le patois et grandit dans l’amour de la nature. En ce qui concerne sa scolarité, Guy entre d’abord au petit séminaire à Yvetot, selon le souhait de sa mère, où il commence à versifier, à l’âge de treize ans. De sa première éducation catholique, il conservera une hostilité marquée envers la religion et il finira par se faire renvoyer. Il est alors inscrit au lycée Corneille de Rouen, où il se montre bon élève, s’adonnant à la poésie et participant aux pièces de théâtre. A cette époque, il côtoie surtout Gustave Flaubert, dont il devient le disciple. En 1869, il s’inscrit à la Faculté de Droit à Paris. Mais en 1870, il commence son service militaire qui durera un an en s’enrôlant comme volontaire dans la Guerre franco-prussienne. Après la guerre, il paie un remplaçant pour achever à sa place son service militaire et quitte la Normandie pour Paris. Il rentre alors comme commis au Ministère de la Marine en 1872 jusqu’en 1878, date à laquelle il sera transféré au Ministère de l’Instruction Publique. Le soir, il travaille d’arrache-pied à ses travaux littéraires. Fin janvier 1877, le diagnostic tombe, il est atteint de syphilis. Cette maladie ne cessera d’empoisonner son existence.

 

Gustave Flaubert le prend sous sa protection et sera pour lui une sorte de mentor littéraire, guidant ses débuts dans le journalisme et la littérature. Chez Flaubert, il rencontre Tourgueniev et Zola, ainsi que de nombreux écrivains des écoles naturaliste et réaliste. Il écrit beaucoup de vers et de courtes pièces. Il commence aussi à fournir des articles à plusieurs journaux importants comme Le Figaro, Gil Blas, Le Gaulois et L’Écho de Paris puis il consacre ses loisirs à l’écriture de romans et de nouvelles. Toujours encouragé par Flaubert, il publie en 1879 son premier livre, un fascicule d’une centaine de pages, Histoire du vieux temps. S’étant lié avec Zola, il participe en 1880 au recueil collectif des écrivains naturalistes Les Soirées de Médan avec sa première nouvelle, Boule de Suif, qui remporte d’emblée un grand succès et que Flaubert qualifie de « chef-d’œuvre qui restera ». La disparition subite de Flaubert en 1880, le laissera seul.

 

La décennie de 1880 à 1890 est la période la plus féconde de la vie de Maupassant : il publie six romans, plus de 300 nouvelles et quelques récits de voyage. Rendu célèbre par sa première nouvelle, il travaille énormément et publie deux, voire plus, volumes par ans. Son sens des affaires et son talent lui ont apporté la richesse. En 1881, il publie son premier volume de nouvelles sous le titre de La Maison Tellier ; en 1883, il termine son premier roman, Une vie. Avec les droits d’auteur de La Maison Tellier il se fait construire sa maison « La Guillette » à Étretat. Maupassant aura trois enfants, qu’il ne reconnaîtra pas, avec Joséphine Litzelmann, une donneuse d’eau de Châtelguyon. En 1884, il vit une liaison avec la comtesse Potocka. Son second roman, Bel-ami, paraît en 1885 et connaît un grand succès de librairie. Il écrit également à cette époque l’un de ses chefs-d’œuvre, Pierre et Jean, en 1887/1888.

 

Son aversion naturelle pour la société le porte vers la retraite, la solitude et la méditation. Il voyage longuement en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, en Sicile, en Auvergne. Chaque voyage lui permet d’écrire de nouveaux textes. Il fait une croisière sur son yacht privé nommé « Bel-Ami » d’après son roman de 1885. Cette croisière, où il passe par Cannes, Agay et Saint-Tropez lui inspire Sur l’eau. Cette vie ne l’empêche pas de nouer des amitiés avec les célébrités littéraires de son temps : Alexandre Dumas fils, Taine rencontré à Aix-les-Bains… Par contre, l’amitié de Maupassant avec les Goncourt sera de courte durée, son caractère s’accommodant mal à celui des Goncourt. Mais la brouille aurait commencé à propos d’une souscription pour un monument à la gloire de Flaubert.

 

En 1887, son frère Hervé est interné une première fois, et retombe malade en fin d’année. En 1888, il est de nouveau interné à l’asile de Lyon-Bron où il meurt en novembre 1889. Durant ses dernières années, Maupassant développe un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de la mort et une certaine paranoïa, dus surtout à la syphilis. Maupassant se porte de plus en plus mal, son état physique et mental ne cesse de se dégrader et ses nombreuses consultations et cures à Plombières-les-Bains, Aix-les-Bains ou Gérardmer n’y changent rien. En août 1890, il commence L’Âme étrangère, qu’il ne finira jamais. En 1891, il commence un roman, L’Angélus, qu’il n’achèvera pas non plus. Le 31 décembre, il envoie une lettre d’adieu au docteur Cazalis. Après une tentative de suicide au début de l’année 1892, Maupassant est interné dans la clinique du docteur Emile Blanche à Paris. Fin 1892, ses membres sont totalement paralysés. Il meurt le 6 juillet 1893 après dix-huit mois d’inconscience presque totale.

Dans le cadre de cette célébration, je lirai Le Horla.

Bibliographie

Boule de Suif (1880)
La Maison Tellier (1881)
Une partie de campagne (1881)
Mademoiselle Fifi (1882)
Ce cochon de Morin (1882)
La folle (1882)
La Légende du Mont-Saint-Michel (1882)
La ficelle (1883)
Deux Amis (1883)
Une vie (1883)
Vendetta (1883)
Clair de lune (1883)
Contes de la bécasse (1883)
Aux champs (1884)
Au soleil (1884)
Les Sœurs Rondoli (1884)
Yvette (1884)
La Parure (1884)
Miss Harriet (1884)
Un fou ? (1884)
Adieu ! (1884)
L’Héritage
(1884)
Monsieur Parent (1885)
Lettre d’un fou (1885)
Bel-Ami (1885)
Contes du jour et de la nuit (1885)
Le Horla (1887)
Sur l’eau (1888)
Pierre et Jean (1887/1888)
Le Rosier de Madame Husson (1888)
Le Port (1889)
Fort comme la mort (1889)
La Main gauche (1889)
Histoire d’une fille de ferme (1889)
Mouche (1890)
La Vie errante (1890)
Notre cœur (1890)
L’Inutile Beauté (1890)
Le Père Million (1899)
Le Colporteur (1900)
Les Dimanches d’un bourgeois de Paris (1900)
La Chevelure

Plus d’informations : Maupassantiana, Cultures France

Sources : Alalettre, Wikipedia, L’Internaute

De destins…

  J’ai beaucoup aimé Brooklyn follies de Paul Auster (le premier roman d’ailleurs que je lis de cet auteur si célèbre). Paul Auster nous plonge dans la vie nouvelle de Nathan Glass à Brooklyn suite à son cancer et à son divorce. Nathan commence une toute nouvelle existence dans laquelle il retrouve les enfants de sa sœur défunte, il entreprend de conquérir sa fille, il rencontre des personnes hors du commun et connaît une histoire d’amour. Nathan est bien dans sa nouvelle vie, il est heureux et il entreprend d’écrire un livre sur la folie humaine. Il pense avoir une retraite paisible, mais il se trompe. Nathan, accompagnant ou accompagné de ses amis, vivra de nombreuses aventures.

C’est un livre très bien construit. Tout est préparé et cohérent. J’ai aimé suivre les aventures et péripéties de Nathan et Tom. Les personnages sont généreux et vrais. On a envie de les suivre, de les rencontrer et de passer un repas en leur compagnie. Nathan agit peut-être un peu trop comme un saint-bernard pour ses neveux. On a l’impression qu’il essaye de se racheter, de se construire une vie meilleure. Mais, peu importe, Nathan nous est sympathique car il force le destin avec l’ambition de rendre son entourage heureux. Paul Auster nous embarque donc dans ce quartier-village quelques mois avant les événement dramatiques qui surviendront en 2001, nous permet de vivre la vie de ses habitants et arrête son récit juste avant l’Horreur. Il nous laisse donc libre d’interpréter, d’imaginer les réactions de tous ces personnages attachants. Que vont-ils devenir ?

Une très bonne lecture.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Brooklyn follies, Paul Auster, Le Livre de Poche, 2008

D’une envie…


  J’ai envie de toi est un livre qui ne peut que plaire à une jeune fille romantique comme moi. L’amour sauvage, tendu et puissant entre Step et Gin m’a fait rêver, m’a donné envie d’embellir mon amour, de le rendre plus vivant aussi. Step et Gin sont tellement faits l’un pour l’autre et Gin est tellement mieux que Babi. Pourquoi dis-je ça ? Nous ne connaissons pas Babi. Nous ne la voyons que dans quelques scènes qui prépare son mariage et est insupportable et égoïste. Je n’ai pas aimé ce personnage. Par contre Gin me semble entière, spontanée (mais on peut en douter), joyeuse et folle. Elle est vraiment exceptionnelle. A côté de l’histoire de Gin et Step, il y a celle de Step et son frère, de Step et sa mère, de Babi et sa famille. Je n’ai pas trop aimé les histoires parallèlles, surtout celle des parents de Babi. Mais ces histoires nous permettent de voir que l’amour est quelque chose de vivant qu’il faut entretenir. J’ai vraiment adoré ce livre. Lorsque je l’ai commencé, je n’ai pas pu le lâcher. J’avais besoin de vivre cet amour et de voir la façon dont il allait évoluer. J’ai été captivée. Mais je pense que c’est vraiment un livre pour filles. Je n’imagine pas un homme le lire. Mais peut-être que je me trompe. A lire si vous rêvez de belles histoires romantiques.

 Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
J’ai envie de toi, Federico Moccia, Le Livre de Poche, 2008