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Atonement

  Il y a quelques jours, j’ai été voir ce joli et triste film de Joe Wright avec Keira Knightley et James McAvoy.  Tout le malheur que peut provoquer l’imagination fertile d’une jeune fille naïve et scandalisée, Briony, écrivaine en herbe, qui est trop jeune pour comprendre le monde des adultes et qui pourtant agit comme si elle le connaissait. Son acte aura des conséquences désastreuses sur la vie de sa soeur et celle de celui qu’elle aime… Ces deux êtres qui s’aiment n’auront jamais la chance  de goûter au bonheur d’être ensemble alors que leur séparation sera pleine de l’espoir de se retrouver un jour. C’est une romance, c’est un drame… Un film aux belles images et émouvant. La construction est très intéressantes car on passe d’une vision inventée par l’imagination de Briony à la réalité. La musique de Dario Marianelli est magnifique et j’ai beaucoup aimé le rappel de la machine à écrire.

Un film qui vaut la peine d’être vu par les sentimentales… Et même mon ami a beaucoup apprécié ce film alors qu’il préfère les films d’horreur et de parodies…

Je vais peut-être lire le livre d’Ian McEwan.

Le site officiel du film ici

D’une promesse…

Je ne voulais pas dévoiler le mystère de ce livre et pourtant je n’ai pu m’empêcher d’écrire quelques mots à son propos. Je crains d’en avoir trop dit. Lisez-le, simplement !

J’ai adoré ce livre d’une immense beauté… J’ai été happée par la magie des mots, par la légende, par la vie et la mort… C’est une très belle histoire d’amour et d’amitié pour un homme, Étienne, à la fois frère, père et ami, et sa femme, Fauvette. Deux êtres d’exception qui continuent à s’aimer au-delà de la mort, un couple uni et humain.

Ce livre raconte l’histoire d’une promesse qui a été faite entre deux frères ainsi qu’entre sept amis, tous très proches d’Étienne et Fauvette… Un frère qui veut garder leurs âmes vivantes, qui a du mal à se résoudre aux adieux. Chaque jour, chacun ira dans la maison, le ‘Ker Ael’, et la fera vivre à sa manière.

La narration est très progressive. Au début du roman, tout est flou. On est dans le réel et l’imaginaire. On n’arrive pas à distinguer. D’ailleurs, on ne comprend pas tout de suite ce qui se passe. On est intrigué. Ce livre se lit assez vite car on veut connaître la promesse, mais pourtant on le savoure. Ce n’est qu’à la fin qu’on apprend, qu’on comprend. Cette douce progression est accompagnée de souvenirs, de moments de vie de chacun des amis. Les titres des chapitres sont beaux.

Ce livre est une vraie merveille qui m’a émue. De la douceur, de la magie, de l’éternité, de l’amour… J’y ai cru à cette histoire… Je l’ai dévorée. Je m’en suis imprégnée.

Livre lu dans la cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche.

D’une ingénue…

J’ai moyennement apprécié ce roman. Je me suis un peu ennuyée et je n’ai pas trouvé l’écriture très intéressante. C’est un style assez lourd.

Ce roman rassemble deux nouvelles consacrées aux mêmes personnages, Minne et Antoine, à des âges différents, écrites à la demande de Willy.

Dans la première nouvelle, on rencontre Minne à 14 ans avec ses rêves et ses délires vagabonds, aventuriers. Minne est une jeune fille d’apparence très sage, elle ressemble presque à un ange avec ses beaux cheveux blonds. Mais elle ne rêve que d’histoires glauques et noires qu’elle lit en cachette dans le journal. Pendant les vacances et tous les dimanches, Minne passe du temps avec son cousin Antoine, plus âgé qu’elle. Il en est fou amoureux… De retour des vacances, Minne s’échappe de chez elle pour suivre un homme qu’elle imagine être le chef des bandits. Elle court et se perd dans les rues de Paris. Le matin, elle retrouve sa maison transie de froid et couverte de boue. C’est le drame pour sa maman ! J’ai lu cette première nouvelle avec beaucoup de plaisir et sans vouloir lâcher le livre bien que cette jeune fille ne me plaise pas du tout. Je la trouve quelque peu insupportable.

Dans la deuxième nouvelle, on retrouve Minne, quelques années plus tard, mariée à son cousin Antoine. C’est à présent une femme à la recherche du plaisir, de la jouissance, de ce que d’autres lui prennent sans lui donner. Minne reste toujours une enfant naïve, franche et égoïste. Elle connaît plusieurs aventures avec des hommes qui la désirent. Elle se donne à eux sans tabous, juste pour trouver le plaisir. Mais chaque essai se révèle un échec… Minne s’ennuie dans sa vie, elle n’aime personne, elle méprise tout le monde et cherche l’évasion. Pour combler son manque, elle se passionne pour le patinage qui lui procure une certaine ivresse. Elle rencontre également Maugis, un homme d’une quarantaine d’années, qui va lui faire découvrir le respect d’elle même, de son corps. Une certaine complicité va naître entre eux, une belle amitié. Mais c’est finalement dans les bras de son mari, Antoine, qu’elle va découvrir le bonheur, la volupté. Antoine, toujours présent pour Minne qu’il adore ne veut que son bonheur, ne pense qu’à elle. Cette deuxième nouvelle est intéressante mais il y a trop de longueurs, de temps morts. Je n’apprécie toujours pas le personnage et j’ai compris le dénouement de l’histoire dès le début.

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce roman, c’est la revendication de la jouissance féminine et du bonheur conjugal.

L’avis de Lune de pluie

Bon anniversaire Colette !

Gabrielle Sidonie Colette est née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur. Elle aurait eu 135 ans aujourd’hui

Sa mère, Sidonie Landoy, l’initie très tôt aux beautés de la nature ainsi qu’à la littérature, aidée en cela par la riche bibliothèque de son père, le Capitaine Colette. Le 15 mai 1893, certificat d’études obtenu, elle épouse Henri Gauthier-Villars, dit Willy, qui l’introduit dans les salons littéraires et musicaux parisiens. Celui-ci, auteur de romans populaires et à la tête d’une équipe de nègres, s’aperçoit du potentiel littéraire de son épouse qu’il contraint à écrire la série des Claudine, signée Willy et Colette. Ils se séparent en 1906.

Après son divorce, Colette joue la pantomime dans des tenues suggestives au music-hall, Pan au théâtre Marigny, Rêve d’Égypte au Moulin-Rouge, La Chair à Bataclan. Ce sont des années de scandale et de libération morale. Colette connaît par ailleurs quelques aventures avec des femmes. Elle publie alors L’ingénue libertine (1909), La vagabonde (1910), L’envers du music-hall (1913), En tournée,…

Colette devient journaliste au ” Matin ” dont elle épouse, le 19 décembre 1912, le rédacteur en chef, Henry de Jouvenel, qui lui donnera une fille, Colette Renée de Jouvenel, en 1913. Elle aura également une liaison avec le fils de son mari, Bertrand de Jouvenel, auprès duquel elle jouera un rôle d’initiatrice. En 1920, Colette est nommée chevalier de la Légion d’honneur. Colette et Henry de Jouvenel se séparent en 1923. Elle publie pendant ces années Chéri (1920), Le Blé en herbe (1923) ou encore Julie de Carneilhan.

En 1926, elle achète la Treille muscate à Saint-Tropez où elle passera ses vacances d’été jusqu’en 1938. En 1928, Colette est promue officier de la Légion d’honneur. Le 9 mars 1935, elle est élue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et épouse le 3 avril Maurice Goudeket, son dernier mari. Colette est promue commandeur de la Légion d’honneur en 1936. En 1945, Colette est élue à l’unanimité à l’Académie Goncourt dont elle devient la présidente en 1949.

En 1953, Colette est élevée à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur et reçoit la médaille du National Institute of Arts and Letters de Douglas Dillon, ambassadeur des États-Unis. Clouée dans un fauteuil par l’arthrose depuis plusieurs années, Colette s’éteint le 3 août 1954, à l’âge de 81 ans, dans son appartement du Palais-Royal. L’État lui fait des funérailles nationales.

Bibliographie succincte

La série des Claudine : Claudine à l’école (1900), Claudine à Paris (1901), Claudine en ménage (1902) et Claudine s’en va (1903)

Dialogue de Bêtes (1904)

La retraite sentimentale (1907)

L’ingénue libertine (1909) que j’ai lu pour ce challenge

La Vagabonde (1911)

L’Entrave (1913)

L’Envers du Music-Hall (1913)

Les Heures longues (1917)

Chéri (1920)

Le Blé en herbe (1923)

La Femme cachée (1924)

La Fin de chéri (1926)

Sido (1929)

Histoire pour Bel-Gazou (1930)

La Treille Muscate (1932)

Le Pur et l’Impur (1932)

La Chatte (1933)

Mes apprentissages (1936)

Journal à Rebours (1941)

Julie de Carneilhan (1941)

Gigi (1944)

L’étoile Vesper (1946)

Le Fanal bleu (1949)

La Fleur de l’âge (1949)

En pays connu (1950)

D’une douleur…

C’est l’histoire d’un couple qui n’a pas résisté à la disparition de leur fille alors qu’elle devait rentrer de l’école. Chacun vit sa douleur différemment et ne sait pas l’exprimer à l’autre. Ils s’éloignent et ne se comprennent plus alors que leur amour reste vivant…

C’est un très beau roman. Un roman émouvant, sensible, poétique… Bien qu’au départ je n’aie pas été sensible à la douleur de Vincent, les mots se sont insinués en moi et j’ai été prise par l’émotion. L’écriture est tellement belle… Comme un souffle, une palpitation.

J’ai aimé la construction du roman, son point de départ… Ces deux êtres, éloignés par la douleur mais qui continuent de s’aimer, se retrouvent au moment où l’un deux, Geneviève, va mourir. Elle l’appelle, elle veut lui parler de leur traumatisme, de cette perte dramatique qui a totalement bouleversé leur vie. Le roman commence par les pensées de Vincent 15 ans après le drame. Vincent dans sa voiture rejoignant Geneviève qui lui a annoncé sa mort prochaine. Il roule vite, se précipite à son chevet et repense à ce qu’ils ont vécu. Ensuite, on retourne 15 ans en arrière au moment du drame dans le journal de Genviève. Elle y exprime sa douleur. Son journal est, pour elle, une sorte de catharsis, une bouée de secours qui l’empêche de sombrer. Toute la douleur d’une mère qui a perdu son enfant y est concentrée. C’est extrêmement fort. Enfin, on retrouve Vincent et Geneviève dans une rencontre emplie de douceur, de charme et d’amour. Ce sont aussi les derniers instants qu’ils passent ensemble. Leur amour est toujours intact. Vincent souffre. J’ai pleuré en lisant les dernières pages. J’étais très émue…

Quelle douceur, quelle magie des mots, quelle douleur…

Les avis de InColdBlog, Papillon, Laure, Jules, Tamara, Anne et Clarabel.

Livre lu pour le Prix des lecteurs du Livre de Poche

De la lecture…

J’ai vraiment adoré ce livre. Quel plaisir de lire un livre qui défend et promeut la lecture, le goût de la lecture, des histoires et des mots. Quand je l’ai fermé, j’étais heureuse. Heureuse de lire et d’avoir gardé mon plaisir de lire… J’avais envie d’essayer d’appliquer ce que Pennac conseillait… Donner le goût de la lecture non pas en les forçant à lire mais en leur offrant des textes, en leur lisant les livres qui ne sont pas imposés… Offrir les textes, ne pas les analyser… Uniquement se laisser emporter par les mots et le texte lui-même.

Ce livre m’a fait comprendre le rejet de la lecture par les jeunes qui m’entourent et qui ne comprennent pas mon goût pour la lecture. Pour eux, lire ne procure pas de plaisir mais demande un effort et ne les amuse vraiment pas. Peut-être que je devrais leur lire ce que je lis ?

Et bien sûr, j’ai pris note des droits du lecteur… Bonne idée cette liste de droits !

1.  Le  droit de ne pas lire. (C’est fondamental !)

2. Le droit de sauter des pages. (Je n’ai jamais réussi à sauter des pages !)

3. Le droit de ne pas finir un livre. (C’est difficile pour moi de ne pas finir un livre, presque impossible… J’ai même réussi à terminer  La montagne magique de Thomas Mann en 8 mois !)

4. Le droit de relire. (Également fondamental !)

5. Le droit de lire n’importe quoi. (Évident… Lire est une joie et ne dépend que de nous…)

6. Le droit au bovarysme. (Qui ne l’a pas été?)

7. Le droit de lire n’importe où. (Surtout dans sa salle de bain ;-))

8. Le droit de grapiller. (Pour lire, c’est indispensable  !)

9. Le droit de lire à haute voix. (Quel plaisir de se laisser bercer par les mots. )

10. Le droit de nous taire. (Pas toujours envie de parler d’un livre… Mais je n’aime pas me taire…)

Je n’ai toutefois jamais ressenti le besoin de justifier mes actes de lecture et donc je n’ai jamais ressenti le besoin d’avoir des droits…

Un livre pour les lecteurs mais aussi pour ceux qui n’aiment pas lire…

Strip-Tease

Juste un petit mot pour vous parler de “Strip-Tease”, ce magazine qui effeuille la société créé en 1985 par Marco Lamensch et Jean Libon. J’adore ce magazine parce qu’il observe simplement la vie quotidienne sans intervenir, parce qu’il décortique tous nos petits travers… Certains épisodes nous font rire, d’autres nous font pleurer, d’autres nous indignent… Aucun ne nous laisse indifférent ! Ils nous offrent une vision juste de la société et certains sont déjà devenus cultes… Chacun a son (ou ses) épisodes(s) préférés.

Je regardais les épisodes à la télévision… Mais, en Belgique, ce magazine a été remplacé par un autre “Tout ça (ne nous rendra pas le Congo)”… Magazine également excellent…

L’intégrale de “Strip-Tease” est disponible dans un coffret de 9 DVD… À se procurer en urgence…

Dans le même esprit : “Courts mais trash” Un blog et des vidéos à regarder absolument…

D’une faille…

  Au début du roman, j’avais un peu de mal à accrocher à l’histoire. Le narrateur de la première partie, Sol, l’arrière-petit-fils, est insupportable, égocentrique, capricieux, odieux… Il m’agaçait tellement que j’avais envie de le secouer et de secouer sa maman, Tess… Et pourtant la fin de son récit m’a beaucoup intriguée. Le voyage en Allemagne, la rencontre avec Greta et surtout la dispute pour la poupée. Pourquoi ? Que se passe-t-il ? C’est alors qu’on découvre le récit du père de Sol, Randall, au même âge : l’absence de sa mère, l’amour et la complicité avec son père, sa vie en Israël, le drame. Pourquoi Sadie est-elle si obsédée par l’histoire ? On change à nouveau de narrateur et on retrouve Sadie enfant, également à 6 ans. Elle nous raconte sa souffrance, son manque et le bonheur de retrouver sa mère jusqu’au jour où un étranger sonne à la porte. Le mystère plane… Qui est-il ? Enfin, on remonte aux origines avec l’arrière-grand-mère, Kristina ou Erra, à 6 ans à la fin de la Guerre. Tout s’éclaircit, tout devient plus clair… On découvre la Vérité et l’explication de la faille de chacun des membres de cette famille, de cette faille qui s’est transmise de génération en génération.

La construction du roman est très originale. J’ai beaucoup aimé cette remontée dans le temps à partir de chacun des personnages de la famille enfant, l’explication du présent apportée progressivement maintenant une certain suspense. Cette structure tient le lecteur, l’oblige à continuer, à chercher la réponse. Elle est d’autant plus forte que le style, l’écriture, est adapté à chacun des personnages, aux caractères de Sol, Randall, Sadie et Kristina. Cette écriture est très vivante et poétique.

Ce roman, basé sur une réalité historique, est très instructif sans être rébarbatif. L’Histoire est présente et fait partie intégrante de la vie des personnages. Elle les a créés, façonnés. Par ce livre, j’ai appris l’existence de ces « fontaines de vie », des vols d’enfants en Pologne ou en Ukraine pour repeupler l’Allemagne. Je n’avais jamais entendu parler de cette réalité historique. Je la découvre aujourd’hui et ça fait mal.

J’ai beaucoup aimé ce livre par sa richesse, son émotion, sa construction et son caractère historique. Un livre magnifique rempli de sensibilité et de grâce.

Les avis de Malice, In Cold Blog, Lily, Anne, Lilly, Jules, Camille, Clochette, Emeraude, Gachucha, Gambadou, Sylire, Papillon, …

Lignes de faille, Nancy Huston, Actes Sud, 2006

Charlie Wilson’s War

Hier, après mes cours, j’ai été au cinéma sans trop savoir ce que j’allais voir… Mon choix s’est porté sur ce film, principalement en raison de son heure de programmation, et je n’ai vraiment pas été déçue.


Ce film raconte l’histoire d’un député américain du Texas surtout connu pour ses frasques qui découvre la situation des Afghans face aux Soviétiques. Ce film se passe en 1982, en pleine Guerre froide, alors que les Afghans tentent de résister à l’envahisseur soviétique. Charlie Wilson est interpellé par cette situation et décide d’agir pour venir en aide aux Afghans et pour repousser le communisme en augmentant le budget de la CIA. Mais il ne peut l’augmenter et surtout l’aide doit être indirecte et secrète. Il lutte jour après jour pour apporter un secours à ce peuple qui se bat et qui souffre.

J’ai beaucoup aimé ce film. Un film engagé et intéressant qui nous fait un peu mieux comprendre la situation actuelle. Je ne connaissais pas cet épisode de l’histoire mondiale. Je suis ressortie un peu plus savante et surtout interpellée par l’attitude de cette grande puissance lorsqu’elle a le pouvoir d’offrir un monde meilleur…

Et puis, Julia Roberts est magnifique…
Charlie Wilson’s War de Mike Nichols avec Tom Hanks, Julia Roberts et Philip Seymour Hoffman

De la cinquième saison…

  Voici la cinquième et avant-dernière saison de ce terrible feuilleton, Doggy Bag, de Philippe Djian. La dernière saison sortira en avril 2008… Il me faudra donc patienter pour connaître le fin mot de l’histoire…

 

Que de choses invraisemblables dans cette cinquième saison. Le sort s’acharne sur les Sollens. Rien ne va plus… Ce livre est tellement tragique et caricatural que finalement on en rit. On rit de ces situations grotesques, rocambolesques, du comportement de certains personnages. Et pourtant c’est terrible. La sortie paroissiale qui se termine en bain de sang en plein milieu de la forêt suite à l’arrivée d’un ours brun enragé. Victor qui, en plus d’avoir des stigmates, lévite. David qui ne peut sortir de son asile de fou qu’enchaîné à un membre de sa famille et qui se drogue. Marc qui reste un sexolique sans espoir de devenir un homme bien. La voisine, Marga, qui pratique une sorte de magie noire, qui envoie un de ces danois dans les arbres complètement carbonisé et qui empoisonne l’ex-mari d’Edith à distance. On peut encore trouver bien d’autres événements aussi incroyables. Cette saison est vraiment très riche. L’écriture m’a à nouveau interpellée, appelée… J’ai été happée et je n’ai pu lâcher le livre tant j’avais envie de savoir ce qui allait advenir de cette famille. Ils sont tous cinglés. La ville elle-même est cinglée. À nouveau aucune lueur d’espoir ne transparaît. Si dans la saison 4 on quittait Sonia en espérant pour elle un peu de bonheur, eh bien non, le sort ne cesse de s’acharner sur chacun des personnages. On la quitte cette fois-ci ravagée par la douleur.

 

Il faut se laisser embarquer dans ce monde complètement « fucké », complètement tordu, pour apprécier ce feuilleton à sa juste valeur. Djian provoque et j’aime cette provocation. Certains propos sont choquants mais tellement vrais… Il me semble qu’il remet en cause une certaine vision du monde, de notre société. Il la critique en la caricaturant. Finalement, le lecteur réfléchit sur son impact dans la société actuelle. Peut-être que ce que l’auteur nous montre dans sa série c’est ce que nous serons demain : des barbares complètement cinglés, déréglés tout comme le climat, l’économie… Nous rions de ce qu’il nous présente. Nous sommes peut-être choqués. Mais ce n’est qu’un miroir.

À lire avec un peu de recul ou d’implication… C’est fort.