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De pouvoir…


  Son Excellence Eugène Rougon est un roman de Zola très vivant, très actif, un roman dans lequel nous ne retrouvons pas les longues descriptions mais plutôt une peinture des caractères et des événements, des actions et des relations qui unissent les personnages. C’est cette dynamique que j’ai beaucoup apprécié dans ce roman. Contrairement aux autres romans de Zola, mis à part La Terre, j’ai tout de suite accroché à l’histoire. Je n’ai pas dû me mettre en condition pendant plusieurs jours. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt et de passion la carrière politique de Rougon, les manigances de ses « amis », ses gloires et ses échecs, son abandon, la soif de pouvoir qui habite ces personnages.

Son Excellence Eugène Rougon est un roman politique, le seul de la série des Rougon-Macquart, le roman de l’Empire qui expose l’évolution philosophique et politique de l’Empereur et de son entourage, qui retrace les grands moments de son existence (le baptême du Prince, l’attentat d’Orsini,…), qui montre l’opportunisme des fonctionnaires et des hommes de l’Etat. C’est aussi le roman du pouvoir sous toutes ses formes, le pouvoir qui, finalement, est le véritable héros du roman. Rougon a soif de pouvoir. Il ne veut pas faire fortune mais dominer, il veut le pouvoir en tant que tel. Clorinde, une femme terrible et mystérieuse, désire également avoir le pouvoir, le pouvoir sur les hommes. J’ai beaucoup aimé Rougon. C’est un personnage attendrissant en raison de sa confiance aveugle, de sa bêtise et de son besoin de dominer.

Ce roman est un des meilleurs de Zola alors qu’il est passé inaperçu lors de sa sortie et que les quelques critiques n’ont pas été élogieuses. D’ailleurs, en 1923, seulement 48 000 exemplaires n’avaient été vendus. Ce titre a été éclipsé par le plus célèbre et plus intense L’Assommoir. Son Excellence Eugène Rougon se différencie totalement des autres romans naturalistes de Zola car il n’y a pas de descriptions, peu de références à la famille et à l’hérédite des tares. Il se rapproche davantage de l’esthétique de Stendhal par son style.  Un livre à découvrir même si on n’aime pas lire les classiques !

Son Excellence Eugène Rougon, Emile Zola, Le Livre de Poche, 1995

D’hippopotames**…


Voici le deuxième album offert par Mariselya dans le cadre du Swap Afrilire et cette fois il s’agit d’un album jeunesse d’un célèbre auteur algérien que j’apprécie beaucoup, Mohammed Dib. Il s’agit en fait d’un conte joliment illustré par Emmanuel Kerner qui nous raconte les péripéties d’un bébé hippopotame qui, s’étant vu pour la première fois dans un miroir, désire changer d’apparence parce qu’il se trouve vilain. Il pleure et scie sa mère pour devenir quelque chose d’autre. La mère cède face aux larmes de son petit et l’emmène chez un sorcier qui le transformera à trois reprises sans jamais le satisfaire. Finalement, bébé hippopotame veut être un hippopotame parce que c’est tellement beau un hippopotame.

Ce conte met en lumière plusieurs choses, notamment l’amour inconditionnel des mères pour leurs petits ou l’acceptation de soi et de son apparence. Il est difficile de se voir pour la première fois dans un miroir et d’accepter l’image reflétée. Chacun se fait une idée de son apparence qui ne correspond pas à celle qu’il voit dans le miroir. Cependant, il faut accepter ce que l’on est et en être fier. C’est un joli conte avec une belle morale d’amour de soi. Et puis, j’aime les illustrations très vivantes. Et surtout, j’aime les contes avec les animaux. Un bel album à découvrir.

L’hippopotame qui se trouvait vilain, Mohammed Dib, Albin Michel jeunesse, coll. Petits contes de sagesse, 2001

D’hippopotames*…


C’est le deuxième album de cette auteure-illustratrice suédoise consacré aux hippopotames que je lis. Il m’a été offert par Mariselya lors du Swap Afrilire. Dans cet album, on retrouve les mêmes personnages et les mêmes décors que dans l’autre album, Trois petits hippopotames. Toutefois, l’attention est portée sur un autre membre du groupe, Madame Hippopotame. J’aime beaucoup les dessins, les rondeurs et les expressions des hippopotames. Mais cela manque de magie, c’est trop net à mon goût.

En ce qui concerne l’histoire, elle est très courte. Elle convient parfaitement aux jeunes enfants, auxquels ce livre est dédié. Madame Hippopotame vit seule à l’écart du troupeau et aime sa solitude et ses habitudes. Avant de prendre son bain du soir dans une « mare » isolée, elle a l’habitude de préparer son délicieux pudding aux algues qui n’aura de goût que son bain aura été agréable. Mais voilà qu’un jour son quotidien est dérangé par la présence d’un intrus dans son bain privé. Elle ne le supporte pas car elle aime beaucoup son intimité et sa tranquilité. Cet événement va lui permettre de réaliser un acte pour les enfants hippopotames du groupe afin de retrouver sa tranquilité. Est-ce une histoire gentille ? Moralisatrice ? Ou seulement divertissante ?  Je n’ai pas compris. Je n’ai pas été sensible. Je suis ressortie de cette lecture rapide perplexe. À quoi m’attendais-je ? Je ne sais pas. En tout cas, je n’ai pas l’habitude de lire des histoires pour les tous petits. Peut-être est-ce cette lacune ? Enfin, un petit livre lu très rapidement mais qui ne m’a pas convaincue mais que j’ai apprécié grâce à la présence d’hippopotames.

Madame Hippopotame, Lena Landström, L’école des loisirs, coll. Lutin Poche, 2006

 

Bon anniversaire René Char

Et c’est malheureusement encore avec un jour de retard que je célèbre la naissance d’un très grand poète français : René Char.

 

René Emile Char voit le jour le 14 juin 1907 à l’Isle-sur-la-Sorgue, dont son père était la maire dès 1905, dans le Vaucluse. Imposant et impulsif, il joue passionnément au rugby. Pensionnaire au lycée d’Avignon puis, en 1925, étudiant à l’École de commerce de Marseille, il lit Plutarque, Villon, Racine, les romantiques allemands, de Vigny, de Nerval et Baudelaire. En 1924, il fait un voyage en Tunisie où son père avait créé une petite plâtrière. Après avoir travaillé à Cavaillon dans une maison d’expéditions, il effectue en 1927 son service militaire dans l’artillerie à Nîmes. Son premier recueil, Cloches sur le cœur, rassemblant des poèmes écrits entre 1922 et 1926, est publié en 1928. Malheureusement, il détruira la plus grande partie des exemplaires.

 

En 1929, René Char fonde la revue Méridiens avec André Cayatte et il adhère au mouvement surréaliste après avoir rencontré Arangon, Breton et Crevel. Il publie en décembre 1929 Profession de foi du sujet dans le douzième numéro de La Révolution surréaliste. Le 14 février 1930, les surréalistes saccagent à Paris le bar « Maldoror », lors d’une bagarre au cours de laquelle Char est blessé d’un coup de couteau dans l’aine. Son adhésion au surréalisme ne dure qu’un moment pendant lequel il signera quelques tracts et un recueil en commun avec Eluard et Breton en 1930, Ralentir travaux. Tandis qu’il lit Rimbaud, Lautréamont, les philosophes présocratiques et les grands alchimistes, Char publie également en avril 1930 à Nîmes Tombeau des secrets, avec un collage de Breton et Éluard. Aragon, Breton, Char et Éluard créent la revue Le Surréalisme au service de la révolution. Artine paraît aux Éditions surréalistes, chez José Corti, avec une gravure de Salvador Dali. En 1931, Char signe les tracts surréalistes concernant le film L’Âge d’or (réalisé par Dali et Buñuel et attaqué par les ligues de droite), l’exposition coloniale et la situation politique en Espagne. Durant l’été, Char, Nusch et Éluard s’embarquent à Marseille, font escale à Barcelone et séjournent à Cadaqués chez Dali et Gala. Après un voyage en Espagne avec Francis Curel, Char épouse à Paris en octobre 1932 Georgette Goldstein qu’il a rencontrée peu de temps auparavant à Cannes.

 

En 1934, il reprend son indépendance par rapport au mouvement surréaliste. Son oeuvre devient celle d’un solitaire ne souffrant aucun compromis. Elle témoigne de son insoumission devant les agressions du monde. Char est un homme d’action, le devenir du monde l’importe au plus haut point. En 1937, il dédie son Placard pour un chemin des écoliers aux “enfants d’Espagne”. Démobilisé en 1940, il entre presque aussitôt dans la Résistance sous le pseudonyme Alexandre. Il commande le Service action parachutage de la zone Durance. Son QG est installé à Céreste (Basses-Alpes). Il y écrit son journal, chronique de la résistance, qui sera publié sous le nom Les Feuillets d’Hypnos en 1946. En 1944, Char est appelé en mission à Alger auprès de l’Etat-Major interallié d’Afrique du Nord où il y rencontre le général de Gaulle dont il gardera un médiocre souvenir. Souhaitant faire jouer à Avignon une pièce de théâtre qu’il venait d’écrire, René Char et Jean Vilar créent le premier Festival de théâtre d’Avignon en 1947. René Char est un poète engagé dans son temps. En 1948, le danger de pollution de la nature lui inspire une pièce, le Soleil des eaux. En 1965, il mène campagne contre l’implantation de fusées nucléaires sur le plateau d’Albion.

 

En 1968, Char publie Retour amont illustré de 4 eaux fortes de Giacometti, il tourne Du Soleil des eaux pour la télévision et il est victime d’une première crise cardiaque. En 1971, Char est mis à l’honneur à travers une exposition organisée par la fondation Maeght et un numéro spécial publié par les cahiers de l’Herne. En 1977, il rencontre pour la première fois Marie Claude de Saint-Seine qui travaille aux éditions Gallimard et avec laquelle il se mariera dix ans plus tard. En 1978, René Char est à nouveau victime d’une attaque cardiaque très sérieuse. La Bibliothèque nationale organise en 1980 une exposition qui lui est consacrée : « Les manuscrits de Char enluminés par les peintres du XXe siècle ». René Char a reçu tous les honneurs de son vivant car, en 1982, le musée bibliothèque René Char est inauguré à l’Isle-sur-la-Sorgue à l’Hôtel Camperdon. Mais, dès 1984, le poète retire ses oeuvres déposées à l’Hôtel en raison de difficultés avec la municipalité sur la conception et le fonctionnement du musée. En 1983, ses Oeuvres complètes sont publiées dans la collection La Pléiade de Gallimard. En 1986, l’exposition « Lettera amorosa » de Braque et Char a lieu à Fontaine de Vaucluse au Musée Pétrarque. René Char meurt d’une crise cardiaque le 19 février 1988. En mai de la même année, paraîtra un recueil posthume L’éloge d’une soupçonnée.

 

La poésie de Char puise sans cesse dans le réel et dans la terre. Il est enraciné dans son pays natal et s’inspire abondamment de la Provence, de ses pierres, sa flore et sa faune. Mais ce côté bucolique n’est que l’apparence d’une recherche toujours plus rigoureuse de son état d’homme. Sa poésie est hermétique, son travail résidant dans l’épuration de ses phrases jusqu’à les réduire à des instantanés.

 

Bibliographie succincte

Le Marteau sans maître (1934)
Placard pour un chemin des écoliers (1937)
Dehors la nuit est gouvernée (1938)
Seuls demeurent (1945)
Feuillets d’Hypnos (1946)
Poème pulvérisé (1947)
Fureur et Mystère (1948)
Matinaux (1950)
Lettera Amorosa (1952)
La parole en archipel (1962)
Le Nu perdu (1971)
La Nuit talismanique (1972)
Chants de la Balandrane (1977)
Fenêtres dormantes et portes sur le toit (1979)
Les voisinages de Van Gogh (1985)
Eloge d’une soupçonnée (1988)

 

Sources : Poésie en liberté (Site consacré au centenaire du poète), Wikipedia, Pierdelune.

De moutons…


  Qui a tué Glenn ? est le roman policier le plus original que j’ai lu (mais je reconnais que je n’en aie pas lu beaucoup !) et un très très bon roman. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère et le point de vue adopté par l’auteure. Comme le titre le laisse deviner, dans ce livre il s’agit d’une enquête sur le meurtre d’un homme, un berger solitaire, mais cette enquête est menée par son troupeau entraîné par Miss Maple (petite allusion à l’héroïne d’une célèbre romancière anglaise), le mouton le plus intelligent de tout Glennkill. Ce que les moutons veulent savoir c’est « Qui l’a tué et pourquoi ?». Cette approche est originale car elle permet d’observer les humains avec un oeil tout à fait innocent. Il est intéressant de voir ce que les moutons peuvent penser de nous et de voir qu’ils pensent tout simplement. L’auteure entre dans leur esprit, fait entrer le lecteur de leur tête, tout en gardant les particularités propres aux moutons, elle ne les humanise pas : leurs réflexions sont interrompues par le broutage, ils vivent en troupeau, ils sont trouillards, ils ont un véritable odorat, … Mais attention, les moutons de George sont exceptionnels, ils ne sont pas élevés pour leur viande, ils sont élevés pour eux-même : une bande de moutons originaux qui ont de la personnalité et un caractère bien trempé. Ils sont attachants ces moutons, on a envie d’avoir les mêmes et de les emmener en voyage. J’ai aimé leur regard critique et perplexe sur les hommes, leur approche du monde des humains et leur façon de mener l’enquête. La construction des chapitres est très amusante parce qu’elle permet de connaître les noms de tous les moutons du troupeau. J’ai une préfèrence pour un mouton en particulier : Mople la Baleine. C’est lui, le vrai héros ! Car manger un bac de géraniums n’est pas offert à tout le monde et est même un terrible sacrifice surtout quand on ressent par après les résultats. Et puis, quelle mémoire !

Qui a tué Glenn ? est un livre à mettre entre toutes les mains, un livre qui fait sourire et parfois même rire. Mais, oui je pose un « mais », je regrette les quelques longueurs du début qui ralentissent la progression de l’histoire et donc ne permettent pas au lecteur d’accrocher directement. Toutefois, dès qu’on est embarqué dans l’intrigue du troupeau, on ne peut plus les lâcher !

A noter que Qui a tué Glenn? est le premier roman de l’auteure. Une belle réussite.

Lu dans le cadre du prix des lecteurs du Livre de Poche.
Qui a tué Glenn ?, Leonie Swann, Le Livre de Poche, 2008

Littérature et cinéma…

Je ne l’avais pas mentionné sur ce blog, mais j’ai participé à un autre swap au thème très intéressant pour moi qui m’intéresse au cinéma : le swap Cinélivres organisé par Madame Charlotte et Valériane.

 

Ce swap consistait à envoyer des romans adaptés au cinéma, des biographies d’acteurs, des livres techniques ou encore des livres historiques ainsi que des objets en rapport avec le cinéma et les livres. Que de choses intéressantes.

 

Et le résultat est vraiment génial. J’ai à nouveau été très gâtée par ma swappeuse JeJoue93/Champsger qui m’embarque à la découverte d’une auteure particulièrement appréciée dans la blogopshère.

 

Voilà ce que je reçus un matin alors que je traînais chez moi :

 

 

Colis

 

Un colis vert et entouré de papier très collant que j’ai ouvert sur le parking d’un centre commercial dans ma voiture après avoir acheté une carte mémoire pour l’APN tellement j’étais impatiente d’ouvrir ce colis. Les photos sont donc prises sur le siège passager de ma Fugeot.

 

J’y ai trouvé un ensemble de petits paquets verts et bleus et une jolie carte :

 

 

Paquets

 

Voici ce que contenait les paquets :

 

En ce qui concerne les livres, j’ai eu la chance de recevoir : Orgueil et préjugés de Jane Austen, Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler et Le Prince des Marées de Pat Conroy. Ce sont des auteurs que je n’ai jamais lus et qu’il me tarde de découvrir.

 

Ce n’est pas tout : j’ai reçu le DVD d’un film superbe et qui m’a fait verser quelques larmes, Orgueil et préjugés avec Keira Knightley et Matthew MacFadyen, du thé vert à la vanille et aux ananas vraiment excellent, un petit pot de caramel (mmmmmhh) et de beaux marques-pages (j’aime particulièrement celui avec les moutons :-))

 

 

Contenu

 

Un tout grand merci à Jejoue93 pour son goût excellent ainsi qu’aux organisatrices Madame Charlotte et Valériane. Une très bonne idée ce swap !

De gamines…

Gamines est un livre ordinaire. On passe un bon moment de lecture mais sans être emportée, sans avoir d’émotions. L’histoire de ces trois gamines et de leur mère ne m’a pas émue, ne m’a pas fait sourire. L’auteure adapte son écriture à l’âge et au caractère de son personnage central, celui d’une enfant fonceuse, un peu garçon manqué, Sibylle. Elle a deux sœurs, Corine l’aînée et Georgette la cadette. Elles vivent avec leur mère mais ne connaissent pas leur père. Sibylle ne ressemble pas à sa mère ni à ses sœurs mais à « Lui ».

L’auteure nous embarque dans l’histoire de cette petite famille, de la vie à quatre puis à cinq, des vacances, des réunions familiales… Ensuite, nous retrouvons ces jeunes filles lorsqu’elles sont enfin adultes et que finalement rien n’a changé sauf que…

Je n’ai pas réussi à me glisser dans l’aventure, je suis restée en surface.

Livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Gamines, Sylvie Testud, Le Live de Poche, 2008