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Blog en pause

Ce blog va être en pause pendant deux semaines car je pars en vacances au… Québec. J’ai bien hâte d’y être et de retrouver quelques amis. Nous partons demain matin tôt…

Au programme :

- Montréal et Québec

- La Charlevoix

- Les Monts-Valins

- Le Lac Saint-Jean (Notamment pour le concert de Mon Onc’ Serge à Dolbeau)

- La Mauricie (Je veux aller à Grand-Mère)

- Des raquettes

Un beau programme n’est-ce pas !? Dommage que l’on n’aie pas plus de temps…

Et puis dans mes bagages j’emporte :

La faute de l’abbé Mouret, Emile Zola (pour mon Challenge Celebrate the author d’avril)

Les enfants du bonhomme dans la lune, Roch Carrier
L’hiver de force, Réjean Ducharme (Un peu de littérature québécoise… Je pense que je vais visiter également quelques librairies.)

Lire aux cabinets, Henry Miller (parce que j’ai envie tout simplement)

A bientôt…

D’une terre…

Terre des oublis est un long roman au rythme très lent qui raconte l’histoire d’un “trio” amoureux, d’une femme, Miên, qui doit choisir entre l’amour ou la morale, d’une souffrance infligée par la guerre.

Miên est mariée à Hoan, un riche commerçant de la ville. Ils s’aiment, ils ont un enfant et ils vivent en parfaite harmonie dans leur belle maison luxueuse et confortable. Mais, un jour, au retour d’une sortie en forêt interrompue par un orage, réapparaît Bôn, l’ancien mari de Miên, celui qui était parti à la guerre juste après leur mariage et qu’on avait enterré quelques années plus tôt. Ils n’ont pas eu le temps de s’aimer, de se connaître, de s’apprivoiser. Miên doit choisir entre son mari actuel qu’elle aime plus que tout et son confort ou son premier engagement misérable et malade. L’auteure nous embarque alors dans l’aventure de Miên qui sacrifie tout pour respecter la loi implicite du village : ne pas abandonner les héros de guerre. Cette loi a plus de force que la Loi nationale et exige le sacrifice de soi, de son bonheur. Miên va souffrir. Mais Bôn et Hoan aussi. Tous vont souffrir de cette situation mais chacun en fonction de leur vécu et de leur situation.

Le rythme de la narration est lent et pourtant il se passe beaucoup de choses. La construction du roman est très intéressante car elle alterne l’existence, les états d’âme et les douleurs des trois héros. Cette alternance permet au lecteur de vivre pleinement leur histoire et d’entrer dans la complexité de leur situation. De plus, l’auteure analyse parfaitement la psychologie de chaque personnage, leur douleur, leur souffrance, leurs bonheurs. Les sentiments y sont intenses. Le lecteur ne peut pas avoir une préférence pour l’un des trois héros. Si au départ, on plaint Miên, très vite, on plaindra Bôn et Hoan. Il est impossible de déterminer celui qui souffre le plus de tout ce malheur, de ce désastre causé par la guerre. Toutefois, j’ai plus pris en pitié Bôn. Ce jeune homme n’a plus rien, il est vidé. Il n’est plus qu’un vieillard fou. Il se raccroche à une illusion qui lui a permis de survivre pendant toutes ces années de guerre. Il a connu la souffrance, il a vu la mort en face, il s’est battu pour exister, il a connu la solitude. Il est rentré totalement détruit de cette guerre. Malheureusement, plus rien de ce qu’il connaissait, de ce qui était sa vie n’existe encore. J’ai été très touchée par les scènes qui le concernaient pendant la guerre. Par contre, lorsqu’il revient à son village pour récupérer Miên, j’ai été tiraillée entre la pitié, le dégoût, l’incompréhension et l’indifférence. La souffrance des autres personnages m’a beaucoup moins émue. La nature participe également à leur histoire.

J’ai aimé lire ce livre même si je m’endormais chaque fois au bout de quelques pages mais je n’ai pas été emballée, emportée. Je me suis un peu ennuyée. C’est beau mais je suis plutôt restée indifférente au sort des personnages même si je dois avouer que le traitement de ceux-ci était excellent et le rythme m’a semblé beaucoup trop lent.

Lu dans la cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.
Terre des oublis, Duong Thu Huong, Le Livre de Poche, 2007

D’attractions…

  Les lois de l’attraction est le deuxième roman de Bret Easton Ellis et le deuxième que je lis. J’avais découvert cet auteur avec American Psycho que j’avais adoré tant par l’écriture et la construction que par l’histoire. L’écriture de l’auteur est rapide, franche, directe, détachée, froide. C’est une écriture qui nous coupe le souffle, qui nous retient, qui nous maltraite. Dans American Psycho, le héros, Patrick Bateman, et son univers sont complètement « fuckés » (je ne trouve pas de mot plus fort pour l’exprimer) : la drogue, le sexe, l’alcool… Il fréquente un univers tout à fait artificiel loin de l’authenticité. Et puis Patrick est un psychopathe. Il nous raconte en détail les meurtres atroces qu’il commet. Mais jusqu’à la fin on ne sait pas si c’est vrai ou s’il imagine tout ça. En refermant le livre, j’étais restée très perplexe. C’est vraiment un roman que j’adore. En lisant Les lois de l’attraction, je m’attendais à retrouver tous ces éléments et… on les retrouve évidemment ! Tout comme on retrouve la famille Bateman dans la personne de Sean Bateman, le petit frère de Patrick qui fait une brève apparition ici et qui semble tout à fait équilibré.

L’histoire de ce livre est située dans une université d’art américaine, à Camden, et les personnages sont de jeunes étudiants, dépravés pour la plupart. Les thèmes abordés sont à nouveau la drogue, le sexe (dans tous ses états), l’alcool mais aussi le mal-être et l’amour.

 

Les lois de l’attraction est un livre très intéressant par sa construction. En effet, c’est un roman à plusieurs voix dont les trois principales sont celles de Lauren, Sean et Paul. Le lecteur change constamment de point de vue et cela est très troublant parce que les personnages ne vivent pas, ne ressentent pas et ne perçoivent pas les choses de la même manière alors qu’ils les vivent ensemble. Ce type de construction permet à l’auteur de montrer qu’il n’y a aucune objectivité dans ce que nous vivons et que personne ne vit la même chose. Tout passe par notre filtre sensoriel, rationnel et émotionnel. L’écriture est exactement la même que dans American Psycho. Il faut aimer ce genre d’écriture assez décousue mais qui convient excellement à l’univers décrit.

 

Cependant, ce roman est moins percutant que American Psycho. Il n’a pas autant de force et puis je n’ai pas réussi à totalement m’investir dans l’histoire. En refermant, le livre j’avais une sensation bizarre : de l’incompréhension, de l’étonnement et de l’intérêt. Je me suis longuement demandée ce que je pensais du livre. J’en pense beaucoup de bien mais il me manque quelque chose…

Avec Bret Easton Ellis, on entre dans des mondes détruits, artificiels, tordus. Des univers où les gens souffrent et se raccrochent à la drogue ou au sexe. Un univers où l’amour n’a pas sa place. Les deux romans que j’ai lu sont noirs et glauques. Bret Easton Ellis est un auteur à découvrir, surtout avec American Psycho. Je vais toutefois lire ses autres livres.

Les lois de l’attraction, Bret Easton Ellis, 10/18, 2003, 352 p.

Today celebrate Bret Easton Ellis

Bret Easton Ellis est né à Los Angeles le 7 mars 1964, il passe son enfance à Sherman Oaks, dans la vallée de San Fernando. Il est le fils aîné de Robert Martin Ellis, promoteur immobilier, et de Dale Ellis, femme au foyer, qui divorcent en 1982. Après des études secondaires dans une école privée, The Buckley School, il suit un cursus musical à Bennington College (l’université qui inspire le Camdem Arts College dans Les lois de l’attraction). Parallèlement à ses études, il joue dans diversgroupes musicaux, dont The parents. Lorsque sort son premier livre, Moins que zéro, Bret Easton Ellis est toujours étudiant. D’ailleurs, ce livre est au départ l’exercice d’un cours d’écriture créative. Bien reçu par la critique, il s’en vend 50 000 exemplaires dès la première année et lance sa carrière littéraire.

En 1987, il s’installe à New York pour sortir son deuxième roman, Les Lois de l’attraction, qui ne reçoit pas le même accueil. Ce roman sera adapté au cinéma en 2001 par Roger Avary et interprété par James Van Der Beek et Jessica Biel.

Son ouvrage le plus controversé est sans aucun doute American Psycho rédigé suite à la demande de son éditeur Simon & Schuster, qui lui avait versé une avance de 300 000 dollars, d’écrire une histoire à propos d’un serial killer. Mais, suite aux nombreuses protestations, notamment des ligues féministes, l’éditeur refuse de le publier car il est considéré comme dangereusement misogyne. Finalement, c’est l’éditeur Vintage qui le publie en 1991. Cette publication est très controversée et l’auteur reçoit même quelques menaces de mort. Certains voient dans ce livre, dont le protagoniste Patrick Bateman est une caricature de yuppie matérialiste et un tueur en série, un exemple d’art transgressif. American Psycho sera porté à l’écran en 2000 par Mary Harron et interprété par Christian Bale.

Trois ans plus tard, il publie Zombies, un recueil de nouvelles sur le Los Angeles des années 80, qui sera boudé par les critiques. En 1999, paraît son cinquième ouvrage qui lui a demandé cinq ans d’écriture, Glamorama. Bret Easton Ellis se retrouve alors une fois de plus sous le feu des médias, le livre se plaçant rapidement au sommet de la liste des best-sellers.

Enfin, en 2005, l’auteur publie un roman basé sur des éléments autobiographiques, Lunar Park. Ce roman est une somme de l’oeuvre d’Ellis, condensé de sa vie et de ses romans, mais aussi son livre le plus expérimental, terrifiant et sensible. Il se pose à la fois comme une conclusion et une introduction, une porte dont l’auteur n’a pas encore construit l’autre côté.

Bret Easton Ellis fait partie de la Génération X et est considéré par beaucoup comme un nihiliste bien qu’il se dise davantage moraliste.

Bibliographie

Moins que zéro (1985)
Les lois de l’attraction (1987)
American Psycho (1991)
Zombies (1996)
Glamorama (1999)
Lunar Park
(2005)

Sites

Bret Easton Ellis (site officiel)
A Bret Easton Ellis Celeblog

Sources : Evene, Wikipedia et Fluctuat.net.

La Fabrique des sentiments

  La fabrique des sentiments  est une gentille comédie ou drame, tout dépend de votre point de vue, sur la recherche de l’amour au moyen d’un phénomène aujourd’hui bien connu, le speed dating : “7 hommes, 7 femmes, 7 minutes pour se rencontrer et la vie pour se revoir !” C’est l’histoire d’une jeune femme belle, brillante et solitaire, Éloise, qui s’inscrit dans une soirée de speed dating pour rencontrer un homme, pour trouver l’amour. Lors de cette première soirée, elle rencontre deux hommes totalement opposés. Elle est séduite par le premier qui est un véritable charmeur. Celui-ci la trompe complètement… Le second, lui, est charmé par Éloise et désire la revoir. Mais elle ne donne pas de suite jusqu’au jour où elle le rencontre par hasard dans une grande librairie. Une amitié va se lier entre eux… Ce film parle de notre société qui “fabrique nos sentiments”, nos envies et nos désirs. Ces clubs de rencontre, la publicité, l’opinion nous conditionnent et créent ce que nous sommes. Il traite également de notre façon de communiquer et de l’amour aujourd’hui : comment le trouver, où le trouver, … Est-ce une critique, une analyse ou une information ?

 

Je n’ai pas gardé un très grand souvenir de ce film. C’était divertissant, parfois touchant parfois ennuyeux, mais sans laisser de trace impérissable… Je l’aurai oublié d’ici quelques semaines. Un film à voir pour Elsa Zylberstein qui est magnifique.

 

Le site officiel du film ici.

La fabrique des sentiments, de Jean-Marc Moutout avec Elsa Zylberstein, Jacques Bonnaffé, Bruno Putzulu, …

Into the wild

J’ai enfin réussi à aller voir ce superbe film après 3 tentatives infructeuses en raison du nombre trop important de personnes désirant le voir…

Sean Penn réalise-là un film magnifique avec un acteur excellent (Emile Hirsch) ! Il nous raconte l’histoire vraie de Christopher McCandless, un jeune homme brillant, tout juste diplômé, à la recherche d’absolu et écoeuré par le monde qui l’entoure. Ses études finies, Christopher décide de partir en laissant tout derrière lui, sans argent, en changeant de nom (Alexander Supertramp) et sans prévenir ses parents, dans une traversée des États-Unis avec comme but ultime l’Alaska afin de vivre en parfaite harmonie avec la nature et trouver le bonheur. On suit Alexander Supertramp dans son aventure et on fait la connaissance de différents personnages qui le prennent sous leur aile et l’aide à réaliser son idéal. Alexander Supertramp arrivera en Alaska en hiver. Il y passe l’hiver et le printemps. En été, il décide de rentrer chez lui car la solitude lui pèse et il comprend le sens de la vie. Mais il est désormais pris au piège de la nature qui sera plus forte que lui…

C’est un film qui nous parle d’aventures, de liberté, de bonheur, de partage, de solitude, d’idéaux… C’est l’occasion également de nous montrer la beauté, la grandeur, des paysages américains, de ces sites sauvages non exploités par l’homme. C’est un film qui nous interpelle… Au final, c’est un bel hommage à cet homme mort trop jeune.

J’ai aussi beaucoup aimé la musique.

Le site officiel du film ici.  

Into the wild, un film de Sean Penn avec Emile Hirsch, Catherine Keener, Vince Vaughn, William Hurt, …

D’un Dieu…

Les petits dieux est un livre excellent… J’adore l’humour de Pratchett, son décalage, son regard ironique sur notre société et notre culture. À travers un univers complètement fantaisiste et irréel, il critique le monde et nos comportements humains. Dans ce tome-ci, l’auteur aborde l’existence des Dieux, les religions, la question des prophètes, les croyances, les guerres de religion,.. par la voix et le regard d’un bon garçon, Frangin, doté d’une mémoire extraordinaire, tellement extraordinaire qu’il peut retenir le contenu de tous les livres de la grande bibliothèque d’Éphèbe, et très obéissant. Celui-ci, alors qu’il jardine tranquillement, entend une voix, la voix d’une tortue… C’est la voix du grand Dieu Om, qui n’est plus si grand car il n’a plus de croyants. En effet, les Omniens ne croient plus en Dieu mais en sa représentation humaine. Ils craignent davantage la Quisition, et plus particulièrement le représentant de cette Quisition, l’exquisiteur Vorbis. Om s’adresse à Frangin car il est le seul à l’entendre car il croit encore et sincèrement en Om. Frangin est donc le seul à pouvoir redonner au grand Dieu, Om, sa puissance d’antan. Frangin est également remarqué par Vorbis qui l’utilisera pour réaliser son plan. Il l’emmènera à Éphèbe, la ville des philosophes et des libres-penseurs, lors d’une soi-disant négociation avec les éphébiens qui se révèlera être un piège. Frangin rencontre quelques philosophes et surtout un vieux philosophe aveugle, Honorbrachios, qui m’a fait penser à Diogène, un philosophe athénien cynique. Peu à peu, Frangin se construit une façon de penser et se libère de Vorbis…Frangin va connaître une traversée du désert, renconter un ermite fou, assiter à la prise de pouvoir par Vorbis, s’opposer à Vorbis pour dévoiler LA Vérité et finalement devenir le nouveau…

Frangin est un personnage sympathique et généreux. Un garçon de bon sens qui prône la paix, la tolérance, la générosité… Frangin est destiné à devenir prophète grâce à sa foi… Om est un Dieu également assez sympathique mais c’est un Dieu égoïste sous forme de tortue qui cherche à reprendre son pouvoir mais qui sera beaucoup influencé par Frangin et son bon sens. Om va suivre Frangin dans toutes ses aventures et finalement Om regagnera sa puissance. Dans ce tome, le bibliothécaire de Ankh-Morpok fait une brève apparition lors de l’incendie de la Bibliothèque d’Éphèbe et la Mort accueille tous les morts d’une façon assez drôle.

J’aime Pratchett, sa façon de voir le monde, de le détourner, de montrer toute la bêtise humaine sans avoir l’air d’y toucher… J’ai hâte de poursuivre ma découverte des Annales du Disque-Monde. C’est vraiment un auteur à découvrir et à lire.

Les petits dieux, Terry Pratchett, Pocket, 2006